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Affaires

Des agences de notation déjà préoccupées par les finances de Bombardier

MONTRÉAL — Deux des principales agences de notation nord-américaines n'ont pas tardé à manifester leurs inquiétudes à l'égard des finances de Bombardier, qui considère ses options pour réduire sa dette de plus de 9 milliards $ US, ce qui soulève des questions sur son avenir.

La société a vu sa note de crédit être abaissée à «CCC+» par Fitch Ratings, vendredi, quelques heures après que S&P Global Ratings eut décidé de faire passer ses perspectives de «stables» à «négatives». Moody’s avait lancé le bal jeudi soir en modifiant ses perspectives.

Une révision à la baisse de la note de crédit se traduit généralement par une hausse des coûts d’emprunt.

Parallèlement, au lendemain d’une dégringolade de 32 pour cent à la Bourse de Toronto, le titre du constructeur d’avions et de trains a continué à perdre des plumes en abandonnant 10 cents, ou environ 8,2 %, pour clôturer à 1,12 $.

Aux prises avec des difficultés persistantes dans sa division ferroviaire, Bombardier a également laissé planer le doute sur sa participation dans l’A220, moins de deux ans après avoir cédé le contrôle du programme autrefois appelé C Series à Airbus.

«Ces nouvelles créent de l’incertitude quant au niveau de rentabilité de Bombardier Transport et réduisent la flexibilité financière de l’entreprise», a souligné Fitch, dans son rapport.

La multinationale s’attend à consommer 1,2 milliard $ US en liquidités pour l’exercice 2019, alors que sa prévision datant du mois d’août dernier évoquait plutôt 500 millions $ US.

«Par conséquent, nous sommes moins convaincus que Bombardier soit en mesure de générer des flux de trésorerie positifs (qui servent à rembourser la dette) en 2020 et d’afficher une amélioration en 2021», a souligné S&P Global Ratings, qui n’a pas fermé la porte à une éventuelle décote de Bombardier, dont la note est «B-».

Dans la division ferroviaire, les problèmes persistants, notamment en lien avec des contrats au Royaume-Uni, avec les Chemins de fer fédéraux suisses et en raison de coûts accrus en Allemagne, forceront l’entreprise à comptabiliser une charge de 350 millions $ US.

«La (situation des) flux de trésorerie, le niveau d’endettement, les investissements supplémentaires pour l’A220 et l’examen d’options pour accélérer le désendettement se reflètent dans notre décision», a expliqué l’analyste principal et vice-président chez Moody’s, Jamie Koutsoukis.

Un coussin

Moody’s a néanmoins souligné que Bombardier avait accès à des liquidités de 2,6 milliards $ US en date du troisième trimestre et qu’elle devrait obtenir environ 1,1 milliard $ US grâce aux ventes du programme des jets régionaux CRJ et de ses usines de Belfast, en Irlande du Nord, ainsi que de Casablanca, au Maroc.

Puisque le rendement devrait être plus faible, Bombardier risque de dévaluer sa participation dans la Société en commandite Airbus Canada (SCAC).

L’État québécois, qui a injecté 1 milliard $ US dans l’ex-C Series en 2016 et qui détient actuellement une participation de 16,36 % dans le programme, devrait devoir faire de même avec son placement.

Puisque de nouveaux fonds sont nécessaires, Québec se retrouve également dans une situation délicate, alors qu’il faudra encore mettre de l’argent sur la table pour éviter une nouvelle dilution de sa participation.

Interrogé à ce sujet vendredi, Mathieu St-Amand, l’attachée de presse du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a indiqué qu’il n’y avait toujours pas de commentaires à offrir.

Puisqu’il ne reste plus beaucoup d’actifs à vendre pour réduire sa lourde dette, des analystes financiers ont évoqué des scénarios où Bombardier pourrait tout simplement se départir de sa division des jets d’affaires ou de son secteur du matériel roulant.

«Actuellement, il n’y a pas de demande, et nous ne prévoyons pas en faire une», a indiqué par courriel une porte-parole de la société, Jessica McDonald, en réponse à une question visant à savoir si la compagnie avait cogné à la porte des gouvernements dans le cadre de ses démarches visant à assainir son bilan.

Dans un rapport envoyé à ses clients, Kevin Chiang, de CIBC Marchés des capitaux, se penche sur le scénario dans lequel Bombardier procéderait à une scission de la totalité de ses actifs.

Selon l’analyste, l’entreprise serait en mesure de générer, pour les actionnaires, une valeur par action oscillant entre 2 $ et 4 $, soit plus du triple que le cours actuel du titre.

«Nous ne considérons pas Bombardier (dans une position vulnérable ) en raison de ses liquidités actuelles qui peuvent lui fournir un coussin», a précisé M. Chiang dans son rapport.

Bombardier doit divulguer ses résultats du quatrième trimestre le 13 février.

Affaires

Face à l'urgence climatique, les Québécois continuent d'acheter des VUS en masse

Le Québec a beau avoir décrété «l'urgence climatique», les ventes de camions légers tels que les véhicules utilitaires sport (VUS) ne ralentissent pas.

C'est ce qu'ont constaté les chercheurs Johanne Whitmore et Pierre-Olivier Pineau, de HEC Montréal, dans leur rapport sur l'état de l'énergie au Québec 2020, qui appelle à des «transformations radicales, notamment dans nos habitudes de consommation».

Selon eux, les Québécois adoptent des comportements «contraires» à l'atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Par exemple, depuis 2012, les ventes de camions - une catégorie qui comprend les minifourgonnettes, les VUS et les camionnettes - ont augmenté chaque année au Québec.

De 182 465 unités en 2012, elles ont grimpé à 294 491 unités en 2018, une augmentation de 61 pour cent, ont-ils trouvé.

Même si elles consomment en moyenne 20 pour cent moins de carburant, les voitures sont quant à elles «de moins en moins populaires», comme en témoigne une baisse de 31 pour cent des unités vendues entre 2012 et 2018.

L'utilisation de produits pétroliers - surtout en transport - est à la source de 54 pour cent des émissions de GES du Québec. Mme Whitmore et M. Pineau croient que la province ne pourra réduire ses émissions de GES si la consommation de pétrole continue à augmenter.

Ils soulignent que les Québécois «n'ont pas manqué d'argent» pour se procurer des camions légers. Les sommes qu'ils ont consacrées depuis 2012 à ces achats ont augmenté de 94 pour cent (de 6,7 milliards $ à 13,0 milliards $). Elles correspondent à plus du double de celles consacrées aux voitures (4,9 milliards $).

«Depuis 2015, les ventes de camions légers dépassent systématiquement celles des voitures au Québec, et l'écart se creuse d'année en année. (...) Cette tendance ne peut s'expliquer par la géographie du Québec ou la densité de la population: ces deux variables n'ont pas changé de 2003 à 2018.

«Ce sont les préférences des Québécois et leur capacité à se procurer un camion léger qui ont changé. Un plus grand nombre de Québécois veulent acquérir un véhicule personnel et leur choix se porte vers les camions légers dans une plus grande proportion qu'avant», peut-on lire dans le rapport de 64 pages.

La popularité des camions légers dans toutes les régions du Québec contribue à la hausse du nombre de véhicules par habitant: de 2003 à 2018, le taux de motorisation est ainsi passé de 486 à 570 véhicules pour 1000 Québécois.

C'est à Montréal et à Laval que l'on constate la plus faible proportion de camions légers (36 pour cent), alors que cette proportion dépasse les 50 pour cent en Gaspésie, en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec.

Les auteurs prônent la mise en place de nouvelles mesures «pour amorcer une décroissance rapide de la consommation de produits pétroliers», telles qu'une taxe kilométrique, des plateformes numériques de covoiturage, ainsi que des incitatifs pour les véhicules en libre-service.

«Il faudra pour cela non seulement des voitures zéro-émission, mais surtout moins de véhicules polluants. Cela, tout en transformant la mobilité pour réduire l'importance des véhicules individuels», écrivent-ils.

Grands consommateurs d'électricité

Par ailleurs, ils constatent que les Québécois sont également d'énormes consommateurs d'électricité, surtout dans les périodes de pointe.

Le Québec est la province où le prix moyen de l'électricité destinée à la consommation résidentielle est le plus bas, soit de 8,04 cents le kWh en 2018, et où les ventes d'électricité par personne sont parmi les plus importantes.

«Il est intéressant de constater qu'il existe une corrélation très claire entre la consommation d'électricité et les prix. (...) Un prix plus bas constituera toujours un incitatif à consommer davantage.»

Le Québec rate ses cibles

Pour les auteurs, il est clair que les tendances énergétiques québécoises actuelles «ne sont pas rassurantes».

Malgré plusieurs initiatives louables, telles que l'électrification des transports et le développement de biocarburants, le Québec continue d'accroître sa consommation de produits pétroliers (hausse de 10 pour cent de 2013 à 2018) et ses GES stagnent depuis 2014.

«Il n'est pas envisageable d'atteindre nos cibles énergétique (...) et climatique (émissions de GES de moins 37,5 pour cent par rapport à 1990) en suivant le cours normal des choses. Nous devrons donc effectuer un virage majeur d'ici 2030», concluent-ils.

Vendredi, le ministre de l'Énergie, Jonatan Julien, a qualifié le rapport d'«éclairant» et d'«outil indispensable» pour orienter les actions du gouvernement.

«Des efforts additionnels devront être faits pour atteindre nos objectifs et c'est pour cette raison que notre gouvernement accentue ses efforts dans divers domaines pour réussir la transition énergétique, a-t-il déclaré dans un communiqué. Il faut changer nos comportements et nos habitudes de consommation, tout en revoyant l'utilisation que nous faisons de nos ressources.»

Affaires

Véhicules électriques: une demande à satisfaire

MONTRÉAL — C’est indéniable, les véhicules électriques ont la cote. Et ce n’est pas terminé.

Jeudi, CAA-Québec publiait un communiqué rappelant que l’immatriculation des véhicules électriques au Québec avait fait un bond de 71 % en un an. Entre le 31 octobre 2018 et la même date en 2019, le nombre de véhicules électriques immatriculés est passé de 36 700 à 62 900, selon les chiffres avancés par CAA-Québec.

Au Salon international de l’auto de Montréal, deux constructeurs ont présenté chacun un concept de véhicule électrique aux journalistes présents à la journée réservée aux médias, jeudi.

D’abord, Hyundai a présenté en première nord-américaine son Concept 45, définissant «l’approche de design de l’avenir de la marque pour ses véhicules électriques».

Le constructeur sud-coréen assure que le Concept 45 pourrait voir le jour dans un avenir proche, «d’ici deux ans», selon Steve Flamand, directeur de produit chez Hyundai Canada. 

«Avec ce modèle conçu entièrement pour être un véhicule électrique, nous amorçons une transition une transition tranquille du moteur à combustion vers l’électricité», ajoute-t-il, en spécifiant que Hyundai est le seul constructeur à offrir toutes les formes d’électrification — hybride, hybride rechargeable, électrique ou à pile à combustible (hydrogène).

La division de voitures luxueuses de Hyundai, Genesis, a elle aussi présenté en première canadienne un prototype de voiture légère électrique, la Mint. Celle-ci bouscule ce qu’on est habitués de voir est censé «redéfinir les formes de la voiture urbaine, taillée sur mesure pour les besoins d’un style de vie moderne», en plus d’être «à la fois très manœuvrable et excitante à conduire».

Bien sûr, à part qu’une possible autonomie de 300 kilomètres avec une recharge, peu de détails techniques ont émané de cette présentation.

Affaires

Ratés du système de paie Phénix: «Loin d’être réglé» quatre ans plus tard

MONTRÉAL — Quatre ans après son implantation dans la fonction publique fédérale, en février 2016, le système de paie Phénix a encore fait plus de 100 000 victimes dans la dernière année à cause de ses ratés.

Les problèmes sont «très loin d’être réglés», a déploré en entrevue avec La Presse canadienne Magali Picard, vice-présidente exécutive nationale à l’Alliance de la fonction publique du Canada — le plus grand syndicat de fonctionnaires fédéraux.

Selon le dernier questionnaire transmis par le Conseil du trésor fédéral pour l’année 2019, auquel 182 000 employés ont répondu, 74 % d’entre eux ont rapporté avoir éprouvé des problèmes de paie avec le système Phénix, à un moment ou à un autre. C’est donc dire qu’environ 134 500 d’entre eux ont été touchés.

De ce nombre, 59 % ont rapporté avoir eu de nouveaux problèmes avec Phénix au cours des 12 derniers mois. Cela signifie qu’environ 107 000 travailleurs ont encore été touchés dans la dernière année.

«De toute évidence, les chiffres nous disent que ça ne s’est pas amélioré. Les problèmes sont différents, mais la quantité de problèmes, elle, ne baisse pas», a résumé Mme Picard.

Les problèmes relatés sont une absence de paie; de l’argent en moins sur la paie; de l’argent en trop sur la paie; l’absence ou une erreur dans la rémunération d’heures supplémentaires; l’absence ou une erreur dans une paie reliée à un congé de maternité, de paternité ou d’invalidité, par exemple.

En 2019 toutefois, ce sont 44 % des employés qui ont répondu que leurs problèmes de paie avaient été réglés, comparativement à 35 % en 2018.

Il s’agit là des données du Conseil du trésor, Mme Picard rapporte que les statistiques de l’AFPC sont encore plus déprimantes.

Les ratés du système Phénix ont effrayé ou rendu méfiants tellement de fonctionnaires que nombreux sont ceux qui se sont abstenus de solliciter une promotion ou un changement de poste, de crainte que cela n’occasionne des changements à leur paie, donc d’autres ennuis.

Ils sont ainsi 51 % à répondre que les ratés de Phénix avaient affecté leur décision de chercher ou d’accepter une promotion, une mutation ou une affectation temporaire (réponses «dans une faible mesure», «modérément», «dans une grande mesure» et «dans une très grande mesure» additionnées).

Dédommagement?

Le printemps dernier, le gouvernement avait offert à titre de dédommagement l’équivalent de cinq jours de congé aux travailleurs touchés par les ratés du système de paie Phénix.

L’offre avait été acceptée par certains syndicats, mais pas par l’AFPC qui est le plus grand. L’AFPC compte 209 000 membres, dont 140 000 fonctionnaires fédéraux. Au Québec, elle est affiliée à la FTQ.

D’ailleurs, les syndicats qui avaient accepté l’offre avaient pris soin d’ajouter à leur entente une clause remorque spécifiant que si l’AFPC obtenait mieux pour ses membres, ils devraient en bénéficier aussi.

Les négociations entre le gouvernement fédéral et l’AFPC concernant l’indemnisation des victimes de Phénix ont maintenant été intégrées aux négociations plus globales concernant le renouvellement des conventions collectives.

Affaires

Les perspectives s’améliorent pour les industries liées au bois d’oeuvre

Les réductions de la production canadienne et une reprise des mises en chantier aux États-Unis alimentée par la demande des consommateurs devraient améliorer les perspectives des industries du bois d’œuvre et des panneaux cette année, soulignent des analystes.

Dans un rapport de recherche, l’analyste Paul Quinn, de la Banque Royale, a calculé que les producteurs de bois d’oeuvre de la Colombie-Britannique avaient fermé de façon permanente des installations responsables de 18 % de la capacité de la province, ce qui devrait permettre de ramener l’offre nord-américaine à un niveau plus conforme à la demande et soutenir des hausses de prix.

M. Quinn a ajouté que la fermeture de trois usines de panneaux de copeaux orientés et celle d’une partie d’une quatrième installation avaient retranché environ 9,5 % à la capacité de production nord-américaine de ces panneaux.

La Banque Royale s’attend à ce que les mises en chantier aux États-Unis augmentent d’environ 2,5 % cette année pour atteindre 1,3 million d’unités, alimentées par la vigueur du secteur des maisons unifamiliales. La demande pour le bois d’œuvre devrait aussi augmenter avec l’adoption de nouvelles méthodes qui permettent construction de plus hauts bâtiments en bois.

Les analystes de la CIBC sont également optimistes vis-à-vis du secteur nord-américain du bois d’oeuvre, étant donné la hausse des mises en chantier cette année et leur estimation d’une baisse de 5 % de l’offre par rapport à l’an dernier.

Dans un rapport, ils disent s’attendre à une robuste saison de vente au printemps, avec de probables hausses du prix du bois d’oeuvre et du cours des actions des producteurs.

«2019 a été l’une des pires années de mémoire pour les entreprises de bois d’oeuvre et de panneaux de copeaux orientés, la plupart signalant une baisse significative de leur rentabilité et voyant leur valeur nette se détériorer», a noté M. Quinn, de la Royale.

«Cependant, un certain nombre de développements positifs nous permettent d’être de plus en plus optimistes.»

Affaires

Canopy Growth reporte le lancement de boissons infusées au cannabis

TORONTO — Les Canadiens impatients de goûter aux boissons infusées au cannabis de Canopy Growth devront attendre un peu plus longtemps.

La société de Smiths Falls, en Ontario, a indiqué vendredi que le lancement de ses boissons au cannabis était reporté parce qu’il lui faudra plus de temps pour développer son installation de boissons et que «le processus d’adaptation n’est pas terminé».

«Afin de livrer des produits qui répondent aux normes élevées de nos clients, nous choisissons de modifier la date de lancement pendant que nous travaillons sur les derniers détails», a expliqué le chef de la direction de Canopy, David Klein, dans un communiqué.

Le secteur des boissons de Canopy devrait être la pierre angulaire de l’entreprise, qui est derrière les marques Tweed, Tokyo Smoke, Doja et Van der Pop. Canopy a précisé qu’elle s’apprêtait à produire 13 boissons liées au cannabis.

Elle bénéficie du soutien de Constellation Brands, une société new-yorkaise qui a investi 5 milliards $ dans Canopy en 2019 et dont le portefeuille de marques comprend les bières Corona, les vins Robert Mondavi et Kim Crawford et les spiritueux Svedka Vodka et Casa Noble Tequila.

Canopy avait initialement prévu lancer ses boissons au cannabis au début janvier, pour que leur arrivée coïncide avec celle des autres produits dérivés du cannabis. Le Canada a autorisé une deuxième vague de produits tels que les produits comestibles, les extraits et les produits topiques à arriver sur le marché à la fin de 2019, environ un an après la légalisation du cannabis récréatif.

Des chocolats, des biscuits, des bonbons, du thé et des produits de vapotage infusés au cannabis sont offerts sur le site web de la Société ontarienne du cannabis depuis jeudi, et dans ses magasins physiques du pays depuis la semaine précédente.

Canopy n’a pas précisé vendredi à quel moment elle prévoyait de lancer ses produits de boissons. Elle a soumis sa documentation finale pour son installation de boissons à Santé Canada en juin dernier, et a obtenu son permis à la fin de novembre.

Canopy ne croit pas que le retard aura un impact significatif sur les revenus de son exercice 2020. Elle a dit qu’elle prévoyait fournir une mise à jour de la situation lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre.

L’analyste Douglas Miehm, de RBC Marchés des Capitaux, a indiqué dans une note qu’il faisait une lecture «neutre» de la décision de Canopy et qu’il estimait que les problèmes d’ingénierie liés à l’introduction du tétrahydrocannabinol - le principal agent responsable des propriétés psychoactives du cannabis - dans d’autres ingrédients avaient ultimement débouché sur des insuccès dans la qualité des produits.

«Bien que cette annonce soit quelque peu étonnante, nous réaffirmons notre confiance dans les capacités de production de la société et notons qu’en matière de boissons, Canopy reste en tête du peloton», a affirmé l’analyste.

«À notre avis, les problèmes résident probablement dans la reproduction de la qualité, du goût et de la cohérence générés dans un environnement de laboratoire à une fabrication commerciale à grande échelle.»

Affaires

Que faire avec le Fonds des générations ?

MONTRÉAL — Créé en 2006 pour réduire l’endettement du gouvernement, le Fonds des générations atteindra ses objectifs plus rapidement que prévu, selon une analyse de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques, qui estime que le temps est venu de se pencher sur son rôle futur.

Le document de recherche de la chaire de l’Université de Sherbrooke a été publié mercredi midi et est signé par le fiscaliste Luc Godbout, l’économiste Yves St-Maurice et la chercheuse Suzie St-Cerny.

À l’origine, le premier objectif stipulait que la dette représentant les déficits cumulés - la différence entre les passifs du gouvernement et l’ensemble de ses actifs - ne devrait pas dépasser les 17 % du produit intérieur brut (PIB) du Québec.

L’autre visait à ce que la dette brute n’excède pas 45 % du PIB. La dette brute correspond à la somme de la dette directe et du passif net des régimes de retraite, mais à laquelle on soustrait le Fonds des générations.

Or, selon le document, «on peut s’attendre» à ce que l’objectif du ratio de la dette brute par rapport au PIB soit atteint à la fin de l’exercice, principalement en raison de la bonne performance de l’économie québécoise. Celui de la dette représentant les déficits cumulés par rapport au PIB pourrait l’être dès 2023-2024.

Puisque les sommes accumulées dans le Fonds devraient atteindre 30,3 milliards $ en 2025-2026, selon les prévisions présentées dans le document, la chaire se penche sur quatre pistes dans son analyse, tout en soulignant qu’il n’y a «pas de bonnes ou de mauvaises réponses» à la question.

Voici un tour d’horizon des pistes de réflexion mises de l’avant:

On ferme le Fonds:

Il serait «légitime» pour le gouvernement de considérer ce scénario puisque les objectifs auront été atteints. On rembourserait alors la dette de la province avec le solde au moment de la fermeture.

Cela signifie que les sommes qui étaient versées annuellement dans le Fonds - 2,7 milliards $ en 2020-2021 et 3 milliards $ en 2021-2022 selon les prévisions gouvernementales - seraient disponibles pour augmenter les dépenses ou réduire le fardeau fiscal des contribuables, par exemple.

«Même si les objectifs (...) seront atteints, le niveau d’endettement du Québec en regard de la moyenne des autres provinces canadiennes reste pour le moment supérieur», prévient-on.

Pour l’année financière 2018-2019, le ratio de la dette nette du Québec par rapport au PIB était de 40 %, alors que la moyenne des autres provinces canadiennes atteignait 29 %, ce qui constitue un écart de 11 points de pourcentage.

De nouvelles cibles:

Québec pourrait décider de laisser le Fonds en place en fixant de nouveaux objectifs à l’égard de la gestion de sa dette.

Par exemple, la chaire suggère que le gouvernement provincial pourrait décider que le ratio de la dette brute par rapport au PIB ne pourra pas dépasser 32 % au terme de l’année financière 2035-2036.

Il serait également possible d’établir de nouvelles cibles «en fonction d’une catégorie différente de dette comme la dette nette», écrit-on. Si ce scénario se concrétise, on suggère que la dette nette ne puisse dépasser 20 % du PIB.

Finalement, les instances gouvernementales pourraient également décider d’éliminer la dette représentant les déficits cumulés - ce qui est généralement surnommé «la mauvaise dette».

«Les revenus dédiés continueraient donc d’être versés au Fonds tant et aussi longtemps (que cela est nécessaire), est-il expliqué. De cette manière, l’équité intergénérationnelle serait rétablie et à ce moment, toute la dette du gouvernement aurait des actifs en contrepartie.»

Cet objectif serait atteint en 2037-2038.

Objectifs de remboursement:

Au rythme actuel, la valeur comptable du Fonds serait supérieure à 100 milliards $ en 2035-2036, même si cela peut paraître difficile à imaginer.

À la lumière de ces données, Québec pourrait décider de fixer une valeur maximale du Fonds qui donnerait alors lieu à «un remboursement partiel automatique de la dette à même la valeur du Fonds».

Le ministre des Finances pourrait également prendre la décision de procéder à un remboursement en la justifiant dans le budget.

Une réserve pour les services futurs:

En raison du vieillissement de la population québécoise, l’équilibre des finances publiques pourrait être en péril à cause d’une augmentation de certaines dépenses, notamment en santé.

«Le Fonds pourrait être mis au service de l’équité intergénérationnelle et être utilisé pour diminuer ces pressions sur les finances publiques, suggère le document. Les sommes accumulées au Fonds pourraient donc être utilisées pour contrecarrer les pressions créées par la transition démographique.»

Québec pourrait, par exemple, piger dans le Fonds advenant que la croissance des dépenses attribuable à la transition démographique soit supérieure à la croissance du PIB.

Il faudrait toutefois mettre en place un mécanisme de décaissement «afin que le Fonds des générations intègre en son sein la notion d’équité intergénérationnelle», suggère l’analyse de la chaire.

Justice et faits divers

Les retraités des quotidiens de GCM accusés de fragiliser le plan de relance

Le montage financier de la coopérative qui a repris Groupe Capitales Médias (GCM) est un «château de cartes sur une assiette de Jell-O» qui risque de s'effondrer si les retraités du groupe portent en appel le jugement autorisant la restructuration.

L'avocat qui représente la nouvelle entité, Richard Bergeron, y est allé de cette mise en garde, jeudi, au palais de justice de Québec. Les retraités des quotidiens «Le Soleil», «Le Nouvelliste», «Le Quotidien» et «La Voix de l'Est» présentaient une requête en permission d'en appeler, qui a été prise en délibéré par le juge Jacques J. Lévesque, de la Cour d'appel.

En vertu de la décision rendue le 23 décembre par le juge Daniel Dumais, de la Cour supérieure, les retraités doivent faire une croix sur 25 à 30 pour cent de leurs rentes à compter de février en plus de renoncer à d'éventuels recours à l'égard des différents syndicats et comités de retraite.

Leur procureure, Estelle Tremblay, a essuyé jeudi un tir groupé d'une dizaine d'avocats représentant entre autres Investissement Québec, le syndic et les syndicats, dont Unifor et la CSN, qui se sont tous désolés que les retraités veuillent ainsi fragiliser le plan de relance en créant de «l'incertitude».

L'initiative des retraités met «en péril» le plan de restructuration, a martelé Jocelyn Perreault, l'avocat du syndic, car même s'il a été «mis en oeuvre», le plan n'a pas encore été «exécuté». En d'autres mots, le financement est loin d'être garanti, les prêteurs ayant signé des lettres d'intention jusqu'au 31 janvier.

Après cette date, ce sera aux partenaires financiers de décider s'ils les renouvellent pour qu'elles deviennent des lettres d'investissement, a expliqué Stéphane Lavallée, directeur général de la nouvelle entité qui porte désormais le nom de Coopérative nationale de l'information indépendante (CN2i).

«Est-ce qu'on veut prendre le risque que tout tombe après tous ces efforts consentis depuis le mois d'août?» a-t-il demandé en mêlée de presse. «Est-ce que je peux enlever la carte du milieu, même si c'est un deux de pique, sans risquer de faire effondrer cette oeuvre fragile?» a poursuivi Me Bergeron devant le juge.

Ils ont plaidé que les employés actifs subissent eux aussi des ponctions dans leur régime de retraite, qu'ils ont accepté un gel des salaires pendant deux ans et qu'ils contribuent au plan de relance. La survie des journaux, pour la plupart centenaires, dépasse par ailleurs le cadre des intérêts particuliers, selon eux.

Plus tôt, Me Tremblay avait argué que les 900 retraités n'ont jamais eu de voix au chapitre. «Est-ce que les retraités devraient tout perdre incluant le droit de demander des comptes parce que les créanciers l'exigent?» a-t-elle demandé, en disant croire à une «erreur» du juge Dumais, qui a maintenu les «quittances» protégeant les syndicats et les comités de retraite contre toute poursuite.

Elle a insisté pour dire que les retraités ne cherchent pas à «nuire» à quiconque dans cette affaire, mais demandent simplement «de ne pas être obligés de renoncer à des droits». Elle a également demandé à ce que la Cour d'appel tranche la question une fois pour toutes, à défaut de quoi elle contribuerait à embourber les instances inférieures. C'est que les retraités envisagent d'autres recours.

«Il y a aussi un recours collectif potentiel, a indiqué en mêlée de presse Pierre Pelchat, porte-parole de l'association des retraités du Soleil. On ne s'oppose pas du tout aux coopératives, d'ailleurs on a été le premier groupe à les appuyer publiquement au mois d'octobre. (...) Ce qu'on veut, c'est protéger les droits des retraités, point, c'est tout.»

Investissement Québec - qui a déjà investi 15 millions $ dans l'aventure - a fait savoir jeudi par le biais de son avocat que le plan était «malheureusement un tout». Sans les quittances, il n'y a pas de plan, sans plan, il n'y a pas de financement, et sans financement, c'est la faillite, a-t-on résumé crûment.

Les retraités avaient indiqué la semaine dernière qu'ils passaient de la parole aux actes et portaient en appel le jugement donnant le feu vert à la relance du groupe de presse. Les associations de retraités de deux quotidiens, soit «La Tribune» et «Le Droit», ne figurent pas parmi les demanderesses.

GCM, qui s'était placé à l'abri de ses créanciers en août dernier, compte quelque 350 employés permanents et publie six quotidiens régionaux. Le plan de relance - dans lequel on exigeait des quittances - avait été adopté à environ 99 pour cent par les créanciers de l'entreprise dans le cadre d'une assemblée tenue le 16 décembre dernier.

On exigeait la fin des régimes de retraite, parce qu'ils affichent un déficit de solvabilité qui était estimé à environ 65 millions $ d'après la plus récente évaluation, qui remonte toutefois à la fin de 2018. Les travailleurs actifs subiront aussi de lourdes pertes dans leur régime de retraite.

Gesca, une filiale de Power Corporation, avait vendu les six quotidiens à l'avocat et ex-ministre fédéral Martin Cauchon en 2015, qui a quitté l'entreprise lorsqu'elle s'est placée à l'abri de ses créanciers.

Techno

Microsoft s'engage à être «carbonégatif» d'ici 2030

Microsoft s'engage à devenir 100 % «carbonenégative» d'ici 2030 en éliminant plus de carbone de l'environnement qu'elle n'en émet.

Le chef de la direction, Satya Nadella, a affirmé jeudi que l'engagement se réaliserait «non seulement pour nos émissions directes, mais également pour l'ensemble de notre chaîne d'approvisionnement».

C'est une avancée majeure par rapport aux précédents engagements verts de Microsoft. Le géant technologique avait précédemment indiqué que ses centres de données seraient alimentés à 60 % en électricité renouvelable d'ici la fin de l'année dernière. Des groupes environnementaux ont cependant souligné qu'il n'avait pas réussi à rivaliser avec des concurrents tels que Google et Apple, en s'appuyant trop sur l'achat de crédits d'énergie renouvelable pour compenser ses émissions de carbone.

«Microsoft est vraiment au milieu du peloton», a observé Elizabeth Jardim, responsable de campagne pour Greenpeace USA. «Pas un étudiant avec des 'A', mais manifestement pas un étudiant qui ne fait rien.»

Mme Jardim a estimé que l'annonce de jeudi témoignait d'une approche «plus sérieuse et holistique» et que Microsoft «comprenait la science du climat et le rétrécissement de la fenêtre d'action».

Microsoft s'était précédemment donné comme objectif intermédiaire d'utiliser 70 % d'énergie renouvelable d'ici 2023. Il vise maintenant 100 % d'énergie renouvelable pour tous ses centres de données et bâtiments d'ici 2025. Google et Apple ont déjà indiqué avoir atteint le cap des 100 %.

L'annonce de Microsoft a été programmée avant le rassemblement de la semaine prochaine au Forum économique mondial de Davos. Les tendances catastrophiques comme le réchauffement climatique et l'extinction des espèces animales devraient être au coeur de la conférence.

«La neutralité ne suffit pas»

Microsoft est responsable d'environ 16 millions de tonnes métriques d'émissions par an, a indiqué son président et directeur juridique, Brad Smith. Cette estimation comprend non seulement la consommation d'énergie du réseau mondial de centres de données de Microsoft, mais aussi les émissions liées à la fabrication de composants électroniques pour ses appareils et aux gens qui branchent leurs consoles de jeu Xbox à la maison.

«En matière de carbone, la neutralité ne suffit pas», a fait valoir M. Smith. «Nous devons nous mettre au zéro net.» Cela signifie éliminer de l'atmosphère tout le carbone que l'on émet, a-t-il précisé.

L'engagement d'inclure les émissions de la chaîne d'approvisionnement fait suite à une décision similaire d'Apple. Microsoft affirme qu'il mettra en place de nouvelles procédures l'année prochaine pour pousser ses fournisseurs à réduire leur empreinte environnementale, de la même manière qu'il a demandé à certains d'entre eux d'offrir à leurs employés des congés payés et des congés parentaux.

Microsoft élargit également la portée d'une redevance perçue depuis 2012 pour facturer ses propres divisions pour chaque tonne de carbone qu'elles émettent.

Après avoir atteint son objectif 2030, Microsoft entend supprimer d'ici 2050 toutes ses émissions dans l'environnement depuis la création de l'entreprise en 1975.

Mais Mme Jardim a estimé que Microsoft minait ses objectifs climatiques en étant la principale société technologique impliquée dans les partenariats avec des sociétés pétrolières et gazières, notamment en leur fournissant des services d'infonuagique et d'intelligence artificielle pour les aider à accélérer l'extraction de combustibles fossiles.

Microsoft a également annoncé le lancement d'un fonds de 1 milliard $ US pour mettre au point une technologie de réduction et d'élimination du carbone.

Affaires

Bombardier se penche sur son avenir

MONTRÉAL — Moins de deux ans après avoir cédé à Airbus le contrôle sur la C Series — rebaptisée A220 —, Bombardier laisse planer le doute sur sa participation au programme en plus de lancer un avertissement sur ses résultats financiers et de considérer ses options pour réduire sa lourde dette, ce qui soulève des questions sur son avenir.

Les mauvaises nouvelles, qui alimentent les craintes des investisseurs sur la capacité de l’entreprise à atteindre les cibles de son plan de redressement de cinq ans, ont fait plonger le cours de son titre à la Bourse de Toronto, jeudi.

Sur le parquet de Bay Street, l’action du constructeur d’avions et de trains a piqué du nez en se transigeant temporairement à un creux annuel de 1,10 $, pour finalement clôturer à 1,22 $, en recul de 32 %, ou 54 ¢.

L’entreprise, qui a quitté l’aviation commerciale, se demande maintenant ce qu’elle fera de sa participation dans la Société en commandite Airbus Canada, puisque de nouveaux investissements sont nécessaires pour soutenir l’accélération de la production, ce qui repoussera le seuil de la rentabilité et pèsera sur le rendement.

«Cela pourrait réduire significativement la valeur de la coentreprise», a expliqué Bombardier, en laissant entendre qu’elle pourrait inscrire une charge de dépréciation lorsqu’elle divulguera ses résultats du quatrième trimestre, le 13 février.

Airbus détient une participation de 50,06 % dans le programme de l’A220, contre 33,58 % pour Bombardier et 16,36 % pour l’État québécois, qui a injecté 1 milliard $US en 2016.

Le géant européen n’a pas voulu dire pourquoi de nouveaux investissements étaient nécessaires, mais par courriel, la porte-parole d’Airbus Canada, Marcella Cortellazzi, a réitéré l’engagement à l’endroit de l’A220.

«Airbus demeure engagée envers l’A220 et poursuivra de financer le programme vers l’atteinte de l’équilibre», a-t-elle fait valoir.

Du côté du gouvernement Legault, on a préféré ne pas réagir aux commentaires de Bombardier.

En théorie, Airbus peut racheter la participation de Bombardier dans la société en commandite en 2026 alors qu’elle peut faire de même avec celle de Québec à compter de la fin juin 2023.

La possibilité de tabler sur une version allongée de l’appareil — A220-500 — viendrait expliquer en partie les besoins financiers, selon le directeur du groupe d’études en management des entreprises en aéronautique à l’UQAM, Mehran Ebrahimi.

Pour l’expert, Bombardier se demande si le jeu en vaut la chandelle alors que sa participation pourrait être rachetée en 2026.

«Je pense que l’entreprise veut régler la situation dans sa division ferroviaire et racheter la participation [de 30 %] détenue par la Caisse de dépôt et placement du Québec», a expliqué M. Ebrahimi, lors d’une entrevue téléphonique.

D’autres options?

Avec une dette à long terme de plus de 9,3 milliards $US, Bombardier dit continuer d’évaluer ses options, sans préciser le fond de sa pensée, afin d’accélérer son désendettement.

En plus d’avoir vendu ses programmes Q400 et du CRJ, la société s’est départie d’autres actifs, dont ses usines situées à Belfast, en Irlande du Nord, ainsi qu’à Casablanca, au Maroc. Cela ne semble toutefois pas suffisant.

«Nous spéculons que la compagnie pourrait se pencher sur des options qui pourraient inclure la vente d’une de ses deux divisions [aviation ou transport]», a expliqué Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, dans un rapport.

L’analyste croit qu’il serait plus plausible de se départir du secteur aéronautique, puisque la division ferroviaire serait plus rentable en tant que compagnie distincte.

Pour Seth Seifman, de J.P. Morgan, le signal de l’entreprise suggère qu’il ne suffit pas seulement de repousser les échéances à court terme de la dette de la société et qu’il y a une certaine urgence d’agir.

«Cela suggère des options comme la scission de la compagnie, a écrit l’analyste dans une note. Cela pourrait [même inclure] les deux principales divisions de Bombardier.»

Mauvaises surprises

En ce qui a trait à l’avertissement sur ses résultats, Bombardier affirme qu’il est attribuable essentiellement aux mesures de redressement dans sa division ferroviaire, à l’échéancier de certains paiements et au report de la livraison de quatre avions d’affaires au premier trimestre de 2020.

Bombardier Transport devrait afficher une perte de 230 millions $US au quatrième trimestre puisque l’on comptabilisera une charge de 350 millions $US pour des problèmes en lien avec des contrats au Royaume-Uni, avec les Chemins de fer fédéraux (CFF) suisses et en raison de coûts accrus en Allemagne.

«La question est de savoir dans quelle mesure l’entreprise est sur le point de résoudre ces problèmes et l’assurance que nous pouvons obtenir qu’il n’y aura pas d’autres pépins», a souligné l’analyste Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, dans une note.

Au deuxième trimestre, l’entreprise avait également inscrit une charge d’environ 300 millions $US liée à cinq contrats jugés problématiques au sein de sa division de matériel roulant. 

Pour l’exercice 2019, Bombardier s’attend à générer un bénéfice d’exploitation ajusté d’environ 400 millions $US, alors que ses prévisions dévoilées l’an dernier évoquaient une fourchette de 700 millions $US à 800 millions $US.Les revenus devraient totaliser 15,8 milliards $US, sous la prévision précédente de 16,5 milliards $US à 17 milliards $US.En 2019, Bombardier a livré 175 appareils, dont 11 jets d’affaires Global 7500 — l’appareil au cœur du plan de relance de la compagnie. Cinquante-huit avions ont été livrés au quatrième trimestre. 

Justice et faits divers

Expansion de Trans Mountain: la Cour suprême confirme la compétence d'Ottawa

OTTAWA — La Cour suprême du Canada a rejeté jeudi les prétentions de la Colombie-Britannique, qui soutenait pouvoir empêcher l'Alberta d'expédier du pétrole brut lourd par l'oléoduc Trans Mountain, en vue d'une exportation à l'étranger.

La décision laisse toute autorité pour l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain - et son contenu - entre les mains du gouvernement fédéral.

L'expansion de l'oléoduc n'est prévue que pour transporter plus de bitume dilué provenant des sables bitumineux de l'Alberta - presque le double de la capacité du pipeline actuel, qui achemine surtout de l'essence et du pétrole brut léger.

La Colombie-Britannique soutenait qu'elle devrait avoir son mot à dire sur ce qui est acheminé dans l'oléoduc parce que c'est cette province qui subirait l'essentiel des dommages en cas de déversement accidentel.

Les procureurs fédéraux ont plaidé de leur côté que la Constitution conférait explicitement au gouvernement fédéral la compétence sur tout projet de transport interprovincial, y compris un pipeline.

La Cour d'appel de la Colombie-Britannique s'était déjà rangée aux arguments du gouvernement fédéral en mai.

L'oléoduc Trans Mountain achemine des produits pétroliers des sables bitumineux de l'Alberta vers le terminal maritime de Burnaby, en Colombie-Britannique. Le gouvernement néo-démocrate de cette province, qui avait promis en campagne électorale en 2017 de stopper le projet d'expansion de l'oléoduc, a porté l'affaire devant les tribunaux en 2018.

Cette contestation avait excédé Kinder Morgan Canada et ses investisseurs, qui ont alors décidé de mettre fin au projet d'expansion, ce qui a incité Ottawa en 2018 à acheter l'oléoduc, pour la somme de 4,5 milliards $.

Politique

Facture salée pour les générations futures?

MONTRÉAL — En continuant d’accumuler les déficits sans plan de retour à l’équilibre budgétaire, Ottawa opte pour une stratégie risquée pouvant s’accompagner d’une facture salée pour les prochaines générations, avance une étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal.

Si le document, dévoilé mercredi, concède que le gouvernement fédéral a gagné son pari en déposant des budgets à l’encre rouge pour stimuler la croissance entre 2015 et 2018, ses auteurs estiment que la donne a changé.

«La croissance économique est relativement bonne et il n’y a pas récession en vue et observée, a expliqué le directeur du Centre et professeur à HEC Montréal Robert Gagné, au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. Les données sur le marché du travail sont favorables. S’il ne s’agit pas de conditions pour atteindre l’équilibre budgétaire, qu’est-ce que ça prend?»

En tenant compte d’ajustements comptables, l’étude du Centre évalue que le gouvernement fédéral a cumulé 56,5 milliards $ de déficits entre 2015 et 2018.

Alors que le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, devrait déposer son budget en mars, M. Gagné estime qu’Ottawa devrait profiter de l’exercice pour s’engager à rééquilibrer les finances publiques. À son avis, cela se ferait «rapidement» en limitant la croissance des dépenses à l’inflation.

Dans sa mise à jour économique déposée le mois dernier, le grand argentier du pays prévoyait un déficit de 26,6 milliards $, soit près de 7 milliards $ de plus qu’annoncé au dernier budget. Le déficit devrait se creuser davantage à 28,1 milliards $ en 2020-2021, pour ensuite diminuer de façon progressive jusqu’à atteindre 11,6 milliards $ en 2024-2025.

Le gouvernement Trudeau a justifié son approche en soulignant notamment qu’en dépit des dépenses plus élevées que les recettes, le ratio de la dette par rapport au produit intérieur brut, ajusté à certains risques, devrait progressivement diminuer pour s’établir à 29,1 % d’ici 2024-2025, soit le niveau le plus faible depuis 2008-2009.

Néanmoins, d’après les prévisions de la mise à jour économique, la dette fédérale devrait s’établir à 713 milliards $ au terme de l’exercice en cours et atteindre environ 810 milliards $ en 2024-2025.

Être prévoyant

Sans vouloir se montrer alarmiste, M. Gagné estime que la stratégie actuelle d’Ottawa envoie un message que le gouvernement fédéral peut «s’endetter à l’infini».

Pour le moment, les répercussions sont assez limitées, puisqu’en 2018, le service de la dette n’accaparait que 7 % des recettes gouvernementales, «un poids négligeable lorsqu’on sait que ce poste accaparait à lui seul plus du tiers des revenus du gouvernement fédéral au milieu des années 1990», souligne l’étude.

À un certain moment, les taux d’intérêt ne seront plus à des niveaux aussi bas que l’on observe à l’heure actuelle, fait valoir le Centre sur la productivité et la prospérité, qui estime que ce sont les prochaines générations qui vont devoir payer la facture.

«Il suffit de quelques points de pourcentage [d’augmentation] et la situation pourrait déraper assez rapidement, a indiqué M. Gagné. Pour l’instant, les indicateurs sont assez favorables, mais cela ne durera pas. Le jour où surviendra un choc économique, on va s’être magasiné du trouble en ayant accumulé une dette carrément inutile.»

D’après le document, il suffit que de ramener les conditions d’emprunts moyennes du gouvernement fédéral au niveau de 2006 pour voir passer la charge du service de la dette à 1567 $ par habitant, ce qui représente une hausse de 940 $ par habitant comparativement à la moyenne actuelle.

Ainsi, une montée soudaine des taux d’intérêt pourrait «éventuellement mettre en péril l’équité intergénérationnelle», souligne le document.

Parmi ses recommandations, l’étude demande au gouvernement fédéral d’«impérativement réactiver la loi sur l’équilibre budgétaire instaurée en 2015 et abrogée un an plus tard par le nouveau gouvernement».

Affaires

Québecor demande une aide de l’État pour l'électrification de ses véhicules

MONTRÉAL — Québecor annonce l’électrification des véhicules de ses filiales, notamment les 1100 véhicules de Vidéotron et une soixantaine d’autres au Groupe TVA.

Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, entend demander un soutien important de l’État, bien qu’il reconnaisse que son entreprise aurait les moyens d’aller de l’avant sans cette aide.

Le projet, qui consiste à remplacer d’ici 2024 les véhicules à essence par des véhicules électriques ou de convertir certains véhicules comme les camions de Vidéotron à l’électricité, représente une dépense totale de 17,5 millions $, soit 14 millions $ pour Vidéotron et 3,5 millions $ pour Groupe TVA.

Vidéotron a précisé, dans le dernier mandat inscrit au registre des lobbyistes à la fin de 2019, qu’il entend demander à Québec d’adapter les programmes actuels ou d’accorder une aide monétaire supplémentaire «de l’ordre d’environ 5 000 000 $», ce qui représente 36 % de la somme de 14 millions $ requise pour sa flotte. Groupe TVA, pour sa part, n’a pas signalé d’intention à ce chapitre au registre des lobbyistes.

Pierre Karl Péladeau, qui avait eu des mots très durs envers les différents médias qui réclamaient une aide gouvernementale, traitant ceux-ci de «quêteux» en pleine commission parlementaire en août dernier, n’a pas accepté de recevoir de questions comparant sa demande d’aide à celle qu’il avait dénoncée.

Il a même rabroué un journaliste qui tentait d’obtenir une justification de sa part, affirmant qu’il était «hors d’ordre». Il a plutôt cherché à faire valoir que l’aide de l’État est «tout à fait économiquement viable» puisque la conversion d’un véhicule amène une plus grande consommation d’électricité: «Et qui vend de l’électricité au Québec? Hydro-Québec. À qui appartient Hydro-Québec? Aux Québécois et aux Québécoises.»

«Il y a un programme [...] et on va, comme n’importe quelle autre entreprise, s’en prévaloir», a-t-il affirmé sèchement.

Affaires

Incursion dans les services sans fil mobiles: Cogeco se montre optimiste

MONTRÉAL — Intéressée à effectuer une percée dans le secteur du sans-fil, Cogeco Communications est d’avis qu’Ottawa semble déterminé à jeter les bases d’un cadre réglementaire lui permettant de rapidement atteindre cet objectif.

Alors que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tiendra des audiences publiques sur les services sans fil mobiles, le président et chef de la direction de Cogeco, Philippe Jetté, s’est montré «confiant», mercredi, en marge de l’assemblée annuelle de l’entreprise de télécommunications, qui se déroulait au centre-ville de Montréal. «On ne perdrait pas autant de temps (sinon) à expliquer notre modèle, a-t-il expliqué au cours d’une rencontre avec la presse. Nous avons déposé des lettres d’appuis de plus de 320 unicipalités au Québec et en Ontario qui appuient le modèle (proposé par) Cogeco.»

Affaires

Patrons et budget: d’autres mesures pour affronter les problèmes de main-d’oeuvre

MONTRÉAL — Le prochain budget Girard doit proposer encore plus de mesures pour alléger les problèmes de recrutement de personnel, estiment des associations patronales.

Tant la Fédération des chambres de commerce du Québec que la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante - qui représente des petites et moyennes entreprises - soulèvent ce défi de la main-d’oeuvre quant à leurs attentes face au budget du ministre des Finances Éric Girard.

«C’est un point très important parce qu’encore ce matin, il y a toujours 140 000 emplois à combler au Québec. Et il y a plein d’industries qui sont à feu et à sang, je dirais pratiquement. Pour nous c’est une priorité, oui, en tant que fédération», a commenté en entrevue le président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce, Charles Milliard.

Pour les travailleurs d’origine immigrante, «il y a peut-être encore un peu de peaufinage à faire» dans les programmes gouvernementaux, cite-t-il en exemple.

La FCCQ ne veut pas l’établissement d’un âge uniforme de la retraite pour tous les travailleurs, «par contre, le gouvernement peut créer des conditions ou un terrain fertile pour que les gens qui veulent continuer de travailler puissent le faire», indique M. Milliard.

Il aimerait aussi voir des mesures pour alléger les charges sociales des entreprises ou, à tout le moins, ne pas les augmenter. «Quand on les prend une par une, toutes ces charges sociales là sont pertinentes et, d’un point de vue citoyen sont intéressantes, mais il y a un effet de sédimentation qui se produit quand on regarde l’ensemble des charges. Et ça devient un désincitatif à l’emploi pour plusieurs employeurs», affirme-t-il.

La FCCQ espère aussi des mesures pour favoriser encore davantage l’innovation. «C’est la seule façon où on peut vraiment augmenter notre productivité. Étant donné la rareté de la main-d’oeuvre, c’est difficile de faire plus de travail, alors il faut le faire mieux. Et, pour le faire mieux, il faut investir pour développer des produits et des procédés qui sont plus efficients, qui sont plus verts et plus innovants», plaide M. Milliard.

Les PME

À la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, le vice-président pour le Québec, François Vincent, énonce trois priorités pour les PME: réduire le fardeau fiscal global, alléger les problèmes de pénurie de main-d’oeuvre et diminuer la réglementation et «la paperasse».

En matière de recrutement de la main-d’oeuvre, il estime que le gouvernement Legault «est en action» et qu’il doit «continuer dans ce sens-là». M. Vincent croit que le crédit d’impôt pour travailleur expérimenté, par exemple, pourrait encore être bonifié afin d’inciter ceux-ci à demeurer au travail plus longtemps.

En matière de fardeau fiscal, la FCEI veut plus d’équité fiscale entre les PME et les autres entreprises.

M. Vincent explique, par exemple, que les petites entreprises des secteurs des services et de la construction ne peuvent se prévaloir de la déduction pour petite entreprise, à cause de certains critères auxquels elles ne répondent pas. Il souhaite donc «que toutes les petites entreprises puissent avoir accès à la déduction pour entreprise, peu importe leur secteur d’activité économique et peu importe le nombre d’heures qu’elles rémunèrent».

Fédération des contribuables

La Fédération canadienne des contribuables, de son côté, revendique une diminution des deux premiers paliers d’imposition, afin de permettre aux contribuables concernés d’épargner 1000 $ par année.

Elle demande également une réduction de l’appareil administratif gouvernemental «afin d’atteindre la moyenne canadienne».

Affaires

Air Canada présente son premier avion A220 et lorgne les marchés américains

DORVAL, QC — Air Canada a présenté mercredi le premier des 45 avions de ligne Airbus A220 qu’elle a commandés pour desservir le marché nord-américain.

L’avion à fuselage étroit, dont le vol inaugural décollera jeudi de Montréal pour se rendre à Calgary, offre à la plus grande ligne aérienne du pays une plus grande autonomie et des économies de coûts. Air Canada espère aussi que le A220 lui permettra de consolider ses marges de profit dans un contexte où elle ne peut pas faire voler ses appareils Boeing 737 Max.

L’A220 de 137 sièges offre une efficacité énergétique de 20 % supérieure à celle de certains Boeing 737 et Airbus. Le nouvel appareil commencera à remplacer des avions de taille équivalente comme l’Embraer E190 de 97 sièges, a indiqué le vice-président principal à l’exploitation d’Air Canada, Craig Landry.

Le chef de la direction, Calin Rovinescu, a indiqué que la commande, évaluée à 3,8 milliards $ US selon les prix du catalogue, faisait d’Air Canada le deuxième transporteur nord-américain à piloter des A220, après Delta Air Lines, établie à Atlanta.

L’avion A220 faisait partie de la C Series avant que Bombardier n’abandonne à l’européenne Airbus une participation de contrôle dans le programme en 2018 et rebaptise ses appareils.

Les avions de ligne seront construits dans les installations d’Airbus à Mirabel, qui peuvent produire jusqu’à dix A220 par mois à pleine capacité. Airbus construit aussi d’autres avions de cette gamme à de nouvelles installations à Mobile, en Alabama, essentiellement pour les clients américains.

Les deux prochains A220 livrés à Air Canada devraient être utilisés pour effectuer des liaisons à partir de mai entre Montréal et Seattle, et entre Toronto et San Jose, en Californie. Air Canada veut renforcer sa présence aux États-Unis et au Canada tout en s’assurant de concurrencer la percée de sa rivale WestJet Airlines sur les marchés internationaux.

Air Canada devait disposer de 36 Max 8 d’ici la fin de 2019 — le quart de sa flotte à fuselage étroit — et 14 autres devaient initialement arriver cette année. Cependant, les Max n’ont plus le droit de s’envoler depuis mars dernier, dans la foulée de deux écrasements mortels en cinq mois. Cela a forcé Air Canada à se démener pour limiter l’impact des annulations de vols, conclure des baux de dernière minute pour louer d’autres avions et absorber la hausse des coûts du carburant.

«Dans un sens, nous avons déjà des plans d’urgence en place pour essayer de couvrir [le Boeing Max]. [Le A220] a vraiment été conçu pour entreprendre de nouveaux vols au Canada et entre le Canada et les États-Unis», a souligné M. Landry lors d’une entrevue.

Il a rejeté les préoccupations concernant les retards de production potentiels, un problème persistant lorsque l’avion était sous l’aile de Bombardier.

«Travailler avec un partenaire canadien (Airbus Canada) nous permet d’avoir beaucoup de proximité et beaucoup de communication», a-t-il affirmé.

Cette lourde commande se traduit également par une charge de travail constante pour les 2700 employés d’Airbus à Mirabel.

En plus des 45 nouveaux A220, Air Canada espère intégrer une quarantaine d’avions de plus dans sa flotte cette année si sa prise de contrôle de Transat AT obtient les feux verts réglementaires requis et se conclut au deuxième trimestre.

Actualités

Un investissement de 38 M$ pour la papetière Résolu de Kénogami

La papetière Résolu procédera à des investissements de 38 M $ qui vont permettre de mettre en production la fibre cellulosique tout en prolongeant la durée de vie des machines à papier des usines de Kénogami et Dolbeau en ciblant des marchés de papier spécialisés pour contrer la baisse de la demande dans les produits traditionnels.

L’annonce a été faite mercredi à l’usine Kénogami en présence de trois ministres du gouvernement du Québec et d’une ministre fédérale. Les maires des principales villes de la région ont assisté à cet événement qui semble prometteur dans le cadre de la transformation de l’industrie des pâtes et papiers.

Affaires

Des nouveaux projets pour le propriétaire de La Cage

Avec la cure de rajeunissement de La Cage-Brasserie sportive qui se terminera cette année, Groupe Sportscene souhaite maintenant se pencher sur ses enseignes L’Avenue et Moishes dans le but de leur donner un élan.

Plutôt que d’opter pour l’acquisition de nouvelles marques, l’entreprise québécoise a plutôt l’intention de miser sur son portefeuille actuel, qui comprend également P. F. Chang’s, qui se spécialise dans la cuisine asiatique.

À court terme, Sportscene compte ouvrir une troisième succursale de L’Avenue, qui aura pignon sur rue à Boucherville, en banlieue sud de Montréal. La société souhaite vérifier si cette enseigne, surtout spécialisée dans le créneau des déjeuners, devrait également offrir le repas du soir.

«Si cela se déroule bien, on va le déployer dans les autres restaurants, a expliqué le président et chef de la direction, Jean Bédard, mardi, en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires qui se déroulait au centre-ville de Montréal. Je pense qu’il peut y avoir entre 15 et 20 restaurants L’Avenue au Québec.»

Quant à l’emblématique grilladerie montréalaise Moishes, acquise en 2018, Sportscene souhaite faire croître la marque, mais il est encore trop tôt pour dire comment cela se réalisera, a expliqué M. Bédard.

En misant sur son portefeuille actuel, l’homme d’affaires estime que l’entreprise peut continuer à croître dans un marché en pleine consolidation où des entreprises comme Groupe MTY, propriétaire d’enseignes comme Thaï Express, Tiki-Ming, Tutti Frutti et Valentine, et Recettes illimitées, la société derrière St-Hubert, Harvey’s et The Keg, multiplient les transactions.

«Pour des grandes entreprises, cela peut devenir difficile d’accorder de l’attention à toutes les marques, a dit M. Bédard. Nous sommes entre les indépendants et les grosses chaînes et c’est cette place que nous voulons occuper.»

La Cage: encore le fer de lance

Malgré la diversification de Sportscene, qui a également bonifié son offre de produits vendus dans les chaînes d’alimentation, son grand patron a l’intention de continuer à miser sur La Cage-Brasserie sportive comme locomotive de l’entreprise.

Après un repositionnement qui s’est amorcé il y a cinq ans - et qui a coûté une trentaine de millions de dollars - afin notamment de rénover les restaurants et repenser le menu, Sportscene n’a pas l’intention de s’arrêter là.

En plus de déployer une offensive publicitaire au cours des prochaines semaines, l’entreprise souhaite également ajouter de nouveaux emplacements à son réseau à Montréal.

«Nous regardons dans l’Ouest-de-l’île, du Centre de commerce mondial, du Palais des congrès et l’aéroport (Montréal-Trudeau), a dit M. Bédard. C’est là qu’on pense qu’il y a du potentiel. Nous avons toujours été un peu sous-représentés à Montréal.»

Sur l’île de Montréal, on compte actuellement sept emplacements. L’emplacement qui accueillait un P.F. Chang’s situé dans le quartier Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce sera converti en La Cage-Brasserie sportive.

En croissance

Sportscene a également profité de son rendez-vous annuel pour dévoiler ses résultats du premier trimestre terminé le 24 novembre, où la compagnie a engrangé un bénéfice net de 1,7 million $, ou 20 cents par action, en hausse de 66,3 % par rapport à la même période il y a un an.

Les revenus consolidés ont atteint 38,4 millions $, ce qui constitue une croissance de 37 % par rapport à il y a un an, grâce à l’ajout de nouveaux restaurants et à la hausse des ventes des établissements ouverts depuis au moins un an.

En date du 24 novembre, le réseau de Sportscene comptait 43 La Cage-Brasserie sportive, deux établissements L’Avenue, deux restaurants P.F. Chang’s et Moishes.

Par ailleurs, le conseil d’administration de la société a approuvé le versement d’un dividende de 15 cents pour chaque action de catégorie A. Le versement se fera le 19 février aux actionnaires inscrits en date du 31 janvier.

Affaires

Les services publics « manquent de bras »

MONTRÉAL — Alors qu’elles rencontraient ensemble le ministre québécois des Finances, Éric Girard, mardi à Montréal, en prévision de son budget, les quatre centrales syndicales lui ont demandé à l’unanimité de réinvestir dans les services publics, mis à mal par des années de restrictions budgétaires.

Les augmentations de salaire qui seront versées à l’issue des négociations des secteurs public et parapublic ne suffiront pas à elles seules, puisque les travailleurs sont à bout de souffle, ont fait valoir les centrales. Les milieux de la santé et de l’éducation éprouvent même des difficultés à recruter du personnel tant les conditions d’exercice des emplois y sont difficiles.

Affaires

La National Security Agency a trouvé une faille majeure dans Windows

L'Agence nationale de sécurité (NSA) des États-Unis a découvert une faille de sécurité majeure dans le système d'exploitation Windows de Microsoft et a informé la société plutôt que de l'exploiter pour ses propres besoins en matière de renseignement.

Microsoft a mis au point un correctif pour résoudre le problème et l'a rendu disponible mardi, tout en saluant l'agence pour avoir découvert la faille. La société a déclaré n'avoir vu aucune preuve que des pirates ont utilisé la technique découverte par la NSA.

«Les clients qui ont déjà appliqué la mise à jour ou activé les mises à jour automatiques sont déjà protégés», a assuré dans un communiqué Jeff Jones, un haut responsable de Microsoft.

Les autres utilisateurs peuvent installer manuellement la mise à jour gratuite. Microsoft publie généralement des mises à jour, de sécurité et autres, une fois par mois et a attendu jusqu'à mardi pour divulguer la faille et l'implication de la NSA dans sa découverte.

Priscilla Moriuchi, qui a pris sa retraite de la NSA en 2017 après avoir dirigé les opérations de l'agence en Asie de l'Est et dans la région du Pacifique, a déclaré que c'était un bon exemple du «rôle constructif» que la NSA peut jouer dans l'amélioration de la sécurité mondiale de l'information.

Mme Moriuchi, qui est maintenant analyste à la société américaine de cybersécurité Recorded Future, a ajouté que cela reflétait probablement les changements apportés en 2017 à la façon dont les États-Unis déterminent s'ils doivent divulguer une vulnérabilité majeure ou l'exploiter à des fins de renseignement.

La refonte de ce que l'on appelle le «Vulnerability Equities Process» met davantage l'accent sur la divulgation des vulnérabilités non corrigées chaque fois que c'est possible pour protéger les principaux systèmes internet ainsi que l'économie et le public américains.

Ces changements sont survenus après qu'un groupe se faisant appeler «Shadow Brokers» eut publié une mine d'outils de piratage de haut niveau volés à la NSA.

Affaires

BlackRock veut s’appuyer davantage sur les changements climatiques

NEW YORK - BlackRock, le plus important gestionnaire d’actifs au monde, placera le changement climatique au coeur de ses décisions d’investissement.

Le fondateur et chef de la direction, Laurence Fink, qui supervise la gestion d’environ 7000 milliards $ US de fonds, a affirmé dans son influente lettre annuelle aux dirigeants, mardi, qu’il croyait que le monde de la finance était «au bord d’une refonte fondamentale» en raison du réchauffement de la planète.

Le changement climatique est devenu le principal problème soulevé par les clients, a observé M. Fink, et il affectera tout, des obligations municipales aux hypothèques à long terme pour les habitations. La firme new-yorkaise prend des mesures immédiates, abandonnant les investissements dans le charbon utilisé pour produire de l’électricité, et elle commencera à demander à ses clients de divulguer leurs risques liés au climat.

«Parce que les marchés des capitaux font avancer le risque futur, nous verrons des changements dans l’allocation des capitaux plus rapidement que nous ne voyons des changements dans le climat lui-même», a écrit M. Fink dans sa lettre. «Dans un avenir proche ? et plus tôt que la plupart ne l’anticipent ?, il y aura une réaffectation importante du capital.»

Ce changement est déjà en cours.

Les investisseurs ont placé 20,6 milliards $ US dans des fonds durables l’an dernier, une somme presque quatre fois plus élevée que le montant record de l’an dernier, selon Morningstar. L’industrie s’est élargie ces dernières années, après avoir commencé avec de simples fonds qui excluaient carrément les titres considérés comme nuisibles, comme ceux des fabricants d’armes à feu ou des producteurs de tabac.

Les investisseurs, en particulier les plus jeunes, disent de plus en plus qu’ils veulent que leur argent soit investi dans un souci de durabilité. Craignant de perdre ces investissements - et les frais qu’ils génèrent -, les sociétés d’investissement se précipitent pour répondre à la demande croissante.

L’approche des fonds ESG

Les gestionnaires de fonds affirment de plus en plus qu’ils tiennent compte des questions environnementales, sociales et de gouvernance d’entreprise dans leur vaste stratégie d’investissement. Pour ces fonds dits «ESG» (pour leurs facteurs Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance d’entreprise), les gestionnaires, lors du choix des actions à détenir, évaluent non seulement les résultats financiers mais aussi la performance d’une entreprise sur ces questions d’environnement et d’autres questions de durabilité.

Les fonds ESG affirment qu’une telle approche peut alimenter les rendements des investisseurs, plutôt que de simplement apaiser leur conscience, car elle peut aider à éviter les entreprises risquées et les pertes importantes auxquelles elles pourraient être confrontées à l’avenir. Les entreprises ayant de piètres antécédents en matière d’environnement risquent davantage, par exemple, de lourdes amendes.

L’Union européenne prévoit de consacrer un quart de son budget à la lutte contre le changement climatique et a mis en place un programme visant à transférer 1000 milliards d’euros (environ 1100 milliards $ US) d’investissements pour rendre l’économie plus respectueuse de l’environnement au cours des 10 prochaines années.

Le plan d’investissement pour l’Europe, dévoilé mardi, sera financé par le budget de l’UE et le secteur privé. Il vise à concrétiser l’»accord vert» de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour faire de l’Union le premier continent carboneutre au monde d’ici 2050.

Le changement de BlackRock est substantiel. L’entreprise est depuis longtemps la cible de militants écologistes qui ont organisé des manifestations devant son siège social de Manhattan. La firme a été ciblée par certains membres du Congrès qui jugent qu’elle pourrait en faire plus face au changement climatique grâce à son énorme poids économique.

En raison de sa taille et de sa portée, tout changement d’orientation de BlackRock a un potentiel de ramifications beaucoup plus large. L’entreprise est présente dans des dizaines de pays et est souvent appelée la plus grande banque parallèle du monde.

«Au fil du temps, les entreprises et les pays qui ne répondent pas aux parties prenantes et n’abordent pas les risques de développement durable seront confrontés à un scepticisme croissant de la part des marchés et, à leur tour, à un coût du capital plus élevé», a écrit M. Fink. «Les entreprises et les pays qui défendent la transparence et démontrent leur réactivité aux parties prenantes, en revanche, attireront plus efficacement les investissements, y compris des capitaux de meilleure qualité, et plus patients.»

Actualités

Le propriétaire de Traversiers Bourbonnais rend l'âme

Le propriétaire de Traversiers Bourbonnais, Maurice Bourbonnais, est décédé dimanche, à l’âge de 82 ans, à la suite d’un long combat contre une maladie du foie.

L’entreprise, qui gère une flotte de six traversiers effectuant la liaison entre le secteur Masson-Angers, à Gatineau, et le village de Cumberland, en Ontario, en a fait l’annonce mardi matin, sur sa page Facebook.

« Dimanche dernier a été une journée très difficile pour la famille Bourbonnais et son équipage. Nous avons perdu notre grand capitaine Maurice Bourbonnais.... De la part de nous tous, bon voyage et veille sur nous ! Tu vas nous manquer énormément..... », peut-on lire sur le compte Facebook de l’entreprise.

Les messages de sympathies ont afflué par centaines sur le réseau social après la mise en ligne de la publication.

L’ancien député de Papineau et ministre responsable de l’Outaouais Norman MacMillan, qui était un ami et partenaire de golf de M. Bourbonnais, a réagi à la nouvelle avec tristesse, lorsque joint par Le Droit. « C’est un gars qui était très généreux avec la Fondation Santé de Papineau, les clubs sportifs de Masson et Buckingham. Tout le monde aimait Maurice. On va s’ennuyer de lui », a commenté M. MacMillan.

Maurice Bourbonnais était un « homme d’affaires très aguerri », a souligné M. MacMillan.

« Depuis 1968, on a vu les Traversiers Bourbonnais grandir et grossir, avec ses bateaux et ses brise-glaces et son service offert 365 jours par année. Dans les années 1970, personne ne pensait que c’était pour devenir ce que c’est aujourd’hui, mais Maurice et ses deux garçons (Luc et Alain) ont construit quelque chose. On peut dire que nous avons ici notre propre petit Davie, notre propre chantier maritime, comme à Lévis. C’est exceptionnel de voir ça », a confié l’ancien politicien.

Il y a quelques mois, M. MacMillan avait été embauché par la famille Bourbonnais pour être consultant et porte-parole afin d’approcher le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral pour analyser la possibilité que l’entreprise construise un pont privé payant entre les rives québécoise et ontarienne. M. MacMillan espère maintenant que cette suggestion ne tombera pas dans l’oubli.

« Ça pourrait être le futur legs de Maurice qu’on regarde au moins la possibilité d’un pont payant. Si les études démontrent que ça ne fonctionne pas, il n’y a pas de problème. La famille Bourbonnais va continuer à servir la population. Il y a quand même 800 000 automobiles et camions qui passent là chaque année, mais on ne peut pas mettre l’idée d’un pont de côté pour Masson. Il faut au moins regarder l’option », a indiqué l’ancien député de Papineau.

Le conseiller municipal du district de Masson-Angers, Marc Carrière, a aussi réagi au décès de l’homme d’affaires, soulignant le caractère « généreux » de M. Bourbonnais.

« Mes pensées vont à la famille. C’est un homme qui était généreux et toujours très souriant. On perd un homme qui a laissé sa trace et qui était très respecté. Il avait toujours la main sur le cœur et il était toujours prêt à contribuer dans la communauté », a réagi M. Carrière, mardi.

De père en fils

C’est en 1947 qu’Eugène Bourbonnais, dont la famille était originaire de Lefaivre et Plantagenet, dans l’Est ontarien, a fait l’acquisition du service de traversier reliant Montebello et Lefaivre. En 1960, Eugène Bourbonnais a construit un premier traversier en acier, un prototype qui pouvait accueillir huit voitures.

Trois ans plus tard, en 1963, le père de Maurice Bourbonnais et son partenaire d’affaires, Hector Bourgeois, ont acheté le service de traversier Masson-Cumberland des frères Lamarche.

Le flambeau entrepreneurial des Bourbonnais a été passé quelques années plus tard. En 1968, Maurice Bourbonnais a accepté la direction du traversier Masson-Cumberland. 

L’homme d’affaires, qui avait fait ses premiers pas dans le monde des traversiers à l’âge de neuf ans, était à l’époque policier au sein de la section des crimes de la Sûreté du Québec. Ayant décidé de prendre le relais de son père et de se consacrer à temps plein à l’entreprise familiale, il a quitté son emploi d’agent de la paix. Sept années plus tard, en 1975, Maurice Bourbonnais a acheté les parts d’Hector Bourgeois et est devenu propriétaire unique de l’entreprise. 

Deux ans plus tard, la compagnie a amorcé la construction de ses propres bateaux, à l’intérieur de ses ateliers du chemin Fer-à-cheval.

Les Traversiers Bourbonnais embauchent aujourd’hui une cinquantaine d’employés. En plus des six traversiers qu’elle possède et opère, l’entreprise est aussi propriétaire de deux brise-glaces.

Affaires

Les affaires express: Cogeco, Swissport et Baie d’Hudson

Cogeco achète une société au Connecticut pour 50 millions $

La filiale américaine de Cogeco Communications a signé une entente prévoyant son acquisition de Thames Valley Communications, une entreprise de services à large bande active dans le sud-est du Connecticut, pour la somme de 50 millions $. La transaction, qui est assujettie aux approbations réglementaires habituelles, devrait permettre à Atlantic Broadband d’ajouter environ 10 000 clients à ses activités au Connecticut, a précisé vendredi Cogeco dans un communiqué. La clôture de la transaction devrait avoir lieu d’ici trois mois, a ajouté l’entreprise. Atlantic Broadband est déjà bien établie au Connecticut depuis son acquisition, en 2015, des activités à large bande de MetroCast, a rappelé le groupe de télécommunications.  

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Affaires

Après l'écrasement en Iran, le patron d'Aliments Maple Leaf fustige les USA

TORONTO - Un homme d'affaires canadien bien connu, Michael McCain, a adressé dimanche des messages très critiques à l'endroit du gouvernement des États-Unis, quatre jours après qu'un missile iranien ait abattu un avion civil en Iran, faisant 176 morts, dont 57 citoyens canadiens.

Michael McCain, président et chef de la direction des Aliments Maple Leaf, reproche sur twitter aux dirigeants du gouvernement des États-Unis d'avoir posé une série de gestes inutiles et irresponsables en Iran.

Il ajoute que le monde sait que l'Iran est un pays dangereux, mais qu'une solution pour le contenir avait été trouvée, bien qu'elle ait été imparfaite. À son avis, un narcissique à Washington a déstabilisé la région.

Les remarques de Michael McCain ont été émises sur le compte twitter d'Aliments Maple Leaf, mais il précise qu'il s'agit de réflexions personnelles.

Le dirigeant de la compagnie signale qu'un employé a perdu son épouse et son fils âgé de 11 ans dans la tragédie aérienne.

Le Boeing 737-800 avait quitté l'Aéroport international Imam-Khomeini de Téhéran avec près d'une heure de retard pour se rendre à Kiev, la capitale ukrainienne. Il s'est écrasé à Shahedshahr, dans une zone agricole à l'extérieur de Téhéran.

L'incident est survenu quelques heures à peine après l'attaque de missiles balistiques de l'Iran contre deux bases militaires en Irak, où se trouvaient des soldats américains et d'autres États alliés. Ces tirs étaient une réplique à l'assassinat quelques jours plus tôt par les États-Unis du général Qassem Soleimani, responsable des Gardiens de la révolution.

Le site web d'Aliments Maple Leaf signale que la compagnie emploie 11 500 personnes au Canada et aux États-Unis.

Affaires

Les perspectives des sociétés laissent voir un regain d'optimisme

La confiance des entreprises au Canada a légèrement augmenté à mesure que les tensions commerciales mondiales se sont apaisées, mais les Prairies, durement touchées par la baisse des prix de l’énergie, demeurent un point faible, selon la dernière enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada.

L’enquête, qui s’appuie sur des entretiens avec la haute direction d’une centaine d’entreprises, révèle qu’en dehors des régions productrices d’énergie, les témoignages d’amélioration des indicateurs des ventes futures sont nombreux.

Consommation

De l’actualisation continue des lois de protection du consommateur

CHRONIQUE / Dans le marché de la consommation, les tendances se succèdent à un rythme effréné. Nouveaux produits, nouveaux services, nouveaux modes de commercialisation, nouvelles pratiques d’affaires, etc. Une telle cadence pose un réel défi à l’établissement et au maintien d’un cadre législatif qui soit adapté et actuel.

C’est ainsi que depuis la première Loi sur la protection du consommateur (LPC) adoptée il y a maintenant tout près de 50 ans, se sont succédé au cours des ans plusieurs exercices de mise à jour des lois visant à assurer un meilleur équilibre entre d’une part, les commerçants - détaillants et manufacturiers - et d’autre part, les consommateurs en regard de divers problèmes observés dans plusieurs secteurs d’activité.

Affaires

La Coop. forestière Ferland-Boilleau mise sur le thé du Labrador et les huiles essentielles

La Coopérative forestière Ferland-Boilleau investit 850 000 $ afin d’augmenter sa production d’huiles essentielles dédiées aux marchés américain et européen des produits cosmétiques, en misant en particulier sur le thé du Labrador. Le projet s’inscrit dans une vision plus large de mise en valeur des sous-produits de la forêt boréale, laquelle pourrait se traduire en des investissements de trois à quatre millions $ dans les prochaines années.

L’ajout d’un alambic d’une capacité de 5000 litres est au cœur des investissements actuels de la coopérative forestière dans son Centre de valorisation des ressources forestières. Le plan d’investissement a débuté en novembre, a expliqué Éric Simard, directeur administratif de la coopérative forestière et coprésident de BoréaRessources, la filiale de la coopérative dédiée aux huiles essentielles, en marge de l’événement Distille ton sapin, tenu samedi.

Affaires

Accord commercial sino-américain: succès mitigé pour Trump

WASHINGTON — Les États-Unis et la Chine signent mercredi un accord commercial en forme de victoire politique pour Donald Trump qui a cependant un goût amer tant le bras de fer aura laissé des traces sur les deux premières économies mondiales.

«Les problématiques de fond restent en suspens, mais politiquement, c’est une très bonne chose» pour le président américain qui brigue un second mandat, opine Edward Alden, expert en politique commerciale au Council on Foreign Relations.

L’hôte de la Maison-Blanche peut en effet se targuer d’avoir été «tenace» avec la Chine. «Techniquement, il a obtenu un accord» qu’il avait promis à ses électeurs en 2016, souligne-t-il.

En outre, cette trêve dans la guerre commerciale a de quoi rassurer les marchés qui, en 2018 et en 2019, ont subi de nombreux soubresauts au gré des menaces, des vagues de tarifs douaniers ou au contraire des gestes d’apaisement.

Cette accalmie est aussi de nature à stimuler l’économie américaine, un atout pour la campagne de Donald Trump, en levant les incertitudes et en renforçant donc la confiance des consommateurs, traditionnel moteur de la croissance aux États-Unis. Elle devrait aussi relancer les investissements des entreprises, qui ont fortement ralenti en 2019 faute de visibilité sur l’issue du conflit.

Le président américain avait choisi le dernier jour de l’année 2019 pour annoncer que la signature de ce traité partiel aurait lieu le 15 janvier à la Maison-Blanche.

Mais ce n’est que jeudi que le ministère chinois du Commerce a confirmé le déplacement du vice-premier ministre chinois, Liu He, à Washington du 13 au 15 janvier.

«Le document entier sera rendu public mercredi», a promis le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, pour faire taire les sceptiques. «Il y aura une merveilleuse cérémonie», a-t-il ajouté, évoquant un dîner la veille de la signature et un déjeuner le jour même.

Bras de fer sur 10, 20 ans

Sans entrer dans le contenu du texte, objets d’intenses spéculations, M. Kudlow a réaffirmé, en réponse aux critiques, que les États-Unis avaient obtenu de nombreuses concessions.

«C’est un accord historique», a estimé dimanche le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin sur Fox News.

«Pour la première fois, nous avons un accord complet sur les problématiques technologiques, les services financiers, les achats» supplémentaires de biens chinois ainsi qu’un «vrai mécanisme pour faire appliquer» l’accord, a-t-il fait valoir.

Selon Washington, Pékin va acheter pour 200 milliards $US de produits américains sur une période de deux ans comparé à 2017, dont 40 à 50 milliards de biens agricoles.

En échange des engagements chinois, l’administration Trump a renoncé à imposer de nouveaux droits de douane à la Chine et diminué de moitié ceux imposés le 1er septembre sur 120 milliards $US de biens chinois.

L’accord avec Pékin représente «un succès mitigé» pour Donald Trump, estime Eswar Prasad, professeur de politique commerciale à l’Université Cornell et spécialiste de la Chine.

Le président «a extirpé certaines concessions de la part de la Chine et d’autres partenaires commerciaux des États-Unis, mais à un coût important pour l’économie américaine et avec une érosion de la position des États-Unis sur la scène internationale en tant que partenaire commercial digne de confiance et fiable», souligne-t-il.

Si la Chine a bien plus été affectée par la guerre des tarifs douaniers que les États-Unis sur le plan économique, industriels et agriculteurs américains ont souffert eux aussi.

Pour atténuer les pertes dans le secteur agricole, l’administration Trump a même dû débloquer 28 milliards de dollars d’aide au total entre 2018 et 2019.

L’industrie manufacturière est, elle, entrée en récession en août.

«Le préjudice […] a été important et les engagements de nouveaux achats sont peu susceptibles de réparer ces dommages», commente Edward Alden.

Alors que Donald Trump a lancé l’offensive avec l’objectif de réduire le déficit commercial américain et de mettre fin à des pratiques commerciales jugées «déloyales», les experts doutent aussi de la capacité des États-Unis à obtenir des changements structurels.

La Chine, elle-même confrontée à des enjeux politiques, est en effet peu encline à revisiter son modèle économique.

Eswar Prasad prédit ainsi que Pékin ne cédera pas sur des demandes clés de l’administration Trump, en particulier la réduction substantielle des subventions d’État aux entreprises.

Xu Bin, professeur d’économie à l’École de commerce international Chine Europe (CEIBS) à Shanghai, estime que pour l’heure, les deux parties ont atteint une situation «acceptable, pas une victoire».

Il s’attend à ce que le bras de fer se poursuive pendant longtemps, «au cours des 10, 20 prochaines années, voire plus».

Pour lui, les deux géants vont alterner les cycles de conflit et de trêve pour satisfaire leur opinion publique.

Techno

Taxation du numérique: comment la France tente d'éviter les sanctions américaines

PARIS — Contacts directs avec Donald Trump, rencontres conviviales avec certains de ses proches, mais aussi menaces : la France a pratiquement tout essayé pour éviter des représailles américaines pour sa taxe sur le numérique, sans parvenir à les écarter pour l’instant.

Depuis bientôt une année, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, à l’origine de la taxe sur les géants du numérique appliquée depuis un an par son pays, assume un rôle dans les relations avec les États-Unis qui sort parfois du périmètre de son ministère.

Le vendredi 12 avril, en marge des réunions de printemps du FMI à Washington, son agenda avait été complètement chamboulé par un coup de fil imprévu le conviant à rencontrer à la Maison-Blanche Donald Trump, dont l’interlocuteur est habituellement le président français.

«C’était constructif, franc, mais difficile et tendu aussi», avait alors expliqué son entourage à l’AFP. Même si M. Trump l’avait appelé par son prénom, le ministre s’était vu contraint de démentir que la taxe française visait exclusivement les GAFA, acronyme des géants américains Google, Amazon, Facebook et Apple.

Quelques mois plus tôt, le premier ministre Édouard Philippe avait annoncé la mise en place de ce nouvel impôt pour financer partiellement les mesures prises lors de la crise des «gilets jaunes», sans attendre la conclusion des négociations en cours à l’OCDE sur un accord international.

Depuis, M. Le Maire a multiplié en vain les rencontres bilatérales pour apaiser la relation avec Washington, en maintenant des contacts réguliers avec son homologue américain Steven Mnuchin ou le représentant au Commerce Robert Lighthizer.

À la fin du mois d’août, il a reçu dans sa maison de St-Pée-sur-Nivelle, dans le Pays basque Steven Mnuchin, souvent présenté comme le good cop de l’administration américaine.

À ce moment-là, l’ambiance était à la détente. À quelques kilomètres de la résidence d’été de M. Le Maire, le président Emmanuel Macron et M. Trump se retrouvaient à Biarritz, en marge du sommet du G7.

Tous deux promettaient alors d’aplanir leur différend. La France s’engageait à renoncer à sa taxe dès qu’un accord mondial était trouvé à l’OCDE et même à rembourser les sommes prélevées auparavant.

L’option bilatérale

La stratégie consistait à passer par le dialogue direct. «On voit très bien comment Trump est mal à l’aise dans les réunions multilatérales. Il médiatise les rencontres bilatérales. C’est sa méthode et elle ne changera pas», a expliqué à l’AFP Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

En vérité, cette stratégie n’a pas porté ses fruits non plus. Au mois de septembre, M. Le Maire faisait un rapide aller-retour à Washington pour rencontrer M. Mnuchin. De retour dans la capitale américaine en octobre pour les réunions annuelles du FMI, il retournait à la Maison-Blanche.

Alors que les États-Unis imposaient une taxe sur différents produits européens, dont 25 % sur le vin français, après y avoir été autorisé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre du différend sur Airbus et Boeing, le ministre rencontrait cette fois-ci Jared Kushner, gendre et conseiller du président.

Une fois de plus, ces entretiens n’ont pas donné de résultat : M. Lighthizer a ouvert début décembre une procédure qui pourrait aboutir à des représailles contre la France pour sa taxe sur le numérique.

Dans la foulée, la France a tenté à nouveau la rencontre bilatérale entre M. Macron et M. Trump en marge du sommet de l’OTAN à Londres en décembre, tout en menaçant les États-Unis de «ripostes» et en appelant l’Union européenne en renfort.

Avec une mise en scène soignée, devant les drapeaux français et européens à Bercy, siège de son ministère, M. Le Maire est apparu mardi aux côtés du commissaire européen au Commerce, Phil Hogan, qui doit se rendre à Washington cette semaine, pour montrer que Bruxelles soutient la France dans ce dossier.

M. Le Maire a toutefois annoncé que la France et les États-Unis s’étaient donné deux semaines pour trouver un accord au sein de l’OCDE qui pourrait mettre fin à la dispute bilatérale. «Il cherche une porte de sortie», a commenté à l’AFP une source proche des négociations, qui juge que la France «est allée trop vite avec sa taxe».

En attendant, l’administration américaine n’a toujours pas levé ses menaces de sanctions.

Affaires

Création nette de 35 200 emplois en décembre au Canada

OTTAWA — Le marché du travail canadien a rebondi en décembre pour afficher un gain net de 35 200 emplois et contrebalancer une partie des pertes de novembre, qui avaient été les plus fortes en un seul mois depuis la crise financière.

Le taux de chômage a pour sa part reculé à 5,6 %, contre 5,9 % en novembre, lorsque le pays avait perdu 71 200 emplois.

Le nombre d'employés du secteur privé a augmenté de 56 900 en décembre, un gain atténué par la disparition de 21 500 emplois dans le secteur public, a précisé vendredi Statistique Canada. Le nombre de travailleurs indépendants a reculé de 200.

Le nombre d'emplois à temps plein a augmenté de 38 400, tandis que le nombre d'emplois à temps partiel a diminué de 3200.

Robert Kavcic, économiste principal chez BMO Marchés des capitaux, a estimé que le rapport sur les emplois permettrait à la Banque du Canada de mieux respirer, car le marché du travail a terminé 2019 sur une solide note après avoir enregistré une certaine faiblesse en octobre et novembre.

«Cela devrait aider à atténuer au moins la préoccupation de la Banque du Canada, en établissant que le marché du travail ne s'effondrait pas vraiment à la fin de 2019», a-t-il affirmé.

M. Kavcic a noté que le nombre de pertes d'emplois en novembre était «semblable à ceux d'une récession», mais que d'autres données économiques n'allaient pas dans le même sens.

Le rapport sur le marché du travail est notoirement volatil, mais la tendance au second semestre de l'année dernière a été plus faible qu'au début de l'année.

Après la faiblesse du quatrième trimestre de 2019, M. Kavcic ne s'attend pas à un retour aux gains d'emplois observés au premier semestre de l'année dernière.

«Nous n'obtiendrons pas 30 000 ou 40 000 emplois par mois comme nous l'avons vu au cours du premier semestre de 2019, nous allons plus probablement en avoir quelque chose comme 15 000» ou peut-être près de 20 000 pour ce qui est de la croissance mensuelle, a-t-il précisé.

L'économie canadienne a créé 320 300 emplois pour toute l'année 2019, dont 282 800 postes à temps plein et 37 500 emplois à temps partiel.

Conforme aux commentaires de M. Poloz

L'économiste en chef des Centres hypothécaires Dominion, Sherry Cooper, a souligné que le rapport sur l'emploi de décembre donnait raison à la politique actuelle de la Banque du Canada, qui veut que malgré les vents contraires, l'économie reste relativement résistante et que de nouvelles baisses de taux d'intérêt ne soient pas nécessaires.

«Cette évaluation peut changer en un rien de temps dans le monde incertain d'aujourd'hui, mais pour l'instant, la banque centrale devrait rester en attente», a-t-elle fait valoir.

La Banque du Canada devrait prendre sa prochaine décision sur les taux d'intérêt et publier la mise à jour de son rapport sur la politique monétaire le 22 janvier.

La banque centrale maintient son taux directeur à 1,75 % depuis plus d'un an, alors que nombre de ses homologues internationaux, y compris la Réserve fédérale américaine, ont choisi de baisser leurs taux et d'assouplir leur politique monétaire en réponse à la faiblesse de la conjoncture économique mondiale.

L'économiste principal de la Banque TD, Brian DePratto, a noté que le rapport sur l'emploi de vendredi était conforme aux récents commentaires du gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

«Certains aspects des données sur les emplois, tels que les salaires, ont offert une bonne performance, tandis que d'autres, comme le nombre d'heures travaillées, ne l'ont pas fait.»

«Il semble que nous devrons attendre le rapport sur la politique monétaire de ce mois pour voir où le gouverneur et son équipe atterriront dans l'interprétation de ces tendances.»

La hausse globale de l'emploi en décembre est survenue alors que le secteur de la production de biens a ajouté 15 700 emplois, aidé par une augmentation de 17 000 emplois dans l'industrie de la construction. Parallèlement, le secteur des services a créé 19 400 emplois, tandis que l'industrie de l'hébergement et des services de restauration a gagné 24 900 emplois.

À l'échelle régionale, l'Ontario et le Québec ont enregistré les meilleurs gains.

L'Ontario a créé 25 100 emplois en décembre, dopé par des gains dans la construction et l'administration publique.

Le Québec a ajouté 21 100 emplois au cours du mois, grâce à des gains dans le secteur de l'hébergement et des services de restauration, ainsi que dans le secteur manufacturier. Son taux de chômage a retraité de 0,3 point de pourcentage, à 5,3 %.

La Colombie-Britannique a affiché la plus forte baisse, avec la disparition de 7700 emplois, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador a perdu 5000 emplois en décembre.