Affaires

La saison des sucres est lancée

QUÉBEC — Après avoir enregistré des ventes de sirop d’érable sans précédent l’an dernier, les producteurs acéricoles du Québec se préparent en vue de la prochaine saison.

Selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, les producteurs ont atteint un nouveau sommet l’an dernier, en vendant plus de 118 millions de livres de sirop.

Affaires

Vente itinérante préjudiciable: du renfort

Il en a été question la semaine dernière et l’actualité récente nous a une fois de plus raconté les mésaventures de consommateurs qui ont eu maille à partir avec des commerçants itinérants peu scrupuleux. Les cas de vente itinérante de thermopompes, des appareils de chauffage et de climatisation, vendus à fort prix et selon des procédés de vente émaillés de représentation fausse ou trompeuse font périodiquement la manchette.

Portrait de consommateurs pris au dépourvu par une séance de vente à domicile non sollicitée, le récit des plaintes des consommateurs révèle également le fait que plusieurs avouent avoir été en quelque sorte engourdis par le tourbillon de chiffres et de statistiques dont la maîtrise relève du défi. Facture énergétique, pourcentage d’économies d’énergie anticipé, crédit d’impôt remboursable, capital, taux d’intérêt, frais de crédit, terme de remboursement, paiements périodiques, etc., bref, il n’est pas simple et facile de tirer tout ça au clair.

Affaires

Résolutions: exercice et contrôle du poids au programme

CHRONIQUE / L’industrie de la perte de poids épouse des formes variées et ses acteurs s’appuient sur une grande diversité de préceptes. Les approches préconisées par la plupart sont fondées sur des méthodes reconnues et éprouvées. D’autres, à grand renfort de publicités tape-à-l’œil chargées de formules creuses, tentent de capter l’attention des consommateurs en faisant miroiter des résultats peu réalistes ou carrément trompeurs.

Ceux et celles qui ont adopté des résolutions de remise en forme et/ou de perte de poids pour l’année 2018 doivent donc choisir avec soin ceux qui les mèneront aux résultats souhaités. Que vous adoptiez une stratégie fondée sur un programme d’exercice, le contrôle du poids ou une combinaison des deux, il y a fort à parier que l’entreprise que vous choisirez pour vous assister et vous accompagner dans vos desseins sera soumise aux mêmes règles.  

Soumis aux mêmes règles

Pour peu qu’ils offrent de fournir aux consommateurs «…des biens ou des services destinés à aider une personne à améliorer sa condition physique par un changement dans son poids, le contrôle de son poids, un traitement, une diète ou de l’exercice.», les établissements que la Loi sur la protection du consommateur (LPC) désigne sous le vocable de studio de santé sont soumis aux mêmes règles dans les contrats qu’ils concluent avec les consommateurs. Cela vaut donc tant pour les centres de conditionnement physique que pour les établissements qui offrent méthodes et assistance pour la perte et le contrôle du poids.  

Une protection financière

Premier objectif de la LPC: assurer une protection financière des consommateurs en cas de déroute de l’entreprise à qui ils ont versé d’avance des sommes souvent importantes. Les entreprises qui offrent des abonnements portant sur de tels services perçoivent souvent d’avance les sommes payées par les consommateurs. 

En cas de fermeture inopinée de l’entreprise, l’Office de la protection du consommateur (OPC) a ouvert des dossiers d’indemnisation visant les clients d’une quinzaine d’établissements en 2017,  ce sont des centaines de consommateurs qui sont laissés en plan. C’est pourquoi ces établissements sont, en vertu de la LPC, tenus de déposer des protections financières destinées à indemniser les consommateurs touchés par ces fermetures soudaines. 

Un permis obligatoire

Afin de vous assurer que l’établissement avec lequel vous conclurez un contrat a bien déposé cette protection financière, il vous faut vérifier si le commerçant est bien titulaire d’un permis d’exploitation d’un studio de santé qui est délivré par l’OPC. Quelques clics sur son site web ou un coup de fil suffiront à vous en assurer. 

Et si votre motivation a du plomb dans l’aile?

Pour plusieurs, l’adhésion à un abonnement d’un an consacre en quelque sorte la motivation qui les anime pour atteindre les objectifs fixés. Mais qu’arrive-t-il de cet engagement si, au fil du temps, vos bonnes intentions prennent du mou? La LPC prévoit des règles spécifiques si vous désirez mettre fin à votre abonnement et limite la pénalité qui peut vous être réclamée. 

Ainsi, le consommateur peut, à sa discrétion, mettre fin à l’abonnement à l’intérieur d’une période représentant 1/10 de la durée de celui-ci à partir du moment où le centre a commencé à lui offrir les services. Le contrat est considéré comme annulé dès l’envoi d’un avis écrit à cet égard au commerçant et ce dernier ne pourra réclamer une somme supérieure à 1/10 du coût de l’abonnement.

Si vous désirez mettre fin à votre abonnement une fois cette période dépassée, vous pouvez vous en remettre aux articles 2125 et 2129 du Code civil du Québec qui vous en accorde le droit. Le commerçant pourra vous réclamer une indemnité. Vous pouvez notamment vous en informer auprès d’un conseiller juridique ou d’un
organisme offrant du soutien juridique.

Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l’Office de la protection du consommateur

Affaires

Prix du pain: réclamer ou non sa carte de 25 $?

Depuis lundi, vous pouvez officiellement vous inscrire pour recevoir une carte-cadeau Loblaw de 25 $, sorte de mea culpa de l’épicier pour avoir fixé les prix du pain pendant 14 ans. Mais devriez-vous la réclamer, quitte à «enrichir» le commerçant fautif?

Loblaw, et son entreprise sœur George Weston, a reconnu avoir pris part à un système de fixation des prix du pain avec d’autres compagnies. Elle avait annoncé en décembre qu’elle donnerait en guise de dédommagement une carte de 25 $ échangeable dans ses supermarchés. Des demandes d’actions collectives ont aussi été enclenchées en parallèle. Les consommateurs québécois y sont automatiquement inscrits.

Loblaw a mis en ligne lundi le formulaire de réclamation, dévoilant du même coup les détails de sa mesure. Pour obtenir votre carte, vous devez vous rendre au carte loblaw.ca. En plus de donner vos coordonnées, il vous faut confirmer que vous avez bel et bien acheté les pains ciblés (entre autres D’Italiano, Pom, Weston) dans les commerces nommés (Loblaw, Maxi, Provigo notamment) entre le 1er janvier 2002 et le 1er mars 2015. Aucune preuve d’achat n’est requise. En s’inscrivant, le client donne en même temps une quittance à l’entreprise. Une quittance qui n’a «aucune incidence sur votre droit de participer à une action collective portant sur la surfacturation du prix du pain emballé», indique Loblaw. La compagnie affirme toutefois que la somme de 25 $ sera déduite de tout montant futur qui pourrait être octroyé.

Mais cette prétention reste celle de Loblaw, précise Me Joey Zukran, de LPC avocat, responsable de la demande d’action collective au Québec avec la firme Renno Vathilakis. Le juge pourrait décider d’accorder une pleine compensation même aux consommateurs qui auraient reçu la carte-cadeau, estime-t-il. Il pourrait juger par exemple que c’était plutôt un coup marketing qui a servi à enrichir l’entreprise, fait-il valoir. «Parce que le but de l’indemnisation, c’est dissuader, prévenir et punir.»

Les cabinets avaient mis en garde les consommateurs en décembre, craignant qu’accepter la carte-cadeau les empêche de toucher une somme plus importante. Lundi, tout en refusant de recommander ou non aux clients de réclamer la carte, Me Zukran a dit vouloir s’assurer que les gens comprennent bien qu’en acceptant cette entente, ils risquent de faire engranger encore plus de profits à l’entreprise qui les a floués. 

S’ils attendent plutôt un potentiel règlement de la cour, ils pourront utiliser le montant octroyé comme bon leur semble.

«Choix personnel»

«C’est un choix personnel», dit-il. «On voit une compagnie qui a fixé les prix du pain, qui est quand même un élément essentiel de notre alimentation. Au lieu d’être punis, ils vont s’enrichir. Parce que premièrement, la carte-cadeau ne leur coûte pas 25 $ de vrais frais, ça vaut peut-être 6 ou 7 $», avance MZukran. Deuxièmement, une fois le client dans le magasin, sa facture risque de grimper à plus de 25 $. «Moi, je vois mal comment on peut laisser une compagnie profiter de leurs actes fautifs. Personne ne pourra me convaincre qu’ils sont en train de perdre en ce moment. Ils sont en train de gagner», affirme-t-il. 

«Nous croyons que c’est scandaleux qu’une entreprise puisse avoir une quittance, ou s’exonérer de leurs responsabilités et en même temps s’enrichir.» De plus, ils récoltent des informations personnelles sur les clients, des données qui valent aussi leur pesant d’or, ajoute l’avocat. Me Zukran admet que c’est un coup de marketing «très intelligent» qui risque de faire des petits. 

Loblaw (TSX:L) a aussi précisé lundi qu’elle se réservait le droit de limiter le nombre total de cartes qui seront distribuées en vertu du programme. L’entreprise a estimé jusqu’ici que de trois à six millions de consommateurs se prévaudraient de cette offre, ce qui lui coûterait entre 75 et 150 millions $. Vous avez jusqu’au 8 mai pour vous inscrire. 

Loblaw précise par ailleurs que les cartes, qui pourront aussi être utilisées dans les supermarchés Provigo et Maxi, ne peuvent servir à acheter de l’alcool ou des produits du tabac.  Avec La Presse canadienne

Affaires

Demande de recours collectif déposée contre Apple au Québec

MONTRÉAL - Deux cabinets d’avocats du Québec ont déposé en Cour supérieure le 29 décembre dernier une demande de recours collectif contre la compagnie Apple, soutenant que des conditions de garantie des produits du géant américain violent la Loi sur la protection du consommateur du Québec.

La demande des cabinets LPC Avocats et Renno Vathilakis Avocats a été déposée après qu’Apple ait reconnu qu’elle avait ralenti le rendement de certains téléphones iPhone. La compagnie a aussi admis des limites de durée de vie des piles des appareils.

Les avocats prétendent que la période de garantie d’un an offerte aux consommateurs québécois pour les piles n’est pas d’une durée raisonnable, compte tenu du prix payé et de l’utilisation prévue. À leur avis, la garantie prolongée «AppleCare» n’est pas plus avantageuse que la garantie légale en vertu de la loi et son prix est disproportionné au point de causer la lésion objective à tous les acheteurs d’AppleCare.

La demande de recours a été déposée au nom des consommateurs du Québec inscrits à l’action collective qui ont acheté un produit Apple incluant un iPhone, un Apple Watch, un iPad, un iPod ou un MacBook. Elle comprend aussi ceux qui ont acheté «AppleCare» ou «AppleCare +» pour un produit Apple et qui n’ont pas été informés de la garantie légale.

La demande de recours collectif réclame des dommages-intérêts compensatoires d’un montant à déterminer, ainsi que des dommages-intérêts punitifs d’un montant de 300 $ par personne. Une audition pourrait avoir lieu au cours des prochains mois.

Consommation

Présence d’amiante dans les produits Claire’s: Santé Canada veut en savoir plus

Santé Canada a dit avoir réclamé des résultats d’examen de la part de Claire’s Stores à la suite d’informations selon lesquelles des traces d’amiante auraient été découvertes dans certains produits cosmétiques vendus par le détaillant international d’accessoires et de bijoux pour une jeune clientèle.

L’agence fédérale a indiqué vendredi avoir joint l’entreprise, qui a confirmé que les produits cosmétiques suspects étaient vendus au Canada, mais avaient été retirés des magasins depuis le 22 décembre.

Claire’s a écrit, jeudi, sur Twitter et Facebook, avoir retenu les services d’un laboratoire indépendant pour tester les produits concernés dans le but « de déterminer si les récentes informations dans les médias sont exactes ». Dans l’intervalle, l’entreprise a dit avoir cessé les ventes de ces produits, tout en émettant des remboursements complets aux clients touchés.

Santé Canada a indiqué qu’elle prendrait d’autres mesures si des examens devaient démontrer un risque pour la santé et la sécurité.

L’amiante est un minéral utilisé dans des matériaux de construction et des pièces automobiles pour les rendre plus solides et résistants au feu. Mais l’amiante peut présenter un risque de cancer du poumon ou d’autres maladies s’il est aspiré dans les poumons, selon Santé Canada.

Le porte-parole de l’agence a référé les questions concernant l’enquête sur Claire’s à l’entreprise.

Des messages par courriel et sur boîte vocale au siège social de l’entreprise sont restés sans réponse, vendredi, et un représentant sur la ligne téléphonique du service à la clientèle de l’entreprise a référé La Presse canadienne à une autre ligne sans frais pour les clients et le personnel : 1-888-252-4737.

Les premiers commentaires du détaillant par l’entremise des réseaux sociaux, la semaine dernière, avaient suivi un reportage d’une télévision locale à Providence, dans le Rhode Island, qui incluait une femme travaillant pour une firme d’avocats du Rhode Island se spécialisant dans les poursuites relatives à l’amiante.

Kristiana Warner a affirmé à WPRI-TV qu’elle collaborait déjà avec un autre laboratoire sur un autre dossier et avait décidé de faire tester le kit de cosmétiques de sa fille de six ans — ce qui a mené à la découverte d’amiante dans un produit, et puis par la suite dans 17 échantillons.


Claire’s, qui est établie dans la région de Chicago, a dit récemment que les neuf produits ayant été retirés de la circulation sont :

  • Kit de cosmétiques Ultimate Mega ;
  • Kit de cosmétiques de 48 pièces Metallic Hot Pink Glitter ;
  • Pink Glitter Cellphone Makeup Compact ;
  • Kit de cosmétiques Bedazzled Rainbow Heart ;
  • Kit de cosmétiques Rainbow Bedazzled Star ;
  • Kit de cosmétiques Rainbow Glitter Heart Shaped ;
  • Kit de cosmétiques Mint Glitter ;
  • Kit de cosmétiques Rainbow Bedazzled Rectangle ;
  • Pink Glitter Palette with Eyeshadow & Lip Gloss.

Affaires

Vendre ou acheter un bien sans garantie

CHRONIQUE / «Vendu sans garantie», «vendu tel que vu», voilà des mentions qui suscitent des questionnements chez les consommateurs. Dans certains secteurs de consommation, particulièrement celui de la vente d’automobiles d’occasion ou autres commerces de biens usagés, la question des garanties est souvent au centre des enjeux et des préoccupations des consommateurs.

Selon l’analyse des plaintes formulées par les consommateurs, il apparaît assez clairement que les rudiments relatifs aux garanties applicables font l’objet, de part et d’autre, d’une compréhension plutôt approximative et sont souvent au cœur des litiges qui opposent les commerçants et les consommateurs.  Revoyons quelques notions. 

Commerçant et consommateur

Précision fondamentale, il convient de rappeler que la Loi sur la protection du consommateur (LPC) et les protections qu’elle renferme ne s’appliquent qu’aux transactions qui impliquent un consommateur d’une part et un commerçant d’autre part. Les ventes entre deux particuliers ou deux commerçants y échappent donc.

Garanties légales

En matière de garanties dites «légales» parce qu’elles sont imposées par la loi, les droits et les recours des consommateurs qui concluent un achat auprès d’un commerçant reposent sur trois piliers :

• La garantie de bon fonctionnement

Le consommateur peut s’attendre à ce que le bien qu’il achète ait un fonctionnement normal. L’article 37 de la LPC prévoit en effet qu’«un bien qui fait l’objet d’un contrat doit être tel qu’il puisse servir à l’usage auquel il est normalement destiné».

• La garantie de durabilité 

Autre dimension sur laquelle repose une grande part des disputes, le bien acheté doit, selon la loi, avoir une durabilité raisonnable en tenant compte de certains facteurs comme le prix payé par exemple comme l’indique l’article 38 LPC : «Un bien qui fait l’objet d’un contrat doit être tel qu’il puisse servir à un usage normal pendant une durée raisonnable, eu égard à son prix, aux dispositions du contrat et aux conditions d’utilisation du bien». On ne peut en effet s’attendre à la même durabilité d’une automobile d’occasion payée 1000 $ par rapport à une autre payée 10 000 $. Les tribunaux tiennent compte de ces éléments dans leurs décisions. 

• Les recours contre les vices cachés 

Troisième membre du trio, l’article 53 de la LPC prévoit que le consommateur a le droit d’exercer directement contre le commerçant ou contre le fabricant un recours fondé sur un vice caché du bien qui a fait l’objet du contrat sauf si le consommateur pouvait déceler ce vice par un examen ordinaire. 

On ne peut s’y soustraire

Comme la LPC est une loi dite d’ordre public, le commerçant ne peut y déroger ou se soustraire aux obligations qui lui sont faites dans la LPC. Point. Même dans le cas d’une entente entre le commerçant et le consommateur. Même si cette entente est inscrite au contrat. Même si un rabais est offert en échange du consentement du consommateur. Même si la clause est paraphée par le consommateur et le commerçant. 

On ne peut y renoncer

Cet interdit est répliqué en ce qui concerne le consommateur. À moins qu’il n’en soit prévu autrement dans la LPC, le consommateur ne peut renoncer à un droit qu’elle lui confère. Exception à cette règle : les services de réparation d’une automobile. Selon certaines conditions, un consommateur pourrait renoncer à son droit d’exiger de son réparateur qu’on lui fournisse une estimation écrite du coût de la réparation. 

Alors, la prochaine fois que vous entendrez les représentations d’un commerçant à ce sujet ou que vous lirez une mention sur le contrat, une affiche ou un message publicitaire affirmant par diverses formules que le bien vendu par le commerçant à un consommateur est «vendu sans garantie», vous saurez que ces mentions ne sont pas applicables et ne peuvent vous priver des droits et les recours prévus LPC. 

Enfin, mentionnons que les garanties légales prévues à la LPC s’appliquent indépendamment des garanties du fabricant et d’une garantie supplémentaire vendue par le détaillant. Il faut garder à l’esprit que toutes ces garanties s’additionnent et les consommateurs peuvent revendiquer l’application de celle qui leur est la plus avantageuse selon les circonstances. 

Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l’Office de la protection du consommateur

Affaires

Le Vendredi fou s’assagit

VANCOUVER — Les images chaotiques de consommateurs qui se bagarrent dans les portes pour être les premiers à profiter des aubaines sont devenues synonymes du Vendredi fou («Black Friday») au fil des ans.

Toutefois, la frénésie des emplettes qui balaie habituellement les commerces et les centres commerciaux le lendemain de l’Action de grâce américaine semble être en perte de vitesse, maintenant que certains détaillants ont décidé d’abandonner la tradition et que des consommateurs choisissent de faire leurs achats en ligne.

«Dans les années 70 et 80, si on voulait se distinguer du lot en tant que compagnie, il fallait participer à cet événement, a expliqué Markus Giesler, de l’université torontoise York. Aujourd’hui, c’est exactement l’inverse.»

Sites Internet fermés et jour de congé

Le détaillant de vêtements en ligne ModCloth, par exemple, a annoncé plus tôt cette année que son site serait fermé le jour du Vendredi fou et que la compagnie donnerait 5 millions $ de vêtements à une organisation sans but lucratif.

«Ça a été amusant, Black Friday. Il y a eu les aubaines et les vols, mais cette année, nous cherchons les sentiments», a indiqué la compagnie sur son blogue.

Le détaillant de produits pour l’extérieur REI, en revanche, ferme ses magasins pour le Vendredi fou depuis deux ans, offre un congé payé à ses employés et encourage la population à participer à une nouvelle tradition en allant plutôt jouer dehors.

Ces marques suivent les consommateurs qui s’éloignent de la consommation de masse, a dit M. Giesler.

Des mouvements auparavant marginaux comme la Journée sans achat (Buy Nothing Day) — une manifestation anticonsommation organisée le jour du Black Friday — le sont de moins en moins, maintenant que les consommateurs choisissent le minimalisme et qu’ils sont plus conscients de l’impact de leurs achats sur l’environnement, leur santé et leur vie.

«Je ne serais pas surpris d’entendre mes voisins dire qu’ils ont renoncé au centre commercial et au Black Friday», a ajouté M.Giesler.

L’an dernier, les ventes générées pendant la fin de semaine de l’Action de grâce américaine ont chuté de 4,2 %, tandis que l’achalandage reculait de 4,4 %, selon les données de la firme RetailNext.

Une semaine de rabais

Deux facteurs semblent avoir modifié la perception qu’a la population du Black Friday, selon JoAndrea Hoegg, de l’Université de la Colombie-Britannique : les ventes durent environ une semaine, au lieu d’une seule journée, et Internet permet aux consommateurs de dénicher des aubaines toute l’année, a-t-elle expliqué.

«Les achats semblent moins urgents, dit-elle. On s’énerve de moins en moins que c’est la journée de l’année — ça et le Boxing Day —, où on peut vraiment trouver des aubaines incroyables.»

Elle considère néanmoins que la frénésie n’est pas entièrement passée, surtout en ligne. Les consommateurs américains ont dépensé 30,39 milliards $US entre le 1er et le 22 novembre, selon les données d’Adobe Analytics, qui couvrent 80 % des 100 plus gros détaillants en ligne des États-Unis. Cela représente un bond de 18 % sur un an.

À 17h jeudi, le jour de l’Action de grâce, la compagnie rapportait des dépenses en hausse de 17 % depuis l’an dernier, soit 1,52 milliard $US déboursés en ligne.

Le Web en profite

Pour les consommateurs que l’aspect social du Vendredi fou laisse indifférents, les achats en ligne sont logiques, dit Mme Hoegg. «On évite les foules et les aubaines sont essentiellement les mêmes.»

Certaines industries profitent d’une renaissance en ligne lors du Vendredi fou, selon M. Giesler, puisque les firmes technologiques ont la réputation d’offrir des aubaines «légendaires».

Les consommateurs qui veulent un Alexa d’Amazon, un système Hue de Phillips, un thermostat Nest ou d’autres technologies, dit-il, écument le web à la recherche d’aubaines du Vendredi fou.

«Je n’achèterai peut-être pas un téléviseur géant chez Best Buy, a-t-il expliqué, mais je vais peut-être visiter Amazon ou Nest ou Ecobee pour m’acheter un peu de technologie.»

Selon le cabinet Deloitte, pour la première fois depuis qu’il réalise son enquête, c’est-à-dire 32 ans, les dépenses réalisées sur Internet devraient dépasser celles dans les magasins traditionnels dans une proportion de 51 % face à 42 %, les 7 % restants venant des ventes sur catalogues et publipostage.  Avec AFP

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Grève chez Amazon en Allemagne et en Italie

Des salariés d’Amazon en Italie et en Allemagne ont entamé vendredi une grève pour alerter sur leurs conditions de travail à l’occasion du Vendredi fou.

En Allemagne, l’appel à la grève a mobilisé 2000 salariés sur six sites d’Amazon.

«C’est le meilleur jour pour nous faire entendre et mettre la pression sur cet employeur qui nous ignore depuis des années», avait dit jeudi Thomas Voss, porte-parole du syndicat allemand Verdi.

«Amazon joue avec la santé de ses employés. La pression pour faire plus en un minimum de temps, les évaluations de performance et la surveillance sont permanentes», alors que les temps de récupération sont «insuffisants», dénonce le syndicat.

À Berlin, quelques centaines de manifestants se sont rassemblés devant un site d’Amazon au slogan de «Bloquons le Black Friday», et «Faites payer Amazon».

En Italie, le centre de distribution Amazon de Castel San Giovanni était également concerné vendredi par un appel à la grève.

Le Vendredi fou a généré en 2016 en Allemagne quelque 2,6 milliards $ de ventes, associé au «Cyber Monday» qui concerne le commerce en ligne, selon la fédération allemande du commerce.  

Affaires

Molson achète Le Trou du Diable

La brasserie Molson met la main sur la microbrasserie Le Trou du Diable de Shawinigan.

Selon les informations obtenues par le chroniqueur bière de Groupe Capitales Médias et éditeur du magazine spécialisé Bière et plaisirs, Philippe Wouters, la nouvelle sera communiquée aux employés des deux entreprises au courant de l’avant-midi.

Selon M. Wouters,  la transaction dont les modalités sont confidentielles aurait été été conclue au cours des derniers jours. Elle inclut les installations brassicoles de l'usine Wabasso, rue de la Station, et la marque de commerce, mais exclut le Broue Pub de la rue Willow.

La microbrasserie rejoint le portefeuille de produits de la division Six-Pints du géant de la bière. 

Fondée en 2005 par l'ouverture de son Broue Pub, la microbrasserie Le Trou du Diable embauche 100 personnes à Shawinigan. On y brasse 1,7 million de litres de bières étant distribuées dans plus de 1500 points de vente au Québec, 10 provinces canadiennes, une vingtaine d'États américains, une dizaine de pays d'Europe, au Brésil, en Asie et en Océanie.

Molson est pour sa part la plus ancienne brasserie du Canada, établie en 1786 à Montréal par son fondateur John Molson. 

Plus de détails à venir.

Affaires

Simons appuie QS sur le commerce en ligne

L’homme d’affaires Peter Simons se dit d’accord avec un éventuel salaire minimum à 15$ l’heure, mais encore faudrait-il que les entreprises ayant pignon sur rue ici ne fassent plus face à une concurrence déloyale à travers Internet.

M. Simons était aux côtés des trois députés de Québec solidaire, mercredi, à l’Assemblée nationale. Amir Khadir venait de présenter un projet de loi visant à assujettir les entreprises vendant des biens et des services en ligne à la taxe de vente québécoise et à l’impôt. La Constitution canadienne donne au Québec le pouvoir d’agir en ce sens.

Le grand patron des magasins Simons a salué cette initiative de Québec solidaire. Il a appelé le gouvernement Couillard à au moins s’en inspirer. Les projets de loi provenant des partis d’opposition sont généralement ignorés par les gouvernements en place, mais ils leur servent parfois de sources d’inspiration.

«C’est facile d’être d’accord avec le 15$ de l’heure, a exprimé Peter Simons. Le problème, c’est qu’il faut investir dans les technologies et la robotique pour être capable d’avoir la productivité concurrentielle pour le faire.» Or, actuellement, la concurrence du commerce en ligne correspond à un «désavantage» s’élevant à 30%, calcule-t-il.

S’il était adopté, le projet de loi de Québec solidaire ferait en sorte qu’une entreprise «n’ayant pas de présence physique au Québec, mais y ayant une présence numérique significative, serait considérée comme ayant un établissement au Québec». Elle le serait dès lors qu’elle aurait un chiffre d’affaires de plus de 30 000 $.

Les entreprises concernées — elles ou celles émettant des cartes de crédit — seraient tenues de percevoir la taxe de vente du Québec. Les pénalités correspondraient à un minimum de 30% du montant des achats effectués.