De nombreux élus — incluant le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le maire d'Ottawa, Jim Watson — se sont déplacés pour souligner le début des travaux pour le futur centre de logistique d'Amazon dans l'est d'Ottawa.

Amazon débute les travaux dans l’est d’Ottawa

Amazon s’installe dans l’est d’Ottawa et l’entreprise a procédé à la première pelletée de terre de son futur centre de logistique, lundi matin.

L’ouverture de l’entrepôt de distribution, d’une superficie de plus d’un million de pieds carrés, créera près de 600 emplois dans la région. De plus, 1500 travailleurs en construction seront embauchés.

Le premier ministre Justin Trudeau a pris part à l’événement. 

« C’est un grand jour pour la ville d’Ottawa, la province et le Canada », a-t-il mentionné. Il a rappelé l’importance pour son gouvernement de soutenir les entreprises canadiennes et étrangères.

Il s’agira du plus grand entrepôt du genre au pays. « On pourrait y installer l’équivalent de 60 arénas de la Ligue nationale de hockey », a imagé James Beach, directeur immobilier et affaires de Broccolini qui a obtenu le contrat. 

Bénéfique pour l’est d’Ottawa

Le maire Jim Watson voit d’un bon œil la venue d’Amazon dans ce secteur de la Ville qui peinait à attirer des entreprises.

« C’est une excellente nouvelle, spécifiquement pour l’est de la ville parce qu’on manque d’emplois. Pour moi, c’est une priorité de continuer à encourager les compagnies comme Amazon de s’installer ici. Je travaille sur ce dossier depuis longtemps et c’est comme un rêve qui se réalise », se réjouit le maire Jim Watson. 

La grande superficie du terrain a grandement influencé Amazon à choisir l’est d’Ottawa. « On était intéressé dans la région en général, mais vous pouvez imaginer la complexité de trouver un terrain d’un million de pieds carrés. C’est un des gros facteurs en plus de la disponibilité de la main d’œuvre. On voulait aussi être à proximité des consommateurs », soutient Alexandre Gagnon, vice-président d’Amazon au Canada et au Mexique.

La venue du géant du web pourrait créer un effet boule de neige dans ce secteur de la ville, croit la députée d’Ottawa-Orléans.

« C’est un tremplin. Pour moi, c’est un premier pas. On a positionné l’est d’Ottawa comme ayant la capacité de pouvoir développer d’autres sites aussi exceptionnels que celui-ci. Des organisations au niveau mondial vont regarder l’est d’Ottawa avec une différente perspective », soutient la députée du secteur, Marie-France Lalonde.

Ouverture à l’automne 2019

Il s’agit du cinquième entrepôt du genre à être construit en Ontario. La particularité du centre d’Ottawa est qu’il sera dédié à emballer et à expédier des colis volumineux, comme des meubles, des équipements sportifs et des outils de jardinage. 

L’ouverture est prévue pour l’automne 2019. L’entreprise veut être prête pour le magasinage du temps des fêtes, une période achalandée pour le géant du commerce en ligne.

Le centre de logistique sera construit sur le chemin Boundary, près de l’autoroute 417.

La candidature conjointe des villes d’Ottawa et Gatineau en vue d’accueillir le deuxième siège social de la multinationale a été rejetée l’hiver denier. Le v.-p. de l’entreprise  assure que la venue d’Amazon à Ottawa n’est pas un prix de consolation. « La détermination de l’emplacement de nos entrepôts va avec la demande. On voit beaucoup de réactions positives des consommateurs à Ottawa et on cherchait simplement à servir nos consommateurs de façon plus efficace », confie M. Gagnon.

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Le premier ministre Justin Trudeau, le vice-président d’Amazon au Canada et au Mexique Alexandre Gagnon et la députée d’Ottawa-Orléans Marie-France Lalonde étaient présent pour la première pelletée de terre sur le site du futur entrepôt de distribution d’Amazon dans l’est d’Ottawa.

TRUDEAU SE JUSTIFIE D'AVOIR TRAITÉ UNE CITOYENNE DE RACISTE

Justin Trudeau ne croit pas être allé trop loin en traitant de raciste une femme qui lui réclamait un remboursement aux Québécois pour l’accueil des migrants en provenance des États-Unis.

Le premier ministre s’est vu obligé de revenir sur l’incident lors d’un point de presse à Ottawa, lundi matin. M. Trudeau était sur les lieux de la première pelletée de terre du nouvel entrepôt d’Amazon au Canada.

Plusieurs questions des journalistes ont porté sur cette altercation dont les images circulent dans les médias sociaux. Dans la vidéo tournée par un téléphone lors du passage du premier ministre à Sabrevois, en Montérégie, jeudi, on voit la dame d’abord demander au premier ministre s’il entend rembourser les Québécois pour l’accueil des demandeurs de statuts de réfugiés qui traversent la frontière américaine. Elle cite la demande de 146 millions $ faite par le gouvernement du Québec.

« Je veux savoir quand vous allez nous remettre le 146 millions $ qu’on a payés pour vos immigrants illégaux, s’est écriée la dame. C’est nous autres qui a payé pour ça ! »

Le premier ministre, au micro sur une petite scène extérieure, a commencé par lui répondre en dénonçant l’intolérance.

« Madame, cette intolérance par rapport aux immigrants, ça n’a pas sa place au Canada », a-t-il répondu.

Puis, lorsqu’elle l’a apostrophé quelques minutes plus tard durant un bain de foule en lui demandant s’il est « tolérant avec les Québécois de souche », il l’a traitée de « raciste ».

« Madame votre racisme n’a pas sa place ici », a-t-il dit en ajoutant qu’il était un « fier Québécois » avant de quitter les lieux.

La dame a ensuite été approchée par deux agents de la GRC qui lui ont demandé de s’identifier, ce qu’elle a refusé de faire.

Lundi matin, le premier ministre associait les commentaires de la citoyenne au discours politique de droite. Il a parlé de populisme et de « menteries ». 

Et il a dit qu’il était de son devoir de dénoncer ce genre de propos.

« Non », il ne croit pas être allé trop loin en répondant à la dame.

« Je pense que c’est important de comprendre qu’on est dans un moment politique où l’approche basée sur la peur, sur la division, sur la méfiance envers l’autre, sur le populisme, (...) sur des vérités partielles ou des mensonges, peut être très dangereuse pour une société », s’est-il justifié.

« Je respecte énormément la diversité de perspectives, y compris la diversité des perspectives politiques », s’est-il défendu.

« Jamais on ne devrait accepter la peur et la division comme outil politique », a-t-il martelé.

Il est revenu sur la question des migrants, assurant, une fois de plus, qu’il n’y a pas de crise, et a accusé ceux qui tentent d’insinuer le contraire d’être irresponsables.

« Nos règles continuent à s’appliquer à chaque personne qui arrive et on traite les dossiers à fond de chaque personne qui arrive, quelle que soit la façon dont elle arrive », a assuré, une fois de plus, M. Trudeau.

Avec La Presse canadienne