Chez Husky Energy, on mise sur une «solution basée sur le marché», et on souligne que toute intervention entraîne des risques économiques et commerciaux pour le Canada.

Baisse de production: les pétrolières albertaines sont divisées

CALGARY — Les géants des sables bitumineux et du raffinage Suncor Énergie et Husky Energy rejettent l’appel de leur rival Cenovus Energy pour une réduction de la production imposée par le gouvernement pour réduire l’offre excédentaire de pétrole en Alberta, associée à d’importantes réductions de prix.

La porte-parole de Suncor, Sneh Seetal, a expliqué jeudi que la société n’était pas exposée au «différentiel» entre le prix du brut bitumineux Western Canadian Select et celui du West Texas Intermediate négocié à New York, et qu’elle ne devrait ainsi pas avoir à réduire sa production.

La société est d’avis que le marché devrait poursuivre ses activités librement et que Suncor devrait être autorisée à profiter des raffineries et des unités de valorisation qu’elle a construites, et de la capacité d’oléoduc qu’elle a contractée qui la protège des réductions de prix locales, a précisé la porte-parole.

Du côté de Husky Energy, la porte-parole Kim Guttormson a indiqué que son entreprise misait sur une «solution basée sur le marché», soulignant que toute intervention entraînait des risques économiques et commerciaux pour le Canada.

Dans un rapport, l’analyste Phil Skolnick, de Eight Capital, affirme que les réductions temporaires proposées par Cenovus et soutenues par d’autres producteurs de bitume contribueraient à éliminer les embouteillages du côté du stockage et à réduire rapidement l’écart de prix du pétrole albertain.

Mais il ajoute qu’il s’attend à des réductions modérées du fait que les entreprises réduisent volontairement leur production; que les exportations de brut par rail augmentent; que les raffineries américaines reprennent leurs activités après les arrêts de maintenance de l’automne; et que la raffinerie de Sturgeon, d’une capacité de 80 000 barils par jour, commencera à traiter le bitume au début de l’année prochaine.

M. Skolnick estime que les récentes réductions de prix sur le pétrole lourd, si elles sont maintenues pendant un an, équivaudraient à une perte de redevances d’environ 4 milliards $ pour l’Alberta, à une perte d’impôt fédéral canadien d’environ 13 milliards $ liée au secteur pétrolier et à un gain annuel d’impôt fédéral américain d’environ 12 milliards $ tiré de l’augmentation des bénéfices du raffinage aux États-Unis.