Des employés de l'usine ABI lors d'une manifestation à Montréal en avril dernier.

Aluminerie de Bécancour: les négociations sont suspendues

MONTRÉAL — Le médiateur spécial mandaté pour faciliter les négociations dans le conflit de travail à l’aluminerie de Bécancour (ABI), Lucien Bouchard, annonce la suspension des négociations en raison des positions trop éloignées entre l’employeur et le syndicat.

Les 1030 travailleurs de l’usine ABI sont en lock-out depuis le 11 janvier.

Dans un communiqué publié en début d’après-midi, vendredi, M. Bouchard explique que les parties ont convenu de se donner du temps pour «déterminer les conditions qui permettraient de les convoquer à nouveau à la table de négociation».

Le mois dernier, une rencontre au sommet a eu lieu entre le syndicat et la haute direction d’Alcoa à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Au terme de cette réunion, le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, avait qualifié le ton de la discussion de «respectueux».

Depuis cette tentative de régler le conflit de travail, «plusieurs séances se sont tenues à Montréal, dans le cadre d’un comité restreint», révèle l’ex-premier ministre et médiateur.

Toutefois, «compte tenu des positions très éloignées», les parties considèrent «que le contexte ne se prête pas à un retour à la table de négociation», ajoute M. Bouchard.

Quelques minutes après la diffusion du communiqué de presse signé par M. Bouchard, le Syndicat des Métallos a confirmé la suspension des pourparlers.

Les représentants de la section locale 9700 veulent prendre le temps d’informer leurs membres de l’état des discussions avant de commenter davantage la situation dans les médias.

«Le litige porte sur le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’?uvre et le financement du régime de retraite», précise tout de même la partie syndicale dans son communiqué.
Après la réunion de Pittsburgh, le syndicat disait être «disposé à négocier en bonne et due forme».

De son côté, la direction d’ABI se dit «déçue de constater que le processus n’a pas permis de conclure un cadre de règlement avec la partie syndicale». Elle ajoute qu’elle a proposé au syndicat «des solutions qui respecteraient l’ancienneté et assureraient un emploi à tous les employés présentement en lock-out».

Entre-temps, la direction d’ABI continue d’exploiter l’usine pendant le lock-out, mais à raison de seulement une série de cuves sur trois. Elle profite toujours d’un tarif d’hydroélectricité avantageux.