Le premier défilé pour Chanel sans Karl Lagerfeld permettra de mettre en lumière de nouveaux créateurs.

Chanel sans Lagerfeld

PARIS — Après New York, Londres et Milan, Paris prend à partir de lundi le relais des Fashion weeks avec en point d’orgue le premier défilé Chanel sans Karl Lagerfeld, dont il a été pendant 36 ans le directeur artistique.

Les défilés Chanel, réputés pour des mises en scène grandioses, sont toujours très courus. Celui prévu le 5 mars, au dernier jour de la «semaine» du prêt-à-porter Automne-hiver 2019-2020, sera l’occasion de rendre hommage au dernier des géants de la haute couture.

Conformément aux souhaits du créateur vedette, trois jours après son décès à l’âge de 85 ans, une cérémonie d’incinération dans la plus stricte intimité a eu lieu vendredi au crématorium du Mont Valérien, en présence de la famille Wertheimer, de Bruno Pavlovsky, président de Chanel, de ses amis et collaborateurs.

En hommage à son génie, quatre de ses créations griffées Chloé ou Chanel sont temporairement présentées dans les collections permanentes du Musée des Arts Décoratifs.

Le défilé du 5 mars marquera aussi l’arrivée en pleine lumière de Virginie Viard, bras droit de Karl Lagerfeld qui a sublimé les idées pendant plus de 30 ans.

Karl Lagerfeld présentait Virginie Viard comme ses «bras droit et bras gauche à la fois». Elle avait expliqué à l’AFP en 2015 être «complémentaire» avec le styliste : «Je le comprends bien, j’arrive à sublimer ce qu’il a envie de faire, j’ai compris où il voulait emmener Chanel».

Le 22 janvier 2019, à l’issue du défilé haute couture auquel Karl Lagerfeld, «fatigué», n’avait pu se présenter, une première depuis ses débuts chez Chanel en 1983, c’était déjà elle qui était venue saluer le public.

Sang frais

Un nouvel arrivant, la marque britannique Rokh du styliste coréen Rok Hwang, ancien des studios Celine, récompensé du prix spécial du jury LVMH 2018, ouvrira le bal des défilés lundi.

Rok Hwang a travaillé avec Phoebe Philo qui a largement contribué au succès de Celine avec des pièces chic et minimalistes pour femmes. De nombreux fans de la styliste britannique regrettent la disparition de ce style après l’arrivée de son successeur, le Français Hedi Slimane.

Les micro-robes de ce dernier, destinées à une adolescente qui passe son temps dans des boîtes de nuit, présentées à la Fashion week en septembre, ont été critiquées par la presse anglo-saxonne qui reproche au styliste de se fourvoyer à l’ère de #Metoo.

Le magazine Vanity Fair a désigné Hedi Slimane comme le Français «le plus influent au monde» et son troisième défilé pour Celine, le 1er mars, sera également très suivi.

Trois marques historiques, Lanvin, Lacoste et Nina Ricci, présenteront les collections de nouveaux directeurs artistiques.

Chez Nina Ricci, maison fondée en 1932, le pari est le plus radical avec aux commandes le duo néerlandais Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh, lauréats du Festival de Hyères 2018 et finalistes du Prix LVMH. Ils ont été jusqu’à présent associés à des vêtements déstructurés inspirés par les pêcheurs des Caraïbes et créés avec du plastique recyclé.

Bruno Sialelli, ancien de Loewe, Balenciaga, Acne Studios et Paco Rabanne, présentera mercredi sa première collection pour Lanvin, la plus ancienne maison de couture de l’Hexagone encore en activité célèbre pour ses petites robes noires.

La maison contrôlée par le groupe d’investissement chinois Fosun compte sur son «habileté avérée à évoluer de l’univers masculin à l’univers féminin [...], à l’heure où l’industrie du luxe tend à estomper les frontières entre les genres».

Ancienne de Joseph, Calvin Klein et Tommy Hilfiger, la Britannique Louise Trotter, qui a remporté de nombreuses récompenses, présentera le 5 mars sa collection pour Lacoste.