Affaires

Luckin veut détrôner Starbucks en Chine

PÉKIN — Starbucks est arrivé en Chine il y a 20 ans en promettant d’y ouvrir un café toutes les 15 heures. Un audacieux rival local, Luckin Coffee, veut aujourd’hui détrôner l’américain en en ouvrant un... toutes les trois heures et demie.

La dynamique entreprise en démarrage a réussi à attirer les consommateurs avec ses nombreux coupons de réduction. Sa cible : les étudiants et les cols blancs, qui aiment réserver leur café sur leur téléphone intelligent, puis l’emporter ou se le faire livrer.

Car si Starbucks offre habituellement de vastes points de vente équipés de canapés, idéaux pour travailler ou rencontrer ses amis, les espaces Luckin Coffee sont en général plus minimalistes.

Certains cafés sont relativement grands et proposent d’élégantes chaises design. Mais la plupart sont exigus : pas de tables, pas de comptoirs ou même de caisse enregistreuse, car tous les paiements sont réalisés sur téléphone intelligent.

Un modèle économique qui permet à Luckin de proposer des prix plus bas que la concurrence. Un latte n’y coûte que 24 yuans (4,50 $CAN) contre 31 yuans (6 $CAN) chez Starbucks.

Les consommateurs ayant pré-commandé leur café sur l’application mobile n’ont besoin de passer que quelques minutes dans les cafés décorés de bleu et de blanc : il suffit de scanner un code QR et de payer.

«C’est pratique. Il n’y a pas de longues files d’attente. Et puis vous n’êtes pas obligé de vous asseoir tout seul une fois que votre café est prêt», explique Yu Qian, une analyste financière qui habite Pékin.

Pays de thé

«Le grand avantage pour nous d’avoir ce type de points de vente, c’est qu’on paie sensiblement moins que nos concurrents en loyers», explique Reinout Schakel, directeur de la stratégie chez Luckin.

Créée il y a seulement un an, l’entreprise a annoncé en janvier vouloir ouvrir 2500 cafés en Chine d’ici à fin 2018, pour porter son total à 4500.

En comparaison, Starbucks en a 3600 dans le pays. Le géant américain truste 80 % du marché chinois des cafés, qui représente 3,4 milliards $ (3 milliards d’euros), selon le cabinet Euromonitor.

Mais Luckin Coffee est confiant.

Car si les Chinois ne boivent annuellement que quatre à cinq tasses de café en moyenne, l’exemple des pays voisins montre qu’un potentiel existe, souligne Reinout Schakel.

Au Japon et en Corée du Sud, où comme en Chine c’est le thé qui est la boisson traditionnelle, le café a réussi à percer, au point que ses habitants en boivent désormais 300 tasses par an.

La Chine est le deuxième marché de Starbucks après les États-Unis, et celui qui connaît la plus forte croissance. Le géant américain a ouvert fin 2017 à Shanghai (est) son plus grand point de vente mondial.

Mais il s’est lancé tard dans la livraison, un secteur ultra-développé dans les villes chinoises, bien plus qu’en Occident.

D’où vient l’argent?

Et après avoir vu ses parts de marché grignotées par Luckin, Starbucks s’est finalement associé en juillet avec l’application Ele.me, géant chinois du secteur.

«Nous couvrons désormais plus de 2000 points de vente dans 30 villes», déclare Derek Ng, le directeur de la communication de Starbucks Chine.

La concurrence a obligé le géant américain à se recentrer sur ses cafés haut de gamme «Reserve», ou encore à lancer ses propres promotions, note Hu Yuwan, analyste du cabinet shanghaïen Daxue Consulting.

«Est-ce qu’on est concurrent de Starbucks? Probablement d’une certaine manière», concède Reinout Schakel.

«Mais on ne se préoccupe pas de savoir si la demande vient de nouveaux buveurs de cafés ou de ceux de Starbucks.»

Parmi les financeurs de Luckin se trouvent le fonds d’investissement Centurium Capital (fondé par l’ex-chef Chine du fonds Warburg Pincus) ou encore le fonds souverain singapourien GIC. Le groupe a récolté environ 400 millions $ en deux tours de financement en 2018 et affirme être valorisé à 2,2 milliards $. Des rumeurs font désormais état d’une possible introduction à la Bourse de Hong Kong. Mais Luckin s’est refusé à tout commentaire sur ce dossier.

Politique

Legault veut «doubler» les échanges avec la France

PARIS — Le premier ministre François Legault a dit vouloir «doubler» les échanges commerciaux entre le Québec et la France, dimanche au premier jour de sa visite officielle à Paris.

Les échanges commerciaux entre la France et le Québec plafonnent à moins de 5 milliards $, soit moins de la moitié des échanges entre le Québec et le Texas par exemple.

«Cinq milliards, c’est rien. Il faut doubler ça», a déclaré M. Legault dans une entrevue à la chaîne francophone TV5Monde.

La France n’est que le troisième partenaire commercial du Québec au sein de l’Union européenne, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Les échanges commerciaux entre le Québec et la France, malgré l’amitié étroite qui les unit, «représentent à peu près trois jours d’échanges avec les États-Unis», a souligné M. Legault.

«Au Québec, 70 % de nos exportations vont vers les États-Unis. Soixante-dix pour cent de nos œufs sont dans le panier américain», a regretté l’homme d’affaires multimillionnaire, élu sur la promesse de donner aux relations internationales du Québec un «accent beaucoup plus commercial».

«Il y a urgence à se diversifier», a-t-il estimé, pointant du doigt «le protectionnisme américain qui n’est pas bon».

«Trio» économique

Pour ce faire, Québec formera un trio avec son réseau de délégations à l’étranger, Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Fini le travail en silos, l’action du Québec sera désormais mieux coordonnée, promet le premier ministre Legault.

Affaires

Le Conseil du patronat a 50 ans

Le Conseil du patronat du Québec (CQP) célèbre son 50e anniversaire.

Le 20 janvier 1969, une poignée de chefs d’entreprises et d’associations sectorielles du Québec se réunissaient pour jeter les bases du CPQ. L’organisme se consacre depuis à créer «les meilleures conditions possibles» pour les entreprises québécoises. 

Selon l’actuel pdg, Yves-Thomas Dorval, l’idée maîtresse qui anime toujours le CPQ est que les employeurs du Québec puissent compter sur une représentation crédible, rigoureuse et pertinente auprès des gouvernements et dans l’espace public et médiatique. 

«Le CPQ incarne depuis toutes ces années la voix des employeurs du Québec qui ont choisi de s’allier pour la prospérité», précise M. Dorval. 

Plusieurs activités soulignant l’anniversaire sont prévues dans les prochains mois.

Affaires

Les gratte-ciels en bois prennent racine au Canada

TORONTO — Il y a six ans, l’architecte Michael Green a pris la parole lors d’une conférence TED et a appelé à une ère mondiale de gratte-ciels à ossature de bois.

Certains participants étaient sceptiques.

«Les gens pensaient vraiment que j’étais un idiot, a dit M. Green récemment en entrevue. J’avais constamment des commentaires de mes pairs disant «ce type ne sait pas de quoi il parle, cela n’arrivera jamais, le secteur de la construction ne change pas». Et regardez aujourd’hui, il y a eu quantité majeure de changements.»

Presque inexistants il y a une décennie, les grands bâtiments en bois ont défié les sceptiques et se répandent dans les villes canadiennes. L’industrie du bois y voit une occasion, les concepteurs embrassent de nouvelles façons de faire et un élan est donné du fait de l’urgence climatique pour réduire la lourde empreinte carbone de l’acier et du béton dans la construction.

«Pour moi, tout revient à l’histoire du carbone. Tout revient à choisir des énergies renouvelables pour construire nos villes», a déclaré M. Green, directeur de la firme Michael Green Architecture à Vancouver.

Le bois offre l’avantage d’être constitué de carbone capturé et de réduire les besoins en béton, qui, selon l’Agence internationale de l’énergie, est responsable de 7 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Mais c’est l’effondrement du marché du logement il y a dix ans qui a contribué à promouvoir l’utilisation de nouvelles techniques de construction en bois déjà utilisées en Europe pour relancer le secteur forestier.

De cet élan est notamment née la tour Brock Commons sur le campus de l’Université de la Colombie-Britannique, le plus haut bâtiment en bois du monde à 18 étages. Le bâtiment hybride comporte deux piliers centraux en béton, mais on estime tout de même qu’il a capturé 1753 tonnes de carbone dans le bois et a permis d’éviter 679 tonnes de GES, ce qui équivaut à retirer plus de 500 voitures de la route pendant un an.

Depuis 2015 au Québec, il est possible de construire des bâtiments en bois jusqu’à 12 étages en respectant des exigences québécoises en matière de qualité et de sécurité que le gouvernement a répertoriées dans un guide produit par la Régie du bâtiment du Québec et l’Institut de recherche FPInnovations.

À Québec, le projet de condominiums Origine est constitué d’une tour de 13 étages, dont 12 sont en bois.

Construire de hauts édifices avec du bois a été rendu possible grâce à l’utilisation de techniques anciennes et nouvelles. Brock Commons en Colombie-Britannique a utilisé l’innovation relativement récente du bois lamellé-croisé, qui consiste à coller des couches perpendiculaires de bois pour créer des feuilles renforcées pour les murs et les sols. Pour les piliers, la technique beaucoup plus ancienne consiste à coller des morceaux de bois parallèles pour former des poutres épaisses.

Au niveau fédéral, les règles de construction pourraient changer pour permettre des tours de 12 étages dans la mise à jour 2020 du code national du bâtiment, qui est révisé tous les cinq ans.

Des responsables des services contre les incendies ont soulevé des objections concernant les modifications du code, affirmant que les risques d’incendie n’étaient pas encore suffisamment connus, mais le conseiller principal à la recherche du ministère fédéral des Ressources naturelles, Mohammed Mohammed, estime qu’il y a bon nombre d’études concluantes sur la question.

«En termes de sécurité, de nombreux tests de résistance structurelle et de résistance au feu ont été réalisés au Canada», a dit M. Mohammed. «Je pense que tout est aligné pour l’objectif 2020.»

Affaires

Thurso veut son Tim Hortons

La Ville de Thurso veut accueillir un restaurant Tim Hortons.

Le conseil municipal adoptera en février une résolution demandant à la chaîne de restauration rapide de venir s’installer sur son territoire, a fait savoir le maire de la municipalité, Benoît Lauzon, dans un message publié sur son compte Facebook, jeudi soir. 

Le but de la démarche est de répondre à la forte demande citoyenne pour l’arrivée d’une franchise Tim Hortons à Thurso, a mentionné le maire Lauzon. 

Un sondage sur les services municipaux, la sécurité et les commerces, réalisé en 2018, a démontré que la population souhaitait accueillir une telle bannière. 

Des investisseurs potentiels seront rencontrés dans les prochaines semaines, a affirmé le premier magistrat de Thurso.

Affaires

Des piles ion-lithium ont causé un incendie de soute dans un avion de WestJet

Un incendie de soute qui avait forcé, en juin dernier, un avion de WestJet à retourner à l'aéroport de Calgary peu après son décollage, a été causé par des piles ion-lithium pour cigarettes électroniques qu'un passager avait mises dans ses bagages enregistrés, a indiqué vendredi le Bureau de la sécurité des transports du Canada.

Dans son rapport, le BSTC a précisé qu'un sac à dos avait pris feu et avait causé des dommages thermiques mineurs à la doublure ignifuge de la soute, près du bagage en cause.

Une enquête n'a pas permis de déterminer si le dommage s'était produit avant l'arrivée des piles à l'aéroport ou pendant la manutention des bagages.

Le voyageur non identifié, un habitué des déplacements en avions par affaires, était au courant de la politique du transporteur aérien exigeant que les cigarettes électroniques et les piles ion-lithium ne soient transportées qu'en cabine et retirées des appareils. Il avait cependant laissé, par inadvertance, deux piles de rechange dans son bagage enregistré.

La prolifération des appareils électroniques personnels utilisant ces piles a entraîné une augmentation du nombre d'événements liés à la fumée, au feu, à la chaleur extrême ou aux explosions, en raison des températures élevées qu'elles génèrent. La Federal Aviation Administration des États-Unis a enregistré 206 incidents mettant en cause des piles ion-lithium entre 1991 et mai 2018.

Le rapport du BSTC indique que les passagers, les transporteurs aériens et les agents de contrôle de sécurité ont la responsabilité partagée de veiller à ce que le contenu des bagages soit conforme aux règles relatives aux objets interdits.

Affaires

Baisses de taxes? Pas besoin d’en faire profiter vos locataires, dit la CORPIQ

MONTRÉAL - Les propriétaires qui ont bénéficié d’une baisse de taxes scolaires l’an dernier devraient la garder plutôt que d’en faire profiter leurs locataires, estime la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

Surtout si leurs loyers à ajuster sont inférieurs à la moyenne, ajoute la Corporation.

Alors que la Régie du logement du Québec a dévoilé vendredi les pourcentages applicables pour le calcul des augmentations de loyer, la CORPIQ contre-attaque.

Selon elle, la décision du gouvernement du Québec en 2018 d’abaisser les taux de taxe scolaire régionaux «reste une mince compensation financière face aux centaines de millions de dollars perdus ces dernières années par les propriétaires en raison de critères de fixation de loyers absurdes».

Comme alternative, la CORPIQ suggère de modérer l’ajustement de loyer en 2019 pour les locataires qui paient un juste prix, mais de ne pas accorder cet avantage à ceux dont le loyer est anormalement bas pour la valeur du logement. Cela conduirait à une répartition plus équitable des dépenses communes de l’immeuble entre les locataires, précise-t-elle dans un communiqué.

La Régie a fourni, comme à chaque année, des estimations moyennes d’augmentations: pour un logement non chauffé (0,5 pour cent), pour un logement chauffé à l’électricité (0,4 pour cent), chauffé au gaz (0,4 pour cent) et au mazout (2,6 pour cent). Pour un loyer de 800 $, la Régie calcule qu’il s’agit là d’une augmentation mensuelle respective de 4 $, 3 $ et 21 $. Il s’agit de calculs faits sans inclure les hausses de taxes municipales ni des travaux majeurs effectués par les propriétaires, qui font l’objet d’autres équations. La Régie fournit de plus un outil de calcul sur son site internet.

Ces pourcentages d’augmentation sont trop bas, déplore la Corporation, et cette année, ils sont même en deçà de l’inflation.

«Les trop faibles taux de critères de fixation de loyer expliquent en partie: le déficit d’entretien du parc de logements du Québec, la conversion massive en copropriétés, de même que le déficit de 37 pour cent, soit 450 $, avec les loyers observés en moyenne dans les neuf autres provinces canadiennes», a déclaré le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, Hans Brouillette.

La CORPIQ juge d’ailleurs «ridicule» l’ajustement de loyer qui sera consenti en 2019 à un propriétaire ayant réalisé des travaux majeurs de réparation ou d’amélioration d’un logement. Elle suggère donc, aux propriétaires pouvant se le permettre, de rénover puis de laisser le logement vacant durant un an. «Il sera ainsi à l’abri du contrôle de loyer», est-il précisé.

La CORPIQ est un organisme à but non lucratif réunissant 25 000 propriétaires et gestionnaires qui possèdent près de 500 000 logements locatifs au Québec.

À la défense des locataires

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dénonce ces positions de la CORPIQ.

Dans un contexte où la rareté des logements s’accélère rapidement, l’organisme juge que ces appels sont dangereux.

«Une véritable crise du logement abordable sévit actuellement dans plusieurs régions du Québec. Sans l’instauration d’un contrôle obligatoire des loyers, la situation sera de plus en plus dramatique, notamment pour les 457 375 ménages locataires du Québec qui accordent déjà plus de 30 pour cent de leur revenu pour se loger», s’insurge Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ, dans un communiqué.

Quant au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), il rappelle aux locataires qu’il leur est possible de refuser la hausse de loyer et toute autre demande de modification au bail - sans devoir automatiquement quitter leur appartement.

Les deux organismes invitent les locataires à bien s’informer de leurs droits avant de prendre des décisions.

Affaires

L’inflation a accéléré en décembre

L’inflation annuelle canadienne a enregistré une accélération inattendue le mois dernier pour s’établir à 2,0 %, l’augmentation des prix des tarifs aériens et des légumes frais ayant contrebalancé la baisse des prix de l’essence, a indiqué vendredi Statistique Canada.

D’une année à l’autre, les prix ont accéléré en décembre, après que l’inflation se soit établie à 1,7 % en novembre, a précisé l’agence dans son plus récent rapport sur l’indice des prix à la consommation. Les économistes s’attendaient à une inflation de 1,7 % en décembre, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Même si l’inflation d’ensemble a progressé à un rythme plus rapide le mois dernier, la moyenne des trois indicateurs d’inflation de base est restée stable à 1,9 %, ce qui est près de la cible idéale de 2,0 % de la Banque du Canada.

Des experts ont estimé que les chiffres de vendredi sur l’inflation de base signifiaient qu’il n’y avait aucune urgence pour la banque centrale de relever son taux d’intérêt directeur — du moins pas sur la seule base de l’inflation.

« Ils verront qu’il n’y a pas d’accélération de l’inflation (de base), alors ils pourront patienter dans les mois à venir », a fait valoir l’économiste en chef adjoint de la Banque Nationale, Matthieu Arseneau, à propos du conseil de direction de la banque centrale.

« Pour la Banque du Canada, l’accent a été légèrement déplacé [pour se] concentrer davantage sur la croissance au cours des prochains mois, alors je pense que, pour le moment, le rapport (sur l’inflation) est moins important. »

L’inflation de base, qui exclut les composants plus volatils tels que l’essence, est la mesure privilégiée par la Banque du Canada pour la guider dans ses décisions sur le taux directeur. La banque centrale peut notamment augmenter son taux afin d’empêcher l’inflation de grimper trop haut.

« Malgré la surprise à la hausse liée à l’inflation d’ensemble, les mesures de base ont poursuivi leur allure lente et régulière de 2018 », a écrit vendredi l’économiste principal de la Banque TD, Brian DePratto, dans une note de recherche.

« Ce sont peut-être des indicateurs quelque peu rétrospectifs, mais le message reste clair : il y a peu de signes de pression inflationniste fondamentale pour le moment. »

Hausse des prix dans sept provinces

Un examen plus approfondi des chiffres montre que les prix de l’essence, en baisse de 8,6 pour cent le mois dernier, ont empêché l’inflation totale d’être encore plus élevée. En excluant les prix de l’essence, l’inflation était de 2,5 pour cent en décembre.

Par rapport à l’année précédente, Statistique Canada a souligné que les Canadiens payaient 14,9 pour cent de plus pour les légumes frais et 28,1 pour cent de plus le mois dernier pour le transport aérien — principalement en raison de la hausse des prix des voyages pendant les vacances.

M. DePratto a noté que les observateurs devraient rester prudents lors des comparaisons d’une année sur l’autre des tarifs aériens, puisque Statistique Canada a introduit un changement de méthodologie pour cette catégorie au début de 2018.

L’inflation était également en hausse le mois dernier en raison d’une augmentation de 7,5 pour cent du coût des intérêts hypothécaires, d’une augmentation de 3,8 pour cent des factures de restaurant et d’une augmentation de 5,1 pour cent des primes d’assurance pour véhicules automobiles.

Parmi les principales forces à la baisse des prix, les consommateurs ont payé 5,6 pour cent de moins pour les hôtels, 4,1 pour cent de moins pour le gaz naturel et 5,7 pour cent de moins pour les appareils et équipements informatiques numériques.

Sur une base annuelle, les prix ont augmenté le mois dernier à une cadence plus rapide dans sept provinces, par rapport au mois de novembre, selon les chiffres de Statistique Canada. Seuls Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont vu leurs prix augmenter plus lentement.

Au Québec, les prix à la consommation ont augmenté de 1,1 pour cent d’une année à l’autre, a indiqué l’agence fédérale, après avoir progressé de 0,9 pour cent en novembre. « Parmi les provinces, les prix des légumes frais (+20,7 pour cent) ont augmenté le plus au Québec », a-t-elle précisé.

Dans l’ensemble, la plus forte inflation de décembre pourrait surprendre la Banque du Canada, qui a indiqué la semaine dernière s’attendre à ce que la mesure continue de ralentir pour rester en dessous de la barre de 2,0 pour cent tout au long de 2019, principalement en raison de la baisse des prix de l’essence.

La banque avait toutefois noté que l’affaiblissement du dollar canadien pourrait exercer certaines pressions à la hausse sur l’inflation. La Banque du Canada a pour objectif de maintenir l’inflation le plus près possible du centre de la fourchette comprise entre 1,0 pour cent et 3,0 pour cent.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a maintenu le taux directeur de la banque inchangé à 1,75 pour cent la semaine dernière, alors que l’économie évoluait dans ce qu’il a décrit comme une période temporaire de ralentissement créée par la récente chute prononcée du prix du pétrole.

M. Poloz a répété que plus d’augmentations de taux seraient encore nécessaires « avec le temps ». Un total de cinq hausses du taux directeur ont eu lieu depuis l’été 2017, en réponse à la reprise de l’économie.

Politique

Rareté de main-d'oeuvre: opération «sans précédent» au ministère du Travail

MONTRÉAL — C'est tout un changement de culture qui se concrétisera, à compter de lundi, au ministère du Travail du Québec. Rareté de main-d'oeuvre oblige, 200 conseillers du ministère s'attaqueront à résoudre les problèmes de recrutement des entreprises. Et ils appelleront ces entreprises une à une, s'il le faut, pour donner un service personnalisé.

«Il y a un changement de paradigme. Avant, on était habitué de recevoir des gens qui cherchaient des emplois. Maintenant, on va aller au-devant des entreprises qui sont en quête, à la recherche de salariés», a résumé jeudi le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, au cours d'une conférence pour présenter son plan.

Le ministre parle d'une «opération sans précédent», une «grande corvée» pour changer les façons de faire au ministère, à cause de la rareté de main-d'oeuvre dans certains secteurs.

Au ministère même, la réorientation touchera 200 conseillers, qui seront épaulés par 70 techniciens, qui seront au service des employeurs à la recherche de préposés aux bénéficiaires, de manoeuvres, de cuisiniers, d'employés dans les abattoirs et autres.

En plus du ministère, la «grande corvée» touchera aussi l'accompagnement des travailleurs, l'intégration des personnes handicapées, autochtones, immigrantes, l'offre de programmes de formation adaptés, a promis le ministre Boulet.

Et elle inclura aussi des aspects comme l'automatisation de certaines tâches, la robotisation. Et le ministre n'a pas exclu que des crédits d'impôt soient mis à cette disposition, si besoin est.

Employeurs

Le plan d'action contre la rareté de main-d'oeuvre a été plutôt bien reçu.

«Ce qu'on va offrir aux PME, c'est de l'accompagnement et, souvent, c'est ce qui fait cruellement défaut» parce qu'elles n'ont pas de département de ressources humaines, a illustré Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Mais il faudra plus que du moyen et du long termes. «Il n'y a pas de remède miracle à la pénurie de main-d'oeuvre. Il faut miser sur le court terme aussi. Il faut absolument faire entrer davantage de travailleurs étrangers temporaires pour permettre aux entreprises de combler leurs besoins actuels, en attendant qu'elles puissent trouver des solutions de moyen et de long termes», a ajouté Mme Hébert.

Yves-Thomas Dorval, du Conseil du patronat du Québec, abonde dans le même sens. «C'est un pas dans l'action et c'est très bien. On a beau à avoir un coffre à outils, avec des programmes, mais si on ne réussit pas à accompagner les employeurs dans leurs besoins on va rester sous l'angle des papiers et pas de l'action.»

Il concède qu'il faudra aussi avoir de bonnes conditions de travail pour retenir les employés.

Travailleurs

Le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Luc Vachon, indique qu'il faudra notamment développer «la culture de la formation continue» au Québec pour que les travailleurs puissent suivre l'évolution de la technologie.

Il admet que la robotisation et l'automatisation entraîneront des pertes d'emplois dans certains secteurs. Avec les changements technologiques, «inévitablement il va y avoir des postes à abolir».

«Notre chance dans la malchance, c'est que le contexte démographique fait que ça devrait minimiser les impacts des pertes d'emplois, mais ça va transformer les emplois. Notre défi, après, c'est comment on va prendre la main-d'oeuvre et la rendre apte à occuper les emplois de demain», a illustré M. Vachon.

Affaires

Martin Coiteux nommé économiste en chef à la Caisse de dépôt et placement

MONTRÉAL — L’ex-président du Conseil du Trésor et ministre libéral Martin Coiteux se joindra dès vendredi à la Caisse de dépôt et placement du Québec à titre d’économiste en chef. La Caisse en a fait l’annonce, jeudi, parlant de «sa compréhension en profondeur du Québec et des marchés mondiaux».

En annonçant qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat politique, M. Coiteux avait indiqué en avril dernier ignorer alors s’il retournerait à l’enseignement universitaire ou ce qu’il ferait après. Il avait affirmé que dans la cinquantaine, il était encore temps pour lui de «faire autre chose», d’embrasser peut-être une carrière différente.

M. Coiteux fut un pilier du gouvernement de Philippe Couillard comme président du Conseil du Trésor de 2014 à 2016, puis comme ministre de la Sécurité publique et ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire jusqu’à son départ cet automne au terme des élections générales.

Également jeudi, la Caisse a annoncé que Charles Émond assumerait les responsabilités de premier vice-président, Québec et Planification stratégique globale, «afin de poursuivre la mise en oeuvre de la stratégie d’investissement au Québec».

M. Émond, diplômé des HEC Montréal, travaillait depuis plus de 18 ans à la Banque Scotia, où il a notamment agi à titre de chef des Services bancaires d’investissement du Québec jusqu’à ses fonctions actuelles de chef mondial, Services bancaires d’investissement et Services aux grandes entreprises du Canada.

Après avoir mené l’acquisition de Jarislowsky Fraser, importante firme de gestion d’actifs au Canada, il en était, jusqu’à tout récemment, le président du conseil d’administration, indique le communiqué de la Caisse. M. Émond entrera en fonction à la Caisse le 1er février.

«Je suis très heureux que ces deux dirigeants de calibre international aient choisi, parmi toutes les organisations où ils auraient pu mettre leurs talents à profit, de se joindre à la Caisse. MM. Coiteux et Émond (...) contribueront assurément à rehausser la place du Québec et de son savoir-faire dans le monde, ce qui est parfaitement aligné sur la stratégie de la Caisse», a déclaré Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse.

Au cours de sa carrière, M. Coiteux a aussi été professeur d’économie mondiale et de gestion internationale aux HEC pendant près de 20 ans. Il a également été représentant de la Banque du Canada au Québec.

Par communiqué, M. Coiteux s’est dit ravi de se joindre à une «équipe d’économistes chevronnés», et de relever un «défi exigeant et stimulant».