En 2017, 32 employés et cadres mis à pied à la Caisse de dépôt et placement du Québec se sont partagé la coquette somme de 5,5 millions $.

Caisse de dépôt: mises à pied coûteuses

L’abolition de 115 postes avec des primes aura coûté en indemnités de départ 17,3 millions $ à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) au cours des trois dernières années.

Selon des données obtenues grâce à la Loi sur l’accès à l’information, 332 travailleurs ont quitté l’organisation entre 2015 et 2017. De façon volontaire, par exemple, pour un autre employeur, de façon involontaire ou pour prendre leur retraite.

L’an dernier, 32 employés et cadres mis à pied, sur 112 départs, se sont partagé la coquette somme de 5,5 millions $. En moyenne, cela représente un chèque de 171 000 $ par cerveau. Certaines personnes ont reçu plus d’argent et d’autres moins.

Par ailleurs, ces données ne tiennent pas compte des départs involontaires du côté de la filiale CDPQ Infra. En 2017, quatre personnes se sont partagé 149 475 $.

Précisons qu’aucune indemnité n’est versée pour un départ volontaire ou pour partir à la retraite.

Lorsqu’on regarde pour l’année financière 2016, la CDPQ a remercié 50 travailleurs, dont 48 ont reçu une prime. Ce mouvement de personnel a coûté à la société d’État 5,92 millions $. Cela représente un déboursé moyen de 123 000 $ par employé.

Ces données sont similaires pour l’année 2015 où 35 paires de bras sur 47 départs involontaires se sont divisé 5,94 millions $, soit une moyenne de 170 000 $ par tête.


« Pour rester compétitif et avoir une organisation performante, il faut avoir les bonnes équipes en tout temps. Il faut revoir constamment les talents dont nous avons besoin pour accomplir notre mission.  »
Maxime Chagnon, directeur principal des relations avec les médias à la

Selon la CDPQ, les montants offerts par l’organisation comme rémunération ou lors de mises à pied sont similaires à ceux offerts par d’autres compagnies d’investissement.

«La Caisse évolue dans un environnement extrêmement compétitif. Nous bâtissons en ce moment une institution de calibre mondiale. Nous sommes en compétition avec tous les investisseurs du monde pour générer du rendement», indique au Soleil le directeur principal des relations avec les médias, Maxime Chagnon.

«Pour rester compétitif et avoir une organisation performante, il faut avoir les bonnes équipes en tout temps. Il faut revoir constamment les talents dont nous avons besoin pour accomplir notre mission. Il faut s’adapter dans l’intérêt des Québécois. [...] Nous payons les gens pour avoir de la performance», poursuit-il.

Ce dernier précise que pour les indemnités de départ, chaque cas est évalué de façon différente.

Une politique à revoir?

Si on regarde plus loin dans le temps, pour les années 2012 à 2015, le bas de laine des Québécois, dont les employés ne sont pas syndiqués, a payé 6,4 millions $ pour acheter le départ de 78 personnes. Ce qui signifie une facture d’environ 82 000 $ par travailleur.

Selon la Fédération canadienne des contribuables (FCC), la CDPQ devrait revoir sa politique concernant ces indemnités de départ.

«Le montant de 17,3 millions $ est énorme. Nous donnons à un travailleur l’équivalent du salaire moyen de trois Québécois», déplore le porte-parole de la FCC, Renaud Brossard. «En conclusion, cela veut dire que c’était un poste non productif pour la société. C’est toutefois une bonne chose de voir que la CDPQ agit lorsqu’une coupe est nécessaire, nuance-t-il. C’est le coût par travailleur qui est indécent. Il devrait revoir leur politique. C’est une société d’État, il faut avoir une pensée pour le Québécois moyen».