L’entreprise Hard Rock International a déposé sa demande de changement de zonage à la Ville d’Ottawa pour son projet de casino estimé à plus de 318 millions de dollars, sur le site actuel de l’hippodrome Rideau-Carleton.

Casino Hard Rock d'Ottawa: les jeux sont faits

La multinationale américaine Hard Rock International (HRI) est maintenant prête à passer en quatrième vitesse avec son projet Hard Rock Ottawa, qui représente un investissement de 318 millions $ étalé sur une période de six ans.

L’entreprise a annoncé jeudi qu’elle avait déposé auprès de la Ville une demande de changement de zonage pour son plan d’expansion de l’actuel site du casino de l’hippodrome Rideau-Carleton, sur le chemin Albion. Le feu vert de la capitale fédérale lui permettrait d’aller de l’avant avec les deux phases subséquentes de son projet. Parallèlement, elle souhaite que son offre de jeu soit plus grande que ce qu’elle avait anticipé.

La clientèle de l’endroit peut depuis à peine quelques semaines profiter d’une salle rénovée dans laquelle 35 tables de jeu ont été ajoutées. Mais dès l’an prochain, HRI souhaiterait que 750 machines à sous et 20 tables de jeu additionnelles fassent leur apparition.

Dans la seconde phase de l’expansion, la multinationale qui possède des établissements dans 75 pays du globe veut procéder à l’ajout d’une salle de spectacles de 2500 sièges, de quatre restaurants y compris un Hard Rock Café et un steakhouse, d’une boutique où l’on retrouvera des objets de collection et des vêtements ainsi que d’un lounge.

Puis, dès 2023, les travaux seraient enclenchés en vue de la construction d’un hôtel de huit étages et de 200 chambres adjacent au casino, en plus d’un vaste stationnement.

« Nous sommes heureux d’avoir cette possibilité de créer une destination de divertissement dynamique pour les résidents et les touristes de la capitale nationale », a affirmé le président de Hard Rock International, Jim Allen, par voie de communiqué, signalant que l’objectif est d’aménager un complexe de calibre international.

La clientèle de l’endroit peut depuis à peine quelques semaines profiter d’une salle rénovée dans laquelle 35 tables de jeu ont été ajoutées.

Un total de 4000 emplois directs ou indirects devant être créés avec cette véritable métamorphose des lieux, le maire Jim Watson répète qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour l’économie locale.

« C’est très positif pour ce quartier de la ville (Osgoode). On a besoin d’emplois dans le sud de la ville. Je pense que c’est aussi une bonne compétition pour le Casino du Lac-Leamy. C’est très excitant. [...] Maintenant, ce sera au tour du public de donner leur avis sur ce projet. Hard Rock est une entreprise internationale avec beaucoup de crédibilité, alors je pense qu’elle va faire du bon travail », a-t-il lancé.

Les citoyens auront l’occasion d’exprimer sur le vaste projet à l’occasion d’une consultation publique prévue le 7 mars. Le lieu de celle-ci reste encore à déterminer, précise l’entreprise.

Concurrence avec la rive québécoise

À la fois HRI et la direction de l’hippodrome Rideau-Carleton ont un but avoué. Ils croient que cet investissement majeur devrait permettre à la capitale fédérale de récupérer la majorité de la somme estimée à 60 millions $ dépensée bon an mal an par les résidents et touristes ontariens de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

Même s’il affirme garder un œil attentif sur l’évolution du dossier, le Casino du Lac-Leamy ne craint pas l’arrivée de ce nouveau joueur dans l’industrie.

On sait que leurs nouvelles tables de jeu sont là depuis le début février. De notre côté, on ne constate pas d’impact mesurable sur les revenus, ni sur l’achalandage. On sait que certains clients sont allés voir. De toute façon, c’est une industrie compétitive, elle l’a d’ailleurs toujours été. C’est quelque chose de sain, ça nous oblige à nous améliorer, à investir, à être aux aguets. De notre côté, on a fait nos devoirs et on est en bonne position. On offre un beau produit de divertissement depuis plus de 20 ans », a commenté la porte-parole de l’établissement, Catherine Schellenberg.

En moyenne, on compte 2,7 millions de visites par année à la maison de jeu de Gatineau.

D’après les estimations de HRI, une fois la dernière phase achevée, l’établissement devrait générer des recettes fiscales de 206 millions $ pour les trois paliers de gouvernement. La compagnie évalue que les nouvelles installations permettront à la Ville de doubler ses revenus annuels, qui frôleront alors les 13 millions $.