Ivaco Rolling Mills a réduit la production de son usine de L’Orignal.

50 emplois perdus à l'usine Ivaco Rolling Mills à L’Orignal

Ivaco Rolling Mills, à L’Orignal, abolira 50 emplois d’ici la fin du mois afin de réduire la production de l’usine, spécialisée dans l’industrie de l’acier.

L’entreprise de l’Est ontarien et le syndicat des Métallos, qui représente les employés d’Ivaco Rolling Mills, ont annoncé conjointement aux employés, le 1er avril dernier, qu’il était devenu impossible d’opérer sur l’horaire habituel constitué de quatre équipes, et que celui-ci serait réduit à trois équipes seulement. Ivaco Rolling Mills emploie actuellement 538 personnes. 

L’imposition de droits de douane sur les produits de l’acier et de l’aluminium par l’administration Trump, dans la foulée de la ratification du nouvel Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM), serait l’une des causes principales de cette annonce. 

Cette imposition de droits de douane mondiaux de 25 % sur l’acier en vertu de l’article 232 a entraîné une baisse des exportations d’acier sur le marché américain et une poussée des importations d’acier détournées au Canada. D’autres pays, dont l’Union européenne, ont également mis en place des mesures de sauvegarde sur les produits en acier, ce qui a augmenté le volume d’acier détourné au Canada.

Le gouvernement Trudeau avait répliqué, en octobre dernier, à ces barrières tarifaires des États-Unis en imposant une surtaxe de 25 % sur sept produits de l’acier étrangers. Cette surtaxe avait été mise en vigueur pour une durée de 200 jours, en attendant les conclusions d’une enquête du Tribunal canadien du commerce extérieur, qui étudiait la possibilité de poursuivre ces mesures de sauvegarde. 

À la suite de cette étude, le Tribunal a recommandé que seuls deux de ces sept produits de l’acier soient assujettis au renouvellement de cette surtaxe imposée par le gouvernement Trudeau, excluant ainsi les produits d’Ivaco Rolling Mills. « La décision du Tribunal n’est qu’une recommandation, mais le gouvernement n’est pas obligé de la suivre », remarque le coordonnateur régional pour L’Est de l’Ontario du syndicat des Métallos, Richard Leblanc. 

Il ne reste plus que 35 jours avant la fin de cette période de surtaxe imposée par le gouvernement fédéral. 

Selon M. Leblanc, le Canada doit absolument poursuivre ces mesures de sauvegarde de manière permanente, sur tous les produits de l’acier. « Tous les pays du monde ont un système tarifaire pour protéger le marché de l’acier. Le Canada est le seul qui n’en a pas, ce qui fait qu’il est l’un des marchés de l’acier les plus exposés au monde. »

Lors de l’annonce des licenciements chez Ivaco Rolling Mills, M. Leblanc a déclaré que le syndicat des Métallos faisait tout en son pouvoir, des deux côtés de la frontière, « pour mettre fin à ces tarifs illégaux et injustifiés imposés par les États-Unis. »

« Ici au Canada, nous demandons aussi au ministère des Finances de suivre l’exemple de l’Union européenne et d’étendre la sauvegarde, afin de protéger les bons emplois de l’acier canadien. »

Le syndicat encourage d’ailleurs les employés à écrire des lettres à leurs députés fédéraux et au ministère des Finances. Les employés sont aussi invités à partager et à faire circuler le plus d’informations possible sur les réseaux sociaux. « On veut mettre de la pression sur le ministère et les députés des comtés où il y a des plans d’acier, mais aussi dans les comtés avoisinants, parce que ce ne sont pas seulement les comtés où l’on travaille l’acier qui peuvent bénéficier de cette production. Il faut que ça devienne des décisions politiques, et il doit y avoir une ambition de protéger nos emplois », revendique M. Leblanc.