La famille d'une des victimes de l'accident meurtrier du 737 MAX de Lyon Air a poursuivi Boeing, comme annoncé par leur avocat mercredi.

Accident d'un 737 MAX de Lion Air: plainte contre Boeing à Chicago

CHICAGO - Une plainte visant Boeing dans le cadre de l'accident meurtrier d'un 737 MAX de Lion Air en octobre a été déposée à Chicago, a annoncé mercredi l'avocat de la famille d'une des victimes, affirmant que l'appareil du constructeur américain posait "un risque déraisonnable".

La plainte déposée lundi dans cette grande ville de l'Illinois, où est basé le siège de l'avionneur, met en cause le nouveau système de protection de l'avion contre le décrochage, pour lequel les pilotes n'ont pas reçu une formation suffisante, selon l'accusation.

Un porte-parole de Boeing s'est refusé à faire un commentaire sur cette plainte, se bornant à répéter que "Boeing (prenait) toutes les mesures pour comprendre pleinement tous les aspects de cet accident".

Le Boeing 737 Max 8 de la compagnie indonésienne à bas coûts s'était abîmé en mer une dizaine de minutes après avoir décollé de Jakarta le 29 octobre, tuant 189 passagers et membres d'équipage.

Quelque 30 proches des victimes de l'accident ont déposé plainte contre Boeing, l'accusant de défaillances sur son avion moyen-courrier remotorisé 737 MAX.

La plainte déposée à Chicago a été formulée pour le compte de la famille d'un passager, Sudibyo Onggo Wardoyo, 40 ans, qui résidait à Jakarta.

"Non seulement Boeing a installé des sondes qui ont fourni des données (de vol) inexactes, mais il n'a pas non plus dispensé de formations adéquates aux pilotes de l'avion. C'est comme si Boeing avait bandé les yeux des pilotes puis leur avait attaché les mains", dénonce l'avocat de cette famille, Thomas Demetrio, dans un communiqué.

Le Boeing 737 Max 8 exploité par Lion Air avait subi des problèmes récurrents liés à son système anti-décrochage, selon les premiers éléments fournis par l'enquête. Ces problèmes avaient été réparés avant le vol fatal, et l'avion, un modèle neuf entré en service en août, avait été autorisé à repartir par les responsables techniques de Lion Air.

Les enquêteurs ont notamment évoqué des défaillances des sondes d'incidence (AOA, Angle of Attack sensor).

Boeing a mis en place un nouveau système anti-décrochage sur les derniers modèles de ses moyen-courriers 737 MAX.

Mais un dysfonctionnement sur les AOA peut conduire l'ordinateur de bord, pensant être en décrochage, à mettre l'appareil en piqué alors qu'il faudrait au contraire le redresser. Et les pilotes doivent alors reprendre la main sur la machine pour éviter une issue fatale.

Après l'accident, les syndicats de pilotes américains avaient déploré apprendre que Boeing avait procédé à des changements dans le système de contrôle de l'appareil sans en informer les transporteurs aériens et leurs équipages.

Le constructeur américain a jusqu'alors assuré que son avion était sûr et que la sécurité restait une priorité.