Pour une troisième fois en un peu plus de quatre mois, l’usine Papier Masson cessera sa production.

Arrêt temporaire des activités de Papier Masson

Pour une troisième fois en un peu plus de quatre mois, l’usine Papier Masson, de l’entreprise White Birch, cessera sa production, du 31 octobre au 11 novembre, en raison d’un surplus d’inventaires et d’un carnet de commandes qui n’est pas au rendez-vous.

Le Droit avait révélé en août que la papetière située à Masson-Angers s’apprêtait à fermer son usine pour trois semaines à l’aube de la période de rentrée scolaire. Un arrêt de quatre jours avait également eu lieu avant la Fête nationale, en juin.

Le directeur des ressources humaines chez Papier Masson, Hervé Morissette, affirme que le surplus d’inventaires est encore en cause pour expliquer cette nouvelle suspension des opérations.

« L’inventaire est élevé et les gens du siège social ont déterminé qu’on allait faire un arrêt de 11 jours. On travaille afin de minimiser l’impact sur la main d’œuvre. Je vous mentirais qu’on va réussir en totalité, mais je vous dirais qu’on tente d’amoindrir l’impact », a indiqué M. Morissette au Droit.

Impossible de confirmer dans quelle mesure exactement les 125 employés syndiqués de l’usine seront affectés par cette situation. Certains travailleurs pourraient voir leurs heures être réduites ou se retrouver en congé forcé pour une période d’au moins sept jours durant l’arrêt. 

M. Morissette se veut malgré tout rassurant pour l’avenir et fait valoir que Papier Masson est là pour rester.

« Nous travaillons sur un nouveau projet de biofibre qui devrait décoller au début de l’an prochain. C’est un nouvel essor pour nous. On demeure très positifs pour l’avenir de l’usine, la question ne se pose pas. [...] Nous sommes en bonne santé pour aller loin », a mentionné le directeur des ressources humaines.

Stabilité au printemps 2020 ?

Le président de la section locale 11 du syndicat Unifor, Richard Lahaie, souligne que les surplus d’inventaires représentent une situation « généralisée » dans l’industrie du papier en Amérique du Nord, en ce moment.

Le syndicat s’attend à ce que d’autres arrêts de production ponctuels surviennent dans les prochains mois. « On ne pense pas que les choses vont se replacer avant le printemps. Ça va prendre des mois avant que les inventaires reviennent au niveau normal », a indiqué M. Lahaie.

Le représentant syndical demeure optimiste quant à l’avenir des installations situées à Masson-Angers.

« C’est toujours inquiétant quand tu vois ça, surtout pour nos jeunes travailleurs qui viennent de commencer et qui n’ont jamais vécu d’arrêt temporaire, mais à long terme, nous ne sommes pas inquiets que l’usine ferme. L’employeur nous dit qu’on se situe, en termes de coûts, parmi les meilleurs de l’industrie », a ajouté M. Lahaie.

La dernière fois que l’entreprise White Birch a fermé ses lignes de production de Masson-Angers pour des questions d’inventaires en trop, c’était en 2009.

Papier Masson n’est pas la seule papetière de la région a éprouvé des difficultés. 

Aux prises avec un surplus de pâte cellulosique, Fortress Global, à Thurso, a annoncé plus tôt en octobre devoir suspendre ses opérations pour une période indéterminée qui pourrait s’étirer jusqu’à trois ou quatre mois.