Affaires

Les épiciers profitent du retrait de la «cenne noire»

VANCOUVER - Les épiceries ont profité du retrait de la pièce d'un cent, selon une jeune chercheuse de l'Université de la Colombie-Britannique.

Christina Cheng, étudiante en économie et en mathématique, a rédigé que les épiciers canadiens ont pu ajouter 3,27 millions $ à leur revenu en arrondissant la somme des factures.

En 2012, le gouvernement fédéral avait annoncé le retrait de la petite pièce de monnaie de cuivre. Depuis ce temps, les paiements et opérations réglés en espèces doivent être arrondis au multiple de cinq cents le plus proche.

L'étudiante de 19 ans voulait savoir si le changement avait profité aux clients ou aux commerces.

«L'arrondissement devient toujours un jeu de devinette, a-t-elle expliqué. C'est un jeu de devinette amusant parce que ça ne peut pas nuire à court terme, en regardant quelques sous. Mais à long terme, je me demandais si cela s'accumulait.»

Curieuse, l'étudiante a profité de ses temps libres pour enquêter sur le sujet.

Premièrement, avec un camarade, elle a passé environ un mois et demi à éplucher plus de 18 000 prix dans des épiceries et a inscrit les données dans une feuille de calculs.

Ils ont découvert que la plupart des prix finissaient par 99 ou 98 sous, des chiffres qui seront arrondis pour des transactions non taxées.

À l'aide de stimulations informatiques, elle a créé des «paniers» avec différents articles. Elle a ajusté différentes variables, dont le nombre d'articles et le montant des taxes, en plus de tenir compte de données de la Banque du Canada sur les méthodes de paiements les plus privilégiées par les consommateurs.

Selon elle, l'impact a été peu important pour les Canadiens, mais chaque épicerie a pu récolter en moyenne 157 $ de plus par année.

En octobre, à Montréal, l'article de Mme Cheng portant sur sa recherche a gagné une compétition de l'International Atlantic Economic Society, qui récompense le meilleur article d'un étudiant au premier cycle universitaire. Son étude devrait être publiée en juin prochain dans le journal de l'organisation.

Karl Littler, du Conseil canadien du commerce de détail, dit que son organisation ne partage pas les conclusions de Mme Cheng.

Selon lui, la méthodologie employée par l'étudiante ne reflète pas les véritables «paniers» d'épicerie. Il avance que la moyenne de la facture d'épicerie se situe à 53 $ et qu'elle est composée d'un plus grand nombre d'articles que ce que l'on retrouve dans la simulation de l'étudiante.

Des membres du conseil ont remarqué - sans étudier la chose en profondeur - que l'arrondissement de la pièce d'un cent bénéficiait équitablement aux épiciers et aux consommateurs, a mentionné M. Littler.

«Il n'y a pas de plan maléfique pour s'emparer des sous», a-t-il souligné.

Christina Cheng a expliqué qu'avec sa recherche, elle avait seulement tenté d'étudier un enjeu qui touche presque tous les jours les Canadiens. Son objectif n'était pas de diaboliser l'industrie alimentaire, a-t-elle assuré.

Le travail et nous

Traduire en «chillant»!

«Ici, nous nous laissons bercer par le son des claviers. C’est chill. L’ambiance est relaxe et propice au travail intellectuel», commente Maxime Ross.

Le traducteur n’a pas de souliers dans les pieds. 

La plupart de ses consœurs de travail — les filles sont largement majoritaires chez Traduction Sematos, un cabinet spécialisé dans les services de traduction et de révision — portent des pantoufles.

«Chez Sematos, les employés sont à l’aise. Ils viennent travailler comme ils sont dans la vie de tous les jours», explique la chargée de projets Alexia Lardon.

En effet, c’est chill chez Sematos. 

On entendrait voler une mouche dans ce grand local à aires ouvertes enveloppé par la lumière du jour. 

À l’occasion, une réviseuse ou une traductrice dépose ses écouteurs et lève la tête pour interroger une collègue sur le sens d’une expression ou sur l’interprétation juste d’un mot. Puis, elle se concentre de nouveau sur son travail. 

Rigueur. Rigueur. Rigueur.

«En fondant Sematos en 2011, je voulais recréer un environnement de collégialité comparable à celui que j’appréciais tellement durant mes études au baccalauréat en traduction à l’Université Laval», raconte le président de Sematos, Manuel Fresnais. 

«Nous nous retrouvions, quatre ou cinq collègues, assis autour d’une table à la cafétéria, à plancher sur nos traductions et à échanger pour trouver le bon mot, la bonne tournure de phrase.»

À l’Université Laval, Manuel Fresnais était inscrit au profil entrepreneurial, ce qui lui permettait de préparer le démarrage de son entreprise au cours de son baccalauréat en traduction. Il voulait devenir son propre patron.

«À l’époque, j’aspirais à devenir pigiste. Travailler en solitaire dans le sous-sol de ma maison. Ça n’a pas duré plus de trois semaines! Je ne pouvais travailler seul dans mon coin. Le contact humain me manquait cruellement. J’avais besoin d’échanger avec des collègues.»

Les contrats s’accumulant, il recrute alors ses premiers traducteurs. 

«Nous nous sommes retrouvés quatre dans le sous-sol de ma résidence. Les affaires allaient tellement bien qu’il devenait impératif d’accroître les effectifs du cabinet. C’est à ce moment que ma conjointe, alors enceinte, m’a gentiment fait comprendre qu’il valait mieux que mon équipe et moi quittions le repaire familial!»

Qualité de vie et biscuits!

Comptant aujourd’hui 29 employés, Sematos a établi ses pénates dans le quartier Saint-Roch à Québec.

L’aménagement des locaux reflète la volonté du cabinet de favoriser la communication entre les professionnels.

À cet égard, la direction met de l’avant une politique de la porte ouverte. «Je considère les traducteurs et les réviseurs davantage comme des amis que des employés», souligne Manuel Fresnais

La qualité de vie au travail occupe une place prépondérante.

L’employeur multiplie les petites attentions pour son personnel. Il souligne les anniversaires. Il accommode les salariés qui veulent travailler à la maison ou à l’étranger. Le club social, financé à la fois par le cabinet et les employés, n’est jamais à court d’idées pour divertir les camarades. Et il semble toujours y avoir des biscuits à dévorer sur la table de la cuisine!

Sematos fait preuve d’ouverture sur les horaires de travail, comme en témoigne Vicky Comtois qui aime commencer ses journées dès potron-minet.

«Moi, j’ai l’impression, ici, de grandir plus rapidement dans ma profession», signale Maxime Ross.

Sematos met à la disposition de ses professionnels des outils technologiques de collaboration — comme Microsoft Teams — qui leur permet d’échanger instantanément de l’information et partager des connaissances. Ils ont aussi accès à des bases de données terminologiques impressionnantes.

Manuel Fresnais fait le pari qu’en fournissant des outils de travail adaptés aux besoins des traducteurs et des réviseurs, ces derniers amélioreront leur performance et accroîtront leur productivité.

L’entreprise accompagne également ses ouailles dans leurs démarches menant à l’obtention de leur agrément de l’Ordre des traducteurs, des terminologues et des interprètes du Québec.

Pour ses clients qui sont des PME, des multinationales et des organismes gouvernementaux, Sematos a traduit pas moins de 6,5 millions de mots en 2016.

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Affaires

Le litige entre Boeing et Bombardier se transporte devant un tribunal américain

Le litige commercial sur la C Series qui oppose Bombardier et Boeing se transportera lundi devant un tribunal commercial américain qui sera appelé à trancher le conflit.

La Commission américaine internationale pour le commerce entendra les arguments des deux avionneurs quant aux droits punitifs d’environ 300 % avaient été décrétés cet automne à l’endroit de Bombardier par le département américain du Commerce.

Le fardeau repose surtout sur Boeing qui devra expliquer en quoi le contrat de plusieurs milliards de dollars portant sur l’achat de 125 avions de la C Series par le transporteur aérien Delta Air Lines lui porte préjudice.

Dans sa plainte déposée au printemps, l’entreprise américaine reprochait à Bombardier d’avoir profité d’importantes aides financières afin d’offrir des prix « dérisoires » à Delta pour décrocher la commande.

Mais le défi sera de taille : Boeing n’a pas soumissionné pour le contrat de Delta, argumentera Bombardier.

Dernière chance

Cet affrontement représente la dernière chance pour toutes les parties de convaincre la commission avant qu’elle ne rende son jugement final, vraisemblablement en février.

Quoi qu’il en soit, les plus grands syndicats du Canada et du Royaume-Uni ne croient pas que la plainte de Boeing sera rejetée par la commission qu’ils qualifient de « tribunal de pacotille ».

Unifor et Unite the Union estiment que le dossier se retrouvera devant l’Organisation mondiale du commerce.

Affaires

Le ministre Morneau, personnalité du monde des affaires de 2017

OTTAWA - Lorsque le soleil s'est levé sur 2017, le ministre fédéral des Finances Bill Morneau supervisait les premières étapes d'une reprise économique qui allait générer une croissance largement supérieure aux attentes, créer des emplois à une cadence impressionnante et réduire de plusieurs milliards de dollars ses projections de déficits budgétaires.

Comme les choses peuvent changer en un an.

À l'approche de la période des Fêtes, le grand argentier du premier ministre libéral Justin Trudeau panse aujourd'hui ses plaies, après s'être retrouvé pendant des mois au coeur de diverses controverses qui ont jeté de l'ombre sur les bonnes nouvelles économiques.

Si le ministre Morneau a remporté le vote de la personnalité canadienne du monde des affaires de 2017, réalisé auprès des salles de nouvelles des clients de La Presse canadienne, c'est probablement davantage à cause des manchettes des derniers mois.

Bill Morneau a remporté 50 % du vote, dont le bulletin comptait neuf candidats. Ceux-ci comprenaient notamment sa collègue du ministère des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, le chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, et la proverbiale épine dans le pied de M. Morneau : le propriétaire de petite entreprise.

La période de difficultés de M. Morneau a connu un lent départ, avec le dévoilement discret de son projet de réforme fiscale, au beau milieu de l'été. Dans les semaines suivantes, cependant, plusieurs complaintes se sont fait entendre de la part de propriétaires d'entreprises furieux, de médecins, d'experts en fiscalité et même de simples députés de son propre parti.

Plus tard dans l'automne, le prospère ex-homme d'affaires a été pris d'assaut par diverses questions d'ordre éthique sur la façon dont il gérait ses actifs personnels depuis son accession au poste de ministre des Finances. Plus récemment, des allégations de conflit d'intérêts ont convaincu la commissaire à l'éthique d'ouvrir une enquête formelle sur M. Morneau.

Ses opposants politiques ont joué un grand rôle en exerçant sur lui une certaine pression et en l'alimentant. Celle-ci a atteint son paroxysme à la fin du mois dernier, lorsque le chef conservateur Andrew Scheer a demandé la démission de M. Morneau.

À ce moment, le ministre s'était déjà fait demander s'il regrettait de s'être lancé en politique.

«Absolument pas», avait-il répondu à la sortie d'un événement à Montréal, le 17 octobre.

«Je sais que nous avons toujours des choses à faire et, pour moi, c'est un grand privilège d'avoir l'occasion d'être dans une équipe qui va faire de très importantes choses pour les gens ici, pour le reste du pays. Je voudrais continuer à faire ce travail.»

Année «calamiteuse»

Les difficultés de M. Morneau dans la deuxième moitié de 2017 ont fait les manchettes pendant des mois, ce qui en a fait un choix évident pour les journalistes économiques qui ont participé au sondage annuel de La Presse canadienne.

«Ça a été une année calamiteuse pour Bill Morneau», a estimé Bill McGuire, directeur des pages de nouvelles et d'opinions du Guardian de Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard.

«Peut-être qu'un ministre moins compétent aurait été congédié ou aurait remis sa démission il y a des mois. Malgré tout, il reste en contrôle. Il mérite certainement le titre de personnalité de l'année.»

Daniel Tencer, responsable des pages économiques chez Huffington Post Canada, a estimé que M. Morneau symbolisait soit la richesse démesurée et l'excès, ou la lutte contre eux. Tout dépendant de la personne à qui on le demande.

«Certainement, l'opposition au Parlement a tenté de dépeindre Morneau comme un libéral élitiste déconnecté - quelqu'un d'aisé qui tente de cacher sa propre fortune des yeux du public», a observé M. Tencer. «Que ce soit vrai ou pas, Bill Morneau s'est vigoureusement opposé à ce portrait, et malgré tout, cette image semble lui coller à la peau, au moins dans une certaine mesure.»

Matt Goerzen, rédacteur en chef du Brandon Sun, a noté que les propositions fiscales fédérales étaient devenues une des principales inquiétudes de son lectorat. Le journal a reçu une tonne de commentaires et de lettres de gens furieux, particulièrement de la part d'entreprises locales et du secteur agricole.

«Le ministre Morneau a été dans l'oeil de cet ouragan pendant que l'attention passait de la réforme fiscale aux intérêts personnels de M. Morneau», a écrit M. Goerzen. «Cette histoire, qui n'est pas terminée, a fait couler beaucoup d'encre et utilisé beaucoup de temps d'antenne.»

M. Morneau a commencé à attirer l'attention nationale alors que la grogne se faisait de plus en plus entendre face à la réforme fiscale, à la fin de l'été.

Depuis le début, il avait fait valoir que les changements visaient à injecter une dose de justice dans le système fiscal pour la classe moyenne. L'objectif primaire de la réforme, insistait le ministre, était de cibler les individus les plus fortunés qui ont utilisé l'incorporation de leur petite entreprise pour obtenir un avantage injuste.

Mais dans le climat de mécontentement croissant, M. Morneau a éventuellement été forcé de faire marche arrière et d'abandonner certains éléments de son plan.

Affaires personnelles

Mais pendant ce temps, des questions commençaient à se faire entendre au sujet des affaires personnelles du ministre.

La commissaire fédérale à l'éthique a donné une amende de 200 $ à Bill Morneau pour avoir omis de dévoiler son rôle d'administrateur dans une entreprise privée qui détient une villa en France. Le ministre avait déclaré la propriété de la villa à Mary Dawson, mais en raison de ce que son bureau a qualifié d'erreur administrative, il n'avait pas donné de précision sur la structure de propriété.

Puis, l'attention s'est tournée vers ses actions dans Morneau Shepell, la grande firme de ressources humaines qu'il a mise sur pied avec son père - et où il occupait le poste de président exécutif jusqu'à sa victoire électorale, à l'automne 2015.

La critique s'est intensifiée lorsqu'il a été révélé que le ministre n'avait pas placé sa participation dans Morneau Shepell dans une fiducie sans droit de regard après avoir été nommé au cabinet - une décision qui, selon M. Morneau, avait été prise après avoir consulté Mme Dawson.

La commissaire à l'éthique lui avait indiqué en 2015 qu'il n'avait pas besoin de se départir de ses actions ou de les placer dans une fiducie sans droit de regard parce qu'elles étaient détenues indirectement dans une société à numéro. Mme Dawson lui a plutôt recommandé de mettre en place un écran de conflits d'intérêts pour s'assurer qu'il ne soit pas impliqué dans les discussions ou les décisions qui pourraient profiter à Morneau Shepell.

En réaction à cette controverse, Bill Morneau a vendu le reste de ses actions dans Morneau Shepell, qui valaient environ 21 millions $. Il a donné à des oeuvres de charité la différence entre leur valeur au moment de la vente et leur valeur en 2015, lors de son élection - estimée à environ 5 millions $ - et promis de placer ses autres actifs dans une fiducie sans droit de regard.

Puis sont venues les allégations de conflit d'intérêt par rapport à un projet de loi sur les régimes de retraite, qu'a piloté par M. Morneau. Certains opposants soutiennent que cette réforme bénéficierait à l'ancienne firme de M. Morneau.

M. Morneau a nié être en conflit d'intérêts, mais la commissaire Dawson a ouvert une enquête formelle à ce sujet.

Piqué au vif

Mais Bill Morneau n'était pas encore au bout de ses peines. Les conservateurs ont ouvert une nouvelle ligne de front, en l'accusant de liquider ses actions de Morneau Shepell à la fin de 2015, une semaine avant qu'il fasse passer une nouvelle réglementation qui a fait chuter la valeur de ses actions d'un demi-million de dollars.

Piqué au vif, le ministre des Finances - bien conscient de l'ironie voulant que les mêmes personnes qui l'accusaient de détenir des actions le pourchassaient désormais pour les avoir vendues - a fulminé contre les insinuations de délit d'initié et a menacé de poursuivre toute personne qui les répéterait sans être protégée par le privilège parlementaire.

«Je pense avoir une bonne idée de la raison pour laquelle les membres de l'opposition cherchent à créer des théories du complot sorties de nulle part», avait clamé M. Morneau pendant la période des questions.

«Je pense que leur objectif est de détourner le regard des Canadiens de ce qu'ils ne veulent pas qu'ils comprennent, que les politiques que nous avons mises en place font une différence énorme pour les familles canadiennes.»

Quelques jours plus tard, Andrew Scheer a réclamé la démission de Bill Morneau, puis a demandé au premier ministre Trudeau de renvoyer son ministre, soulignant qu'il a démontré un «irrespect scandaleux» envers les Canadiens.

Justin Trudeau est toutefois resté fidèle à son homme.

«Les inventions et les attaques personnelles, les lynchages publics, le tout caché derrière les privilèges parlementaires, ce n'est pas ce à quoi les Canadiens s'attendent de cet endroit», avait alors mentionné M. Trudeau.

Pendant combien de temps encore maintiendra-t-il sa confiance envers son ministre?

«Il est évident que l'avenir politique de Morneau est incertain», a affirmé Daniel Tencer.

«Si les libéraux parviennent à reprendre le contrôle du discours pour vendre au public la réforme fiscale comme étant un succès, alors je pense que Morneau sera en poste pour quelque temps encore à titre de ministre des Finances.»

Auto

Nouveau départ pour la Mitsubishi Eclipse Cross 2018

Chez Mitsubishi, les nouveautés se bousculent. Les apparitions presque simultanées de l’Outlander PHEV et de l’Eclipse Cross donnent un coup de fouet à une gamme parcimonieusement entretenue. Elles confirment surtout le regain de jeunesse de cette marque aujourd’hui intégrée à l’Alliance Renault-Nissan.

L’histoire de Mitsubishi (100 ans déjà) est ponctuée de modèles audacieux, hors normes, parfois bizarroïdes. Certains donnèrent naissance à des voitures iconiques (Evo, Eclipse), d’autres à de vrais succès (Outlander, Lancer) et d’autres firent long feu (i-MiEV, Diamante). Que retiendrons-nous de l’Eclipse Cross? Qu’il s’agit sans doute de la dernière réalisation de Mitsubishi à titre de constructeur indépendant. En effet, il est utile de rappeler ici que ce constructeur japonais a basculé dans l’escarcelle de l’Alliance Renault-Nissan il y a tout juste un an. C’est donc dire qu’à l’avenir, les produits estampillés des trois diamants (logo de Mitsubishi) partageront leurs moteurs et leurs plateformes avec d’autres véhicules du groupe. Pour l’heure, ceux de Mitsubishi sont totalement distincts et indépendants puisque la conception de l’Eclipse Cross a débuté bien avant son intégration au conglomérat franco-nippon.

Affaires

RONA offrira la livraison par colis

Après l’enseigne Réno-Dépôt, RONA offrira également en 2018 aux consommateurs la possibilité de se faire livrer par la poste leurs marchandises, a appris Le Soleil.

En octobre, Lowe’s Canada annonçait dans le cadre de son virage numérique le déploiement à travers le pays d’un service de livraison de colis à domicile pour sa bannière Réno-Dépôt. La chaîne de quincailleries s’est associée avec Purolator et Postes Canada dans cette aventure. 

Maintenant, la société américaine souhaite intégrer cette nouvelle offre à son programme de commerce électronique chez RONA. Les commandes seront expédiées dans un délai de 48 heures.

«Le commerce électronique prend de plus en plus de place. C’est énorme. Nous avons doublé nos chiffres», indique Serge Éthier, vice-président exécutif chez RONA Proximité. «Nous faisons présentement du click and collect et de la livraison par camion. À partir du printemps 2018, il va y avoir de la livraison par colis. Il faut savoir s’adapter aux consommateurs», poursuit le patron. 

Ce dernier n’est toutefois pas en mesure de cibler une date précise pour le lancement. Des travaux visant à moderniser certains systèmes informatiques de marchands affiliés sont en cours.

Métamorphose

Vendredi, Le Soleil a visité le nouveau concept de magasin RONA, installé au 1415, rue Métivier, à Lévis. L’investissement a été de 2,5 millions $ pour la succursale âgée de 17 ans. Il s’agit du deuxième magasin de la chaîne, après celui de Longueuil, à subir une cure de jouvence. 

Une quinzaine de points de vente — petites et moyennes surfaces ou ce qu’on nomme dans leur jargon un magasin de proximité — à travers le Canada adopteront d’ici 2019 les nouveaux standards de la compagnie, entre autres davantage d’aires ouvertes et une meilleure luminosité. La facture totale du chantier devrait avoisiner les 40 millions $, estime la direction.

«Nous avons choisi Lévis pour faire des rénovations, car nous évaluons l’âge et le potentiel de l’endroit», explique M. Éthier, précisant qu’un magasin de Boucherville sera aussi métamorphosé ainsi que le RONA Québec situé sur le boulevard de l’Ormière. 

Une dizaine d’autres succursales à travers le pays seront annoncées au cours des prochains mois. Aucune ouverture ne figure toutefois à l’échéancier pour 2018.

«Dans nos magasins de proximité, entre 40 et 50 % de nos produits sont vendus à des professionnels», souligne le vice-président, pour expliquer certains changements dans l’inventaire et l’ajout d’un comptoir dédié aux entrepreneurs à Lévis.

Dans cette nouvelle succursale, où les travaux ont duré huit semaines, les produits saisonniers ainsi que les électroménagers sont à l’avant-plan. L’espace services-conseils a également été bonifié afin d’offrir la possibilité aux clients de réaliser «un projet du début à la fin». «On souhaite offrir une solution complète», dit M. Éthier. 

Nouvelles réalités

Ce dernier précise aussi avoir revu en partie son offre de produits afin de répondre aux nouvelles réalités du marché de la rénovation. «Aujourd’hui, avec les aires ouvertes dans les résidences, c’est beaucoup moins de moulures et de murs. Pour les lumières, c’est des encastrées. On vend aussi moins de peinture», énumère celui qui travaille dans le commerce de détail depuis une trentaine d’années.

Rappelons que Lowe’s (NYSE : LOW) avait acheté en 2016 ces deux détaillants de matériaux de construction dans une transaction de 3,2 milliards $.

Pour le RONA L’Entrepôt de Québec, près des Galeries de la Capitale, aucun plan de modernisation ne figure «à court terme» dans les cartons. Les propriétaires de l’enseigne avaient toutefois mentionné en 2016 que les grandes surfaces (+ 100 000 pieds carrés) allaient être transformées en Lowe’s, dont l’offre pour des projets «clé en main» est plus importante. 

«Pour l’instant, c’est un RONA, mais je ne peux pas dire pour le futur», conclut M. Éthier.

Chez Réno-Dépôt, la bannière a récemment inauguré un nouveau prototype de magasin du côté de Sherbrooke. Il s’agit d’une transformation d’une succursale RONA L’Entrepôt.

***

RONA DE LÉVIS EN CHIFFRES

- 2,5 millions $ d’investissement

- 8 semaines de travaux

- 70 employés

- 46 615 pieds carrés de superficie du magasin

- 48 159 pieds carrés de superficie pour la cour à bois extérieure

Source : RONA

Affaires

Pas encore de solution à la crise du bleuet

«Plusieurs producteurs risquent de tomber s’il n’y a aucune aide au printemps prochain.»

Le président du Syndicat des producteurs de bleuets, Gilles St-Pierre, a profité du passage du ministre Laurent Lessard pour rappeler l’urgence concernant la chute du prix du bleuet. La crise, rappelons-le, perdure depuis 2016. Une crise attribuée à l’explosion de la production mondiale qui a triplé en quelques années.  

Une table a d’ailleurs été mise en place au début de l’automne par le MAPAQ et le syndicat pour trouver des solutions. Depuis, quatre rencontres ont été tenues. Mais aucune solution concrète n’a été identifiée.

«Le gouvernement, on le voit, veut nous aider. Il est de bonne foi. Mais le temps presse vraiment. Il n’y a pas une entreprise qui peut vivre une troisième année de déficit. Il faut trouver une solution avant le printemps», a insisté M. St-Pierre, qui a interpellé publiquement le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard. 

Ce dernier a admis que les problèmes résultent d’une hausse de la production mondiale, mais la solution sera difficile à mettre en place, a-t-il laissé entendre. 

«On travaille sur le dossier. On a mis une table en place pour ça. Mais en effet, ça ne se réglera pas facilement», a répondu M. Lessard.

Actualités

Québec annonce 44 millions $ pour l’industrie du taxi

Le gouvernement du Québec annonce 44 millions $ sur 5 ans pour la modernisation de l’industrie du taxi.

Québec ne compensera pas tout de suite les chauffeurs de taxi, à cause de la perte de valeur de leurs permis, mais il crée un groupe de travail pour établir le montant de cette future compensation.

Le ministre des Transports André Fortin en a fait l’annonce, vendredi à Montréal. Il a annoncé du même souffle un programme distinct de modernisation de l’industrie du taxi de 44 millions$ sur cinq ans.

Les chauffeurs de taxi ont souvent payé leur permis 200 000 $, il y a quelques années, et se retrouvent aujourd’hui avec un permis qui peut valoir 75 000 $, parfois moins. Ils attribuent cela à une concurrence accrue, particulièrement celle d’Uber.

«La question de la compensation financière sera au coeur des pourparlers et des recommandations finales du groupe de travail. Notre objectif, votre objectif, sera de déposer un rapport à la fin février, donc avant le dépôt du prochain budget du gouvernement», a dit le ministre Fortin aux chauffeurs de taxi.

Interrogé à savoir pourquoi il ne les compensait pas immédiatement, le ministre des Transports a répondu qu’il voulait s’assurer de bien soupeser tous les aspects.

«Tout le monde reconnaît qu’il y a une perte de valeur des permis. Maintenant, il faut s’assurer que dans toute forme de compensation, on tient bien en compte ce qui se passe ici à Montréal, ce qui se passe à Québec, à Gatineau. (...) On va le faire avec l’industrie et on se donne un laps de temps très serré afin d’en arriver à une proposition concrète. Mais c’est utile de le faire avec l’ensemble des joueurs autour de la table», a-t-il justifié.

Modernisation

Il a annoncé, du même souffle, un programme de modernisation de l’industrie du taxi de 44 millions $ sur cinq ans.

Le programme de modernisation sera d’ailleurs alimenté par les redevances payées par Uber. Sa mise en oeuvre doit commencer dès le début de 2018.

Le programme doit permettre aux taxis d’utiliser les applications technologiques récentes, d’avoir accès à des véhicules électriques et aux infrastructures de recharge, par exemple, d’accroître l’accessibilité pour les personnes handicapées et de présenter une image de marque.

Réactions

Sur place, Me Marc-Antoine Cloutier, négociateur en chef pour l’industrie du taxi, s’est réjoui des fonds octroyés pour moderniser l’industrie, qu’il voit comme «une bonne première étape».

Mais il compte bien veiller à ce que ces fonds soient adéquatement distribués. «Ce qui nous inquiète, c’est à quels joueurs ça va aller, à qui ça va profiter, à quel nombre de compagnies cet argent-là va pouvoir être distribué et est-ce que ça va aider les chauffeurs, les propriétaires, et comment on va le faire», a-t-il résumé.

Sur la question de la compensation financière à venir pour la perte de valeur des permis, il admet que la question est plus complexe qu’il n’y paraît à prime abord.

«Ils le savent depuis longtemps que les permis ont perdu de la valeur. Mais là, la question qu’on se pose, c’est qu’on ne veut pas se cantonner simplement sur la question de la valeur des permis. Le principal élément qui a un impact sur la valeur des permis, c’est ce qu’on fait pour le futur. Est-ce qu’Uber reste ou pas? Qu’est-ce qu’on fait avec les permis?» a résumé Me Cloutier.

Plus de détails à venir ... 

Actualité économique

Les voyageurs appelés à bien se préparer avant de se rendre à l’aéroport

MONTRÉAL — Alors que de nombreux Québécois prendront l’avion pendant la période des Fêtes, que ce soit pour aller festoyer chez la parenté éloignée ou pour fuir les températures hivernales, les voyageurs sont invités à bien se préparer afin de faciliter le passage à l’aéroport.

En plus de pouvoir réserver un stationnement et procéder à leur enregistrement à l’avance en passant par le web, les voyageurs sont appelés à être vigilants lorsque vient le temps de faire leurs bagages et à s’assurer que ce qu’ils transportent est conforme aux règles.

Bon an mal an, des voyageurs se font en effet confisquer des objets interdits ou de volume non conforme, ce qui retarde non seulement leur propre passage au point de contrôle de sécurité, mais aussi celui des voyageurs qui attendent derrière eux.

« Le conseil numéro un, c’est la préparation, à la maison. C’est-à-dire bien connaître les règles, ce qu’il est permis d’emporter dans le bagage de cabine et ce qui n’est pas permis », note un porte-parole de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, Mathieu Larocque.

« L’erreur la plus fréquente que les passagers vont faire, surtout dans le temps des Fêtes, c’est d’apporter des contenants de liquide, d’aérosol et de gel qui dépassent la limite de 100 ml dans les bagages en cabine. Alors souvent on va avoir des gens qui vont oublier, par exemple, une bouteille d’eau, qui vont apporter des produits comme du beurre d’arachide, du sirop d’érable, des produits personnels comme des shampoings, de la lotion, de l’écran solaire, des trucs comme ça, dans des contenants trop grands », indique-t-il.

Les contenants de plus de 100 ml doivent être rangés dans le bagage enregistré. Seuls les petits contenants de 100 ml ou moins sont admis en cabine et ils doivent être placés dans un sac d’un litre.

La nourriture et les boissons destinées aux enfants de moins de deux ans peuvent toutefois être transportées en cabine dans des formats plus grands, tout comme les médicaments.

On conseille également à ceux qui transportent avec eux des cadeaux de Noël de ne pas les emballer s’ils souhaitent les avoir avec eux en cabine. M. Larocque recommande même de laisser déballés les cadeaux placés dans le bagage enregistré.

« Ces bagages aussi sont contrôlés par des appareils de radioscopie, donc s’il devait y avoir une fouille, encore une fois pour une raison ou pour une autre, l’emballage pourrait possiblement être enlevé par les agents qui doivent vérifier. Donc la meilleure recommandation, c’est vraiment d’attendre à destination », suggère-t-il.

Transports Canada a annoncé des modifications à la liste des objets permis en cabine le mois dernier. On autorise ainsi dorénavant les petites lames de couteau. Celles-ci doivent cependant mesurer six centimètres ou moins, et elles demeurent interdites sur les vols à destination des États-Unis. Les lames de rasoir et les couteaux rétractables ne sont pas permis. La quantité de poudre inorganique — comme la poudre pour bébé ou les sels de bain — permise en cabine est de 350 ml.

Aéroports de Montréal suggère par ailleurs aux voyageurs de bien vérifier l’horaire de leur vol avant de se rendre à l’aéroport et de planifier leurs déplacements en tenant compte de l’état des routes et de la circulation.

Enfin, pour faciliter le retour au pays, on demande aux accompagnateurs de s’assurer que les passagers qu’ils viennent chercher sont bel et bien arrivés avant de se diriger vers le débarcadère au niveau des arrivées et de leur donner un point de rendez-vous précis.

Actualité économique

Bombardier et Boeing préparent leurs arguments

Le litige commercial qui oppose Bombardier et Boeing entamera une étape critique, la semaine prochaine, lorsque les deux rivales se présenteront devant un tribunal commercial dont le jugement décidera ultimement de l’issue du conflit.

La Commission américaine internationale pour le commerce (USITC) tiendra des audiences, lundi, au cours desquelles Boeing expliquera pourquoi elle juge qu’elle a souffert — ou pourrait souffrir — de l’entente qui a vu Bombardier vendre des avions de la C Series au transporteur aérien américain Delta Air Lines.

Bombardier aura sa propre occasion de répondre aux accusations et devrait faire valoir que le contrat de plusieurs milliards de dollars portant sur l’achat de 125 avions n’a pas d’impact sur la santé financière de Boeing.

L’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton, et son homologue britannique, devraient aussi assister aux audiences au nom de leur gouvernement, qui appuient tous deux Bombardier.

Les audiences représentent la dernière chance, pour toutes les parties, de tenter de convaincre la commission avant qu’elle n’émette son jugement final, vraisemblablement en février. L’USITC décidera alors si les avions de la C Series vendus aux États-Unis doivent être frappés de droits punitifs.

Dans sa plainte déposée au printemps, Boeing reprochait à Bombardier d’avoir profité d’importantes aides financières afin d’offrir des prix jugés « dérisoires » au transporteur américain afin de décrocher l’importante commande.

Le département américain du Commerce a déjà proposé des droits préliminaires totalisant 300 pour cent après avoir établi que Bombardier avait enfreint des règles commerciales. Ces droits punitifs ne s’appliqueront toutefois que si la commission donne raison à Boeing.

De tels droits étaient perçus comme très dommageables pour la C Series jusqu’à ce que le géant de l’aérospatiale Airbus propose d’acheter une majorité des parts du programme. Il essaiera d’éviter les tarifs en assemblant les avions en Alabama.

Cette entente, qui a été annoncée en octobre et dont les détails n’ont pas été rendus publics, n’a toujours pas été approuvée par le gouvernement canadien, qui tente de déterminer si elle sera avantageuse pour le pays.

Les représentants de Boeing qui répondaient aux questions des journalistes vendredi ont toutefois affirmé que tous les droits liés à la C Series devraient également s’appliquer aux éléments de structure importants qui seront importés aux États-Unis.

Grand défi pour Boeing

Le fardeau repose surtout sur Boeing, qui doit prouver qu’il a perdu au change avec l’entente entre Delta et Bombardier.

Certains experts en matière de commerce croient que le défi auquel est confronté Boeing est considérable, puisqu’il n’avait pas fait de soumission pour le contrat de Delta — voilà l’argument du gouvernement fédéral et de Bombardier.

« Boeing n’a pas compétitionné et n’a pas été affecté par cette vente. C’est clair que cela n’a pas nui à Boeing », a martelé Nathalie Siphengmet, la porte-parole de Bombardier.

Les représentants de Boeing répondent toutefois que l’entreprise avait fait une soumission — et avait gagné — contre Bombardier pour un contrat avec American Airlines en mars 2016.

L’entreprise prévoit plaider que bien qu’elle n’ait pas fait de soumission pour Delta, les avions « subventionnés » de Bombardier risquent de nuire aux prochaines occasions d’affaires sur le marché américain.

Les audiences ont lieu moins d’une semaine après que le gouvernement eut puni Boeing en abandonnant ses plans de se procurer 19 avions chasseurs Super Honets, fabriqués par le géant américain.

Le gouvernement canadien prévoit aussi commencer à considérer le « tort » que les entreprises font aux intérêts économiques canadiens avant d’accorder le nouveau contrat — ce que plusieurs perçoivent comme une flèche à l’endroit de Boeing.