Jim Carr, ministre des Ressources naturelles

Bois d'oeuvre : les producteurs s'en tirent bien, selon Jim Carr

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, a soutenu vendredi que l'industrie forestière canadienne s'en sortait jusqu'ici assez indemne à la suite de l'imposition par Washington de tarifs douaniers sur le bois d'oeuvre, au printemps dernier.
Selon le ministre Carr, c'est le consensus qui s'est dégagé vendredi autour de la table lors de la rencontre fédérale-provinciale annuelle des ministres responsables des forêts, à Ottawa.
M. Carr a estimé que les tarifs douaniers américains sur le bois d'oeuvre canadien, qui ont coûté jusqu'ici au moins 500 millions $ à l'industrie canadienne, ont pu être compensés par des prix élevés sur les marchés, par la valeur relativement faible du huard et par une demande croissante.
En conséquence, l'industrie forestière a très peu eu recours au fonds d'aide de 867 millions $ offert par le gouvernement fédéral, qui prévoyait jusqu'à 605 millions $ en prêts et garanties de prêt, ainsi que des programmes pour aider les employeurs à éviter les mises à pied grâce à des accords de travail partagé.
Selon le ministre Carr, Exportation et développement Canada, l'organisme fédéral de crédit à l'exportation, a écrit à des milliers de producteurs canadiens pour leur offrir son aide, mais peu d'entre eux auraient levé la main jusqu'ici.
M. Carr n'a pas voulu spéculer sur les risques que cette apparente innocuité des tarifs douaniers américains nuise à la conclusion d'une nouvelle entente négociée sur le bois d'oeuvre, comme le souhaite ardemment le Canada.
La dernière entente du genre a pris fin en 2015 et après une période de grâce d'une année, la coalition américaine du bois d'oeuvre a remis en place des frais de pénalité envers les exportations canadiennes, accusant le Canada de subventionner l'industrie.
Le Canada rejette ces prétentions et entend défendre sa position devant les instances internationales du commerce, mais Ottawa espère tout de même en arriver à une entente négociée. Une entente était sur le point d'être signée au cours de l'été, mais la coalition américaine l'aurait rejetée en raison d'un désaccord sur les quotas de bois canadien.
La présidente du Council of Forest Industries de la Colombie-Britannique, Susan Yurkovich, a affirmé à La Presse canadienne qu'elle croit que la coalition américaine sent la pression monter pour qu'elle accepte une entente.
D'abord, parce que plusieurs prévoient, dont le secrétaire américain du commerce Wilbur Ross, que la demande pour le bois d'oeuvre va exploser à la suite des deux violents ouragans qui ont frappé le Texas et la Floride. Du bois qui va continuer de coûter plus cher tant que les tarifs douaniers vont demeurer en place.
Deuxièmement, parce que les producteurs de bois américains font plus d'argent que jamais, selon ce qu'a affirmé Mme Yurkovich à la commission américaine du commerce international. Ce qui rendrait difficile, mais pas impossible, de démontrer que le marché souffre de la compétition canadienne.
Si la commission ne trouve pas de preuve que le marché souffre de la compétition canadienne, il n'y aura plus de tarifs douaniers. Une conséquence qui serait pire pour la coalition américaine que d'accepter une entente négociée avec le Canada qui contiendrait des quotas et de faibles tarifs douaniers.