Affaires

La taxe numérique française «discriminatoire», dénoncent les géants du Web

WASHINGTON — Les représentants d'Amazon, de Facebook, de Google et d'autres leaders de l'internet se sont élevés collectivement lundi, lors d'auditions à Washington, contre la taxation française des groupes numériques, dénonçant rétroactivité, discrimination et double imposition.

«Précédent troublant», «impôt discriminatoire», «rupture brutale de règles longuement établies» : des responsables des grands groupes dits «GAFA» ont donné de la voix dans le cadre d'une enquête ouverte par les services du représentant américain au Commerce (USTR).

Cette investigation a été lancée après la décision française d'imposer ces géants du numérique, en vue de possibles représailles. Le président Donald Trump a notamment menacé de taxer les importations de vin français.

La loi française, promulguée le 11 juillet, crée un impôt sur le chiffre d'affaires réalisé par ces grandes entreprises de l'internet dans l'Hexagone, alors qu'elles sont pour la plupart basées aux États-Unis, où elles sont imposées sur leur bénéfice.

«C'est une solution imparfaite pour remédier à un système de taxation caduque», a reconnu Jennifer McCloskey, du groupement professionnel Information Technology Industry Council.

Un consensus existe du côté des autorités et des industriels pour reconnaître le besoin d'une réforme du système d'imposition de ces transactions numériques, mais plutôt sous l'égide de l'OCDE, qui regroupe les pays industrialisés.

«C'est une fracture radicale par rapport à la pratique habituelle», a protesté Rufus Yerxa, président du Conseil national du commerce extérieur.

Pour Gary Sprague, de la firme d'avocats Baker and McKenzie représentant divers groupes allant d'Airbnb à Expedia, en passant par Microsoft et Twitter, l'impôt décidé par Paris est «discriminatoire».

Une trentaine de groupes réalisant au moins 25 millions d'euros (37 M$CAN) de chiffre d'affaires en France et 750 millions d'euros (1108 M$CAN) dans le monde devront s'acquitter de cet impôt. Ce sont en premier lieu les leaders américains et mondiaux du secteur.

La taxation française considère trois niveaux d'activité, ont relevé ces responsables: la publicité, les échanges ou impressions sur la plateforme et les données transactionnelles.

Double taxation

Selon Gary Sprague, d'autres groupes de média traditionnels, qui touchent le public français via la publicité, devraient être aussi assujettis à cet impôt, «comme les journaux, les chaînes de télévision».

De même, le représentant de Google, Nicholas Bramble, estime que «taxer une poignée de grands groupes de l'internet n'a pas de sens quand tous les secteurs deviennent numériques».

Chez Amazon, dont la France représente le deuxième marché européen pour le commerce électronique, on dénonce la «double taxation».

Peter Hiltz, directeur de la planification fiscale auprès du géant de la distribution en ligne, cite le cas typique, selon lui, du voyageur américain en France qui surfe et achète sur le site d'Amazon US. «Sa transaction sera taxée en France, mais aussi aux États-Unis au niveau du bénéfice», argumente-t-il.

Le groupe dit s'interroger aussi sur la manière de distinguer les visiteurs suisses ou belges francophones sur le site Amazon en Français.

Il assure en tout cas que la nouvelle taxation va «avoir un impact négatif sur Amazon et des milliers de petites et moyennes entreprises» qui travaillent avec le distributeur.

Quelque 58% des ventes d'Amazon passent par des partenaires, sur lesquels le groupe a déjà prévenu qu'il ferait supporter le coût des nouveaux impôts. «On les a déjà informés que leurs droits d'inscription vont augmenter d'ici le 1er octobre», a affirmé M. Hiltz.

La rétroactivité de la loi adoptée par Paris, qui va appliquer ce nouvel impôt depuis le début de l'exercice 2019, soulève aussi des protestations.

«On n'a jamais vu d'impôt rétroactif», s'insurge Alan Lee, de Facebook, qui se plaint comme les autres représentants d'un manque de «directives» pour appliquer la loi.

Aucun des responsables de ces grands groupes ne pouvait dire à ce stade quel volume de leur chiffre d'affaires serait donc imposé.

Tous ont expliqué qu'ils devaient modifier leur façon de collecter les données, le trafic et les impressions laissées par les visiteurs sur leurs sites.

Une démarche et une nouvelle comptabilité qui vont «coûter des millions de dollars», a affirmé Jennifer McCloskey, du Conseil des technologies de l'information, sans pouvoir donner d'évaluation plus précise.

Affaires

Les économistes prédisent une récession aux États-Unis en 2020 ou 2021

WASHINGTON — Une majorité d’économistes prédisent une récession aux États-Unis dans les deux ans, même s’ils estiment qu’elle sera retardée grâce aux actions de la Réserve fédérale américaine (Fed), selon un sondage publié lundi.

Sur les 226 économistes interrogés par la National Association for Business Economists (NABE), 38% pronostiquent une entrée de la première économie mondiale en récession en 2020, 34% en 2021 et 14 % plus tard. En revanche, ils ne sont que 2 % à prédire le début de la récession en 2019, contre 10 % lors du précédent sondage réalisé en février.

«Les personnes interrogées estiment que l’expansion sera prolongée par le changement de politique monétaire» de la Fed, qui a abaissé les taux d’intérêt pour la première fois en onze ans fin juillet, a estimé la présidente de la NABE, Constance Hunter, qui est également économiste en chef chez KPMG.

Toujours selon ce sondage, 46 % des économistes interrogés s’attendent à au moins une nouvelle baisse des taux par la banque centrale d’ici la fin de l’année, tandis que 32 % pensent que le loyer de l’argent de la Fed terminera 2019 à son niveau actuel.

La Fed a réduit le 31 juillet les taux directeurs d’un quart de point pour les fixer dans la fourchette de 2% à 2,25 %.

Affaires

PKP évoque une offre pour Transat en cas d'échec du mariage avec Air Canada

MONTRÉAL — Pierre Karl Péladeau fait miroiter une offre pour Transat A.T. advenant que les actionnaires du voyagiste québécois rejettent l'offre d'Air Canada ou si ce mariage est bloqué par les autorités réglementaires.

Le président et chef de la direction de Québecor, qui dit détenir environ 1,6 % des actions en circulation de la société mère d'Air Transat, a également annoncé, lundi, son intention de voter contre la proposition de la plus importante compagnie aérienne au pays, qui offre maintenant 18 $ pour chaque action du voyagiste québécois — soit environ 720 millions $.

Une assemblée est prévue vendredi afin de tenir un vote sur l'offre, qui doit recueillir l'appui d'au moins les deux tiers des actionnaires de Transat A.T.

Dans son communiqué, M. Péladeau, qui s'est impliqué à titre personnel dans le dossier, estime que le regroupement est «contraire à l'intérêt public» et qu'il va à «l'encontre des meilleurs intérêts de [Transat A.T.], de ses employés, des consommateurs québécois et de l'économie du Québec».

En début de soirée lundi, Air Canada a senti le besoin de faire une mise au point concernant les propos de M. Péladeau.

«Contrairement à ce qu'affirme M. Péladeau, qui a lui-même tenté de structurer une offre sans succès, la transaction avec Air Canada est avantageuse et dans le meilleur intérêt non seulement des deux entreprises, mais aussi de leurs employés, des consommateurs québécois et de l'économie du Québec», peut-on lire dans un communiqué publié par le transporteur aérien.

Selon Air Canada, l'intégration de Transat à son réseau permettra notamment de développer davantage l'offre de transport aérien au Québec.

Dans son communiqué, le transporteur soutient également que les voyageurs pourront profiter «des moyens accrus dont disposeront les deux sociétés regroupées, de l'accès à de nouvelles destinations, de plus de correspondances ainsi que de vols plus fréquents.»

La Presse a récemment rapporté que Pierre Karl Péladeau a discuté avec Air France ainsi que WestJet afin de potentiellement présenter une offre pour Transat A.T.

M. Péladeau a indiqué avoir «réuni autour de lui de solides partenaires établis et de renommée internationale» en vue d'une éventuelle proposition, sans toutefois mentionner de prix, sauf qu'il serait «équitable».

Principal actionnaire de Transat A.T. avec une participation de 19,3 %, Letko, Brosseau et associés avait signalé, plus tôt cet été, son intention de voter contre la transaction si le prix offert par Air Canada demeurait à 13 $ par action. La firme a toutefois changé son fusil d'épaule à la suite de la proposition bonifiée à 18 $.

Pour leur part, le Fonds de solidarité FTQ, avec une participation d'environ 12 %, ainsi que la Caisse de dépôt et placement du Québec, également actionnaire du voyagiste à hauteur de 5,83 %, n'ont pas indiqué s'ils allaient appuyer ou non l'offre d'Air Canada.

Affaires

Bell supprimera 200 000 foyers d'un plan d'expansion de l'Internet en région

L'entreprise de télécommunications Bell a annoncé qu'elle supprimerait environ 200 000 foyers d'un programme d'expansion de l'Internet en milieu rural.

Cette décision survient après que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a révisé à la baisse les tarifs de gros pour les concurrents qui accèdent aux réseaux d'accès haute vitesse actuels des grandes sociétés de câblodistribution et de téléphonie.

Cette décision du CRTC a aussi fait réagir les entreprises Cogeco et Rogers, qui ont déclaré évaluer leurs options pour l'avenir.

Bell a indiqué lundi qu'elle estimait à 100 millions $ les répercussions financières de l'ordonnance du CRTC sur l'entreprise établie à Montréal. Une partie importante de cette somme servira à couvrir l'impact rétroactif des tarifs plus bas selon Bell.

«Imposer cette forme de taxe inattendue et rétroactive aux investissements de capitaux n'assurera pas le développement continu de l'infrastructure internet au Canada», a déclaré Mirko Bibic, chef de l'exploitation de Bell.

L'entreprise a annoncé une restriction de 20 % du déploiement de son service Internet à large bande pour les petites villes et les collectivités rurales, ce qui équivaut à environ 200 000 résidences.

Le CRTC exige que les grandes entreprises de câblodistribution et de téléphonie mettent à disposition des parties de leur réseau, à des tarifs fixés par l'organisme de réglementation, afin d'améliorer la concurrence et de faire baisser les prix.

Après des années de révision, le CRTC a fixé, la semaine dernière, les tarifs définitifs de ce que les petits fournisseurs devraient payer, soit jusqu'à 77 % de moins que les tarifs provisoires fixés en 2016.

Des citoyens «pris en otages»?

La décision de Bell de réduire les dépenses est un geste politique qui a pour but de faire peur, a déclaré John Lawford, directeur et avocat général du Centre pour la défense de l'intérêt public.

John Lawford a accusé Bell de vouloir prendre en otages les citoyens qui vivent en zone rurale.

Il est d'avis que Bell pourrait continuer à faire des bénéfices en vendant l'accès aux infrastructures à de petits fournisseurs tout en continuant l'expansion du réseau internet à haute vitesse dans des zones rurales moins rentables.

«S'ils creusaient un peu plus dans leurs poches et s'ils croyaient vraiment aux zones rurales, ils pourraient aider ces gens mais ils ne le font pas. Ils les utilisent comme des pions, c'est pourquoi je suis écoeuré.»

Il a ajouté que l'expansion de l'internet en milieu rural, qui est déjà subventionnée par le gouvernement, n'est pas vraiment liée à la décision du CRTC de réviser à la baisse les tarifs de gros pour les services à large bande.

Les grandes entreprises de télécommunications font valoir depuis longtemps que des tarifs plus bas pour des services à large bande pourraient avoir un impact sur les investissements dans les infrastructures.

Selon Bell, cette dernière décision signifie que le programme d'expansion rurale sera réduit à 1,2 million de foyers au Québec, en Ontario, au Manitoba et dans le Canada atlantique.

Le plan de déploiement initial prévoyait desservir 800 000 foyers dans de petites villes. Or, ce nombre avait été élargi à plus de 1,2 million d'emplacements à la suite de la mise en place de l'incitatif à l'investissement accéléré par le gouvernement fédéral en novembre 2018.

De son côté, Cogeco a déclaré examiner les détails de la décision du CRTC et évaluer ses options.

«En raison de la décision du CRTC, Cogeco inc. et Cogeco Communications inc. s'attendent à enregistrer un manque à gagner d'environ 25 millions $ pour le trimestre en cours à cause de l'impact rétroactif des tarifs plus bas, dont 15 millions $ pour les exercices financiers 2016, 2017 et 2018 et 10 millions $ pour l'exercice financier 2019», peut-on lire dans un communiqué publié par l'entreprise.

Quant à Rogers Communications, l'entreprise estime qu'elle devra enregistrer une perte de 140 millions $ au cours du présent trimestre à cause de l'impact rétroactif des tarifs plus bas.

Actualités

Le Devoir envisage une alliance avec Le Soleil

Le Devoir a un intérêt pour Le Soleil, un quotidien de la capitale touché par la déroute de Groupe Capitales Médias.

Selon une source de sa haute direction, Le Devoir éprouve une grande empathie devant la situation et envisage une forme d'alliance avec Le Soleil.

On constate une communauté d'esprit et d'intérêt entre les deux médias. Les abonnements sont à la base de leur modèle. Le Soleil est une marque bien établie à Québec, ajoute-t-on.Le Devoir ne serait toutefois pas prêt à injecter des fonds dans Le Soleil à ce stade-ci.

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Affaires

Washington donne un nouveau répit de 90 jours au géant chinois Huawei

WASHINGTON — L’administration Trump a accordé lundi un nouveau répit au géant chinois des télécoms Huawei, au moment où une grande incertitude entoure les négociations qui doivent mettre un terme à la guerre commerciale qui oppose les deux premières économies mondiales.

Le ministère américain du Commerce a prolongé lundi pour 90 jours la première période d’exemption accordée en mai à certains clients et fournisseurs américains de Huawei.

Cette nouvelle période «a pour but de donner aux consommateurs à travers toute l’Amérique le temps nécessaire de trouver des fournisseurs autres que Huawei, en raison de la menace permanente (qu’il représente) pour la sécurité nationale et la politique étrangère», a expliqué le ministère du Commerce.

L’administration Trump avait placé Huawei sur une liste noire en mai, accusant le groupe de travailler avec les autorités chinoises.

Les exemptions sont accordées à certaines entreprises américaines pour qu’elles puissent continuer à vendre des produits de faible technologie au groupe chinois ou pour permettre à certains de ses clients de changer de fournisseurs.

«Il y a 90 jours en plus pour des entreprises de télécoms américaines, dont certaines entreprises rurales, qui dépendent de Huawei», a expliqué le ministre du Commerce Wilbur Ross sur Fox Business, ajoutant: «nous leur donnons plus de temps pour se sevrer».

Au-delà de ces exemptions, les agences fédérales ont toujours interdiction de travailler avec le géant chinois. Et l’administration a insisté à de nombreuses reprises sur le fait que Huawei ne peut pas participer à la construction du réseau mobile 5G aux États-Unis.

Washington mène une campagne active auprès de ses alliés pour qu’ils fassent de même.

Le ministère a précisé lundi qu’il avait ajouté 46 filiales de Huawei à la liste noire lundi, soulignant que depuis le mois de mai il avait au total inscrit une centaine de filiales et de personnes liées au groupe chinois.

Confusion

Dimanche, Donald Trump avait laissé à penser que la période d’exemption pourrait ne pas être prolongée, «pour des raisons de sécurité nationale».

M. Trump avait également lié l’attitude de Pékin envers les manifestants pro-démocratie à Hong Kong et le sort des discussions commerciales entre les deux pays.

«Je pense qu’il serait très difficile de conclure un accord s’ils exercent de la violence, […] si c’est une autre place Tiananmen», avait dit le président républicain, après avoir affirmé sur Twitter que son pays «avançait très bien avec la Chine».

Plus tôt dans la journée, son principal conseiller économique, Larry Kudlow, avait affirmé que Washington et Pékin tentaient activement de remettre sur les rails les négociations pour mettre un terme à cette guerre commerciale qui pèse sur les perspectives de croissance mondiale.

Selon M. Kudlow, les hauts fonctionnaires des deux camps qui doivent se parler au téléphone «dans la semaine ou les 10 jours à venir».

Les déclarations du conseiller de la Maison-Blanche laissent toujours planer le doute sur l’arrivée d’une délégation chinoise à Washington au courant du mois de septembre.

Les marchés financiers, rendus extrêmement nerveux par toute une série de signes d’un fort ralentissement de l’économie mondiale --notamment à cause de la guerre que se livrent les deux premières économies du monde--, scrutent la moindre information sur ce front et réagissent fortement.

Cadeau de Noël

Au printemps, le président américain a abruptement mis fin aux discussions alors qu’un accord semblait à portée de main.

Finalement, les deux camps avaient repris langue au plus haut niveau, entre Donald Trump et Xi Jinping, en marge du sommet du G20 à Osaka en juin.

Mais, peu après, l’hôte de la Maison-Blanche a décidé d’annoncer l’imposition à partir du 1er septembre de 10% de tarifs douaniers punitifs sur les 300 milliards de dollars de produits importés de Chine jusque-là épargnés.

M. Trump, qui est en campagne pour sa réélection, a finalement décidé de reporter au 15 décembre l’imposition de cette taxe sur toute une série de produits de grande consommation afin de ne pas gâcher les fêtes de fin d’année des Américains.

Ce geste a été perçu comme une concession à la Chine et un demi-aveu que les tarifs douaniers pouvaient bien avoir un impact sur l’économie américaine, même si le principal conseiller du président en matière de commerce, Peter Navarro, a tenté sur plusieurs émissions dominicales de convaincre du contraire.

Affaires

Après un avertissement en juillet, Standard & Poor's décote SNC-Lavalin

MONTRÉAL — Après avoir servi un avertissement à SNC-Lavalin le mois dernier, Standard & Poor's a décidé de passer de la parole aux actes en abaissant une fois de plus la cote de crédit de la firme d'ingénierie et de construction en difficulté.

La multinationale établie à Montréal, qui a notamment dévoilé une perte de 2,12 milliards $ au deuxième trimestre le 1er août dernier, voit ainsi sa note de crédit passer à BB+ — une catégorie qualifiée de «hautement spéculative». La cote de crédit de SNC-Lavalin était de BBB- depuis la fin avril, lorsque l'agence new-yorkaise avait procédé à une première décote cette année.

«Nous estimons que la capacité de l'entreprise à générer des bénéfices et des flux de trésorerie nettement supérieurs à ceux requis pour faciliter le désendettement dans nos prévisions pour 2020 reste plus incertaine», a souligné S&P, lundi, dans une note rédigée par les analystes Alessio di Francesco et Jarrett Bilous.

Une révision à la baisse de la note de crédit se traduit généralement par une hausse des coûts d'emprunt.

Il s'agit d'une deuxième décote en autant de mois pour SNC-Lavalin, alors que le 24 juillet, DBRS avait fait passer la note de crédit de l'entreprise à BBB (bas) dans la foulée d'un troisième avertissement sur ses résultats depuis le début de l'année.

Pour tenter de redresser la barre, le président et chef de la direction par intérim de SNC-Lavalin, Ian Edwards, en poste depuis environ deux mois, a annoncé que la compagnie allait cesser de soumissionner sur des contrats à prix fixe, où les dépassements de coûts sont absorbés par l'entrepreneur, afin de se tourner davantage vers les services d'ingénierie, où les risques sont moins élevés.

Si cette décision a été accueillie favorablement par les analystes, la traversée du désert n'est probablement pas terminée pour la firme, puisque son carnet de commandes compte pour 3,2 milliards $ de contrats clé en main.

«Nous pourrions [abaisser la note de crédit] de SNC-Lavalin au cours des 12 prochains mois si les résultats du secteur des services d'ingénierie de la société se détérioraient de manière significative», a prévenu S&P.

L'analyste Derek Spronck, de RBC Marchés des capitaux, a estimé que la décision de l'agence de notation ne constituait pas une nouvelle tuile pour la firme québécoise, puisque l'agence de notation new-yorkaise avait déjà affiché ses couleurs.

Entre-temps, SNC-Lavalin a obtenu un peu de répit puisque plus tôt ce mois-ci, un tribunal a donné son feu vert afin que l'entreprise puisse vendre une partie de sa participation dans l'autoroute à péage 407, dans la région de Toronto, afin de récolter 3,25 milliards $ pour rembourser sa dette.

Depuis le début de l'année, l'action de la firme a perdu plus de 60 pour cent de sa valeur à la Bourse de Toronto. Lundi, le titre a clôturé à 17,14 $, en hausse de 42 cents, ou 2,51 pour cent.

Au cours de l'été, la majorité des analystes qui suivent SNC-Lavalin — qui fait également face à des accusations criminelles de fraude et de corruption pour des gestes qui auraient été posés en Libye entre 2001 et 2011 — ont décidé d'abaisser leur cours cible pour l'action de la compagnie.

SNC-Lavalin est également au coeur d'un scandale politique qui continue d'ébranler le gouvernement Trudeau. Le rapport déposé la semaine dernière par le commissaire à l'éthique Mario Dion a conclu que le premier ministre Justin Trudeau avait contrevenu à la Loi sur l'éthique en exerçant des pressions indues sur l'ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould dans l'espoir que l'entreprise puisse obtenir une entente lui permettant de tourner la page sur les accusations criminelles qui pèsent sur elle.

Affaires

Vendre du pain et des biscuits avec les restes des brasseries

VANCOUVER —Lorsque Jeff Dornan a ouvert sa microbrasserie, il y a six ans, il savait que le processus de brassage produirait des centaines de kilos de drêche. Heureusement, il avait un plan pour s’en débarrasser.

Plutôt que de payer pour la jeter dans une décharge, il s’est associé avec un agriculteur pour la lui transporter et nourrir ses animaux.

Affaires

Des résidus miniers pour piéger le CO2

MONTRÉAL — Des chercheurs québécois participent à un projet pancanadien visant à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre en piégeant le dioxyde de carbone (CO2) dans les déchets issus de l’exploitation minière.

Le projet est mené par l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), en collaboration avec l’Université de l’Alberta, l’Université Trent et l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), ainsi que trois grandes sociétés minières. Le projet verra le jour grâce à un financement de deux millions de dollars du Programme de croissance propre de Ressources naturelles Canada (RNCan).

Affaires

350 km pour recycler de la tubulure de plastique

Lorsque Arthur Iltis et Vanessa Leblanc ont acheté l’érablière Landry plus tôt cette année, ils ont décidé de remplacer entièrement le système de tubulure. Mais au moment de disposer de ces milliers de mètres de tuyau de plastique, ils ont constaté qu’aucun organisme en Estrie ne pouvait en faire le recyclage, ce qui les a poussés à chercher une alternative écologique ailleurs.

La première étape du plan d’affaires du couple, qui vient tout juste de s’installer en région en provenance de Mont-Tremblant, consistait à enlever tout le système de tubulure qui s’étendait sur leur érablière de 2100 entailles. Impressionnés par la quantité de plastique qu’ils avaient entre les mains, ils ont cru bon aller au centre de tri Valoris pour que le tout soit recyclé.

Affaires

Le studio Cortex en pleine ascension [VIDÉO]

À peine un an après l’annonce de la fusion entre Agyl et Cortex, voilà que le studio Web acquiert l’entreprise Nomade Solutions mobiles. Les deux équipes s’assemblent pour offrir des services encore plus complets à leurs clients. L’entreprise, maintenant agrandie, continue son ascension, elle fait sa place chez les leaders en innovation technologique au Québec et dans le monde.

«Si on veut être au top, c’est impossible si on n’est pas en mesure de travailler avec d’autres gens compétents, d’autres entrepreneurs qui ont le même désir que nous. Mon but, c’est de croître pour changer le monde. Tu ne fais pas ça avec cinq personnes... Je veux trouver le format qui nous permet d’être assez grand pour prendre des contrats majeurs et en même temps garder notre agilité qui fait que nous et nos clients sommes gagnants», exprime le président et fondateur de Cortex, qui compte maintenant quelque 70 employés.

Jean-Michel Lebeau se réjouit de l’arrivée des gens de Nomade, qui est notamment derrière les applications Keolis et Taxi Coop.

«C’est excitant, ils ont des choses à amener, ils ont un vécu intéressant pour nous. Ça nous prend une force de frappe. On a la chance de travailler avec d’autres gens extrêmement intelligents dans le développement d’application mobile. On a uni nos ambitions et ça fait en sorte que les clients vont être gagnants.»

Actualités

Abonnement au gym: les bonnes informations pour faire le bon choix

En matière de centre d‘entraînement, il est raisonnable de formuler le postulat selon lequel les consommateurs demeurent relativement fidèles à leurs habitudes et, du moins pour une certaine période, tendent à fréquenter le même gym.

Pour ceux qui songent à fréquenter un nouvel établissement ou pour les profanes qui en sont à leurs premières armes, plusieurs éléments peuvent motiver le choix d’un gym : proximité, plages d’heures d’ouverture, communauté d’habitués, qualité des équipements, qualification des entraîneurs, etc. Naturellement, le prix de l’abonnement peut aussi constituer un critère déterminant.

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Louer ou acheter une propriété?

Outre l’argent qui est dépensé mensuellement pour se loger, plusieurs questions se posent lorsqu’il est temps de décider s’il est préférable de louer ou d’acheter une propriété. Épargner pour ses vieux jours et avoir une belle qualité de vie sont des éléments primordiaux.

« Une donnée qui est difficilement prise en compte dans un calcul, c’est la qualité de vie, analyse Marc-Étienne Salvail, associé à la succursale de Sherbrooke pour Aurrea Signature. Si quelqu’un travaille tout le temps, n’est jamais à la maison et a de la difficulté à s’occuper d’un chien, il n’a pas le temps d’avoir une propriété, de tondre sa pelouse la fin de semaine, de préparer l’hiver et de vider les gouttières. Il est peut-être mieux avec un logement. »

Cependant, le contraire est tout aussi vrai. « Si quelqu’un veut une qualité de vie avec un patio, un terrain, une piscine, qui a deux enfants et qui veut sortir son chien derrière sans déranger, on voit au-delà du volet financier. Combien ça vaut, en réalité ? 200 $ par mois ? 300 ? » demande le planificateur financier. 

« Le mois dernier, une dame voulait absolument acheter, raconte-t-il. Elle voulait mettre la mise de fonds, mais en vérité, elle avait des dettes. De venir se mettre le fardeau d’une maison, ça ne venait pas l’avantager. Elle venait d’un loyer qu’elle payait environ 650 $. On lui a dressé un bon budget, un bon plan d’épargne. Je lui ai dit de rouler une année et l’an prochain elle sera plus légère lorsqu’elle magasinera. » 

« Si on va à l’opposé, il y en a qui disent attendre d’avoir les reins solides, mais sont rendus à 50 000 $ dans leur compte. Les années passent, mais ils peuvent s’acheter quelque chose qui a du bon sens selon un budget qui a du bon sens. Ils hésitent et ne deviennent jamais propriétaires », explique M. Salvail, ajoutant que ce type de clients n’est pas malheureux pour autant.

La retraite

Peu importe son âge, un facteur à ne jamais oublier avant d’acheter une propriété est d’économiser pour la retraite, rappelle Sébastien Desjardins, planificateur financier pour GCF Pro, un cabinet de sécurité financière indépendant. Les gens profitant d’un fonds de pension ne prévoiront peut-être pas autant d’argent pour sa vieillesse qu’une personne qui n’en a pas.

« Quelqu’un qui n’a pas de fonds de pension, qui n’épargne pas pour sa retraite et qui met tout sur sa maison, rendu à 65 ans, sa maison est payée, mais il n’a pas de liquidité. Il n’a pas d’autre épargne. J’ai vu des gens devoir vendre leur maison pour avoir du capital pour vivre. Ils ont été obligés d’aller vivre dans un plus petit loyer », témoigne-t-il, ajoutant que ce facteur est souvent oublié.

De plus, il faut « comparer des pommes avec des pommes », pense M. Desjardins. « Par exemple, un loyer à 1000 $, tu sais exactement combien il te coûte. Pour ta maison, tu dois calculer l’intérêt sur ton hypothèque. Les gens pensent au paiement, mais il y a une partie remboursement et une partie intérêt. Le remboursement n’est pas une dépense, car tu as une valeur de maison qui reste. L’intérêt est une dépense, car tu ne le récupères jamais. C’est comme payer un loyer sur ton prêt », explique Sébastien Desjardins. 

Une statistique souvent oubliée est la perte de rendement. Un investissement dans un REER rapportera souvent plus qu’un investissement dans une maison unifamiliale. Par exemple, si le taux de rendement est supérieur dans un placement par rapport à une maison, le locataire est avantagé. « Si on a donné une mise de fonds de 40 000 $ pour une maison de 200 000 $, la perte de rendement nous coûte 167 $ par mois. Aller en loyer nous coûte 1000 $, tandis que la maison nous coûte 1067 $. Ça va peut-être coûter 1500 $, mais ce sont 1067 $ qu’on a perdu complètement tous les mois », explique-t-il, ajoutant que le locataire doit être discipliné dans son épargne. D’ailleurs, acheter une maison peut être de l’épargne forcée, « mais ce n’est pas la meilleure décision », pense le planificateur financier.

Donc la location est moins chère ? « Pas nécessairement. Si tu es à loyer dans un château, ça va te coûter plus cher que d’acheter une petite maison. Si tu achètes une petite maison versus un petit loyer, là tu vas pouvoir comparer », résume-t-il.

Affaires

Le fédéral veut attribuer un contrat de 3 milliards $ pour les véhicules blindés

Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi son intention d’attribuer un contrat de plusieurs milliards de dollars à General Dynamics Land Systems-Canada pour des centaines de véhicules blindés légers sans passer par un appel d’offres, tout en accordant un prêt de 650 millions $ à l’entreprise de London, en Ontario.

Le ministre de la Défense Harjit Sajjan a fait l’annonce de ce prêt et de la décision du gouvernement de faire appel à un seul fournisseur pour 360 véhicules blindés légers (VBL) d’appui tactique, quelques semaines avant le début de la prochaine campagne électorale.

Affaires

Les patrons de Canopy Growth sont passés à la caisse l’an dernier

Les dirigeants de Canopy Growth sont passés à la caisse puisque leur rémunération globale a atteint 28,5 millions $ l’an dernier, alors que la consommation du cannabis à des fins récréatives a été légalisée en octobre dernier au Canada.

Près de 90 % de ce montant octroyé aux six principaux patrons ont été versées sous forme d’attributions fondées sur des options, a expliqué l’entreprise établie à Smiths Falls, en Ontario, dans sa circulaire de sollicitation envoyée à ses actionnaires en vue de son assemblée annuelle du 17 septembre.

Affaires

Pommes en 2019: nombre inférieur, bonne qualité selon les producteurs du Québec

LONGUEUIL, Qc — Une récolte de pommes légèrement inférieure à la moyenne est prévue pour la saison 2019 par Les Producteurs de pommes du Québec.

En revanche, dans leurs prévisions du 22 juillet, les pomiculteurs de l'organisme se disaient optimistes quant à la qualité des pommes qui seront cueillies dans les semaines à venir.

À l'approche de la saison des récoltes, la plus récente estimation de l'organisme fait état d'une prévision 5,315 millions de minots de pommes. L'estimation de 2018 avait été de 5,663 millions de minots alors que les totaux réels de minots avaient été de 5,433 millions en 2017. Les totaux réels avaient été supérieurs à 6 millions de minots en 2014 et en 2015.

La moyenne des récoltes des 15 dernières années a été de 5,822 millions de minots.

Selon Les Producteurs de pommes du Québec, un minot équivaut à 42 livres, ou 19,05 kilogrammes.

Sans surprise, la variété McIntosh domine largement la liste des estimations de récolte de 2019. Elle est suivie, dans l'ordre, par les variétés Cortland, Spartan, Empire et Paulared.

L'organisme qui dit représenter 500 producteurs précise que l'estimation de la récolte de pommes du Québec peut varier de plus ou moins 15 pour cent et que la production réelle peut fluctuer selon les conditions climatiques d'ici la récolte.

La mise en marché des pommes du Québec est déjà en cours. Ce fut le cas le 7 août dernier pour les variétés Rouge hâtive et Vista Bella.

Les autres variétés seront mises en marché incessamment: la Jersey Mac et la Melba (21 août), la Paulared et la Sunrise (4 septembre), la Lobo (11 septembre), la Gingergold (18 septembre), la McIntosh (25 septembre), les Gala, Honeycrisp et Spartan (2 octobre), les Cortland et Délicieuse Jaune (9 octobre) et les Ambrosia, Délicieuse Rouge et Empire (16 octobre).

Le calendrier des dates de mise en marché peut être révisé régulièrement selon l'évolution de la récolte.

affaires

Irving obtient à son tour d’Ottawa un contrat de maintenance de 500 M $

HALIFAX — Le chantier maritime Irving de Halifax obtient à son tour un contrat fédéral de 500 millions $ pour effectuer une partie des travaux d’entretien des frégates de la Marine royale canadienne.

Il y a un mois, Ottawa avait attribué des contrats similaires au chantier naval Davie, à Levis, et aux chantiers navals Seaspan Victoria, en Colombie-Britannique.

Le contrat initial de cinq ans garantit à Irving les travaux d’entretien sur un minimum de trois frégates de classe Halifax à compter du début des années 2020. La valeur du contrat devrait toutefois augmenter à mesure que des travaux supplémentaires seront ajoutés.

Selon Services publics et Approvisionnement Canada, le contrat devrait créer jusqu’à 400 emplois au chantier naval de Halifax, ainsi que des centaines d’emplois connexes pour les fournisseurs et les sous-traitants du secteur maritime à travers le pays.

Le gouvernement fédéral prévoit consacrer plus de 7,5 milliards $ pour assurer la maintenance des 12 frégates de classe Halifax jusqu’à leur mise au rancart au début des années 2040.

Le chantier maritime Irving devrait par ailleurs commencer au début des années 2020 la construction de nouveaux navires de guerre pour la Marine, qui remplaceront petit à petit les frégates de classe Halifax et les contre-torpilleurs de classe Iroquois retirés du service.

Affaires

Plus de 40% des consommateurs achètent encore du cannabis sur le marché noir

OTTAWA — Plus de 40 pour des consommateurs canadiens de marijuana s'approvisionnaient encore auprès de sources illégales six mois après la légalisation du cannabis au pays, indiquent de nouvelles données de Statistique Canada.

L'agence a publié jeudi les résultats de l'Enquête nationale sur le cannabis pour le deuxième trimestre de 2019.

En légalisant le cannabis, le gouvernement libéral disait vouloir éliminer le marché noir.

Selon l'étude, 4,9 millions de Canadiens âgés de plus de 15 ans ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des trois mois ayant précédé l'enquête, et 42 pour cent d'entre eux reconnaissaient en avoir acheté sur le marché noir.

Trois consommateurs sur quatre ont déclaré que la qualité et la sécurité représentaient les principaux facteurs qu'ils considéraient avant d'acheter de la marijuana. Quarante-deux pour cent tenaient surtout compte du prix.

Les hommes et les femmes n'ont pas les mêmes habitudes de consommation. Ainsi, les hommes sont deux plus susceptibles que les femmes d'avoir consommé du cannabis, tandis que celles-ci préfèrent des produits «autres» comme des aliments contenant du cannabis ou des crèmes pour la peau.

Les femmes sont également plus susceptibles de se procurer du cannabis auprès de membres de leur famille ou d'amis. Si plus du tiers des consommateurs ont déclaré avoir consommé du cannabis obtenu auprès d'amis ou de membres de la famille ou en avoir partagé avec eux, cette proportion atteint 42 pour cent chez les femmes.

Environ 16 pour cent des Canadiens ont déclaré avoir consommé du cannabis pendant les mois d'avril, mai et juin, une proportion inchangée par rapport à celle de l'année précédente, avant la légalisation. La proportion de Canadiens âgés de 65 et plus ayant consommé du cannabis est passée de 3 à 5 pour cent au cours de cette période.

Environ 27 pour cent des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont dit avoir fumé au moins une fois du «pot» au cours du deuxième trimestre de 2019, une proportion légèrement supérieure à celle des 25 à 44 ans.

Près d'un Néo-Écossais sur quatre et un Albertain sur cinq ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des trois mois étudiés, soit une proportion supérieure à celle de la moyenne dans le reste du Canada.

Le cannabis semblait être moins populaire au Québec, où seulement une personne sur dix reconnaît en avoir consommé au cours du trimestre. La proportion atteint 20,7 pour cent au Nouveau-Brunswick et 16,8 pour cent en Ontario.

Affaires

Canopy Growth rate la cible des analystes au T1: l’action recule en Bourse

L’action de Canopy Growth a temporairement touché un creux depuis le début de l’année, jeudi, dans la foulée de résultats suggérant que le producteur de cannabis perd des parts de marché et l’annonce d’un autre changement à la tête de la société.

À la Bourse de Toronto, le titre de la société se négociait à 37,03 $, jeudi après-midi, en baisse de 13 pour cent, ou 5,55 $, au lendemain de la publication de ses résultats du premier trimestre, qui ont largement raté les attentes des analystes.

«Il semble que Canopy cède des parts de marché», a souligné dans une note l’analyste John Chu, de Desjardins Marchés des capitaux.

Le producteur de cannabis établi à Smith Falls, en Ontario, a généré des ventes nettes de 90 millions $ au premier trimestre, alors que l’analyste tablait sur un chiffre d’affaires de 125 millions $.

Par rapport au premier trimestre de l’exercice précédent, les recettes nettes de Canopy ont fléchi d’environ 4 millions $. Au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes, jeudi, le chef de la direction par intérim de la compagnie, Mark Zekulin, a abordé cette question.

Canopy a eu un bon départ en octobre dernier, lorsque la consommation de la marijuana à des fins récréatives a été légalisée au Canada, ce qui a permis à la société d’obtenir une part de marché oscillant entre 25 pour cent et 33 pour cent, selon M. Zekulin.

«Nos concurrents ont maintenant commencé à accélérer leur production», a-t-il indiqué, ajoutant au passage que Canopy avait aussi dû moderniser certaines de ses installations.

Néanmoins, l’entreprise s’attend à maintenir et même accroître ses parts de marché, a estimé son dirigeant, qui a estimé que les revenus devraient contiunuer à grimper alors que le marché continuera à se développer.

M. Zekulin avait également réservé une surprise aux investisseurs.

«Nous annonçons que j’ai pris la décision de quitter Canopy, une fois qu’un nouveau cher de la direction aura été trouvé», a-t-il déclaré aux analystes financiers.

Cela survient seulement six semaines après la nomination de M. Zekulin, lorsque le co-chef de la direction et membre du conseil d’administration de la société, Bruce Linton, a été écarté le 3 juillet. Peu avant le départ de M. Linton, le géant des boissons alcoolisées Constellation Brands, qui avait investi 5 milliards $ dans l’entreprise en novembre dernier, avait exprimé sa déception à l’égard de la performance financière de Canopy.

À l’époque, M. Zekulin avait annoncé qu’il travaillerait avec le conseil d’administration afin de mettre de l’avant un processus visant à trouver un nouveau dirigeant qui guiderait la société dans sa prochaine phase.

Pour la période de trois mois terminée le 30 juin, Canopy a affiché une perte de 1,28 milliard $, ou 3,70 $ par action, par rapport à une perte de 91 millions $, ou 40 cents par action, au premier trimestre de l’exercice précédent. Ce résultat est essentiellement lié à une perte hors trésorerie de 1,18 milliard $.

Les analystes anticipaient une perte de 70 cents par action sur un chiffre d’affaires de 107,1 millions $, selon les données de la firme Refinitiv.

Canopy a généré des revenus nets de 90,5 millions $, en hausse par rapport à 25,9 millions $ par rapport à il y a un an, avant que la consommation de la marijuana à des fins récréatives ne soit légalisée au Canada.

Selon M. Zekulin, la société a retenu les services d’une firme américaine pour l’épauler dans la recherche d’un nouveau dirigeant. Le processus est toujours en cours et «plusieurs candidats exceptionnels» ont déjà été identifiés, a ajouté ce dernier.

Santé

Des experts réclament un régime d’assurance-médicaments universel

MONTRÉAL — Un régime public universel d’assurance-médicaments permettrait aux Canadiens d’épargner entre quatre et 11 milliards $ par année et améliorerait l’accessibilité aux médicaments pour l’ensemble de la population, mais il ne doit pas être calqué sur celui du Québec.

C’est l’avis émis, jeudi, par près de 1300 experts indépendants du domaine de la santé et des politiques publiques. «On a toujours un grand problème d’accès aux médicaments au Canada et un problème de coût aussi», a expliqué Marc-André Gagnon, professeur de politique publique à l’Université Carleton.

«Ça coûte extrêmement cher et l’assurance-maladie reste complètement incomplète sans le médicament; un patient à l’hôpital, dès qu’il sort de l’hôpital, n’a parfois plus accès aux soins de santé essentiels que sont les médicaments pour des raisons financières», a-t-il noté, tout en rappelant que le droit aux médicaments est un droit humain fondamental reconnu par l’ONU.

S’appuyant sur le rapport du Conseil consultatif sur la mise en oeuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, publié en juin dernier, les experts signent une lettre demandant à tous les partis politiques de s’engager pour la mise sur pied d’un tel régime afin d’éviter d’en faire un enjeu partisan.

Les experts estiment que le Canada et les Canadiens ont tout à gagner à aller de l’avant non pas avec un régime parallèle ou mixte, mais bien avec un régime intégré au régime universel d’assurance-maladie, comme l’ont fait tous les autres pays développés avec un régime de santé public.

Le Canada, qui «fait figure d’anomalie» à ce chapitre parmi les pays ayant un système de santé public, occupe le deuxième rang, derrière les États-Unis, où le prix des médicaments est le plus élevé. 

De nombreuses études au fil des ans ont démontré qu’il ne fait aucun doute qu’un régime pancanadien, qui permettrait des achats groupés, pousserait les prix fortement à la baisse, en plus de permettre l’accès aux citoyens moins fortunés.

Quant au Québec, son régime mixte ne saurait servir d’exemple affirme avec force Marc-André Gagnon : «Le Canada est le deuxième pays le plus cher au monde en médicaments en termes de coût per capita, derrière les États-Unis, et au Canada la province la plus chère c’est le Québec.»

Affaires

Le président de GCM se dit confiant

QUÉBEC — Le président exécutif du Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, affirme que toutes les options disponibles seront examinées pour assurer la pérennité à long terme des quotidiens qui le composent et l’avenir des équipes qui y travaillent.

Le dirigeant du groupe médiatique ajoute dans une lettre publiée jeudi qu’il demeure personnellement confiant en l’avenir et que les quotidiens de Capitales Médias sont là pour rester.

Politique

Le PLQ craint la concentration de la presse si Québecor rachète Groupe Capitales Médias

L’opposition officielle met en garde le gouvernement contre la concentration de la presse, si Québecor rachète le Groupe Capitales Médias (GCM).

Le Parti libéral (PLQ) réagissait ainsi jeudi à la nouvelle selon laquelle le conglomérat de Pierre Karl Péladeau serait intéressé à racheter le groupe de journaux régionaux en difficulté.

GCM, qui possède le journal «Le Soleil» de Québec, ainsi que des quotidiens comme «Le Nouvelliste» et «La Tribune», est à court de liquidités et le gouvernement Legault a évoqué une aide financière possible mercredi.

TVA a rapporté en soirée mercredi que Québecor est intéressé par GCM. Le nom de Cogeco a aussi été évoqué, mais le groupe de stations de radio affirme n’avoir eu «aucune discussion» avec GCM.

«On ne sait pas d’où ça vient» (cette information), a commenté jeudi la porte-parole de Cogeco, Nancy Bouffard. Elle ne pouvait confirmer toutefois si des responsables de GCM avaient pris contact avec Cogeco.

Dans une mêlée de presse en matinée jeudi au parlement, la députée libérale d’Acadie, Christine St-Pierre, a dit craindre une concentration de la presse et a insisté sur une diversité des voix en démocratie.

Sa collègue, la députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, a renchéri. Il faut que tous les citoyens du Québec, dans chacune des régions, puissent avoir accès à plusieurs sources d’information différentes pour pouvoir se faire une idée, a-t-elle fait valoir.

«Une société informée est une société libre qui demeure démocratique», a-t-elle dit en entrevue téléphonique.

Mme Melançon a déploré l’immobilisme du gouvernement Legault, qui connaît la situation difficile de GCM depuis avril et qui a mis sur pied un comité interministériel, mais qui n’a toujours pas posé de gestes.

Il faut venir en aide rapidement à la presse régionale parce la disparition des quotidiens entraînera des contrecoups et il serait beaucoup plus difficile de relancer des journaux que de sauver les titres actuels, a-t-elle soutenu.

Rappelons que le Groupe Capitales Médias est un abonné de l’agence La Presse canadienne. L’entreprise possède notamment «Le Soleil», «Le Droit» d’Ottawa-Gatineau, «Le Nouvelliste» de Trois-Rivières, «La Tribune» de Sherbrooke, «La Voix de l’Est» de Granby, «Le Quotidien» et «Le Progrès week-end» à Saguenay.

Affaires

Metro veut accélérer le déploiement de nouvelles technologies

Metro accélérera le déploiement de nouvelles technologies, y compris les caisses en libre-service et les étiquettes électroniques, dans ses supermarchés, afin de réduire les coûts de main-d'oeuvre, a indiqué mercredi le grand patron de la chaîne d'alimentation.

La société montréalaise estime qu'il y aura des caisses en libre-service dans 100 établissements d'ici la fin de son exercice financier, qui se terminera le 29 septembre. Ce mode de paiement sera offert dans 100 autres magasins l'année suivante.

Entre-temps, Metro prévoit d'installer des étiquettes électroniques sur ses tablettes, qui permettent d'afficher et modifier numériquement les prix, dans 32 magasins cette année et dans 67 établissements supplémentaires l'année prochaine.

«Nous accélérons [le déploiement] parce que les rendements sont meilleurs, a indiqué le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche, au cours d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre.

Les améliorations technologiques contribuent à réduire les coûts, ajouté.

Ces nouvelles technologies permettant d'améliorer la productivité. Ainsi, Metro peut réduire le nombre d'heures de certains employés pour les diriger vers des secteurs où la main d'oeuvre est rare, a souligné M. La Flèche.

Le secteur de la vente au détail s'intéresse de plus en plus à l'automatisation au cours des dernières années, alors que les coûts de main-d'oeuvre grimpent. Plusieurs provinces ont décrété des augmentations du salaire minimum plus et les consommateurs s'habituent de plus en plus aux achats en ligne et à la livraison à domicile.

Au cours de son assemblée annuelle des actionnaires, Loblaw, un des principaux concurrents de Metro, avait indiqué que l'intelligence artificielle et l'automatisation modifieraient la nature du travail effectué dans ses bureaux, ses centres de distribution ainsi que ses magasins. L'entreprise a déployé des caisses libre-service et des étiquettes électroniques dans ses établissements à et a commencé à mettre en oeuvre des algorithmes analysant les données des consommateurs.

Commerce électronique

Les principaux épiciers du pays investissent également dans la technologie qui sont parallèles à leurs activités traditionnelles. Ils ont mis de l'avant des efforts afin d'améliorer leurs offres de commerce électronique, en partie à cause de l'acquisition de Whole Foods par le géant de la vente au détail en ligne Amazon et de la demande croissante des consommateurs pour des options plus pratiques.

Metro a lancé son service de livraison en ligne à Toronto plus tôt cette année. Ce service, qui était déjà offert au Québec, est disponible pour quelque 1,9 million de ménages en Ontario.

La société a également dévoilé mercredi un bénéfice net de 222,4 millions $ au troisième trimestre, en hausse par rapport à 167,5 millions $ il y a un an, alors que les ventes ont également augmenté. Pour la période de 16 semaines terminée le 16 juillet, le profit par action s'est établi à 86 cents, comparativement à 69 cents à la même période l'an dernier.

Les ventes ont atteint 5,23 milliards $, en hausse par rapport à 4,64 milliards $ il y a un an, grâce à l'ajout des activités du Groupe Jean Coutu. Les ventes des établissements d'alimentation ouverts depuis au moins un an ont augmenté de 3,1 %, tandis que les ventes comparables des pharmacies ont grimpé de 3,4 %.

Metro a «une fois de plus livré de solides résultats», a estimé dans une note l'analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, soulignant la bonne performance des ventes comparables dans un environnement concurrentiel.

Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, le profit par action s'est établi à 90 cents, alors qu'il avait été de 75 cents au troisième trimestre de l'exercice précédent. Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice ajusté de 92 cents par action, selon la firme Refinitiv.

À la Bourse de Toronto, le titre de Metro a clôturé à 53,75 $, en hausse de 29 cents, ou 0,54 %.

Affaires

Artist in Residence: de nouveaux produits à la distillerie gatinoise

La distillerie Artist in Residence (AiR), de Gatineau, a annoncé la confection d’un nouvel apéritif infusé aux herbes amères et aux fruits.

Les apéritifs ONORANZA sont disponibles sous deux différentes saveurs soit orange et citron. 

Inspirés par les apéritifs italiens, ces créations ont été conçues avec de l’eau de source boréale et des grains 100 % québécois. 

Ces nouveaux produits de la distillerie AiR, la première distillerie de l’Outaouais, sont en vente dans toutes les succursales de la SAQ. 

Politique

Immigration: Legault reste sourd aux arguments pour une hausse des seuils

Le premier ministre François Legault reste sourd aux arguments de plusieurs groupes d'employeurs qui militent pour une hausse importante des seuils d'immigration.

Qui plus est, il a renvoyé la balle aux entreprises, mercredi, en leur disant qu'elles pouvaient contribuer à régler le problème du manque de personnel en rendant les postes vacants plus attrayants pour les Québécois.

Une consultation publique sur les seuils d'immigration proposés par le gouvernement caquiste pour la période 2020-2022 est en cours à l'Assemblée nationale.

Le gouvernement a abaissé les niveaux d'immigration cette année, les faisant passer de 52 000 à 40 000 personnes le temps de «réparer» le système d'immigration.

Il compte les rehausser progressivement dès l'an prochain pour atteindre environ 52 000 personnes en 2022. La part de l'immigration économique passerait de 58 % en 2017 à 65 % en 2022.

M. Legault fait face à une pression énorme du Québec inc., qui souhaite que l'on augmente ces seuils à au moins 60 000 personnes par année, afin de combler la pénurie de main-d'oeuvre.

Le Conseil du patronat, la Fédération des chambres de commerce du Québec et l'Association Restauration Québec ont notamment défilé devant les députés cette semaine.

Mercredi, à son arrivée à la première réunion du conseil des ministres après la relâche estivale, M. Legault a encouragé les entreprises à améliorer leurs conditions de travail afin de rendre plusieurs postes plus attrayants pour les Québécois.

Le gouvernement, a-t-il assuré, est prêt à faire sa part. «On va aider ces entreprises-là à améliorer leur productivité, être capable d'avoir plus de valeur ajoutée dans leurs emplois et être capable d'offrir des meilleurs salaires pour attirer les Québécois», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Selon l'analyse du premier ministre, dans tous les pays industrialisés, il est de plus en plus difficile de combler les emplois «où il y a moins de valeur ajoutée, qui sont moins bien payés, qui sont à temps partiel, par exemple seulement pour la portion de l'été».

«Il faut comprendre là, si on dit à un Québécois : "Est-ce que vous préférez un emploi à 15 piastres de l'heure ou à 30 piastres de l'heure?", c'est certain qu'il aime mieux un emploi à 30 piastres de l'heure. Donc, ceux qui offrent des emplois à 15 ou même à 12 dollars de l'heure, ils vont avoir de la difficulté.»

Par ailleurs, le premier ministre a de nouveau souligné l'importance pour lui de mieux choisir, intégrer et franciser les immigrants.

Il déplore que le taux de chômage soit plus élevé chez les nouveaux arrivants que dans le reste de la population. L'année dernière, a-t-il ajouté, la moitié des nouveaux arrivants ne parlaient pas français.

«Nous, on est en négociation avec le gouvernement fédéral pour exiger la réussite d'un test de français pour tous les nouveaux arrivants», a-t-il rappelé.

Problème démographique, selon le Conseil du patronat

Le Conseil du patronat fait une tout autre lecture de la situation. Son président, Yves-Thomas Dorval, affirme que les entreprises québécoises font face à un problème qui est démographique.

Ce n'est pas en améliorant les conditions de travail «que ça va créer tout à coup de la population», a-t-il ironisé lors d'une entrevue téléphonique, mercredi.

«Il y a une mathématique incontournable, dit-il. On a moins de personnes qui rentrent sur le marché du travail que de gens qui quittent. Il y a 1,4 million de postes à combler pour les 10 prochaines années. Ce ne sont pas les chiffres du Conseil du patronat, ce sont les chiffres du gouvernement du Québec, des fonctionnaires, des spécialistes, des experts!»

«Il y a un nombre limite de Québécois pour ces postes-là», a-t-il martelé.

M. Dorval affirme que le Québec a besoin d'un minimum de 60 000 immigrants par année pour combler les besoins du marché du travail. «Vous savez, il y a 250 000 entreprises au Québec, et il y en a 90 % qui disent qu'il y a des problèmes de main-d'oeuvre. Il doit y en avoir quelques-uns là-dedans qui ne doivent pas être à côté de la track

Il se demande si le gouvernement est vraiment à l'écoute des groupes qui ont présenté leur avis en commission parlementaire. «Si le gouvernement a déjà fait son nid, alors là, on ne devrait pas faire une consultation, ça ne donne rien», a-t-il renchéri.

De son côté, le porte-parole libéral en matière d'immigration, Monsef Derraji, affirme que le premier ministre est «complètement déconnecté de ce qui se passe sur le terrain».

«Depuis le début des consultations, ce que j'ai entendu, c'est que la main-d'oeuvre n'existe pas au Québec et on part la chercher à l'international. Il n'y a personne qui m'a dit que la main-d'oeuvre existe au Québec et on va la former», a-t-il déclaré en entrevue.

Affaires

Encadrement des agences de crédit: la CAQ déposera un projet de loi

Deux mois après la fuite de données qui a touché 2,7 millions de membres particuliers du Mouvement Desjardins, le gouvernement du Québec entend déposer un projet de loi visant l'encadrement des agences de crédit.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a précisé mercredi matin que le projet de loi pourrait notamment prévoir que tout citoyen ait la possibilité de demander à une agence de crédit d'empêcher que son dossier soit consulté, ce qu'il appelle un verrou de crédit.

«Vous avez été victime de vol d'identité et vous voulez arrêter toute transaction sous votre nom. Vous mettez un verrou. Il ne peut plus y avoir de consultation de votre dossier de crédit à quiconque, à moins de votre consentement. Et le consentement peut être donné par vous, à l'aide de votre téléphone : vous mettez le consentement, vous enlevez le consentement. Il s'agit d'une protection additionnelle qui a été imposée à Equifax à la suite du vol de données aux États-Unis et que nous n'avons pas au Canada» a-t-il précisé en point de presse.

Le ministre Girard a mentionné que le Québec était actuellement la seule province canadienne à ne pas avoir de législation spécifique à de telles agences.

Quant au premier ministre François Legault, il a promis que son gouvernement agirait rapidement.

«Je m'attends à avoir la collaboration de l'opposition, c'est un sujet qu'on a vu dans les médias tout l'été alors je pense que l'opposition est sensible aussi à la nécessité d'agir rapidement», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, dans un communiqué de presse envoyé après sa sortie médiatique, le ministre Girard a indiqué qu'il était satisfait de la façon dont le Mouvement Desjardins gérait la crise reliée au vol de renseignements personnels.

«La situation est gérée de façon adéquate par l'institution financière, sous l'oeil attentif de l'Autorité des marchés financiers. Les actifs financiers des membres sont garantis en cas de fraude», peut-on lire dans le communiqué.

Le ministre des Finances a également mentionné qu'il comprend l'inquiétude des Québécois et qu'il est conscient «qu'ils attendent du gouvernement des améliorations».

Affaires

Accord avec Genworth: Brookfield prend une participation majoritaire

TORONTO — Brookfield Business Partners a conclu un accord en vue d’acquérir une participation majoritaire dans Genworth MI Canada pour 2,4 milliards $.

Dans le cadre de la transaction, Brookfield mettra la main sur 48,9 millions d’actions, ce qui représente une participation d’environ 57 % de la filiale de Genworth Financial, établie à Virginie, au prix de 48,86 $ l’action.

Affaires

Feu vert à une action collective contre Air Canada

MONTRÉAL — Un juge de la Cour supérieure du Québec a donné le feu vert à une action collective visant Air Canada à propos de la surcharge de carburant.

La requête allègue que la plus importante compagnie aérienne au pays a «illégalement surchargé ses clients» de plus du double du coût du carburant sur certains vols. C'est lundi que le tribunal a indiqué que la démarche pouvait aller de l'avant.

Selon Michael Vathilakis, l'avocat qui pilote la demande, Air Canada aurait mal expliqué l'objectif de la surcharge — visant à contrebalancer les fluctuations du prix du carburant.

«Ce qu'Air Canada a fait était de montrer aux passagers qu'ils percevaient ce montant afin de contrebalancer la volatilité, alors qu'en fait, les allégations indiquent que dans plusieurs cas, la compagnie réalisait un profit réel, a-t-il expliqué, au cours d'un entretien téléphonique. Dans plusieurs cas, ils ont facturé un montant égal ou supérieur au coût total du carburant pour le vol.»

La requête cite notamment un exemple où la facturation aurait été de 105 % supérieure au coût du carburant pour un vol à destination de Paris en janvier 2014.

Chaque passager en classe économique sur ce vol a payé 238 $ à titre de surcharge du carburant, soit 163 $ de plus, selon la définition de la surcharge présentée par Air Canada. Le document avance que le transporteur a reçu 73 878 $ grâce à la surcharge, alors qu'il aurait plutôt dû facturer 23 164 $.

La démarche concerne des clients du Québec ayant acheté des billets internationaux pour des destinations à l'extérieur des États-Unis, du Mexique et des Caraïbes entre avril 2012 et novembre 2014. Les plaignants, George et David Itzkovitz, demandent 273 millions $ en dommages et intérêts pour les passagers concernés.

Air Canada dit ne pas être d'accord avec les allégations et avoir l'intention de se défendre, a indiqué par courriel une porte-parole, Angela Mah.

Affaires

CBS et Viacom vont se regrouper pour former un géant du divertissement

NEW YORK — CBS et Viacom ont annoncé mardi un regroupement très attendu, réunissant leurs réseaux de télévision et le studio de cinéma Paramount, alors que les géants des médias traditionnels tentent de se défendre contre les sociétés de diffusion en continu telles que Netflix.

Le chef de la direction de Viacom, Bob Bakish, qui dirigera la société fusionnée, a déclaré que le nouveau ViacomCBS sera «l'une des rares entreprises au contenu et à la profondeur qui contribueront à façonner l'avenir de notre secteur».

Les analystes estiment que cette réunion aidera les deux entreprises à naviguer dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

Viacom est propriétaire de Paramount Pictures et de chaînes de télévision payante telles que Comedy Central, MTV et BET, tandis que CBS dispose d'un réseau de diffusion, de chaînes de télévision, de Showtime et d'une participation dans le réseau en direct The CW. Michael Nathanson, analyste au sein de la firme MoffettNathanson, a estimé que la bibliothèque de films de Paramount pourrait contribuer au service de diffusion en continu de Showtime, tandis que le service de diffusion en continu de CBS pourrait profiter de Nickelodeon, qui appartient à Viacom.

Une fois la transaction complétée, vers la fin de l'année, les actionnaires de CBS détiendront environ 61 % de la société fusionnée et les actionnaires de Viacom, le reste. Les entreprises ont déclaré que la nouvelle entité devrait générer des revenus annuels d'environ 28 milliards $US. Des synergies annuelles de 500 millions $US ont aussi été évoquées.

Joe Ianniello, qui dirige CBS de façon intérimaire, deviendra le président du conseil d'administration et le président de la division CBS.

CBS, qui s'est séparée de Viacom en 2006, a été l'une des premières sociétés médiatiques à déployer son propre service de diffusion en continu, CBS All Access. Le service à 6 $US par mois propose désormais une nouvelle série Star Trek, une relance de The Twilight Zone et des archives d'émissions de télévision anciennes et actuelles.

Désormais, Disney, NBCUniversal de Comcast et WarnerMedia ont mis de l'avant leurs propres services afin de défier Netflix, Amazon, Google et d'autres géants technologiques qui effectuent une percée dans le secteur du divertissement. Dans le but d'élargir son répertoire, Disney a acheté les entreprises de divertissement de Fox pour 71 milliards $US en mars, tandis que le propriétaire de DirecTV, AT&T, avait acquis Time Warner l'année dernière pour 81 milliards $US.

Selon CBS et Viacom, la société fusionnée créera du contenu non seulement pour ses propres services, mais également pour des tiers. La nouvelle société souhaite accélérer la croissance de ses services de diffusion en continu, y compris CBS All Access, Showtime et Pluto TV, le service gratuit financé par la publicité détenu par Viacom, et générer davantage de publicité pour ses services.

Neil Begley, analyste du secteur médiatique chez Moody's, a souligné que la plus grande question était de savoir si la nouvelle société se concentrerait sur ses services de diffusion en continu par abonnement, tels que CBS All Access et Showtime, ou sur ceux bénéficiant d'un soutien publicitaire, tels que Pluto TV, ou continuerait à utiliser les deux.

L'action de CBS et le titre de Viacom affichaient des hausses respectives inférieures à deux pour cent, mardi après-midi, ce qui laisse entendre que Wall Street anticipait cet accord. L'action de Disney grimpait de un pour cent, alors que le cours du titre de Netflix demeurait inchangé.