L’achat d’une automobile d’occasion présente généralement un risque plus grand que l’acquisition d’une automobile neuve.

Devoirs de l’acheteur d’une auto d’occasion

Par nature, l’achat d’une automobile d’occasion présente généralement un risque plus grand que l’acquisition d’une automobile neuve qui, théoriquement du moins, n’est pas susceptible de cacher un squelette dans le placard. Vous songez à vous procurer une automobile d’occasion chez un commerçant? Avant de faire votre achat, il serait indiqué de passer en revue quelques éléments à considérer dans votre processus d’achat.

Publicités : kilométrage et prix tout inclus
Dans la phase de repérage de la perle recherchée, que ce soit dans les journaux ou les publications spécialisées, en version papier ou numérique, il faut savoir qu’en matière de publicité, les règles déterminées par le Décret concernant l’application de règles de conduite aux commerçants d’automobiles d’occasion doivent être respectées.

Entre autres obligations prévues au Décret, un code de conduite auquel les marchands d’automobiles d’occasion sont tenus de se conformer, les annonces doivent indiquer le kilométrage et le prix du véhicule, tout inclus (hormis les taxes de vente).

Vous disposerez ainsi, dans le proverbial confort de votre foyer, des premières informations qui vous seront utiles afin de passer les différentes offres au tamis, de vous faire une idée de la valeur marchande du véhicule convoité et de comparer les offres.

étiquette : des renseignements obligatoires
Les commerçants sont obligés d’apposer une étiquette sur chaque automobile d’occasion qu’ils offrent en vente ou en location. Cette étiquette contient des renseignements obligatoires qui vous aideront à prendre une décision éclairée.

Vous pourrez notamment y trouver la garantie que le commerçant doit alors accorder selon la Loi sur la protection du consommateur (LPC). Vous en saurez aussi davantage sur les caractéristiques de la garantie du constructeur ou du commerçant, si elle est toujours en vigueur.

Il est à noter que la garantie du constructeur ne profite pas qu’au premier acquéreur de l’automobile. En vertu de la LPC, celle-ci est transférable, sans frais, à tout acquéreur subséquent.

Essai et inspection technique : un droit
Le Décret prévoit en outre que les commerçants sont tenus d’accéder à la demande du consommateur qui désire procéder à un essai routier ou à une inspection préachat chez le mécanicien de son choix. Certes, cette inspection est aux frais du consommateur, mais cette dépense minime peut vous éviter de bien gros soucis.

L’historique du véhicule: une précaution
Le passé de l’automobile est un élément crucial de la prise de décision et la LPC vous permet d’exiger les coordonnées de l’ancien propriétaire. Informez-vous sur l’historique de l’automobile, soit auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) soit auprès de l’une des entreprises spécialisées offrant ce service dans le Web. L’historique procure notamment de l’information sur le nombre de propriétaires, l’utilisation antérieure de l’automobile, le fait que l’automobile ait subi un accident, etc.

Le contrat : attention aux frais ajoutés
La LPC exige que la vente d’une automobile d’occasion soit constatée par écrit dans un contrat qui respecte ses exigences. Portez attention aux frais de tous ordres (préparation, inspection prélivraison, frais administratifs, etc.) qu’un commerçant pourrait vouloir ajouter. Il faut se rappeler que le prix annoncé doit être le prix tout inclus et que l’on ne peut y ajouter des frais de cette nature.

Le financement : surveillez vos intérêts
Différentes options s’offrent à vous si vous décidez d’acheter votre auto à crédit. Il vous faut vous rappeler que payer le plus petit montant possible chaque mois est tentant, mais généralement plus coûteux. En matière de crédit, le temps, c’est de l’argent. Plus longue est la période de remboursement, plus coûteux sont généralement les frais de crédit.

En outre, pour le consommateur dont le dossier de crédit est fragilisé, les offres de crédit comportent logiquement des frais de crédit à l’avenant.

Il faut prendre le temps de bien comprendre et sous-peser les offres de financement qui vous sont faites.

Possibilité d’annuler le contrat : gare aux mythes
L’univers de la consommation renferme sa part de mythes tenaces. Ces légendes, tant urbaines que rurales, sont difficiles à déconstruire.

Contrairement à la croyance populaire, vous n’avez pas droit à un délai de 10 jours pour revenir sur votre décision si vous changez d’idée.

Il est donc prudent de ne signer aucun document tant que vous n’avez pas décidé d’acheter l’automobile.

Gary Frost est directeur des services aux clientèles à l’Office de la protection du consommateur.