«Si on peut au moins amener davantage de travailleurs d’expérience de 55 à 59 ans à rester sur le marché du travail ou à y revenir, déjà, on va faire un gain énorme», mentionne Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec.

Conseil du patronat: une note de B+ au Canada... et des inquiétudes par rapport aux travailleurs âgés

MONTRÉAL — Le Canada obtient encore une note de B+ de la part du Conseil du patronat du Québec, qui s’inquiète du taux d’activité des travailleurs âgés, qui n’est pas assez élevé.

Le regroupement d’employeurs a publié, vendredi, son traditionnel Bulletin de la prospérité, dans lequel il accorde encore une note de B+ au Canada. Cette note est basée sur plusieurs indicateurs, comme la formation postsecondaire, la dette publique, le taux d’activité des travailleurs âgés, les dépenses en recherche et développement et autres. Il y compare le Canada aux autres pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

La question de la proportion des travailleurs âgés qui restent au travail préoccupe, dans un contexte de rareté de main-d’œuvre dans bien des secteurs. À ce chapitre, le Canada occupe le 21e rang parmi les 36 pays analysés, indique-t-on dans le bulletin.

Plus particulièrement, le taux d’activité de ceux qui sont âgés de 55 à 59 ans atteint 75,6 % au Canada, comparativement à la moyenne de 73,3 % pour l’OCDE. Néanmoins, le CPQ note que la situation s’est dégradée depuis son bulletin de 2015 parce que la hausse a été plus importante dans d’autres pays.

«Si on peut au moins amener davantage de travailleurs d’expérience de 55 à 59 ans à rester sur le marché du travail ou à y revenir, déjà, on va faire un gain énorme. Mais on a le même enjeu pour les 60-65 ans. On a un taux d’activité, quand on se compare, qui est inférieur avec les États comparables», a souligné en entrevue Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction du CPQ.

Il y a plusieurs moyens de contribuer à garder au travail ces employés d’expérience, parmi lesquels la fiscalité et le soutien aux entreprises «qui sont prêtes à se réorganiser pour être plus attrayantes pour les travailleurs d’expérience», a suggéré M. Dorval.

Mais la question de la rareté de main-d’œuvre devra aussi se résoudre par d’autres outils, comme l’immigration et les travailleurs étrangers temporaires, a noté M. Dorval.

Du bon et du moins bon

Pour ce qui est des autres aspects du Bulletin de la prospérité, le Canada a «très bien performé» dans le domaine du pourcentage de la population qui a une formation postsecondaire, dans le domaine du coût d’exploitation d’une entreprise et dans le domaine du nombre de brevets d’invention.

Par exemple, 57 % de la population âgée de 25 à 64 ans a une formation postsecondaire au Canada, qui se classe deuxième parmi les 35 pays analysés.

Pour ce qui est des coûts d’exploitation d’une entreprise, le Canada se classe deuxième sur 10 pays étudiés, avec des coûts 14,6 % moins élevés que ceux des États-Unis.

Le Canada a par contre «moins bien performé» — en plus du taux d’activité des travailleurs âgés jugé insuffisant — pour ce qui est de la dette publique, pour ce qui est de l’investissement en technologie de l’information et des communications et pour ce qui est des dépenses en recherche et développement.