Le maire Gilles Lehouillier, les cofondateurs Gaétan Vezina et Christine Beaulieu, le président actuel Dominique Brown, le vice-président opérations Charles Auger et la vice-présidente développement Virginie Faucher étaient de la partie, avec d’autres actionnaires et employés, pour souligner les 40 ans de l’entreprise Chocolats Favoris, à Lévis.

40 ans pour Chocolats Favoris: une histoire savoureuse [VIDÉO]

Il n’y a pas que les cornets trempés dans le chocolat qui sont savoureux chez Chocolats Favoris. L’histoire de l’entreprise, qui fêtait ses 40 ans jeudi très exactement, l’est tout autant.

«Il y a une petite histoire dans la famille qui dit que ma grand-mère est décédée d’une indigestion au chocolat. Mon père était un maniaque de chocolat, il nous a élevé dans l’amour du chocolat. Moi je me suis dit, ma grand-mère en est peut-être morte, mais nous on va en vivre!», raconte en riant Christine Beaulieu, qui a cofondé l’entreprise avec son mari, Gaétan Vézina, et d’autres membres de la famille. 

L’anecdote est amusante, mais l’idée derrière l’entreprise, elle, était plus sérieuse. En 1979, les taux d’intérêt étaient particulièrement élevés, les jeunes avaient de la difficulté à se trouver du travail en sortant de l’école. Chocolats Favoris est né tout d’abord pour créer des emplois, insiste Christine Beaulieu. 

Qui plus est, l’entreprise n’a pas hésité à s’installer d’abord au centre de Lauzon, qui était en proie à la dévitalisation. Un choix à contre-courant qui reflète une préoccupation pour préserver les cœurs de ville traditionnels, a souligné le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. 

D’abord spécialisée dans le chocolat de Pâques (les natifs de la région de Lévis semblent être nombreux à se souvenir de la fameuse mascotte de lapin qui en faisait la promotion), l’entreprise familiale s’est lancée en 1996 dans la crème glacée trempée dans le chocolat, après son déménagement sur la rue Bégin. 

Ce n’est qu’en 2006 et en 2011 que Chocolats Favoris s’est aventurée sur la rive nord du fleuve, en ouvrant des succursales à Charlesbourg et à Cap-Rouge, toujours dans des demeures patrimoniales. 

En 2012, quand Christine Beaulieu a reçu un appel à propos de quelqu’un qui voulait acheter l’entreprise, elle a d’abord promptement refusé une rencontre. Devant l’insistance de son interlocuteur, et pour en finir au plus vite, elle a accepté de rencontrer le potentiel investisseur, qui s’appelait Dominique Brown. 

Qu’est-ce qu’il l’a fait changer d’idée? «On n’était pas du tout en mode vente, on était dans la consolidation et on était heureux dans ce qu’on faisait. Mais on était vieillissant, et quand un jeune de trente ans t’approche, tu te mets à réfléchir autrement. Quand je l’ai rencontré, j’ai eu l’impression de faire affaire avec un entrepreneur. Il a le bon âge et connaît la nouvelle clientèle. Il va être capable de donner l’impulsion qu’il faut à l’entreprise pour les 15-20 prochaines années», raconte-t-elle. Comme Chocolats Favoris fonctionnait en cogestion, avec une cinquantaine d’actionnaires-employés, la décision est venue de tous. 

Le fondateur du studio de jeux vidéos Beenox, de son côté, cherchait d’abord une opportunité d’investissement. «J’ai atterri dans le chocolat un peu par hasard. Je me voyais retourner en technologie, mais quand on a lancé la fondue en conserve, et tout le reste, la réponse a été extraordinaire et j’ai vu là-dedans une histoire d’expansion. Je suis quelqu’un qui adore la croissance et la créativité, alors tous les éléments étaient là pour rester dans l’univers du chocolat», explique Dominique Brown. 

D’un côté comme de l’autre, on ne tarit pas d’éloges. «Quand tu veux bâtir une grande entreprise, comme on l’est aujourd’hui, ça prend des fondations solides. Et Chocolats Favoris avait des fondations extraordinaires, tant au niveau des opérations que dans le cœur des gens», a vanté Dominique Brown. «Il dit qu’il s’est appuyé sur une entreprise avec un bon renom, mais aujourd’hui, le succès de l’entreprise, c’est grâce à lui, il faut le reconnaître», lance de son côté Christine Beaulieu. 

Un peu d’avenir

En 2012, Chocolats Favoris était constitué de trois succursales employant près de 70 personnes. Sept ans plus tard, la chaîne compte 48 points de vente dans trois provinces, et plus de 1500 employés. Son usine de production, où une grande partie du travail se fait encore de façon artisanale, tient à souligner Dominique Brown, est toujours située à Québec, pas très loin, donc, d’où tout a commencé. 

Et maintenant? «On va continuer les ouvertures, notamment à Gatineau et Châteauguay, mais on va beaucoup prendre d’expansion en épicerie. On lance plusieurs nouveaux produits dans la boulangerie, comme des biscuits et des brownies éclatés. On va continuer nos efforts en dehors du Québec aussi», a précisé le président actuel. 

Christine Beaulieu, elle, se réjouit surtout de constater que l’ambiance familiale est toujours la même. «L’entreprise a été un lieu de rassemblement et elle l’est encore», s’enorgueillit-elle.