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Baisse du taux de chômage au Canada, stable au Québec

Jordan Press
La Presse Canadienne
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L'économie canadienne a créé 303 000 emplois en mars, a indiqué vendredi Statistique Canada, en présentant un bilan qui comprenait notamment des gains dans les secteurs les plus durement touchés par les restrictions en matière de santé publique.

Le nombre d'emplois dans le secteur de la vente au détail a grimpé d'environ 95 000 le mois dernier, ce qui lui a permis de récupérer entièrement les pertes subies lors des confinements de janvier.

Il y a également eu une augmentation de 21 000 emplois dans le secteur des services d'hébergement et de restauration, mais selon Statistique Canada, ce groupe reste malgré tout le plus éloigné d'une reprise complète, s'établissant à un niveau inférieur de 24,4 %, ou 298 000 emplois, à ses niveaux de février 2020.

Des gains notables ont également été observés dans les soins de santé, la construction et les services d'enseignement. Ce dernier gain était en partie attribuable à l'Ontario, qui a déplacé sa semaine de relâche pour les écoles à la semaine prochaine dans le but de ralentir la propagation de la COVID-19.

Dans l'ensemble, l'emploi à temps plein a progressé de 1,2 % en mars, et celui à temps partiel a pris 3,9 %.

Les données nationales de l'emploi publiées vendredi ont dépassé le gain de 259 000 enregistré en février qui, à l'époque, s'était révélé supérieur aux attentes.

L'augmentation de mars place le marché à 296 000 emplois de son niveau pré-pandémique de février 2020, soit à environ 1,5 % des niveaux d'avant la crise.

Elle a également fait reculer le taux de chômage à 7,5 %, contre 8,2 % en février, le ramenant à son plus faible niveau depuis le début de la pandémie.

Les hausses de l'emploi observées en mars se sont réparties dans la plupart des provinces et les augmentations les plus marquées ont été enregistrées au Québec, en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

Au Québec, l'économie a créé 25 900 en mars, et le taux de chômage est resté inchangé à 6,4 %. Les gains les plus solides au chapitre de la création d'emploi ont été enregistrés en Ontario, avec 182 300 nouveaux emplois. Suivaient l'Alberta, avec 37 100 emplois créés, et la Colombie-Britannique avec 35 000.

Dans les Maritimes, le taux de chômage de l'Île-du-Prince-Édouard a reculé à 8,1 %, comparativement à 9,2 % en février, mais il a augmenté dans les deux autres provinces. Au Nouveau-Brunswick, il est passé de 8,9 % à 9,2 % alors qu'en Nouvelle-Écosse, il est passé de 8,1 % à 8,6 %.

Des mois difficiles à venir ?

«Aidé par les récentes décisions visant à assouplir les restrictions liées à la COVID-19, le marché du travail canadien a suivi un mois de février vigoureux avec une autre performance extraordinaire en mars», a observé Sri Thanabalasingam, économiste principal à la Banque TD.

«Bien que cela ait rapproché encore davantage l'emploi de son niveau d'avant la pandémie, les deux prochains mois pourraient se révéler difficiles pour le marché du travail canadien.»

Mais une note d'inquiétude persistait malgré les chiffres époustouflants de l'emploi en raison des nouveaux confinements annoncés ce mois-ci pour affronter la troisième vague de la pandémie, qui pourrait forcer certains des secteurs ayant profité de gains en mars à renouer avec des pertes.

«En effet, la plupart des embauches des deux derniers mois ont eu lieu dans les secteurs les plus durement touchés par les fermetures», a écrit Royce Mendes, économiste principal à la Banque CIBC.

«Mais maintenant, avec des ordonnances de santé publique plus strictes encore nécessaires pour freiner la propagation du virus dans de nombreuses régions du pays, il y a des raisons de croire qu'au moins une partie de ces progrès sera inversée dans un proche avenir.»

La publication des chiffres sur l'emploi survient un peu plus d'une semaine avant que les libéraux fédéraux ne publient un budget dans lequel les niveaux d'emploi devraient être utilisés comme jauge pour d'éventuelles mesures de relance.