« Je crois qu’il y a de bonnes raisons d’être inquiets », a affirmé la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne.

ALÉNA: inquiétudes en Ontario

De nouvelles inquiétudes relativement à la relation du Canada avec les États-Unis ont fait surface, avec des menaces de tarifs sur l’acier et l’aluminium s’ajoutant désormais à l’incertitude entourant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Cela a été évident durant le voyage de deux jours à Washington des premiers ministres des deux provinces canadiennes les plus populeuses. Durant la visite du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et de la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, vendredi et samedi, les deux politiciens ont discuté avec plusieurs gouverneurs d’États américains et aucun d’entre eux n’a dit croire que l’ALÉNA faisait face à une résiliation imminente.

En entrevue, Mme Wynne a dit avoir été «encouragée» par ces discussions, disant qu’un «certain nombre de gouverneurs ont une relation plutôt directe» avec le président Donald Trump. Elle a souligné le fait qu’aucun d’entre eux n’a dit croire que l’ALÉNA serait déchiré.

Tout de même, des sources de friction plus immédiates ont été constatées.

M. Trump évalue ses options de tarifs sur l’acier et l’aluminium. L’une des options se déclinerait à l’échelle mondiale, tandis qu’une autre ciblerait une courte liste de pays et épargnerait le Canada. Les enjeux sont grands pour le Canada, qui est le principal exportateur de ces deux produits aux États-Unis.

Ils sont particulièrement élevés pour M. Couillard et Mme Wynne – l’Ontario est un fournisseur majeur d’acier et de pièces automobiles, tandis que le Québec est un fournisseur clé d’aluminium.

Le Canada n’est pas encore exempté de la liste potentielle. Un article de Bloomberg, publié vendredi, affirme que M. Trump tend vers la plus large action punitive possible, qui verrait l’application de tarifs mondiaux de 24 % sur l’acier, et d’autres qui pourraient atteindre 10 % sur l’aluminium.

Mme Wynne a dit avoir parlé aux gouverneurs de sa crainte des impacts de tels tarifs sur les prix dans le secteur automobile, alors que des pièces lourdes traversent la frontière à plusieurs reprises avant de se retrouver dans un produit final.

«Je crois qu’il y a de bonnes raisons d’être inquiets», a dit Mme Wynne.

«Quiconque comprend la chaîne de pièces automobiles sait que cela serait un problème pour nous... Je crois qu’il y a raison de vraiment s’inquiéter... Il s’agirait d’un effet cumulatif», a-t-elle ajouté.

Le gouverneur de l’Ohio ne sait pas précisément quoi penser de cette mesure pour l’instant.

John Kasich a soutenu qu’il était légitime d’établir des tarifs punitifs si un pays exporte de l’acier produit à un coût inférieur au marché.

Une allégation en ce sens est portée contre la Chine, et contre des pays qui utilisent en partie de l’acier chinois dans leurs propres produits.

M. Kasich ne veut pas voir son pays utiliser sans discernement des tarifs comme arme commerciale.

«Je ne suis pas un protectionniste... Simplement imposer des tarifs, je ne suis pas d’accord avec cela», a-t-il affirmé aux journalistes à l’ambassade canadienne, qui accueillait des gouverneurs durant leur rencontre annuelle à Washington.