Depuis deux ans, Chloé Tremblay construit, avec l’aide de son père, la micromaison dans laquelle elle habitera.
Depuis deux ans, Chloé Tremblay construit, avec l’aide de son père, la micromaison dans laquelle elle habitera.

Choisir la vie de micromaison, tout un défi

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Construire sa micromaison lorsque les ressources d’information sont limitées représente tout un défi, a constaté une jeune Franco-ontarienne qui bâtit présentement sa maisonnette mobile.

«Au départ, c’était vraiment dans la volonté de vivre dans un mode de vie plus minimaliste», souligne Chloé Tremblay, comédienne de formation qui s’est lancée depuis bientôt deux ans dans la construction d’une micromaison. Ces petites habitations, dont la superficie oscille généralement autour de 200 pieds carrés, permettent souvent de vivre en limitant sa consommation énergétique et à moindre coût. Parfois construites sur roues, les micromaisons sont également facilement transportables.

Mais entamer un tel projet n’est pas si simple. Difficile de suivre étape par étape le guide de construction «universel» d’une micromaison, si on prend en considération les conditions climatiques canadiennes. «Je me suis informée sur tel projet en Alaska, tel projet aux États-Unis, tel projet en Australie. OK, c’est bien. Mais au Canada, on a des hivers très intenses, on a des conditions uniques, comment est-ce que je peux adapter ma micromaison pour y habiter à l’année», souligne Chloé Tremblay «J’avais de la difficulté à trouver certaines informations.»

La majorité des ressources disponibles sont en anglais, remarque-t-elle. «Je suis chanceuse, je suis parfaitement bilingue puisque j’ai grandi à Ottawa. Mais il y a un côté de moi qui est très fier de parler français.»

La micromaison de Chloé Tremblay

Certaines ressources francophones sont effectivement disponibles au Québec, mais elle caressait ce profond désir de les étendre au-delà de La Belle Province. «On est encore pionniers dans la construction de micromaisons au Canada. J’avais envie de continuer à tracer le chemin. Je me suis dit ‘’let’s go’’, on va faire naître un petit projet dans l’Ontario français.»

Il n’en fallait pas plus pour que Chloé Tremblay décide de documenter tout son processus de construction sur les réseaux sociaux, à la fois sur Facebook et sur sa chaîne Youtube. Elle travaille d’ailleurs avec un collègue dans la création de capsules vidéo informatives professionnelles, disponibles prochainement, pour documenter certaines étapes de son processus.

Chloé Tremblay devant sa micromaison

Les municipalités réticentes

Autre obstacle pour quiconque s’intéresse aux micromaisons: rares sont les municipalités qui les acceptent sans restrictions ou qui ont même légiféré sur la question. Selon Mme Tremblay, c’est simple, les micromaisons sont simplement méconnues. «Je dis souvent aux gens qu’elles ne sont pas légales, mais ne sont pas illégales. Je crois que chaque municipalité a ses exigences», précise-t-elle. Il faut s’ajuster, mais en ce moment c’est une difficulté.»

Les grandes villes sont d’ailleurs souvent les plus hésitantes. À titre d’exemple, la ville d’Ottawa confirme qu’elle n’envisage pas autoriser prochainement l’aménagement des micromaisons sur son territoire. Du côté de Gatineau, la ville a indiqué ne pas encore avoir présenté le dossier des micromaisons à la Commission sur le développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, mais que ce devrait être chose faite d’ici la fin de l’année. Aucune réglementation spécifique en lien avec les micromaisons n’est donc actuellement en place à Gatineau. «Je pense que les gens devraient avoir droit à cette alternative-là et elle devrait être accessible», souligne Chloé Tremblay. «Ça peut tout à fait ressembler énormément à une maison sur fondation.»

La comédienne célébrera les deux ans du début de la construction de sa micromaison au mois de septembre et espère pouvoir y vivre cet hiver, après avoir choisi sa municipalité d’accueil. «C’est un projet de longue haleine parce que j’ai vraiment pris la décision de le faire toute seule, avec l’aide de mon père. Je vais prendre le temps qu’il faut, c’est un projet de vie.»