Dans les années 1970, malgré ses succès, la Volkswagen Beetle finit par accuser le poids des années. Trop gourmande en carburant, une tenue de route fantaisiste, un freinage un peu trop discret et une concurrence, y compris chez VW, avec la Golf.

Ce sera la fin de la Volkswagen Beetle en 2019

WASHINGTON — La toute dernière incarnation de la mythique Coccinelle de Volkswagen sera fabriquée jusqu’en juillet 2019, avant de tirer sa révérence après plus de sept décennies qui ont marqué l’histoire de l’automobile.

«La perte de la Coccinelle après trois générations et sur près de sept décennies devrait provoquer toute une palette d’émotions chez les très nombreux fans dévoués à la Coccinelle», a estimé Hinrich Woebcken, le pdg de Volkswagen Amérique du Nord, en annonçant que la production s’arrêterait définitivement en juillet de l’année prochaine dans son usine mexicaine de Puebla.

Le constructeur, qui se remet à peine aux États-Unis du scandale retentissant des moteurs truqués pour masquer le taux de pollution, veut se concentrer sur les voitures familiales plus grandes et sur les automobiles électriques.

Il «n’a pas prévu dans l’immédiat de remplacer» la Beetle (son petit nom en anglais).

Hinrich Woebcken s’est toutefois empressé d’ajouter : «il ne faut jamais dire jamais.»

Pour «célébrer le riche héritage» de la voiture, Volkswagen proposera deux modèles judicieusement surnommés Final Edition.

La Volkswagen Beetle 2017, édition Dune, présentée au Salon de Los Angeles, en novembre 2015.

Bonhomie
Cette toute dernière incarnation n’a presque plus rien en commun avec le grand ancêtre voulu par Hitler et né du génie automobile de Ferdinand Porsche.

Et on est loin aussi de la voiture de prédilection de la jeunesse des années 1960 et 1970 incarnant la génération Peace and Love et sa soif de liberté, qui se traduisait souvent par des Käfer (coccinelle en allemand) multicolores et couvertes de dessins d’immenses fleurs.

Pourtant, il reste le trait essentiel : la bonhomie qui vient de la rondeur de sa silhouette, immédiatement reconnaissable même dans les modèles les plus récents. Et bien sûr les phares, qui font immanquablement penser à deux grands yeux sur un visage au sourire bienveillant.

L’original avait pourtant commencé par un passé guerrier en transportant des soldats de la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’en 1945 qu’elle sera produite en masse dans une Allemagne occupée par les Alliés et deviendra véritablement la «voiture du peuple» ou Volkswagen en allemand.

Elle part peu à peu à la conquête du monde entier et il n’y a guère d’endroit où les pneus de la Coccinelle n’ont pas laissé leurs traces.

La véritable consécration vient dans les années 1960. Le Beatle John Lennon fait sienne la petite voiture aux courbes arrondies et Andy Warhol la transforme en icône pop art, en déclinant sa photo sur le modèle de sa fameuse Marylin.

En 1968, Walt Disney en fait une star du grand écran avec Un amour de Coccinelle, qui met en scène les aventures d’une auto très humaine.

Mais malgré ses succès, la Beetle finit par accuser le poids des années. Trop gourmande en carburant, une tenue de route fantaisiste, un freinage un peu trop discret et une concurrence — y compris chez VW — avec la Golf.

En 1997, Volkswagen lancera ensuite la New Beetle avec des formes qui rappellent fortement l’originale et la voiture connaîtra un grand succès. Elle n’accèdera cependant pas au statut de légende.

Pour les deux derniers modèles de cette longue lignée, Volkswagen s’est laissé inspirer par l’histoire. La dernière Coccinelle Ultima Edicion était sortie de l’usine de Puebla en juillet 2003 et était disponible en livrée beige ou bleu clair.

Les deux Final Edition — une décapotable et un coupé — seront également proposées dans les mêmes tons sable et bleu délavé.

Aux États-Unis, la décapotable se vendra 27 295 $US (35 595 $) et le coupé à 23 045 $US (30 052 $).