À la conquête des États-Unis

La chocolaterie Rochef de Gatineau fait plus que brasser du cacao, elle brasse désormais de grosses affaires.
Il y a quelques jours par exemple, Rochef a produit rien de moins que 65 000 lapins de Pâques de deux kilos chacun pour la chaîne Costco. Les fours n'ont pas eu le temps de dérougir. Et s'il n'en tient qu'au fondateur de la chocolaterie, Roch Fournier, la cadence de production ne ralentirait jamais.
« Je vais prendre toutes les opportunités qui passent. Je vise le top !», affirme l'entrepreneur.
La petite entreprise artisanale, qui a vu le jour il y a une douzaine d'années dans le sous-sol familial de la rue Bourque à Gatineau, joue maintenant dans la cour des grands. Roch Fournier et son partenaire, l'homme d'affaires Alain Fredette, qui a investi un million et demi de dollars dans l'aventure il y a huit ans, ont pour principal objectif de faire grandir la compagnie tous azimuts.
Rochef produit désormais 300 tonnes de chocolats fins par année. Et environ 40% de cette production est exportée à l'extérieur du Québec. Le tandem Fournier-Fredette préfère taire le chiffre d'affaires de l'entreprise pour des raisons de concurrence. Mais ils admettent que les ventes atteignent plusieurs millions de dollars par année. «Notre objectif, explique Alain Fredette, c'est de les augmenter annuellement de 20%.»
Les États-Unis dans la mire
«Nous sommes en mode expansion. Nous voulons transposer notre succès dans l'État de New York, à Toronto, dans l'Ouest canadien», raconte le maître chocolatier Fournier. L'entrepreneur multipliera sa présence dans les salons et les foires commerciales dans les mois à venir afin de mousser les ventes, notamment au sud du 45e parallèle. «Aux États-Unis, chaque État est presque l'équivalent du Canada en termes de marché, alors ça peut aller très vite. Une chaîne là-bas, c'est 5 000 magasins», ajoute-t-il. Pour réussir son pari américain, la compagnie tente d'obtenir son accréditation HACCP, une norme internationale de salubrité des aliments, qui, assure Alain Fredette, est une puissante carte de visite quand vient le temps d'exporter.
Coup de main d'ID Gatineau
Le fondateur de Rochef Chocolatier, Roch Fournier
Rochef vient d'ailleurs de recevoir un prêt de 100 000 $ d'ID Gatineau afin de stimuler ses exportations. Pour y arriver, le fondateur de l'entreprise compte sur l'expérience d'Alain Fredette, qui a été président de la Chambre de commerce de Gatineau il y a de cela plusieurs années et qui manie plus facilement les chiffres que les spatules. 
Pour l'instant, Rochef parvient à produire ses milliers de tablettes, truffes, enrobages et tutti quanti dans ses locaux de la rue Jean-Proulx, dans le secteur Hull. «Mais nous attendons un gros contrat au Québec. Si on l'obtient, nous pensons agrandir», précise Roch Fournier. 
Entretemps, Rochef dispose de mille points de vente, principalement au Québec. Et bientôt viendront s'ajouter sur les tablettes des collations chocolatées. «Ce sont des concassés de chocolat, avec du caramel ou encore des graines de tournesol grillées, c'est la nouvelle tendance», explique le chocolatier.
L'entreprise est en pleine expansion, avec sa douzaine d'employés, et le plaisir est toujours aussi présent.
«Nous vendons du chocolat, c'est le fun », s'exclame Roch Fournier, dont la passion pour la cuisine s'est développée après avoir reçu en cadeau, au début de la vingtaine, le Larousse des desserts. «J'ai fait les 400 recettes du livre.» Il a ensuite plongé à fond dans le monde de la chocolaterie.
Au fil des ans, la passion du maître chocolatier s'est toutefois transformée. Le monde des affaires est en train de supplanter l'univers des chaudrons et des moules.
«Ce que j'aime le plus présentement, c'est d'aller vendre mes produits. J'ai un beau bolide, je veux le montrer», conclut monsieur Fournier.