Dominic Champagne, metteur en scène à l’origine du Pacte pour la transition

Aviation civile: des taxes et un moratoire sur les aéroports, dit une coalition

MONTRÉAL - Une coalition profite de l’assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale pour lancer l’idée d’une «taxation juste» du carburant sur les vols internationaux, afin de lutter contre le réchauffement global.

La Coalition aviation climat revendique aussi des taxes «beaucoup plus élevées» sur les billets d’avion en classe affaires et en première classe, toujours dans une optique de réduire les répercussions de l’aviation sur le climat.

«L’aviation civile internationale est responsable de 5 pour cent du réchauffement - c’est-à-dire une quantité d’émission de carbone plus grande que les 129 pays les moins émetteurs, donc ce n’est pas banal», s’est exclamé le metteur en scène Dominic Champagne, à l’origine du Pacte pour la transition, au cours d’une conférence de presse, mardi à Montréal.

En plus de cette taxe sur les vols internationaux, la coalition suggère de «suivre le même principe pour les vols intérieurs», mais en en exemptant les communautés autochtones qui vivent dans des régions éloignées.

M. Champagne se dit conscient qu’il ne gagnera pas un concours de popularité en revendiquant de telles taxes, mais il estime que ce sont surtout les personnes aisées qui font beaucoup de voyages en avion. Il martèle qu’il s’adresse à l’industrie de l’aviation, «non pas aux individus».

Il prône une taxation progressive, afin de dissuader les gens de prendre souvent l’avion. Il serait possible selon lui d’augmenter le taux de la taxe en fonction du nombre de vols effectués par un passager durant une même année.

«La plantation d’arbres, ce n’est pas suffisant», a lancé à ses côtés Patrick Bonin, de Greenpeace Canada. C’est certes louable et il faut le faire, mais ça ne suffit pas. Il faut réduire à la source les émissions, non pas se contenter de les compenser en plantant des arbres.

Aéroports

La coalition formule une autre revendication: stopper les agrandissements d’aéroports et imposer un moratoire sur la construction de nouveaux aéroports.

«Ces constructions et agrandissements permettent au secteur de l’aviation de croître, alors qu’il doit décroître», estime la Coalition aviation climat.

«L’aviation fait plutôt partie du problème et elle doit changer de camp. Historiquement, l’Organisation de l’aviation civile internationale s’en est sortie trop facilement. Il y a de puissants lobbys qui ont mis énormément de pression sur les gouvernements pour faire en sorte que l’aviation ne soit pas incluse dans l’Accord de Paris. Alors que tous les pays de la planète s’engagent à réduire leurs émissions, l’aviation, elle, s’en sort et ne prend aucun engagement», a critiqué M. Bonin, de Greenpeace Canada.

En plus du Pacte pour la transition et de Greepeace Canada, étaient présents à la conférence de presse La Planète s’invite à l’université, La Planète s’invite au parlement, le groupe Extinction rébellion Québec et les Pollués de Montréal-Trudeau.