L’AAA Foundation For Traffic Safety a testé le degré de distraction pour le conducteur des systèmes d’infodivertissement sur 30 véhicules. Aucun n’a passé le test. Le degré de distraction varie de modéré à très élevé.

Distractions: tous les systèmes échouent le test

De plus en plus populaires et réclamés, les systèmes d’infodivertissement installés par les constructeurs automobiles deviennent eux aussi une source de distraction. Aussi dangereuse que l’utilisation du téléphone ou des textos au volant.

La Fondation CAA-Québec a publié les résultats d’une étude de ses confrères de l’Association américaine des automobilistes AAA (AAA Foundation For Traffic Safety), menée conjointement avec l’Université de l’Utah. Ceux-ci ont testé 30 systèmes d’infodivertissement pour la distraction au volant. Tous ont échoué le test.

Sur les 30 systèmes testés, 23 nécessitaient un niveau d’attention allant d’«élevé» à «très élevé». Les sept autres exigeaient un degré d’attention «moyen».

«Ce qui est encore trop. Ces systèmes demandent une réponse cognitive trop élevée», affirme Pierre-Olivier Fortin, conseiller en communication chez CAA-Québec, lors d’un entretien téléphonique. «Pour être acceptable et sécuritaire, le niveau d’attention doit être “bas”, ce qui équivaut à peu près à écouter la radio.»

Le directeur de la Fondation CAA-Québec, Marco Harrison, qui commente les résultats de cette étude, avance que, dans certains cas, «cela peut prendre jusqu’à 40 secondes pour accomplir une tâche», selon les mesures des chercheurs de l’AAA. «Alors si en quatre secondes, à 90 km/h, on parcourt l’équivalent d’un terrain de football… Que doit-on penser de 40 secondes? C’est comme traverser le pont Pierre-Laporte à moitié distrait», ajoute M. Harrisson.

«Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise distraction», ajoute M. Fortin. «Cependant, les gens veulent de ces systèmes et on ne peut pas remettre la pâte à dents dans le tube», image-t-il.

Selon l’AAA, «70 % des adultes américains veulent ces technologies, mais que seulement 24 % trouvent que ces dernières fonctionnent bien».

Par expérience, on peut confirmer que certains systèmes d’ordinateur de bord nécessitent une familiarisation voire qu’ils sont difficilement manipulables lors de la conduite. On peut citer par exemple le système dans les modèles Lexus, BMW ou Mercedes-Benz qui fonctionnent avec une souris très sensible ou une molette.

La méthode CAP

Pour sa part, CAA-Québec propose une solution simple pour éviter les trop longues distractions par le système d’infodivertissement. L’organisme l’appelle la méthode CAP : comprendre, associer, programmer.

CAA-Québec invite les conducteurs à d’abord comprendre «le fonctionnement du système multimédia pour pouvoir l’opérer machinalement». Lorsqu’elles sont disponibles, les commandes au volant sont très pratiques.

L’appareil mobile devrait être associé, soit par Bluetooth ou avec un câble USB pour tirer profit des applications Apple CarPlay ou Android Auto.

Enfin, programmer les itinéraires ou les listes de lecture de chansons à l’avance permet de réduire les risques de distraction au volant.

Les résultats de l’étude de l’AAA : goo.gl/rrFDAj

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RÉPONSE COGNITIVE REQUISE DES SYSTÈMES TESTÉS PAR L’AAA

Basse

  • Aucun


Modérée

  • Chevrolet Equinox LT
  • Ford F250 XLT
  • Hyundai Santa Fe Sport
  • Lincoln MKC Premiere
  • Toyota Camry SE
  • Toyota Corolla SE
  • Toyota Sienna XLE


Élevée

  • Cadillac XT5 Luxury
  • Chevrolet Traverse LT
  • Dodge Ram 1500
  • Ford Fusion Titanium
  • Hyundai Sonata Base
  • Infiniti Q50 Premium
  • Jeep Compass Sport
  • Jeep Grand Cherokee Limited
  • Kia Sorento LX
  • Nissan Maxima SV
  • Toyota RAV4 XLE


Très élevée

  • Audi Q7 QPP
  • Chrysler 300 C
  • Dodge Durango GT
  • Ford Mustang GT
  • GMC Yukon SLT
  • Honda Civic Touring
  • Honda Ridgeline RTL-E
  • Mazda3 Touring
  • Nissan Armada SV
  • Subaru Crosstrek Premium
  • Tesla Model S
  • Volvo XC60 T5 Inscription

Source : étude Visual and Cognitive Demands of Using In-Vehicle Infotainment Systems de l’AAA