Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
L’Alliance regroupe les cinq organisations syndicales reconnues dans l’industrie, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD-Construction et la CSN-Construction.
L’Alliance regroupe les cinq organisations syndicales reconnues dans l’industrie, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD-Construction et la CSN-Construction.

Construction: manif et projet de loi pour la rétroactivité et les clauses antiscabs

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Article réservé aux abonnés
Les cinq organisations syndicales de la construction ont manifesté sous la pluie, devant les bureaux du premier ministre François Legault à Montréal, jeudi, alors que Québec solidaire déposait un projet de loi pour concrétiser deux de leurs revendications.

Le projet de loi déposé par le député d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, reprend deux revendications traditionnelles des travailleurs de la construction: le droit à des augmentations de salaire rétroactives, comme les autres, et l’application des dispositions antiscabs lors d’une grève ou d’un lock-out.

Rétroactivité

Dans l’industrie de la construction, lorsqu’une nouvelle convention collective est conclue, les travailleurs n’ont pas droit à des augmentations de salaire rétroactives à la date d’échéance de la précédente convention, comme c’est le cas dans les autres secteurs d’activité économique.

Le projet de loi vise donc à corriger ce que le porte-parole de l’Alliance syndicale, Éric Boisjoly, appelle «un grand débalancement» en défaveur des travailleurs.

«C’est pour ça que depuis les deux dernières rondes de négociations, on a recours à la grève rapidement: parce qu’on n’a pas d’autres moyens. Le secteur public, lui, il négocie et il continue à négocier et il essaie de trouver un terrain d’entente ou des solutions aux problématiques. Il n’y a pas de perte de salaire encourue par les salariés. Nous, on perd de l’argent directement à l’échéance des conventions» à cause de l’absence de rétroactivité des salaires, a expliqué M. Boisjoly, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Les conventions collectives qui concernent quelque 190 000 travailleurs dans l’industrie de la construction arrivent justement à échéance à la fin du mois.

Antiscabs

De même, le projet de loi déposé par Québec solidaire prévoit que lors d’une grève ou d’un lock-out dans l’industrie de la construction, les dispositions du Code du travail qui interdisent le recours à des travailleurs de remplacement - des briseurs de grève ou des scabs - s’appliqueraient.

À l’heure actuelle, ces dispositions antiscabs ne s’appliquent pas à la construction, contrairement aux autres secteurs d’activité - ce qui a déjà entraîné de vives tensions dans les chantiers, lors d’un conflit de travail.

«Malheureusement, le régime actuel qui régit ce milieu conduit fréquemment à des conflits de travail, pour une raison bien simple: il est nettement à l’avantage des employeurs. On sait comment ça se termine la plupart du temps: par des lois spéciales qui forcent le retour au travail», a déploré de son côté le député Leduc, de QS.

L’Alliance regroupe les cinq organisations syndicales reconnues dans l’industrie, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction.

Par ailleurs, les négociations se poursuivent encore avec les quatre associations patronales. «Ça se parle encore aux tables», a confirmé M. Boisjoly.