Le propriétaire d’Air Distillerie, Pierre Mantha, espère que l’implantation de son entreprise à Hawkesbury lui permettra de percer le marché de l’Ontario.
Le propriétaire d’Air Distillerie, Pierre Mantha, espère que l’implantation de son entreprise à Hawkesbury lui permettra de percer le marché de l’Ontario.

AiR Distillerie: des retombées à prévoir pour Hawkesbury

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
L’Est ontarien comptera prochainement une nouvelle distillerie sur son territoire. La distillerie gatinoise Artist in Residence (AiR) s’implantera prochainement de l’autre côté de la rivière, sur un terrain de près de 15 acres, à Hawkesbury.

« Notre concept, c’est qu’à ce temps ici l’an prochain, on est en opération à Hawkesbury », a rapporté au Droit le propriétaire d’AiR, Pierre Mantha. La distillerie comportera huit bâtiments d’environ 25 000 pieds carrés sur un terrain vague de la rue Tupper. « La ville de Hawkesbury me supporte et veut tout faire pour m’aider », ajoute-t-il.

Le coût total de la construction du projet est estimé à plus de 20 millions de dollars, comprenant les nombreux bâtiments et l’équipement substantiel.

« Je prévois beaucoup de pertes pour les premières deux à trois années. Mais l’important c’est d’avoir une vision et de s’entourer d’une bonne équipe. Je vais embarquer les investisseurs, parce que je ne pourrai pas suivre la cadence. Je suis toujours cassé ! [rires] mais je vois le potentiel dans tout ça. »

À l’assaut de l’Ontario 

Pierre Mantha avait comme objectif de vendre ses produits en Ontario depuis déjà un bon moment. Mais il est complexe de pouvoir vendre des produits à la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) sans avoir de pied à terre dans la province, explique-t-il. « Il faut que tu remplisses une application une fois par année et tu te bats contre 300 [entreprises]. Ils en prennent une sur 300 », souligne-t-il. « Quand [tu as une entreprise en Ontario], ils te prennent automatiquement, comme [la SAQ] au Québec. »

En Ontario, le propriétaire veut surtout s’adapter au territoire pour bien ancrer sa marque. « On va déterminer ce qui marche mieux. En Ontario, ça ne boit pas du gin comme les Québécois. On veut pousser le whisky. Dans 5 à 10 ans, le whisky qui va sortir de là on va en parler partout. Je veux devenir le “Jack Daniel” du Canada. »

Pierre Mantha

Retombées locales 

À la mairie de Hawkesbury, l’impact économique d’une telle construction donne espoir au milieu des affaires de la région. « C’est une excellente nouvelle pour Hawkesbury, surtout après la fermeture de plusieurs commerces durant la pandémie du COVID-19 et la triste nouvelle de Harley Canada qui retire la concession de moto Harley-Davidson de Goulet Motor Sport », souligne la mairesse de la municipalité, Paula Assaly.

Le concessionnaire de motos avait en effet annoncé la semaine dernière qu’il mettrait la clé sous la porte en octobre, après 40 ans d’activité dans la région. L’annonce de la nouvelle distillerie AiR agit comme un baume sur une plaie. « Nous sommes très heureux », ajoute Mme Assaly.

Pour Pierre Mantha, redonner à la communauté est une mission de vie. La nouvelle distillerie permettra, entre autres, de créer environ 75 emplois à terme, et d’encourager les producteurs locaux.

En effet, M. Mantha indique qu’il utilisera le maïs de fermiers de la région, un des ingrédients principaux dans le whisky de grains, dans plusieurs de ses productions.

« Le blé d’Inde on va le prendre dans la cour arrière. » Parmi les huit bâtiments du complexe, M. Mantha prévoit également aménager un petit bistro, où tous les profits seront remis à des organismes de charité de Hawkesbury.

La distillerie Artist in Residence commercialise déjà depuis la semaine dernière des limonades sans alcool dans les épiceries de l’Outaouais. L’entièreté des profits de la vente de ces produits est remise à Moisson Outaouais. « Je vais faire [quelque chose de semblable] à Hawkesbury. Pour moi c’est très important, à chaque emplacement, de redonner à la communauté. »

Hawkesbury n’est que le début, souligne M. Mantha. Après l’Ontario, il vise la Pennsylvanie, le Colorado, puis Vancouver. « On va faire un paquet d’affaires. Je vais vous donner mal à la tête ! [rires]. Je veux faire trois millions de bouteilles, 30 millions de canettes, j’aimerais faire 8 000 barils par année. J’en ferai peut-être seulement mille barils la première année, mais ma vision, c’est qu’à Hawkesbury on va faire 10 000 barils d’ici 10 ans. »