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Affaires

Les affaires express: cigarettes, Temrex

LES POURSUITES CONTRE LES CIGARETTIERS SONT ENCORE SUSPENDUES

TORONTO — Un tribunal ontarien prolonge pour six mois l’ordonnance qui suspend les poursuites judiciaires contre trois grandes compagnies de tabac, afin de leur laisser le temps de négocier un règlement avec les créanciers, dont les membres de l’action collective au Québec.

Le juge Thomas McEwen, de la Cour supérieure de l’Ontario, a conclu jeudi matin à Toronto que la prolongation de la suspension jusqu’au 30 septembre ne causerait pas de préjudices aux intervenants dans ce dossier. Aucune des parties ne s’est d’ailleurs opposée à la requête des trois grands cigarettiers — JTI-Macdonald, Rothmans, Benson & Hedges et Imperial Tobacco Canada. La suspension initiale devait expirer le mois prochain.

Un avocat d’Imperial Tobacco a déclaré qu’un délai plus long était nécessaire pour faire progresser les efforts de médiation — il a soutenu que des «développements importants» avaient déjà eu lieu.

Une première ordonnance de suspension des poursuites judiciaires contre les trois géants du tabac avait été accordée il y a près d’un an, après que les entreprises ont été déboutées en appel dans l’action collective historique au Québec. La suspension vise à maintenir le statu quo pendant que les entreprises négocient un règlement global avec les membres de l’action collective et plusieurs autres créanciers, dont des gouvernements provinciaux qui veulent recouvrer les frais de santé liés au tabagisme.

Me Mark Meland, qui représente les plaignants au Québec, a déclaré qu’il avait consenti à la prolongation même s’il est toujours urgent de parvenir à un règlement. Il a rappelé que «les gens continuent de mourir à un rythme alarmant» en raison de problèmes de santé liés au tabagisme. Selon Me Meland, un accord devrait être conclu «bien avant» la prochaine audience du tribunal le 30 septembre.

Rob Cunningham, qui représente la Société canadienne du cancer, a fait part au juge de ses préoccupations, jeudi, au sujet du secret entourant le processus de médiation. Les discussions sont confidentielles et son organisme n’a pas été autorisé à y participer. M. Cunningham déplore qu’il n’y ait actuellement aucun moyen de savoir si les problèmes de santé publique sont discutés dans le cadre du règlement.

«Quelles sont les mesures pour empêcher à l’avenir l’industrie du tabac de répéter le comportement illicite du passé?», a-t-il plaidé. «Il doit y avoir des mécanismes efficaces pour empêcher les activités illicites des compagnies de tabac qui ont été très préjudiciables à la santé publique. C’est essentiel dans le cadre de tout accord de règlement.» La Presse canadienne

Affaires

La Caisse de dépôt et placement dévoile un rendement inférieur à son indice de référence en 2019

MONTRÉAL - La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a affiché un rendement de 10,4 % en 2019, ce qui a été inférieur à son indice de référence dans le cadre d’une année marquée entre autres par un rendement négatif du portefeuille immobilier du bas de laine des Québécois.

En 2018, le rendement du gestionnaire de régimes de retraite et d’assurance publics et parapublics avait été de 4,2 %.

Même si elle a été plus élevée par rapport à l’année précédente dans un contexte de poussée des marchés boursiers, la performance de la CDPQ, qui dévoilait ses résultats, jeudi, a été sous son indice de référence établi à 11,9 %.

«Le portefeuille livre la performance attendue dans un contexte de marchés qui se sont fortement emballés, et qui, de notre point de vue, semblent déconnectés par rapport à la croissance réelle», a commenté en point de presse le président et chef de la direction de la Caisse, Charles Émond, qui a succédé à Michael Sabia le 1er février dernier.

En date du 31 décembre, l’actif net de la CDPQ était de 340,1 milliards $, en hausse d’environ 30 milliards $ par rapport à 2018.

Coup de barre

La dernière année a été difficile pour le portefeuille des actifs réels, qui englobe les immeubles et les infrastructures, où le rendement n’a été que d’un pour cent, soit sept fois moins que l’indice de référence. L’immobilier a livré un résultat négatif de 2,7 %.

Selon la CDPQ, la faible performance de ses 25 centres commerciaux «traditionnels» au Canada est à la baisse en raison des «nouvelles habitudes des consommateurs», qui se tournent de plus en plus vers le commerce électronique afin d’effectuer leurs emplettes, ce qui pousse les valorisations à la baisse.

«Même si les deux tiers de notre portefeuille est en adéquation avec notre stratégie, nous devons accélérer sa mise à niveau et nous sommes très lucides que nous avons des défis, a expliqué la présidente et chef de la direction d’Ivanhoé Cambridge, Nathalie Palladitcheff. Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour retrouver le chemin de la croissance.»

Le bras immobilier de la Caisse compte vendre environ le tiers de son portefeuille de centres commerciaux au Canada. Ivanhoé Cambridge est également présent dans les secteurs industriels, des bureaux commerciaux et résidentiels.

En ce qui a trait aux infrastructures, la performance a été de 7,1 % en 2019, alors que l’indice de référence était de 17,7 %.

Par secteur

Le secteur des revenus fixe, où l’on gère notamment des obligations ainsi que d’autres instruments, a surpassé son indice de référence grâce à un rendement de 8,9 %. De son côté, le portefeuille des actions, qui englobe le secteur des marchés boursiers et des placements privés, a livré un rendement de 15,3 %, inférieur à l’indice de référence fixé à 16,3 %.

Au Québec, la CDPQ a chiffré ses nouveaux investissements et engagements à 3,3 milliards $. Son actif total dans la province totalise 66,7 milliards $, ce qui lui permet d’être partenaire de plus de 650 petites et moyennes entreprises.

Sur cinq ans, la Caisse dit avoir livré un rendement de 8,1 %, soit environ un point de pourcentage de plus que son indice de référence.

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Rendement annuel de la CDPQ:

- 2019: 10,4 %

- 2018: 4,2 %

- 2017: 9,3 %

- 2016: 7,6 %

- 2015: 9,1 %

- 2014: 12 %

Affaires

Bombardier Transport: la CDPQ confiante de voir Alstom remplir ses promesses

MONTRÉAL - Il est rare de voir une entreprise prendre des engagements aussi précis que ceux écrits «noir sur blanc» par Alstom dans le cadre de son offre pour Bombardier Transport, estime le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Charles Émond.

Plutôt que d'évoquer des «poursuites monstrueuses» comme l'a fait le premier ministre François Legault cette semaine en cas de manquements, M. Émond a préféré mettre l'accent sur le caractère précis des promesses, jeudi, dans le cadre du dévoilement des résultats annuels du régime de retraite.

«Nous avons (obtenu) des engagements écrits noir sur blanc, a dit le dirigeant de la Caisse, qui a un passé de banquier d'affaires. Dans mon expérience de deux décennies à faire (des transactions), c'est loin d'être la norme. En fait, c'est plutôt l'exception.»

Si le géant français obtient toutes les approbations pour acquérir la division ferroviaire de Bombardier, il s'est engagé, dans la première année marquant la conclusion de la transaction, à établir à Montréal son siège social nord-américain, qui supervisera 13 000 employés. Il implantera également un centre de recherche et bonifiera la production aux sites de La Pocatière, où travaillent environ 400 employés de Bombardier Transport, et de Sorel-Tracy, où Alstom compte 90 travailleurs.

La CDPQ a été impliquée dans les négociations avec les deux multinationales puisqu'elle détient 32,5 % de Bombardier Transport. Elle deviendra le principal actionnaire d'Alstom avec une participation de 18 % au terme de la clôture de la transaction évaluée à 8,2 milliards $ US, qui est prévue dans la première moitié de 2021.

Ces engagements écrits ont été entérinés par le conseil d'administration d'une des plus importantes compagnies françaises cotées en Bourse, ce qui fait croire au patron de la Caisse qu'il n'y a «aucune inquiétude» à avoir.

Par ailleurs, M. Émond ne s'est pas avancé sur ce que fera la CDPQ avec sa participation dans Bombardier une fois que la société ne construira que des avions d'affaires - un secteur cyclique et vulnérable aux aléas de l'économie qui semble moins cadrer avec la stratégie de l'institution.

«Je ne vais pas trop commenter parce que Bombardier demeure un acteur important, a-t-il répondu, à une question posée en anglais. Après la transaction (avec Alstom), Bombardier demeurera l'un des cinq plus importants groupes industriels au Canada.»

Selon les dernières informations disponibles, la CDPQ détenait environ 53,4 millions d'actions de catégorie A et B de Bombardier en date du 31 décembre 2018, pour une valeur estimée à environ 162 millions $ à ce moment.

Affaires

Niveau «sans précédent» des ventes d’électricité au Québec

MONTRÉAL - Grâce à un niveau «sans précédent» des ventes d’électricité au Québec et à des exportations soutenues, Hydro-Québec affiche un bénéfice net de plus de 2,9 milliards $ pour l’exercice 2019 - qui est toutefois en baisse par rapport à l’exercice précédent.

Plus précisément, le bénéfice net atteint 2,923 milliards $ en 2019 comparativement à 3,192 milliards $ en 2018.

La direction d’Hydro-Québec explique la baisse par le fait que lors de l’exercice précédent, en 2018, elle avait enregistré un gain non récurrent de 277 millions $ après avoir cédé une participation dans sa filiale TM4. Elle explique aussi la baisse par un deuxième élément: en 2019, elle a dû comptabiliser une charge d’amortissement de 46 millions $ à cause de la radiation de certains coûts du projet Northern Pass Transmission.

N’eût été ces deux éléments, le bénéfice net de l’exercice aurait progressé de 54 millions $ en 2019 par rapport à celui de 2018, a fait valoir la direction de la société d’État, au cours d’une conférence de presse jeudi.

«On aura livré pour l’année 2019 un très bon résultat qu’on est très heureux de vous annoncer», a commenté le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel.

Pour l’exercice, Hydro-Québec versera un dividende de 2,192 milliards $ à son unique actionnaire.

Québec et météo

Entre autres éléments intéressants de l’exercice 2019: l’hiver plus froid a fait grimper la consommation d’électricité au Québec, ce qui a permis d’atteindre un sommet historique des ventes de l’ordre de 174,6 térawattheures. Il s’agit d’une augmentation de 1,8 Twh par rapport à 2018.

Dans sa présentation, M. Martel a relevé les événements météorologiques qui ont eu lieu durant l’année et qui ont affecté les clients d’Hydro-Québec. Il y a d’abord eu la tempête de verglas d’avril, au cours de laquelle 316 000 clients ont été privés de courant, puis la tempête automnale, vers la période de la fête de l’Halloween, lorsque près d’un million de clients ont été affectés.

À elle seule, la tempête de l’automne «nous a coûté quand même 30 millions $», a relevé Jean-Hugues Lafleur, vice-président exécutif et chef de la direction financière et du risque chez Hydro-Québec.

«Il faut faire face à la réalité: clairement l’effet des changements climatiques commence à se faire sentir. On a eu des crues spectaculaires au printemps dernier, qu’on a gérées, surtout dans les régions de l’Outaouais, Montréal, Mauricie et la Beauce. Si on se souvient, il y en avait eu en 2017» également, a souligné M. Martel.

Exportations et Maine

Les exportations n’ont pas été en reste, Hydro-Québec rapportant pour l’exercice 2019 un «fort volume d’exportations nettes» de 33,7 Twh. À elles seules, les exportations contribuent à hauteur de 631 millions $ au bénéfice net. Il s’agit toutefois d’une baisse par rapport aux 36,1 Twh de 2018.

Ce secteur rapporte: «avec 16 pour cent du volume des ventes, on réalise quand même 22 pour cent du bénéfice net; donc c’est quand même très payant de faire des ventes à l’exportation», a signalé M. Lafleur.

Interrogé au sujet du contrat avec le Maine, M. Martel s’est dit «extrêmement confiant» malgré la contestation.

«On s’y attendait depuis le début, parce qu’il y a beaucoup d’opposition, surtout de lobbyistes de la part d’autres personnes qui vendent de l’énergie. Il ne faut pas être naïf. On le savait dès le départ qu’on va devenir un joueur encore plus significatif. On est aujourd’hui à peu près 14 pour cent de l’électricité qui est vendue dans la Nouvelle-Angleterre. Avec ce nouveau projet-là, on va aller frôler les 25 pour cent», a expliqué M. Martel.

«C’est clair qu’on va aller déplacer - et c’est la bonne chose à faire pour l’environnement et les coûts - des éléments fossiles qui produisent de l’électricité aujourd’hui. Ces gens-là ne se laissent pas faire; ils essaient par toutes sortes de moyens de nous bloquer. Mais, évidemment, je pense que les intentions du Massachusetts et de la Nouvelle-Angleterre sont claires de réduire leurs émissions», a ajouté M. Martel.

En matière d’exportations, le pdg ne veut pas s’arrêter là. «Il y a encore des opportunités d’exporter davantage aux États-Unis; ça nous prendra des chemins pour se rendre, mais aussi vers les provinces maritimes. La Nouvelle-Écosse pourrait être intéressée davantage à utiliser de l’hydro-électricité», a-t-il avancé.

Affaires

RGA: Yves Ducharme rôti au casino

Quelques détails croustillants de la vie d’Yves Ducharme, mais pas tous, ont été partagés mercredi soir lors d’un bien-cuit organisé par le Regroupement des gens d’affaires (RGA) de la capitale nationale dont il a présidé les destinées de 2016 à 2019.

Le premier rôtisseur, Michel Drouin, a tenu à rappeler les premiers pas en politique municipale de M. Ducharme, qui fut maire de la Ville de Hull et premier maire de la nouvelle Ville de Gatineau à la suite des fusions de 2002.

Affaires

L’inflation accélère

L’inflation canadienne a accéléré en janvier pour atteindre 2,4 %, sa cadence la plus rapide en près de deux ans, alimentée par une hausse des prix de l’essence à la pompe et des tomates, en plus d’une rare croissance des prix des vêtements, a indiqué mercredi Statistique Canada.

Cette évolution se compare à une inflation annuelle de 2,2 % en décembre. Les économistes s’attendaient à une lecture de 2,3 % pour janvier, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Affaires

Plus bas taux de chômage depuis 1976 au Québec et hausse du salaire horaire

MONTRÉAL - La croissance de l’emploi au Québec est telle que le taux de chômage en 2019 y a été le plus bas depuis que ces données sont compilées, soit depuis 1976, indique l’Institut de la statistique du Québec.

Le taux de chômage s’y est établi à 5,1 pour cent, soit une progression de 77 700 emplois par rapport à 2018.

«C’est une baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport à 2018. Il atteint ainsi le plus bas niveau observé depuis que les données sont disponibles, soit depuis 1976», a relevé en entrevue mercredi Marc-André Demers, analyste en statistiques du travail à l’Institut de la statistique du Québec.

Le chemin parcouru en 10 ans seulement est impressionnant.

«À 5,1 pour cent, le taux de chômage du Québec est l’un des plus faibles de toutes les provinces après celui de la Colombie-Britannique. Ces résultats montrent une amélioration de la situation relative du Québec lorsqu’on la compare à 2009. Il y a 10 ans, le taux de chômage du Québec avoisinait les 9 pour cent, alors qu’il était environ de 5 pour cent dans les provinces avec les plus faibles taux de chômage», souligne M. Demers.

Salaire horaire

En conséquence, les salaires sont à la hausse. La croissance du salaire horaire moyen a été deux fois plus élevée en 2019 qu’en 2018, soit de 4,8 pour cent par rapport à 1,9 pour cent en 2018.

«C’est d’ailleurs la plus forte hausse des 10 dernières années», indique-t-on dans le bilan de l’emploi pour l’année 2019.

M. Demers fait un lien avec le grand nombre de postes vacants au Québec. «Ça pourrait être une des explications de la croissance de la rémunération, mais il y a d’autres facteurs qui peuvent venir jouer», aussi.

On entend souvent dire que les salaires n’augmentent pas aussi vite que le coût de la vie. Vérification faite, d’après les données de l’Institut de la statistique du Québec, durant la décennie 2009-2019, l’Indice des prix à la consommation a crû de 16 pour cent, pendant que les salaires ont crû de 28,5 pour cent.

«Chaque année, sauf en 2011, le salaire horaire a crû plus rapidement que l’IPC», fait remarquer M. Demers.

Immigrants

L’analyse révèle aussi une importante croissance de l’emploi pour la population immigrante. De 2018 à 2019, il y a eu une hausse de l’emploi de 30 200 au sein de la population immigrante pour atteindre 749 000.

La part de la population immigrante dans l’emploi a augmenté au point où, durant la décennie 2009-2019, l’emploi y a crû de 300 500, soit de 67 pour cent, comparativement à une croissance de 133 200, ou 3,9 pour cent, chez les personnes nées au Canada.

«De fait, environ 62 pour cent de la progression nette de l’emploi au Québec entre 2009 et 2019 se concentre chez les immigrants. Leur part dans l’emploi total passe de 11,6 pour cent à 17,3 pour cent», souligne M. Demers.

Syndiqués en croissance

Autre donnée notable: l’emploi syndiqué a connu en 2019 sa plus forte croissance de toute la décennie 2009-2019.

Ainsi, en 2019, l’emploi a crû de 53 600 chez les travailleurs syndiqués et de 21 200 chez les non-syndiqués.

C’est la première fois depuis 2012 que la catégorie d’emploi des syndiqués progresse davantage que la catégorie des non-syndiqués.

Affaires

Un rival pour Couche-Tard dans sa tentative de percée en Australie

Alimentation Couche-Tard aura un rival dans sa tentative d’acquisition de l’entreprise australienne Caltex, puisque celle-ci a révélé mercredi avoir reçu une offre de la part du géant britannique EG Group.

Cette proposition non contraignante consiste en un paiement de 3,5 milliards $ CAN pour les dépanneurs et stations-service appartenant à Caltex et la création d’une nouvelle société, appelée Ampol, dont les actions seraient transigées à la Bourse de Sydney et qui serait constituée des actifs de distribution de carburant et de la raffinerie de l’entreprise australienne. EG Group s’engagerait à acquérir jusqu’à 10 % de cette nouvelle entité.

Dans son communiqué, Caltex n’a toutefois pas chiffré la valeur totale de cette offre qui est considérée par son conseil d’administration. Le nom du groupe britannique comme potentiel rival de Couche-Tard était évoqué depuis quelques semaines.

L’exploitant québécois de dépanneurs et de stations-service avait bonifié pour une deuxième fois sa proposition la semaine dernière, en indiquant qu’il s’agissait d’un «prix optimal et final en l’absence d’une proposition concurrente». Il a depuis eu accès à d’autres données financières de la compagnie australienne.

«Nous sommes au courant de cette proposition présentée par EG Group, mais nous n’avons pas de réaction à offrir», a indiqué par courriel, mercredi, une porte-parole de Couche-Tard, Laurence Myre Leroux.

L’offre entièrement en espèces de la société établie à Laval se chiffre désormais à environ 7,9 milliards $ CAN, ou environ 31,41 $ CAN (35,25 $ AUS), pour chaque action de la société australienne. Cette proposition révisée permettrait à Caltex de verser un dividende spécial aux actionnaires.

À la Bourse de Sydney, l’action de Caltex a clôturé à 34,77 $ AUS, mercredi, ce qui est inférieur au plus récent prix proposé par Couche-Tard - qui exploite un réseau d’environ 16 000 magasins et stations-service au Canada, aux États-Unis ainsi qu’en Europe et qui souhaite doubler sa taille sur un horizon de cinq ans.

«À première vue, l’offre de EG Group semble inférieure à la (dernière proposition) de Couche-Tard, mais cela laisse toutefois place à l’interprétation», a estimé Ben Wilson, de RBC Marchés des capitaux, dans un rapport.

Selon l’analyste, l’entreprise québécoise bénéficie d’une longueur d’avance pour le moment pour tenter d’avaler Caltex, mais cela pourrait changer. M. Wilson croit que l’offre de EG Group est suffisamment sérieuse pour que Caltex permette à la société d’effectuer une vérification diligente de son bilan.

Couche-Tard avait déposé une première offre de 32 $ AUS pour chaque action de Caltex en octobre dernier, mais elle a été rejetée, son prix ayant été jugé inadéquat. La société est revenue à la charge à deux reprises depuis.

Caltex compte près de 6630 employés et exploite un réseau de quelque 2000 stations-service, en plus d’être propriétaire d’une raffinerie située à Brisbane ainsi que d’actifs de distribution et de transport de carburant.

Si Couche-Tard parvient à conclure une transaction, certains analystes croient que l’entreprise pourrait se départir de certains actifs de Caltex, comme les activités de distribution de carburant et d’autres infrastructures.

EG Group exploite quelque 5200 établissements aux États-Unis, en Europe ainsi qu’en Australie. Le groupe britannique avait mis le pied dans le marché australien après avoir annoncé, à l’automne 2018, une entente pour acquérir les 540 stations-service de Woolworths pour quelque 1,5 milliard $ CAN.

«À notre avis, EG Group pourrait être confrontée à des enjeux de concurrence en Australie», a estimé l’analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, en évoquant la transaction avec Wollworths.

Sur le parquet de la Bourse de Toronto, mercredi, l’action de catégorie B de Couche-Tard a gagné 12 cents pour clôturer à 44,10 $.

Affaires

Avions d'affaires: Bombardier devra convaincre les investisseurs

En se tournant exclusivement vers les avions d'affaires, la direction de Bombardier convient qu'elle devra prouver aux investisseurs sa capacité de livrer des résultats dans un secteur vulnérable aux aléas de l'économie.

«Il y a clairement un peu d'éducation à faire, a convenu mercredi le président et chef de la direction de la compagnie, Alain Bellemare, au cours d'une conférence destinée aux investisseurs qui se déroulait à Miami, en Floride. C'est une grosse division en croissance.»

Affaires

Une «porte ouverte» pour laisser tomber Trans Mountain

Tous les partis d’opposition – à l’exception des conservateurs – et des groupes écologistes somment le gouvernement fédéral de laisser tomber l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain pendant qu’il est encore temps.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, la porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d’environnement, Laurel Collins, ainsi que la chef parlementaire du Parti vert, Elizabeth May, ont tiré la sonnette d’alarme sur l’explosion des coûts du projet.

Affaires

Crise ferroviaire: Via Rail met à pied 1000 employés [VIDÉO]

Via Rail a annoncé mercredi que l’annulation des services sur une grande partie de son réseau le forçait à effectuer près de 1000 mises à pied.

Le transporteur ferroviaire a annulé la reprise du service entre Montréal et Québec initialement prévue pour jeudi en raison d’un nouveau blocus près de Saint-Lambert. Tous les trains entre Montréal et Québec sont annulés au moins jusqu’à vendredi en fin de journée.

En après-midi mercredi, une nouvelle barricade a été installée sur une voie du CN traversant la ville de Saint-Lambert, en banlieue de Montréal.

«Nous bloquons les voies ferrées en solidarité avec les Wet’suwet’en, dont le territoire a été envahi par la GRC», a déclaré, par voie de communiqué, Jessica Robert, une manifestante présente à la barricade. «Nous allons continuer à bloquer les rails jusqu’à ce que la GRC se retire des territoires des Wet’suwet’en», a averti Mme Robert.

Le transporteur ferroviaire, qui emprunte les voies ferrées du Canadien National (CN), doit maintenir l’annulation du service sur une grande partie de son réseau. La reprise graduelle du service est maintenue entre Montréal et Ottawa, et dans le sud-ouest de l’Ontario.

Des manifestants bloquent, depuis maintenant 14 jours, les voies du CN en appui aux chefs héréditaires de la première nation Wet’suwet’en, qui s’opposent au passage du gazoduc Coastal GasLink dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique.

«C’est avec regret que nous devons procéder à des suspensions de travail temporaires», a affirmé Via Rail dans un communiqué.

«Jusqu’à ce que CN Rail ouvre les voies restantes pour le service, Via Rail n’a d’autre choix que de maintenir l’annulation de ses services sur une grande partie de son réseau.»

Via Rail a précisé que ses employés visés par les mises à pied recevraient un préavis à ce sujet, et que les termes des conventions collectives seraient respectés.

Selon la présidente et chef de la direction de Via Rail, Cynthia Garneau, ce plan de suspension temporaire représente «la solution la plus juste et raisonnable».

«En 42 ans d’existence, c’est la première fois que Via Rail [...] doit interrompre la plupart de ses services partout au pays», a-t-elle affirmé.

Via Rail a en outre espéré que l’ensemble de ses services reprendraient «dès que possible», en plus de saluer «les efforts de dialogues en cours» entre les gouvernements et les chefs des Premières Nations.

La société a annulé plus de 530 trains depuis le début des blocages, le 6 février.

425 millions $ de produits par jour

De son côté, le CN a annoncé mardi soir la mise à pied d’environ 450 travailleurs dans l’est du pays après avoir annulé plus de 500 trains dans la dernière semaine en raison du blocage des voies ferrées. Les mises à pied touchent le personnel opérationnel travaillant à Montréal, Lévis, Moncton et Eastern Passage, près de Halifax.

L’occupation des voies dans la région de Belleville, en Ontario, sur une ligne qui traverse le territoire mohawk de Tyendinaga, a forcé le CN à fermer le quart de son réseau dans l’Est, ce qui a eu des répercussions sur l’ensemble de son système, d’un océan à l’autre.

L’économiste Nathan Janzen, de la Banque Royale, a souligné que les blocages avaient «assombri» les perspectives économiques pour les fabricants canadiens. La situation nuit chaque jour à la livraison d’environ 425 millions $ de produits, selon le groupe commercial Manufacturiers et exportateurs Canada.

L’analyste Kevin Chiang, de Marchés mondiaux CIBC, a estimé, à partir de l’impact qu’a eu la grève d’une semaine au CN en novembre dernier, que les blocages coûteraient chaque jour au transporteur ferroviaire environ 3 cents par action, en tenant pour acquis que le réseau est opérationnel à environ 70 % à 75 % de sa capacité.

Éducation

Persévérance scolaire: aller à l’école ou au travail

La réussite scolaire a un nouveau visage en cette ère de rareté de main-d’œuvre. Sans quitter les bancs d’école à proprement dit, un nombre croissant de jeunes accordent davantage d’importance à leur emploi qu’à leurs études, un phénomène jugé préoccupant, en particulier en Outaouais.

À l’opposé, de plus en plus d’employeurs se disent sensibilisés à l’importance cruciale de l’école dans le parcours de leurs employés étudiants.

Affaires

Bombardier perd des plumes en Bourse

En cédant sa division ferroviaire à Alstom pour se concentrer sur les jets d’affaires, la direction de Bombardier estimait qu’un «chapitre prometteur» s’ouvrait pour l’entreprise. Mardi, les investisseurs semblaient voir la chose d’un autre œil.

À la Bourse de Toronto, le titre de la multinationale québécoise a retraité de près de 14 % au cours de la séance avant de récupérer une partie de ses pertes pour finalement clôturer à 1,49 $, en baisse de 9,7 %. Du côté de la France, Alstom a également vu son action retraiter d’environ 3,2 % pour terminer la séance à 48,70 euros.

Si elle obtient le feu vert des autorités antitrust, la transaction de 8,2 milliards $ US aidera Bombardier à réduire sa dette de plus de 9,3 milliards $ US et marquera la fin d’un douloureux plan de redressement de cinq ans marqué par la vente de plusieurs actifs.

Seth Seifman, de la banque américaine J. P. Morgan, s’est montré curieux de la réaction du marché à l’égard de la décision de Bombardier d’être le seul joueur de l’industrie à se consacrer exclusivement aux avions d’affaires - où les marges sont élevées, mais beaucoup plus cyclique que l’industrie ferroviaire.

«Actuellement, nous pensons que le marché perçoit ce secteur comme confronté à des défis structurels et peu attrayant dans une perspective de croissance», a souligné l’analyste.

La division des jets d’affaires de Bombardier, qui englobe les familles Global, Challenger et Learjet, compte plus de 12 000 employés au Québec. L’an dernier, elle a généré des revenus de 7,5 milliards $ US alors que son carnet de commandes était estimé à 14,4 milliards $ US en date du 31 décembre. Elle rivalise notamment avec Gulfstream, Textron, Dassault et Embrarer.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, avait écarté la possibilité de vendre cette division.

«Notre attention est sur les avions d’affaires, avait-il dit. Nous avons investi massivement au cours des dernières années. Notre objectif est de faire croître ces activités.»

En octobre, le conglomérat américain Honeywell avait publié un rapport prévoyant jusqu’à 7600 livraisons de nouveaux appareils entre 2020 et 2029, en recul «d’un ou deux points de pourcentage» par rapport à sa prévision de 2018.

S’il estime que le marché a été «stagnant» au cours de la dernière décennie, Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, croit néanmoins que Bombardier est bien positionnée.

«Plus important encore, la production de son produit phare, le Global 7500, ne fait que commencer à s’accélérer et le (carnet de commandes) affiche complet jusqu’à la fin de 2022», a souligné l’analyste, dans une note.

Bombardier pourrait avoir à offrir une cure de rajeunissement à ses Challenger 350 et 650, mais l’entreprise devrait être en mesure de le faire sans avoir à lancer un tout nouvel avion, a estimé Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux. L’analyste a rappelé que l’entreprise avait opté pour une stratégie similaire avec ses Global 5500 et 6500.

La vente de sa division de matériel roulant devrait permettre à Bombardier d’obtenir entre 4,2 milliards $ US et 4,5 milliards $ US. La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détient 32,5 % de Bombardier Transport, deviendra le plus important actionnaire du géant français Alstom, avec une participation de 18 %.

La transaction, dont la clôture est prévue dans la première moitié de 2021, fera toutefois l’objet d’un examen minutieux, notamment de la part des autorités antitrust en Europe, où Alstom et Bombardier sont très présentes.

L’an dernier, les autorités européennes avaient opposé leur veto à l’alliance proposée entre la société allemande Siemens et Alstom.

Affaires

Alstom contrainte de respecter ses engagements au Québec

Alstom pourrait faire l’objet de « poursuites monstrueuses » si elle ne respecte pas ses engagements à l’égard du Québec après avoir acquis Bombardier Transport, a estimé mardi le premier ministre François Legault.

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale, celui-ci a estimé que Québec pourrait intenter des recours si les promesses ne sont pas tenues, puisqu’il y aurait des conséquences pour l’économie de la province qui se « chiffrent en milliards de dollars ».

Affaires

L’industrie manufacturière presse Trudeau de rétablir le transport ferroviaire

MONTRÉAL - Pas moins de 4600 wagons par jour sont affectés par les blocages ferroviaires au pays - et c’est seulement ceux qui transportent des produits d’entreprises manufacturières.

Certaines entreprises manufacturières paniquent, a rapporté en entrevue Véronique Proulx, présidente-directrice générale du groupe Manufacturiers et exportateurs du Québec. «C’est paniquant de ne pas savoir quand ça va se terminer.»

Des entreprises vont devoir interrompre des lignes de production, faire des mises à pied temporaires si la situation n’est pas rétablie au cours des prochains jours, a-t-elle prévenu.

Une vingtaine de représentants d’entreprises manufacturières, dont le président et chef de l’exploitation des Aliments Maple Leaf, ont signé une lettre commune pressant le gouvernement Trudeau de rétablir le transport ferroviaire dans l’ensemble du pays.

Parmi les autres signataires, on retrouve des transformateurs de métaux, des fabricants de remorques, des fabricants de portes et fenêtres, des fabricants d’articles de chauffage et ventilation, des fabricants d’emballages, de produits chimiques et autres.

L’industrie évalue que chaque journée de blocage retarde la livraison de produits provenant de l’industrie manufacturière valant 425 millions $ au Canada ou 120 millions $ au Québec.

Et l’industrie souligne que «chaque jour d’interruption du transport ferroviaire demandera trois à quatre jours pour rattraper le retard», à cause des délais dus à la reprise des activités.

Ces manufacturiers disent comprendre que le premier ministre Justin Trudeau souhaite une solution pacifique, mais «il y a une échéance et le temps presse; il y a un équilibre à atteindre; il faut accélérer le pas» pour rétablir la circulation des trains, a fait valoir Mme Proulx.

Des produits alimentaires, par exemple, pourraient devenir périmés. Et, assurées ou pas, il n’est pas certain que toutes les entreprises seront dédommagées pour leurs pertes et/ou retards.

Mme Proulx rapporte que le nombre d’entreprises touchées est bien plus grand que le nombre de signataires de la lettre, mais que certaines ne veulent même pas le dire publiquement, de crainte d’alarmer des clients aux États-Unis ou ailleurs.

Dans la vingtaine de signataires, on retrouve ABB Canada, J.D.Irving, Nova Chemicals, CKF, ABB réseaux électriques, Creopack, CBR Laser, Demers ambulances, Énergie Valero, Master Flow, Monarch Industries, Tremcar et d’autres.

Fitzgibbon inquiet

«Le problème est sérieux. Un moment donné, il va falloir que ça arrête», a lancé le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, en point de presse à Québec.

«À ce stade-ci, ce n’est pas encore dramatique. On n’a pas beaucoup de jours devant nous», a-t-il commenté, se disant inquiet.

Le cas échéant, Québec pourrait donner un coup de pouce temporaire aux industries touchées, si la situation se prolongeait. «On l’a fait pour le bois d’oeuvre, pour l’aluminium. On peut prêter pour des fonds de roulement», a-t-il donné en exemple.

Affaires

Difficultés en vue chez Air Canada

MONTRÉAL — Air Canada se prépare à connaître un premier trimestre plus difficile alors que les effets du nouveau coronavirus et la longue interdiction de vol visant sa flotte de Boeing 737 Max se répercutent dans ses ventes.

La société a perdu environ 25 % de sa flotte d’appareils à fuselage étroit lorsque les autorités du monde entier ont interdit aux avions Max de décoller, en mars, dans la foulée de deux écrasements mortels. Le mois dernier, Air Canada a interrompu tous ses vols vers la Chine continentale et sa liaison entre Toronto et Hong Kong en raison de la propagation du Covid-19, le virus qui a mené à d’importantes quarantaines en Chine et fait plus de 1800 morts.

Affaires

Construction: le ministre Boulet veut un meilleur climat et des négos plus tôt

MONTRÉAL - Le ministre du Travail, Jean Boulet, vient exceptionnellement de rencontrer les associations patronales et syndicales de la construction, bien avant l’échéance des conventions collectives, dans le but d’y changer la dynamique de relations de travail.

«Ça ne s’est jamais fait. Je voulais vraiment mettre la rondelle au jeu le plus rapidement possible pour éviter le scénario qu’on a connu en 2013 et en 2017. Je veux que la négociation se déroule avec diligence», a lancé le ministre du Travail et de l’Emploi, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale souhaite que les discussions commencent plus tôt avant l’échéance des conventions collectives, cette fois-ci, afin d’éviter des grèves comme le Québec a connues en 2013 et 2017. Une grève dans l’industrie, qui touche 155 000 travailleurs, coûte 45 millions $ par jour de grève, a-t-il souligné.

Qui plus est, le Québec vit présentement une rareté de main-d’oeuvre dans certains métiers. Il ne peut donc se permettre un autre conflit du genre, a-t-il relevé.

Les quatre conventions dans l’industrie de la construction viennent à échéance en avril 2021. Mais le ministre croit possible que les quatre associations patronales et les cinq organisations syndicales reconnues amorcent les discussions dès les prochains mois, afin d’éviter une montée des tensions.

«J’ai l’intention d’être proactif, d’être un catalyseur. Je veux être un provocateur de réactions. Je cherche l’amélioration du climat de relations de travail et je cherche à éviter le conflit de travail, au bénéfice de l’ensemble de la société québécoise et des travailleurs et travailleuses», a-t-il justifié.

En vertu des règles qui prévalent dans l’industrie de la construction, il doit également y avoir une période de maraudage intersyndical. Celle-ci doit avoir lieu en mai, cette année. Le maraudage sert à déterminer la représentativité des syndicats, donc celui qui aura plus de poids que les autres.

L’image de l’industrie

Le ministre Boulet veut aussi redorer l’image de l’industrie de la construction. Il déplore le fait que plusieurs Centres de formation professionnelle ont rapporté une baisse du nombre d’inscriptions dans ces métiers, alors qu’il s’agit de bons emplois bien rémunérés.

«Si on veut être plus attractif, il faut améliorer notre image. Et la perception dans le public, c’est que ce n’est pas un domaine facile, qu’il y a beaucoup de chaos, qu’il y a beaucoup de tension, que ça ne négocie pas bien et qu’à chaque fois qu’il y a une négociation pour un renouvellement de conventions collectives, ça finit par un conflit de travail. Je les ai incités fortement à travailler à modifier cette perception-là», a ajouté M. Boulet.

Les parties ont aussi discuté d’enjeux comme la conciliation travail-famille, la formation, l’aménagement du temps de travail, les changements technologiques, la rareté de main-d’oeuvre, la mobilité de la main-d’oeuvre, les clauses salariales, en plus de la rareté de main-d’oeuvre.

Le ministre prévoit même une prochaine rencontre avec les parties pour discuter plus à fond des objectifs.

Affaires

Le détaillant La Cordée se place à l’abri de ses créanciers

MONTRÉAL - Confronté à des difficultés financières persistantes, le détaillant d’articles de sport et de plein air La Cordée a décidé de se placer à l’abri de ses créanciers dans l’espoir de se restructurer et poursuivre ses activités.

Parallèlement, l’entreprise a nommé Emmanuelle Ouimet, qui était directrice du marketing depuis août 2019, au poste de présidente-directrice générale de cette entreprise fondée en 1953 sous forme de coopérative.

Ces décisions ont été annoncées aux employés par l’entremise d’une note interne - dont La Presse canadienne a obtenu copie - signée par la présidente du conseil d’administration de l’entreprise, Louise Bernard.

«Nous sommes forcés de constater que La Cordée, telle qu’est est aujourd’hui, n’est plus adaptée aux attentes des consommateurs de plein air, peut-on lire. En conséquence, nous faisons face depuis quelques mois à une situation financière difficile.»

Aucun chiffre n’était évoqué dans la lettre. Le syndic au dossier est MNP.

La Cordée compte quelque 400 employés répartis dans cinq magasins, dont l’enseigne La Vie Sportive, à Québec, acquise en 2018. L’entreprise exploite également deux boutiques sur l’île de Montréal, deux autres à Laval et une à Longueuil.

Mme Bernard explique que la direction du détaillant a «entamé un processus de transformation stratégique avec le soutien d’experts», sans toutefois indiquer si cela pourrait se traduire, par exemple, par des pertes d’emplois et des fermetures de boutiques. Aucun licenciement n’a été annoncé.

«Nous sommes confiants que nous serons en mesure de redresser la situation et de remettre La Cordée sur le chemin de la rentabilité», a écrit la présidente du conseil d’administration dans sa lettre aux employés.

Mardi, La Presse canadienne n’avait pas été en mesure de joindre Mmes Bernard et Ouimet.

Les deux magasins montréalais de La Cordée sont syndiqués depuis octobre dernier. Environ 100 employés représentés par le Syndicat des travailleuses et travailleurs du commerce (CSN) étaient en train de négocier un premier contrat de travail.

«Ils ne sont pas surpris (de la situation), a expliqué le président syndical David Bergeron Cyr. L’entreprise est gérée comme dans les années 1970. Elle ne va pas chercher le plein potentiel de ses employés. Leur principal atout, c’est l’expérience client.»

La dernière année a semblé éprouvante pour La Cordée. Le quotidien «La Presse» avait rapporté en mai dernier que l’entreprise avait licencié quelque 40 personnes à la suite d’un hiver marqué par des conditions météorologiques difficiles.

À ses débuts, le détaillant livrait principalement du matériel de camping aux scouts, avant de diversifier ses activités à compter des années 1960, par exemple en vendant des articles de ski et d’escalade. Le matériel de sport nautique a fait son entrée dans les boutiques au début des années 2000.

Affaires

Bombardier Transport passerait dans le giron du géant français Alstom 

Après des semaines de rumeurs et de discussions, Bombardier, qui tente de réduire sa lourde dette, est sur le point de se détacher de sa division de construction de matériel roulant, qui passera dans le giron du géant français Alstom, a rapporté dimanche le Wall Street Journal sur son site internet.

Un accord préliminaire d'une valeur de plus de 7 milliards $ US serait intervenu, selon le quotidien new-yorkais, citant des sources anonymes au fait de la transaction. L'entente pourrait être annoncée dès lundi, selon le média.

Alstom a confirmé lundi être en pourparlers en vue d’une acquisition possible de Bombardier Transport.

Dans un communiqué de quatre lignes, l'entreprise précise qu’aucune décision finale n’a encore été prise à propos de la branche ferroviaire de Bombardier.

Pour sa part, Bombardier n’avait rien annoncé en début de journée.

Pour l'entreprise québécoise, cette transaction vient s'ajouter à la liste des nombreux actifs cédés — avions turbopropulsés Q400, jets régionaux CRJ et l'ex-C Series — au cours des cinq dernières années par le président et chef de la direction, Alain Bellemare.

Il s'agit également d'un important changement pour la multinationale, qui se concentrera désormais uniquement dans le secteur des jets d'affaires destinés à des clients fortunés.

L'annonce d'une transaction avec Alstom ne constitue pas une surprise, puisque Bombardier, qui traîne une dette à long terme de 9,3 milliards $ US, avait signalé le mois dernier qu'elle étudiait ses options afin d'accélérer son désendettement. Cela suggérait qu'elle était prête à se départir de l'une de ses deux principales divisions.

Certains médias avaient rapporté qu'une transaction allait être annoncée jeudi dernier, lorsque Bombardier a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre après avoir cédé sa participation restante dans la Société en commandite Airbus Canada, qui contrôle l'A220, à Alstom et au gouvernement québécois.

Contrairement à la division aéronautique, Bombardier Transport, dont le siège social est situé à Berlin, en Allemagne, est beaucoup moins présente au Québec. Elle compte quelque 1000 employés à l'usine de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, ainsi qu'à Saint-Bruno, en banlieue sud de Montréal.

Structure de la transaction

Selon le Wall Street Journal, Alstom offrirait un montant en espèce et des actions.

Le quotidien américain avance que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) qui détient 32,5 % de Bombardier Transport aurait accepté de vendre sa participation pour ensuite acquérir une participation minoritaire dans l'entité combinée.

Le cabinet du ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a indiqué que ce dernier ne commentera pas avant qu'une annonce soit rendue officielle.

Jointe par La Presse canadienne, la Caisse de dépôt et placement du Québec a refusé de confirmer l'information et la structure de la transaction. «La Caisse ne commente jamais les rumeurs ni les occasions de transactions qu'elle pourrait considérer ou ne pas considérer», a répondu par courriel son porte-parole, Maxime Chagnon.

Le président du syndicat des employés de l'usine Bombardier à La Pocatière, Claude Michaud, a également refusé de commenter la transaction, affirmant ne pas en avoir été informé.

Ensemble, Alstom et Bombardier Transport généreraient des revenus d'environ 18 milliards $ US selon l'analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux. Cela demeure toutefois loin du chiffre d'affaires de quelque 34 milliards $ US du géant chinois CRRC — le numéro un dans l'industrie.

«Quelque chose doit se produire dans le secteur du transport, avait expliqué l'analyste Chris Murray, d'Altacorp Capital, au cours d'un entretien téléphonique à La Presse canadienne, la semaine dernière, alors que des rumeurs faisaient état d'une offre imminente d'Alstom. Le fait est que les Chinois sont très présents dans cette industrie et (cette présence) va s'accroître.»

Aux prises avec des retards remarqués et des problèmes d'exécution avec certains contrats importants et des problèmes au Royaume-Uni, avec les Chemins de fer fédéraux suisses et en Allemagne, Bombardier a vu la performance de sa division ferroviaire être sérieusement ralentie en 2019, où elle a affiché un bénéfice avant intérêts et impôts en baisse de 97 %, à 22 millions $ US.

Un mariage entre Alstom et Bombardier Transport risque d'être scruté à la loupe par les autorités antitrust, ce qui pourrait retarder la conclusion de la transaction. L'an dernier, les autorités européennes avaient opposé leur veto à l'alliance proposée entre l'Allemande Siemens et Alstom.

«Nous pensons qu'une combinaison d'Alstom et de Bombardier Transport aurait plus de chance d'obtenir le feu vert par rapport à la précédente tentative d'Alstom et Siemens puisqu'il y a moins de chevauchement entre leurs portefeuilles respectifs et que les dirigeants des deux parties risquent de vouloir consentir à des concessions afin d'obtenir les approbations réglementaires», a estimé M. Poirier dans un rapport publié vendredi dernier.

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PORTRAIT DE BOMBARDIER TRANSPORT

  • Siège social à Berlin, en Allemagne
  • Revenus de 8,3 milliards $ US (2019)
  • Nouvelles commandes de 10 milliards $ US en 2019
  • Carnet de commandes de 35,8 milliards $ US (2019)
  • Quelque 36 050 employés dans le monde, dont environ 1000 au Québec

Affaires

CGI rachète pour 600 M$ de ses actions auprès de la Caisse de dépôt et placement

MONTRÉAL - CGI a annoncé lundi avoir l’intention de racheter un peu plus de six millions de ses actions détenues par la Caisse de dépôt et placement du Québec pour les racheter et les annuler, une transaction qui lui coûtera environ 600 millions $.

La société spécialisée dans les logiciels devrait racheter 6 008 905 de ses actions de catégorie A au prix de 99,95 $ par action, par rapport à leur cours de 102,94 $ à la fermeture de la Bourse de Toronto vendredi.

Au terme de la transaction, la Caisse de dépôt et placement du Québec détiendra une participation d’environ 11,9 % dans la société montréalaise, soit environ 31,4 millions d’actions.

La transaction devrait être conclue lundi et son règlement aura lieu le 19 février, a précisé CGI dans un communiqué.

Pour la Caisse de dépôt, l’opération s’inscrit dans le cadre d’un rééquilibrage périodique de portefeuille. Le président et chef de la direction de la Caisse, Charles Émond, a expliqué que les bons résultats de CGI permettaient à la Caisse de monétiser une partie de son placement. La Caisse demeure l’un des principaux actionnaires de CGI, a poursuivi M. Émond, avant d’ajouter que le bas de laine des Québécois continuerait d’appuyer la croissance et la mondialisation de la société de technologies de l’information.

Techno

Apple allonge la liste des entreprises perturbées par le coronavirus

SAN FRANCISCO — Apple n’atteindra pas ses objectifs de ventes ce trimestre à cause de l’épidémie du nouveau coronavirus, signe que le ralentissement de la production et de la consommation en Chine affecte de plus en plus sérieusement les grands groupes. 

La crise sanitaire pèse aussi bien sur l’offre que sur la demande. Le géant des technologies cite des difficultés d’approvisionnement en iPhones, fabriqués en Chine, et la demande pour ses produits alors que ses magasins sont fermés dans le pays.

Fin janvier, lors de la publication de résultats records grâce à une forte demande pour la gamme d’iPhone 11 sortie avant les fêtes, Apple avait déjà souligné que l’épidémie entraînait des incertitudes.

Le groupe avait donc donné une fourchette de prévision de chiffre d’affaires pour son deuxième trimestre plus large que d’habitude, entre 63 et 67 milliards de dollars.

Mais l’entreprise américaine n’envisage plus d’y parvenir, même si la production en Chine «commence à reprendre».

Apple a des sous-traitants dans la région de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, mais aussi des fournisseurs alternatifs.

«Le retour aux conditions normales prend plus de temps que nous n’avions anticipé», détaille le groupe californien, évoquant une «pénurie d’iPhones qui va temporairement affecter nos revenus dans le monde».

Le secteur du luxe touché 

En termes de demande, l’entreprise précise qu’elle n’a diminué qu’en Chine.

«Nous sommes en train de rouvrir progressivement nos magasins et nous allons continuer, de la façon la plus régulière et la plus sûre possible», précise Apple, ajoutant que ses bureaux, centres d’appel et magasins en ligne n’ont jamais cessé de fonctionner.

Depuis l’apparition de la maladie en décembre à Wuhan (centre), plus de 1.800 personnes sont décédées et plus de 72.300 ont été contaminées en Chine continentale, selon les derniers chiffres officiels publiés mardi.

«Nos pensées vont d’abord vers les communautés et les individus les plus touchés par la maladie (...). Apple va plus que doubler sa donation précédemment annoncée pour soutenir cet effort historique de santé publique», a déclaré le groupe américain.

La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva a chiffré l’impact à 0,1-0,2 points en moins pour la croissance mondiale, mais a souligné qu’il était encore très difficile d’évaluer l’impact pour l’économie.

Apple n’est pas le premier groupe à modifier ses prévisions à cause de la pneumonie virale.

La semaine dernière, Pernod Ricard a révisé à la baisse son objectif annuel de résultat opérationnel courant organique, car la Chine est son deuxième marché, où il réalise 10% de ses ventes.

L’industrie du luxe est particulièrement concernée. Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, etc) a ainsi enregistré une forte baisse de ses ventes en Chine continentale et la maison d’habillement Burberry a averti d’un «impact négatif important».

Pertes pour Disneyland 

Plusieurs constructeurs automobiles sont aussi affectés par le bouclage de la ville de Wuhan. Le deuxième constructeur chinois, Dongfeng, y est implanté, tout comme de multiples sous-traitants, ainsi que les français Renault et PSA.

Le japonais Toyota et l’allemand Volkswagen ont eux dû retarder la reprise de la production dans leurs usines d’assemblage.

Le constructeur de véhicules électriques haut de gamme Tesla a annoncé, lors de la publication de ses résultats fin janvier, que sa méga-usine de Shanghai devrait être fermée sur injonction du gouvernement chinois, ce qui causerait des retards dans la production du Model 3 et pourrait légèrement affecter les profits trimestriels du groupe.

Disney a de son côté estimé que ses parcs d’attractions à Shanghai et à HongKong pourraient perdre 280 millions de dollars en tout, s’ils restent inaccessibles pendant 2 mois.

À Bruxelles, le président de l’Eurogroupe, cénacle des 19 ministres des Finances de la zone euro, a dit lundi s’attendre à un impact «temporaire» du nouveau coronavirus sur la croissance européenne.

«L’apparition et la propagation du coronavirus et son impact sur la santé publique, les vies humaines et l’activité économique sont une source de préoccupation croissante», avait souligné jeudi la Commission européenne dans un communiqué.

Actualités

Technologie 5G: de la vitesse au détriment de la santé ?

L’inquiétude d’une partie de la population envers la technologie 5G et les ondes électromagnétiques en général est partagée par le physicien, professeur à la Faculté de médecine de l’Université McGill et directeur du programme de santé au travail, Paul Héroux. Le chercheur explique que l’ensemble de ces ondes a, depuis des années, des incidences prouvées sur la santé des êtres vivants.

La 5G devrait succéder à la technologie 4G qui est actuellement utilisée dans la majorité des téléphones intelligents. Selon le site web du gouvernement canadien, « la 5G transformera profondément les télécommunications sans fil, en ouvrant la voie au réseau des générations futures qui comprendra plus d’appareils et permettra des communications plus rapides et de plus grandes vitesses. [...] Avec le 4G, la latence est d’environ 50 millisecondes. Pour savoir à quel point cela est rapide, un clin d’œil prend de 0,1 à 0,4 seconde, soit de 100 à 400 millisecondes. Pour la transmission sans fil de données avec le 5G, il faudra encore moins de temps, environ une milliseconde, soit un millième de seconde », peut-on lire. 

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Des antennes sur les églises pour financer les paroisses

Les ondes électromagnétiques 5G sont relayées par des antennes. 

Santé

« Je ne suis pas un activiste, je suis un professeur à l’Université McGill, précise d’entrée de jeu le Dr Héroux, qui a présenté deux conférences en Estrie, dimanche, à l’invitation du mouvement citoyen Stop 5G Magog-Sherbrooke. J’enseigne, je fais de la recherche et je publie des articles. Les gens de Sherbrooke m’ont demandé de faire une conférence, alors je dis oui. Je ne cherche pas d’occasions de publicité, j’ai beaucoup de choses à faire. »

Que va-t-il se passer si la 5G entre en vigueur ? « Les cancers vont devenir pires [ce qui va] raccourcir la vie utile de la population. D’ailleurs, c’est déjà en cours, car on détériore l’environnement du point de vue chimique et électromagnétique. Actuellement, on investit beaucoup d’argent dans la médecine de précision pour tenter d’éliminer les tumeurs. Avec l’environnement électromagnétique qui va augmenter, on va contrecarrer complètement ce plan », répond le Dr Héroux.

Doutes

Le Dr Héroux fait valoir sa très vaste expérience en ce qui concerne la question de l’électromagnétisme. « Quand j’étais un jeune chercheur, la pensée offerte par l’industrie était que ces effets des ondes électromagnétiques étaient impossibles. On disait que ça n’avait pas de sens, qu’on ne devrait pas s’en préoccuper. »

« C’était une question qui m’apparaissait un peu douteuse, poursuit-il. Au cours des années, j’ai eu l’occasion de faire personnellement des recherches sur du matériel humain pour voir si c’était vrai. Au début, je croyais qu’il allait être très difficile de trouver des preuves que cette proposition était fausse. Quand j’ai fait des recherches, j’ai réalisé que c’était tout le contraire. »

« Je me suis rendu compte que c’était uniquement une question d’intérêt industriel et financier. Une industrie fleurissante comme celle de la distribution électrique et des télécommunications veut s’extraire et se soustraire d’une évaluation des effets de santé. Ils disent que ça pourrait coûter quelque chose. C’est commun en santé publique. »

Selon lui, la science n’a pas une grande influence sur les décisions de la société. « Les gouvernements ont leur position et les compagnies ont les leurs. Le résultat est une intégration de tout ça. La science, ultimement, a beaucoup d’influence, mais elle est lente. Elle prend du temps. Elle n’a pas autant de muscles qu’une industrie qui a des dizaines de milliers d’employés qui peuvent propager des mensonges », analyse-t-il.  

« Je dis ça de manière très réfléchie. De dire de ne pas s’inquiéter, car c’est trop faible, ce sont de purs mensonges qui ont été concertés par l’industrie pour détourner l’attention du public de la vérité », renchérit le professeur, qui dit que les porteurs de ce mensonge ne sont probablement pas mal intentionnés, mais mal informés. 

Solution

Pour lui, utiliser la fibre optique serait une option représentant moins de dangers. « Tout le monde dans l’industrie des télécommunications sait qu’il n’y a qu’une technique puissante : la fibre optique. Pour avoir des données en quantité à l’avenir, à cause de la fiabilité, de la capacité, de la sobriété énergétique, il n’y a que la fibre optique qui peut nous assurer un avenir différent. La 5G, ce n’est qu’une patente pour vous vendre un cellulaire l’an prochain », avertit le physicien.   

Dans des domaines ciblés, la 5G peut être efficace, relativise-t-il. « Si vous avez un paquet de robots dans une bâtisse qui doivent tous interagir entre eux et qui sont tous mobiles, on peut imaginer des endroits comme ça, la 5G est une très bonne idée. Pour un individu, le téléphone cellulaire nous donne déjà les services qu’il doit rendre. [...] Tenter de vendre un modèle encore plus performant, c’est juste une question de marketing », pense le chercheur. 

OMS

Sans parler de la 5G, l’Organisation mondiale de la Santé consacre une partie de son site aux champs électromagnétiques. « Au cours des 30 dernières années, environ 25 000 articles scientifiques ont été publiés sur les effets biologiques et les applications médicales des rayonnements non ionisants, peut-on lire sur leur site web. Certains peuvent penser que cet effort de recherche est encore insuffisant, mais les connaissances scientifiques acquises dans ce domaine sont désormais plus complètes que celles que l’on possède sur la plupart des produits chimiques. S’appuyant sur un examen approfondi de la littérature scientifique, l’OMS a conclu que les données actuelles ne confirment en aucun cas l’existence d’effets sanitaires résultant d’une exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité. Toutefois, notre connaissance des effets biologiques de ces champs comporte encore certaines lacunes et la recherche doit se poursuivre pour les combler. » 

Selon le site du Gouvernement du Canada, « l’utilisation de ces émetteurs-récepteurs par l’équipe de recherche du Centre de recherches sur les communications (CRC) est entièrement conforme aux lignes directrices de Santé Canada ».

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Des citoyens se questionnent

Plusieurs dizaines de curieux se sont déplacés au Club Aramis de Magog pour entendre la conférence du Dr Héroux sur le 5G. En entrant, une affiche demandait aux visiteurs de mettre leur téléphone cellulaire sur le mode avion en plus de le fermer. 

En plus du Dr Héroux, la spécialiste en inspection électromagnétique Julie Galipeau offrait une présentation. 

Marie-Lucie Vachon, de Sutton, venait à cette conférence pour « chercher des confirmations ». « J’ai beaucoup lu sur la question des effets des rayonnements électromagnétiques sur la santé et l’environnement, dit-elle. Je suis perplexe. Je sais que beaucoup d’études indépendantes de l’industrie démontrent qu’il y a des effets. » 

« Les propos ne viennent pas de quelqu’un qui craint, mais quelqu’un qui sait, analyse-t-elle, en parlant du Dr Héroux. C’est une personne extrêmement crédible. »

Mme Vachon dit avoir ressenti des effets de l’électrosensibilité. « Quand on ressent soi-même des effets comme la perte du sommeil, des étourdissements, des battements cardiaques accélérés et qu’on ne réussit pas à les attribuer à quelque chose de précis, je peux relier ça au fait qu’à l’extérieur de ma maison, j’ai deux compteurs communicants. Au bout de deux années, on a eu l’option de les changer. Quand on l’a fait, les symptômes ont disparu », mentionne-t-elle. 

Magalie Tétrault de Granby, elle, s’est déplacée pour s’informer. « Je trouve qu’on aurait davantage à en savoir un peu plus par rapport à la technologie 5G avant de procéder à des installations d’antennes, exprime-t-elle. Quand on regarde des reportages européens, on peut voir que des gens sont affectés par cela et qu’il y a des répercussions sur la nature. »

Yvon Lamontagne, conseiller municipal de Magog, a assisté à la conférence pour la même raison. « Le but premier est de venir chercher des renseignements. Il y a toujours deux côtés à la médaille. Je viens aussi comme citoyen. De la manière dont on en entend parler, les ondes semblent très puissantes. On va voir ce que ça peut apporter à Magog. C’est sûr qu’on est inquiets, il faut être prudents là-dedans », résume-t-il.


Affaires

Le coronavirus pourrait avoir un impact négatif sur la croissance en 2020

DUBAï — L’épidémie du nouveau coronavirus pourrait avoir un effet négatif sur la croissance mondiale en 2020 en fonction de la capacité de la Chine à contenir sa propagation, a prévenu dimanche la directrice du Fonds monétaire international (FMI).

«Pour le moment, notre prévision est de 3,3 % et il pourrait y avoir une réduction de 0,1 à 0,2 % […] c’est un cas particulier et j’incite tout le monde à ne pas tirer de conclusions hâtives», a déclaré Kristalina Georgieva lors du Global Women’s Forum à Dubaï.

«Il y a beaucoup d’incertitudes et nous parlons ici de scénarios, pas de projections, reposez-moi la question dans dix jours», a-t-elle ajouté.

Affirmant qu’il était encore «trop tôt» pour estimer précisément l’impact de l’épidémie, qui a fait près de 1700 morts, elle a toutefois reconnu que les secteurs du tourisme et du transport, entre autres, avaient d’ores et déjà été touchés.

«Nous ne connaissons pas la nature exacte de ce virus, nous ne savons pas à quelle vitesse la Chine sera capable de le contenir et s’il va se répandre [davantage] dans le monde, ce que nous savons c’est que cela affectera les chaînes de valeurs à échelle mondiale», a-t-elle ajouté.

Mercredi, Mme Georgieva avait indiqué sur la chaîne de télévision américaine CNBC que le scénario le plus probable était une forte baisse des activités en Chine suivie d’une reprise rapide et d’un impact mondial in fine relativement limité, soulignant que cela avait le cas durant l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait fait 299 morts en 2002-2003.

Si la Chine réussit à contenir l’épidémie, «il pourrait y avoir une petite baisse et un rebond très rapide», a-t-elle réitéré dimanche, précisant cependant que le poids de la Chine dans l’économie mondiale était passé «de 8 % lors du SRAS à 19 % aujourd’hui».

Quant à la croissance de la Chine, elle ralentissait déjà naturellement, a déclaré Mme Georgieva, soulignant toutefois que «la baisse des tensions commerciales» entre Washington et Pékin avec la signature en janvier d’un accord commercial préliminaire avait permis aux FMI de prévoir une amélioration de sa projection pour 2020.

Le FMI avait dévoilé le 20 janvier ses dernières prévisions pour l’économie mondiale, tablant alors sur une reprise (+3,3 %, contre +2,9 % en 2019) grâce à notamment une pause observée dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Mais il avait alors prévenu que cette reprise était fragile et qu’un regain d’incertitude pourrait contrarier le rebond.

Le Global Women’s Forum se tient avec la participation de nombreuses personnalités dont la fille et conseillère du président américain Donald Trump, Ivanka Trump, et l’ancien Premier ministre britannique Theresa May.

Affaires

Procès «dieselgate»: Volkswagen propose de payer 1,2 milliard $

FRANCFORT — Rebondissement dans le plus grand procès allemand autour du scandale des moteurs diesels truqués : Volkswagen a proposé vendredi de payer 830 millions d’euros à ses clients en Allemagne, même si les négociations avec l’association regroupant les requérants ont pour l’heure échoué.

Cette procédure rassemblant plus de 400 000 personnes demandant réparation pour leurs voitures équipées de moteurs diesel truqués s’était ouverte fin septembre. Le groupe automobile est accusé d’avoir délibérément nui à ses clients en installant à leur insu un logiciel faisant paraître le véhicule moins polluant qu’il ne l’est en réalité.

Vendredi, Volkswagen est venu rompre le silence qui entourait la négociation, entamée en janvier, entre l’association de consommateurs VZBV et le géant de l’automobile : les deux parties sont «parvenues à un accord sur une résolution à l’amiable à hauteur de près de 830 millions d’euros [environ 1,2 milliard $] au total», a expliqué un porte-parole dans un communiqué transmis à l’AFP.

Or, cette solution a «échoué» en raison de «revendications exagérées» concernant les honoraires des avocats de la VZBV, a-t-il ajouté.

Quatre ans d’audience? 

Moins de deux heures plus tard côté VZBV, même constat «d’échec» des négociations, mais avec une tout autre justification : «le manque de bonne volonté de la part de Volkswagen de créer un système fiable et transparent» pour la mise en place de l’accord et des paiements aux clients.

«Volkswagen a tout fait pour détruire à nouveau la confiance», a lancé Klaus Müller, président de la VZBV, qui fait office de requérant unique. «Nous allons continuer le procès de toutes nos forces.»

Le géant allemand, lui, persiste et signe : il propose l’accord, et donc «jusqu’à 830 millions d’euros», aux clients même «sans soutien» de l’association de consommateurs.

Sur un site Internet mis en ligne vendredi, le constructeur promet «entre 1350 et 6257 euros» (entre 2000 et 9000 $) et par véhicule dépendant de son «type et âge». L’offre est valable pour les clients habitant en Allemagne au moment de l’achat, enregistrés pour le procès groupé et qui possédant encore actuellement leur voiture équipée d’un moteur EA189 achetée avant le 1er janvier 2016.

Il sera possible «dès fin mars» de «recevoir un devis individuel pour un payement», affirme le groupe.

«Nous sommes convaincus qu’un accord à l’amiable est dans l’intérêt des clients», a expliqué Hiltrud Wernder, directrice juridique de Volkswagen. «La pratique commerciale des avocats des requérants ne doit pas peser sur les clients.»

Sans résolution amiable, ce premier grand procès de consommateurs en Allemagne devrait durer au moins jusqu’en 2023.

Le montant de 830 millions d’euros peut paraître relativement modeste comparé aux 30 milliards d’euros (43 milliards $) qu’a déjà coûté le dieselgate au constructeur allemand.

À la Bourse de Francfort, la réaction des investisseurs était limitée : le titre perdait 0,95 % à 170,80 euros (245 $) vers 15h50 dans un Dax à l’équilibre.

Amendes, procès

Le scandale à tiroirs remonte à septembre 2015, quand le géant automobile allemand a avoué avoir équipé 11 millions de véhicules de logiciels truqueurs, et il hante depuis l’industrie automobile allemande.

L’essentiel des frais juridiques, amendes et dédommagements a été déboursé par Volkswagen aux États-Unis, notamment pour indemniser les clients pour la reprise de leurs véhicules.

En Allemagne, le constructeur n’a payé pour l’heure que trois amendes d’un total de 2,3 milliards d’euros (3,3 milliards$) et conteste avoir causé des dommages aux automobilistes.

Il reste cependant sous la menace d’une cascade de procédures civiles et pénales : en parallèle de la procédure groupée, des dizaines de milliers de requêtes individuelles ont été déposées, dont une partie ont abouti à des accords extrajudiciaires.

Dans un procès engagé il y a un an, des investisseurs réclament un dédommagement pour la chute spectaculaire du cours en Bourse de l’action dans les jours qui ont suivi les révélations.

Au-delà du front judiciaire, le scandale a accéléré le déclin du diesel et les voitures diesel risquent d’être bannies de plusieurs villes allemandes en raison de leur niveau de pollution en oxyde d’azote (NOx).

Volkswagen tente, lui, de tourner la page en investissant plus de 30 milliards d’euros (43 milliards $)dans la voiture électrique.

Affaires

Conformité: il y a encore place à l'amélioration chez Bombardier, selon EDC

MONTRÉAL - Il y a place à l'amélioration chez Bombardier en matière de conformité et d'éthique, selon un examen commandé par Exportation et développement Canada (EDC) dont les conclusions détaillées demeureront secrètes.

La société d'État fédérale, qui agit en tant qu'agence de crédit pour les entreprises cherchant à faire des affaires à l'étranger, n'a toutefois pas été trop sévère à l'endroit du constructeur d'avions et de trains, estimant qu'il était sur la «bonne voie».

EDC avait annoncé jeudi la conclusion de l'examen commandé au cabinet d'avocats McCarthy Tétrault, après la divulgation des résultats financiers de Bombardier. Le rapport annuel de la multinationale fait également état de la vérification qui s'était amorcée le 1er août.

«L'examen contient des informations sur nos clients qui sont confidentielles, a expliqué vendredi une porte-parole de l'agence fédérale, Jessica Draker, lorsqu'interrogée sur les conclusions détaillées du rapport. Nous sommes limités dans ce que nous pouvons publier.»

EDC avait commandé un examen externe dans la foulée des informations entourant un contrat de matériel ferroviaire de 340 millions $ miné par des accusations de corruption en Azerbaïdjan ayant été octroyé à un consortium dirigé par Bombardier.

L'agence fédérale n'était pas impliquée dans la transaction, mais elle n'en était pas moins préoccupée par les répercussions. Bombardier est actuellement sous la loupe de la Banque mondiale en lien avec cette affaire.

Dans ce qui est devenu l'un des cas de corruption les plus importants à ce jour en Azerbaïdjan, la Suède a fait appel, en 2017, de l'acquittement d'un employé russe de la division suédoise de Bombardier pour corruption d'un employé de l'autorité des chemins de fer d'Azerbaïdjan. L'appel de la cause devrait être entendu cette année.

Bombardier reconnaît, dans son rapport annuel, qu'un «certain nombre d'améliorations et de recommandations» ont été relevées, surtout en ce qui concerne la surveillance de sa conformité interne, et que la société avait accepté de mettre celles-ci en oeuvre.

Par courriel, un porte-parole de l'entreprise, Olivier Marcil, a estimé que cela n'était pas «anormal dans une compagnie de la taille de Bombardier» qui est présente dans des «dizaines de pays».

«La relation avec EDC est normalisée, a-t-il écrit. Il n'a jamais été question de sanctions envers Bombardier.»

L'agence fédérale a été citée par la bande par des allégations de malversation ayant visé l'entreprise québécoise ailleurs dans le monde.

C'est notamment le cas en Afrique du Sud, où EDC avait annoncé, en 2015, l'octroi d'un prêt pouvant atteindre 450 millions $ US à la société d'État Transnet dans la foulée de l'octroi d'un important contrat de 5 milliards $ US impliquant Bombardier ainsi que d'autres sociétés visées par des allégations de malversation.

L'été dernier, EDC avait également dit regretter d'avoir prêté 41 millions $ US à une entreprise sud-africaine détenue par des membres de la famille Gupta, liée à l'ex-président Jacob Zuma, afin d'acheter un avion d'affaires Global 6000 de Bombardier.

Après l'octroi du prêt en 2015, les allégations de corruption et d'ingérence politique auprès de l'administration Zuma, qui était alors président de l'Afrique du Sud, se sont multipliées contre la famille Gupta.

Au cours de la dernière décennie, EDC a offert du financement d'environ 16 milliards $ US pour financer des transactions conclues par Bombardier dans les secteurs aéronautique et du matériel roulant. L'aide directe à la compagnie a totalisé 540 millions $ US.

En décembre, le soutien commercial actif était de 19 millions $ US, selon Mme Draker, puisque le reste des sommes avaient été remboursées. Bombardier n'a déposé aucune demande auprès d'EDC au cours de l'examen.

Affaires

Canopy Growth prévient que d’autres réductions de coûts pourraient avoir lieu

SMITHS FALLS — Canopy Growth a indiqué vendredi que de nouvelles mesures de réductions de coûts auraient lieu, alors que le producteur de cannabis dévoilait une perte de 124,17 millions $ pour son troisième trimestre, inférieure à celle attendue par les analystes.

La perte par action de l’entreprise s’est établie à 35 cents pour le trimestre clos le 31 décembre, comparativement à un bénéfice de 74,86 millions $, ou 22 cents par action, pour la même période un an plus tôt.

Les revenus se sont chiffrés à 135,55 millions $, alors qu’ils avaient été de 97,7 millions $ au troisième trimestre de l’exercice précédent.

Les analystes misaient sur une perte de 156,78 millions $, ou 47 cents par action, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Le chef de la direction de Canopy, David Klein, a indiqué que l’entreprise avait pris des mesures pour réduire sa rémunération à base d’actions et pour resserrer le contrôle de ses coûts.

Affaires

Les ventes de logements ont grimpé

Les ventes de logements ont augmenté de 11,5 % en janvier par rapport à l’année précédente pour atteindre leur plus haut niveau en 12 ans pour ce mois, même si les nouvelles inscriptions sont restées limitées, a indiqué vendredi l’Assocation canadienne de l’immeuble (ACI).

Les ventes désaisonnalisées ont chuté de 2,9 % en janvier par rapport au mois précédent, tirées vers le bas par une diminution d’environ 18 % des ventes dans le Lower Mainland de la Colombie-Britannique, a précisé l’association.

Le prix moyen réel des maisons vendues en janvier était d’environ 504 350 $, en hausse de 11,2 % par rapport au même mois un an plus tôt. Il s’agissait de sa plus forte augmentation annuelle depuis la mi-2016.

En excluant les régions du Grand Vancouver et du Grand Toronto de la photo, le prix moyen national recule à environ 395 000 $.

Les prix des maisons ont légèrement diminué dans le Grand Vancouver et dans les villes des Prairies, tandis que les prix des logements de Montréal et des villes de l’Ontario ont enregistré de fortes hausses.

Les nouvelles inscriptions à la vente sont demeurées près de leurs creux pour la décennie, bien qu’elles aient légèrement augmenté de 0,2 % en janvier par rapport à décembre.

Techno

Google négocie des accords de licence avec des médias

SAN FRANCISCO — Google a entamé des négociations pour arriver à des accords de licence avec des éditeurs de presse, afin d’atténuer les critiques qui accusent le géant californien de tirer des bénéfices indus de leurs informations, selon des sources proches des discussions.

Les négociations entre le moteur de recherche et des organes de presse ne font que commencer, les éditeurs concernés étant pour la plupart en France et dans d’autres pays européens, d’après ces sources.

Payer pour des informations serait un revirement pour le géant de la Silicon Valley, très critiqué par les médias ces dernières années pour afficher leur contenu dans les résultats de recherches – et engranger les revenus publicitaires qui leur sont associés sans contrepartie.

Contacté par l’AFP, Google a indiqué vendredi chercher des façons nouvelles d’aider les éditeurs.

« Nous voulons aider les gens à trouver du journalisme de qualité – c’est important pour une démocratie bien informée et cela aide à soutenir un monde des médias durable », a déclaré Richard Gingras, vice-président de Google pour l’information, dans un communiqué.

« C’est un sujet qui nous est cher, et nous discutons avec des partenaires et cherchons des façons nouvelles d’élargir notre coopération avec les éditeurs ».

Selon le Wall Street Journal, Google réfléchit à des accords pour développer des informations « premium ».

Google a toujours refusé de payer pour les liens vers des articles qui apparaissent dans les résultats de recherches, et n’a pas changé de position sur ce point, ont indiqué à l’AFP des sources au courant du dossier.

La firme californienne fait valoir qu’elle génère du trafic vers les sites d’information, et aide ainsi leurs éditeurs à engranger des recettes publicitaires.

Via son programme Google News Initiative, le géant travaille déjà avec des éditeurs pour stimuler leur audience et leurs abonnés payants.

Confronté à des critiques similaires, Facebook a lancé en octobre un fil d’actualités dédié au journalisme « de qualité », afin de soutenir la presse et d’endiguer le flot de désinformation.  

Le président de Facebook, Mark Zuckerberg, avait alors indiqué que certains médias partenaires de cette opération seraient rémunérés, mais sans préciser combien ni selon quelles formules.

Les négociations lancées par Google interviennent alors que le géant de la tech est sous pression pour respecter une directive européenne qui a créé un « droit voisin », similaire au droit d’auteur, au bénéfice des éditeurs et agences de presse.

Google a indiqué l’an dernier qu’il ne paierait pas les médias européens pour l’utilisation de leurs articles, images ou vidéos en France, premier pays à ratifier la directive, ouvrant la porte à une action en justice contre le géant.

Pour se mettre en conformité avec la loi française, il a imposé de nouvelles règles : les sites d’infos doivent accepter que le moteur de recherche utilise gratuitement des extraits de leurs infos dans ses résultats.  

Plusieurs organisations de presse dont l’AFP ont déposé plainte contre Google sur la question du « droit voisin » auprès de l’Autorité de la concurrence. Cette dernière pourrait rendre sa décision en mars.

Actualités

Voies ferrées bloquées: autres craintes de pénurie de gaz propane au Québec

GRANBY — La baisse de la température qui frappe vendredi la plupart des régions du Québec augmente les préoccupations de l’Association québécoise du propane (AQP) face au blocage de voies ferrées dans l’est du Canada.

Jeudi, la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) a annoncé l’interruption graduelle de la circulation des trains de marchandises dans l’est du Canada en raison des protestations autochtones à proximité des voies, qui durent depuis plusieurs jours. Cette mesure pourrait entraîner une nouvelle pénurie de gaz selon l’Association québécoise du propane.

L’organisme reconnaît que l’hiver québécois a jusqu’ici été clément en matière de températures observées, mais il rappelle qu’une vague de froid pourrait changer le scénario rapidement. Vendredi matin, les températures sont inférieures à 15 degrés Celsius sous zéro dans plusieurs régions du Québec, selon Environnement Canada, et le temps froid devrait durer jusqu’à samedi.

L’Association québécoise du propane affirme que tout blocage des voies qui perdurerait ne ferait qu’exacerber les problèmes liés à une pression renouvelée de la demande. Elle ajoute que le transport ferroviaire est extrêmement important pour les nombreux Québécois qui utilisent quotidiennement du propane pour leurs maisons, entreprises, fermes et flottes de véhicules. La livraison ponctuelle est de la plus haute importance pour garantir la poursuite des activités essentielles nécessitant le propane, ajoute-t-elle.

En novembre dernier, plus de 3000 cheminots du Canadien National membres du syndicat des Teamsters ont fait la grève pendant une semaine. L’interruption de la circulation des trains avait causé une pénurie de propane et incité des agriculteurs en colère à organiser de grandes manifestations.

Raymond Gouron, directeur général de l’AQP, mentionnait déjà mardi dernier qu’une répétition de la crise qui a eu lieu en novembre pourrait survenir si le blocage du réseau ferroviaire devait perdurer.

L’Association québécoise du propane prétend regrouper la très grande majorité des propaniers du Québec, des producteurs et grossistes, ainsi qu’un grand nombre de fabricants et distributeurs d’équipements et d’appareils utilisant le propane comme source d’énergie.

Garneau continue de privilégier le «dialogue»

Par ailleurs, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, dit qu’Ottawa va continuer de privilégier le «dialogue» et la recherche d’un «consensus» afin de démanteler les barricades qui bloquent les voies ferrées du pays.

De passage à Toronto, jeudi matin, M. Garneau s’est dit encouragé par les récents développements près de New Hazelton, dans le nord de la Colombie-Britannique.

«Étant donné particulièrement le fait qu’il va y avoir un dialogue en Colombie-Britannique où est la source [..]) de ces barricades à travers le pays [...], je crois qu’on verra une réponse très bientôt des Autochtones de Tyendinaga, des Mohawks de cette région-là», a offert le ministre qui sortait d’une réunion avec ses homologues provinciaux.

Un chef autochtone héréditaire a levé le blocus des voies ferrées du Canadian National (CN) près de New Hazelton après la promesse d’une rencontre avec les gouvernements fédéral et britanno-colombien.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a, de son côté, invité les Mohawks de la nation de Tyendinaga dans la région de Belleville, en Ontario, à le rencontrer, à condition qu’ils lèvent leur blocus.

M. Garneau s’est défendu d’avoir attendu trop longtemps avant d’agir.

«Je crois qu’on s’est mis au travail tout de suite quand les blocages ont commencé, a-t-il dit. Il faut, bien sûr, prendre en considération la cause de ces blocages et essayer de s’adresser à ces causes-là pour qu’on ait une solution à long terme», a-t-il ajouté.

À Ottawa, le chef par intérim du Parti conservateur fait une tout autre lecture. «Toute cette situation est devenue ridicule», a lancé Andrew Scheer à un point de presse convoqué au foyer de la Chambre des communes, jeudi avant midi.

Il a, à nouveau, accusé les manifestants de planifier la destruction de tout le secteur énergétique de l’économie canadienne.

«Nous ne pouvons pas permettre à un petit groupe d’activistes de prendre notre économie en otage et de menacer des milliers d’emplois», a-t-il tonné, réclamant l’intervention de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Puis, en réponse aux questions des journalistes, il a admis que la barricade dans la région de Belleville, en Ontario, est sur un territoire où la GRC n’a pas compétence et où le service de police est assuré par des Peacekeepers.

Les actions des manifestants ont poussé le CN et VIA Rail à annoncer, jeudi, la fermeture de leur réseau dans l’est du Canada.

En décidant l’arrêt des trains transcontinentaux sur son réseau canadien, le CN a forcé la main à VIA Rail qui utilise les infrastructures ferroviaires de l’entreprise. Le CN a également indiqué que cet arrêt pourrait conduire à des licenciements temporaires.

Affaires

La construction de l’usine Tesla allemande ralentie par... des fourmis

BERLIN — Les voitures électriques de Tesla freinées par des fourmis? Le constructeur, qui doit ouvrir une usine près de Berlin en 2021, a commencé jeudi à défricher le site mais doit en sauvegarder la faune.

Le géant américain est désormais entré dans une course contre la montre car ses obligations de préserver des espèces locales en danger, notamment des fourmis, oiseaux et chauves-souris en hibernation, risquent de prendre du temps.

Tesla avait reçu le mois dernier le feu vert pour la construction de sa première usine sur le sol européen située à Grünheide, dans la région du Brandebourg, limitrophe de Berlin.

Mais, selon la Süddeutsche Zeitung, le constructeur automobile doit désormais déterrer de nombreuses colonies de fourmis à l’aide de «pelles et de petits excavateurs» pour les déménager plus loin.

Tesla a également promis d’accrocher 400 nichoirs dans la région, car la déforestation privera un certain nombre d’oiseaux de leurs nids.

Les oiseaux retourneront nicher dans les arbres dès le mois de mars, et les chauves-souris sont prêtes à sortir de leur hibernation et à commencer à s’accoupler à peu près à la même époque, précise de son côté le Tagesspiegel.

L’Union allemande pour la conservation de la nature et de la biodiversité (NABU) a averti qu’il ne serait pas facile de déplacer les chauves-souris en particulier.

«Pour déranger le moins possible les chauves-souris, il faudra les déplacer pendant l’hibernation», déclarait le mois dernier Christiane Schroeder, directrice de la branche brandebourgeoise de la NABU, au quotidien Berliner Zeitung.

Le Brandebourg attend beaucoup de l’arrivée de Tesla qui a promis des milliers d’emplois de qualité, tout en bénéficiant en retour d’avantages en nature comme des subventions publiques ou encore un prix de l’immobilier plus bas que le marché.

La protection de l’environnement n’est pas le seul obstacle auquel Tesla doit faire face à Grünheide. Le mois dernier, les autorités ont désamorcé sept bombes de la Seconde Guerre mondiale qui ont été découvertes sur le site de la future usine.