Congédiée pour «manque de sourire», une serveuse gagne en cour

MONTRÉAL - Congédiée notamment pour «sa mauvaise attitude et son manque de sourire», selon son employeur, une serveuse d'un restaurant de Victoriaville vient de remporter une victoire devant le tribunal, qui a annulé son congédiement, ordonné à son employeur de la réintégrer dans son emploi et de lui verser 30 000 $.

La serveuse, Caroline Daunais, travaillait pour le restaurant Coco Frutti à Victoriaville de décembre 2015 à avril 2016. Elle avait été congédiée le 10 avril 2016.

Elle avait déposé une plainte au Tribunal administratif du travail, contestant son congédiement qui est survenu, selon elle, parce qu'elle a réclamé des sommes qui lui étaient dues à titre de salaire.

Mais devant le tribunal, le propriétaire du restaurant avait soutenu que son congédiement «est la conséquence de sa mauvaise attitude et son manque de sourire». Et dans son avis de congédiement, il n'avait référé qu'au fait qu'elle avait pris une table de la section de l'assistante-gérante pour y servir les clients - ce qu'il avait qualifié de manque de respect envers une collègue.

Le tribunal a trouvé peu sérieux les motifs invoqués par l'employeur. Il a vu dans le congédiement de Mme Daunais «un prétexte pour se départir de la seule salariée qui réclame des heures de travail impayées, notamment la veille de son congédiement».

Il a donc annulé son congédiement, ordonné à l'employeur de la réintégrer dans son emploi et de lui verser 28 240,92 $ à titre d'indemnité pour perte de salaire, en plus des intérêts.