Mathieu Lacombe, ministre québécois de la Famille
Mathieu Lacombe, ministre québécois de la Famille

Aide à l'industrie forestière de l'Outaouais: Lauzon et Lacombe applaudissent

Québec vient de «politiquement lancer un message clair à son ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs» en octroyant une aide de 14 millions $ destinée à l'industrie forestière de l'Outaouais et des Laurentides, estime le maire de Thurso, Benoit Lauzon, qui croit que l'annonce constitue non pas un diachylon mais un véritable «pont» vers la prochaine étape à franchir dans cet épineux dossier.

«C'est une excellente nouvelle. Cette mesure transitoire, c'est une aide qu'on demandait depuis longtemps. Avec l'intention du premier ministre (Legault) de modifier le régime forestier jumelé à cette aide-là, c'est une très bonne nouvelle pour les entreprises, les travailleurs, les familles, tout le monde», affirme-t-il. 

Le gouvernement provincial a annoncé lundi matin qu'il accordait 14,3 millions $ à l'industrie des deux régions, le tout se traduisant en deux mesures exceptionnelles, soit l’implantation d’un nouveau programme favorisant l’écoulement des bois feuillus de faible qualité et la bonification de l’enveloppe du Programme d’investissement pour l’aménagement des forêts. La première des mesures vise à pallier — en partie — la fermeture de l’usine Fortress de Thurso, qui s’est placée à l’abri de ses créanciers à la fin de l'année dernière, principalement à cause de la chute importante du prix de la pâte cellulosique sur le marché international.

Selon M. Lauzon, l'un des aspects les plus positifs du geste que vient de poser le gouvernement Legault est qu'il lance le signal clair au MFFP «qu'il y a une problématique à régler» dans ces deux régions et qu'il doit travailler «pour s'assurer que les conditions soient viables pour l'ensemble de l'économie afin que les régions en ressortent gagnantes». 

Cette annonce est rien de moins que le «pont» pour se rendre à la prochaine grande étape, soit la modification du régime forestier dans la Belle Province, est d'avis le maire de Thurso.

«C'est le lien qu'on avait besoin pour que les gens puissent continuer à avoir leurs emplois», note-t-il, précisant espérer que les travaux soient «très avancés» en vue d'apporter des modifications permanentes au régime forestier au printemps prochain. 

Rappelons que la cellule d'intervention sur la vitalité de l'industrie forestière dans les régions de l'Outaouais et des Laurentides, dont les travaux se sont amorcés en décembre dernier, a émis une série de recommandations en juin dernier à la suite de son premier mandat. Les travaux du comité dont fait partie le maire Lauzon ont été prolongés et le rapport final est attendu dans cinq mois.

Benoit Lauzon, maire de Thurso

Ce dernier estime qu'il est toutefois beaucoup trop tôt pour dire si des travailleurs pourront être réembauchés à court terme grâce à cette annonce.

«On va le voir quand les opérations forestières vont reprendre. En temps normal, les chemins pour les coupes (en forêt) de l'automne se font en juin. En juillet, ils n'y vont pas avec le risque élevé de feux de forêt. Est-ce qu'en août, sera-t-il trop tard pour faire les chemins ou on va retarder les coupes? Ce sera à voir», dit-il. 

«La bonne solution dans les circonstances», selon le ministre Lacombe

De son côté, le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, croit que cet investissement de Québec s'avère «la bonne solution à mettre de l'avant dans les circonstances.

«C'était d'ailleurs l'une des solutions qui nous était demandée à court terme. Les préfets Chantal Lamarche et Benoit Lauzon sont satisfaits, voilà deux bons indicateurs. [...] Il appartient aux entreprises de voir comment elles utiliseront cette aide pour relancer leur activités, mais ma certitude est que l'argent qu'on met sur la table va faire une différence. Ça aide au fond du problème», lance-t-il au Droit.

Cette subvention, explique-t-il, permettra par exemple aux entreprises de continuer la coupe en forêt pour ensuite effectuer des ventes hors de la région puisque le gouvernement assumera les frais de transport. Actuellement, en raison de la fermeture de Fortress, personne ne levait la main pour acheter du bois de faible qualité appelé à être transformé en copeaux.

«S'il fallait vendre ça en Estrie, par exemple, les entreprises (de cette région) disaient non, car c'était trop cher pour le transport», dit-il.

M. Lacombe affirme se réjouir des nouveaux développement dans ce dossier «complexe et pour lequel on a toujours été aux aguets».

«Malgré tout cela, depuis le début, on a toujours apporté des solutions. Il reste encore des défis, mais quand on regarde la volonté qu'on a de modifier le régime forestier pour que les solutions deviennent permanentes, je ne peux qu'être très heureux. Comme ministre responsable de la région, j'aurais pu me frapper le nez à la porte de collègues réfractaires, mais au contraire, j'ai des collègues qui y croient», affirme l'élu de Papineau.

Le ministre attend lui aussi avec impatience le rapport final de la cellule d'intervention qui sera déposé en décembre.

«C'est un peu le côté pérenne, ça va nous donner une idée d'où on peut aller pour que l'industrie forestière fonctionne sans que le gouvernement éponge des pertes à coups de millions de dollars», dit-il.