L’économie canadienne a ajouté 31 800 emplois le mois dernier, malgré une hausse de 0,2 % du taux de chômage.

Chômage stable à 4,4% dans la région

L’économie canadienne a créé une quantité de nouveaux emplois le mois dernier, a maintenu une croissance solide des salaires et a vu plus de gens chercher du travail — des éléments considérés comme positifs par les experts qui croient que la banque centrale pourrait augmenter les taux d’intérêt dès la semaine prochaine.

L’économie a ajouté 31 800 postes en juin et le taux de chômage est passé à 6 %, comparativement à 5,8 % en mai, a indiqué vendredi Statistique Canada dans sa dernière enquête sur la population active. Dans la région d’Ottawa-Gatineau, le taux de chômage est demeuré stable à 4,4%. De mai à juin, il est passé de 5,1% à 4,9% sur la rive québécoise de la rivière des Outaouais, puis de 4,1% à 4,3% sur la rive ontarienne.

À l’échelle du pays, de nombreux analystes considèrent la hausse du taux de chômage comme un signe encourageant, car l’afflux de près de 76 000 chercheurs d’emploi sur le marché le mois dernier suggère que plus de gens ont bon espoir de trouver du travail.

La publication de ce rapport sur le marché du travail, qui contenait aussi des points de données plus faibles, survient moins d’une semaine avant la prochaine décision de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt, mercredi prochain.

Même avant la divulgation des chiffres, les économistes s’attendaient déjà à ce que le gouverneur Stephen Poloz hausse son taux d’intérêt directeur pour la première fois depuis janvier. Le taux cible du financement à un jour de la banque centrale est actuellement de 1,25 %.

Pour beaucoup, les chiffres sur l’emploi viennent renforcer ces prédictions.

« Ce rapport était plus que suffisant pour sceller le sort d’une hausse des taux en juillet à la Banque du Canada », a observé Frances Donald, économiste principale chez Gestion d’actifs Manuvie.

Mme Donald a souligné la vigueur de certains indicateurs clés, notamment un taux de participation plus élevé et des gains salariaux encore solides.

La croissance moyenne des salaires horaires, qui est surveillée de près par la Banque du Canada lorsqu’elle prépare ses décisions sur les taux d’intérêt, est demeurée ferme le mois dernier à 3,6 %. Elle a cependant diminué par rapport à son sommet de neuf ans en mai, soit 3,9 %.

Les prévisions voulant que M. Poloz s’apprête à augmenter les taux d’intérêt, ce qui incitera vraisemblablement les grandes banques canadiennes à hausser leurs taux préférentiels, tiennent bon même si l’économie est confrontée à une importante incertitude.

Parmi les inconnues se trouvent notamment le conflit commercial du Canada avec les États-Unis et la difficile renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). En outre, plusieurs craignent les perturbations mondiales qui pourraient surgir de l’escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Mme Donald croit que M. Poloz ne sera pas refroidi par les incertitudes commerciales, car il a déjà fait savoir qu’elles restaient largement hypothétiques à ce stade.

Certaines faiblesses observées
Le rapport sur les emplois de vendredi a montré que, par rapport au même mois il y a un an, l’emploi était en hausse de 1,2 % en juin grâce à la création de 214 900 emplois. Cette augmentation est attribuable à l’apparition de 284 100 nouveaux postes à temps plein.

Mais un examen plus attentif des chiffres de juin révèle certaines faiblesses.

Le Canada a ajouté 9100 emplois à temps plein en juin et 22 700 emplois à temps partiel, tandis que le travail autonome a augmenté de 22 000 emplois. Le secteur public a gagné 11 800 emplois et le secteur privé en a perdu 2000.

Matthieu Arseneau, économiste en chef adjoint de la Banque Nationale, a noté que depuis le début de 2018, l’emploi total a enregistré une baisse de 48 000 emplois dans le secteur privé.

« Il reste à voir si un rebond dans le secteur privé se produira, compte tenu des incertitudes commerciales croissantes », a écrit M. Arseneau dans une note de recherche.

Par secteur, les chiffres montrent que les industries productrices de biens ont créé 46 600 emplois en juin grâce à des gains dans la construction, les ressources naturelles et la fabrication.

Les secteurs des services, quant à eux, ont perdu 14 700 emplois, principalement en raison d’importantes diminutions dans les services d’hébergement et de restauration ainsi que dans le commerce de gros et le commerce.

L’Ontario a enregistré un gain net de 34 900 emplois, en hausse de 0,5 % par rapport au mois précédent, tandis que la Saskatchewan a affiché sa plus forte hausse mensuelle en plus de six ans avec la création de 8300 emplois, ce qui représente une croissance de 1,5 %.

Le taux de chômage chez les jeunes a augmenté à 11,7 % le mois dernier, contre 11,1 % en mai.

Déficit commercial élargi
Dans un rapport distinct publié vendredi, Statistique Canada a indiqué que le déficit commercial du pays avec le monde s’était élargi en mai à près de 2,8 milliards $. Le déficit du commerce international était d’environ 1,9 milliard $ en avril et de 3,9 milliards $ en mars.

Les chiffres de mai montrent que les importations ont augmenté de 1,7 %, tandis que les exportations ont diminué de 0,1 %.