La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley

Climat: la décision de l’Alberta n'inquiète pas Trudeau

La décision de Rachel Notley de se retirer du plan canadien pour combattre les changements climatiques aura peu d’impact dans l’immédiat, a laissé entendre le premier ministre Justin Trudeau, vendredi, le jour même où se concluait la vente de l’oléoduc Trans Mountain.

« Je reconnais ce que l’Alberta a dit, mais de toute façon leur propre plan par rapport aux changements climatiques va continuer d’être en place et va continuer d’être équivalent aux cibles établies par le gouvernement fédéral pendant encore plusieurs années », a-t-il signalé lors de son passage à Oshawa, en Ontario, vendredi avant-midi.

« Sans l’Alberta, ce programme ne vaut pas le papier sur lequel il a été écrit », avait lâché la première ministre albertaine jeudi soir en annonçant que sa province ne participerait plus au plan à cause d’une récente décision de la Cour d’appel fédérale contre l’expansion de Trans Mountain.

Mme Notley a exigé que le gouvernement fédéral fasse appel de ce jugement en Cour suprême. Une possibilité que le ministre des Finances, Bill Morneau, n’a pas exclue jeudi.

La Cour d’appel fédérale a annulé jeudi matin le décret émis par le gouvernement pour autoriser le projet, y mettant ainsi un frein pour une durée indéterminée. L’Office national de l’énergie (ONÉ) et le gouvernement doivent reprendre certaines étapes du processus d’évaluation et de consultation des Premières Nations.

Le projet de 7,4 milliards $ de l’entreprise texane Kinder Morgan vise à construire un deuxième oléoduc, suivant le tracé du pipeline Trans Mountain déjà existant de l’Alberta jusqu’au port de Burnaby en Colombie-Britannique, pour pouvoir exporter le pétrole des sables bitumineux. Il permettrait d’acheminer 590 000 barils de pétrole supplémentaires par jour.

Le gouvernement fédéral est désormais propriétaire de l’oléoduc Trans Mountain construit dans les années 1950. La transaction approuvée par les actionnaires de Kinder Morgan jeudi a été finalisée vendredi.

Cet achat de 4,5 milliards $ visait à mettre fin à une querelle entre les gouvernements de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, qui s’oppose à l’expansion de l’oléoduc, et à s’assurer que ce projet puisse aller de l’avant.

L’Alberta impose déjà une taxe sur le carbone, mais cette taxe ne suivra pas les augmentations prévues par le plan du gouvernement fédéral et qui seraient entrées en vigueur en 2021 dans la province.

Le gouvernement imposera dès le 1er janvier 2019 une taxe aux provinces qui refusent de souscrire à son plan de lutte contre les changements climatiques et ainsi imposer un prix sur le carbone.

Seules les provinces de la Saskatchewan et de l’Ontario — depuis l’élection du premier ministre Doug Ford — ont décidé de ne pas y participer.