Monde

Fox News soutient CNN contre Trump, qui ne lâche rien

NEW YORK - La chaîne d’information Fox News, connue pour les positions pro-Trump de ses présentateurs, a soutenu publiquement CNN dans sa démarche judiciaire contre l’administration Trump, qui a signalé mercredi son intention de ne pas céder.

Le débat déjà houleux entre les médias et le président américain s’est envenimé avec le retrait de l’accréditation du journaliste de CNN Jim Acosta, le 7 novembre, au lendemain d’un échange tendu lors d’une conférence de presse.

La tension monte chaque jour un peu plus depuis une semaine entre la presse déjà critique de l’administration Trump et un président qui la diabolise quotidiennement depuis trois ans et tente systématiquement de la discréditer.

Mardi, la chaîne câblée, filiale du groupe AT&T, a assigné en justice l’administration Trump pour récupérer le précieux sésame.

Les accréditations, «ne devraient pas être utilisées comme une arme», a déclaré le président de Fox News, Jay Wallace, dans une déclaration transmise mercredi à l’AFP, indiquant que sa chaîne «(soutenait) CNN dans sa démarche en justice».

Concrètement, Fox News va faire une demande en intervention («Amicus brief» en droit américain), qui permet à un tiers de se joindre à une procédure, non pas pour obtenir réparation, mais pour faire entendre sa position, en soutien de celui qui attaque.

«Bien que nous n’approuvions pas le ton antagoniste croissant employé à la fois par le président et les médias lors de récents points de presse», a écrit le président de Fox News, «nous sommes favorables à une presse libre, à l’accès (des médias au gouvernement) et à des échanges ouverts pour le public américain.»

«Droit constitutionnel» 

Face à ce front commun et aussi à la défection d’un allié de poids en la personne de Fox News, dont la plupart des présentateurs soutiennent publiquement le président américain, l’administration Trump a répliqué mercredi, sans céder un pouce de terrain.

«Le président et la Maison-Blanche ont toute discrétion pour gérer l’accès des journalistes à la Maison-Blanche», ont écrit plusieurs responsables du ministère de la Justice, notamment l’adjoint au ministre, Joseph Hunt, dans un document versé mercredi à la procédure, au nom de l’administration Trump.

Pour ces responsables, la décision de révoquer l’accréditation de Jim Acosta «était légale».

CNN fait valoir que ce retrait porte atteinte au Premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression et la liberté de la presse.

«Aucun journaliste n’a un droit garanti par le Premier amendement de pénétrer dans la Maison-Blanche», a répondu l’administration Trump dans le document publié mercredi.

«Le raisonnement à l’appui du retrait de l’accréditation de M. Acosta, selon lequel il perturbait l’activité de la presse est évident dans la vidéo» de la conférence de presse, ont fait valoir les responsables du ministère de la Justice.

La Maison-Blanche avait initialement affirmé que la décision n’était pas liée aux questions du reporter, qui soulignait que la campagne de Donald Trump avait présenté, de manière exagérée selon lui, comme une menace pour les Américains le convoi de plusieurs milliers de migrants venus d’Amérique centrale en route vers la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, avait justifié ce retrait par ce qu’elle avait présenté comme le comportement déplacé de Jim Acosta envers une jeune stagiaire chargée de récupérer le micro lors de la conférence de presse.

«Que les informations du jour concernent la sécurité nationale, l’économie ou l’environnement, les journalistes qui couvrent la Maison-Blanche doivent demeurer libres de poser des questions», ont écrit 13 organes de presse et organisations professionnelles, parmi lesquels Associated Press, le New York Times et le Washington Post.

«Nos organisations soutiennent le droit constitutionnel d’interroger ce président, ou n’importe quel président», ont-ils expliqué, indiquant qu’ils participeraient aussi à la procédure de CNN contre l’administration Trump.

Politique

Demandeurs d’asile: Québec n’a pas pris l’argent offert par Ottawa

OTTAWA - Québec n’a jamais encaissé le chèque de 36 millions $ qu’Ottawa lui avait offert pour compenser les coûts générés par l’accueil des demandeurs d’asile en 2017.

L’argent annoncé en juin n’a jamais été transféré, selon l’attaché de presse du ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, parce que le gouvernement québécois n’en aurait pas voulu.

Une source près des négociations entre les deux gouvernements a confirmé cette information de façon confidentielle tout en apportant une nuance. Québec était prêt à accepter l’enveloppe de 36 millions $ qui devait couvrir les frais d’hébergement temporaire des migrants, mais demandait à Ottawa de s’engager à poursuivre les discussions pour le remboursement du reste du montant exigé pour 2017 et pour les frais anticipés lors des années subséquentes. Le gouvernement fédéral aurait refusé de s’engager par écrit. Les négociations se sont donc poursuivies jusqu’au déclenchement de la campagne électorale, en août.

Cette nouvelle survient la veille d’une rencontre entre le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, et le ministre québécois de l’Immigration où il sera question de l’argent réclamé par Québec. Il s’agit de la deuxième rencontre en un peu plus d’une semaine.

En entrevue avec La Presse canadienne mercredi, le ministre LeBlanc semblait ouvert à rembourser le Québec pour l’accueil des demandeurs d’asile en 2017 et en 2018. Il a indiqué qu’Ottawa cherchait «une façon d’être généreux».

Le gouvernement Couillard avait exigé le remboursement de 146 millions $ pour la prise en charge des demandeurs d’asile entrés au pays de façon irrégulière frontière canado-américaine près du poste de Saint-Bernard-de-Lacolle en 2017. L’ex-ministre de l’Immigration, David Heurtel, avait souligné qu’il s’agissait d’un point de départ.

Gatineau

Infrastructures: Gatineau a réalisé 83 % de ses objectifs en 2018

Les constats sur la performance du service des infrastructures de la Ville de Gatineau ont été faussés pendant plusieurs années en raison de la façon simpliste utilisée par l’administration pour faire sa reddition de compte aux élus.

Les Gatinois doivent aujourd’hui évacuer de leur esprit les données abondamment utilisées par certains conseillers, et relayées par les médias, qui laissaient entendre que la Ville arrivait tout juste à livrer 50 % des travaux prévus annuellement. 

Le service des infrastructures a présenté, mercredi, dans le cadre de la troisième journée de l’étude du budget 2019, le nouvel outil qui permettra au conseil d’apprécier sa performance annuelle. Afin de mieux refléter la réalité, chaque projet est maintenant segmenté selon les étapes à franchir pendant l’année.

Afin d’imager la nouvelle façon de présenter les résultats, le président du conseil municipal, Daniel Champagne, a offert l’exemple d’une personne qui souhaite se construire une maison. «Si mon objectif pendant l’année était de couler la fondation et monter la charpente et que c’est fait, je peux dire que j’ai réalisé 100 % de mon objectif, même si la maison n’est pas encore construite en entier», a-t-il expliqué. 

Cette nouvelle façon plus rigoureuse de présenter les résultats permet au service des infrastructures d’afficher une performance beaucoup plus enviable aujourd’hui dans le contexte où certains projets peuvent s’étendre sur plusieurs années. 

Le porte-parole du comité exécutif, Cédric Tessier, s’est dit satisfait du portrait. «On voit qu’on a réalisé 83 % de ce qui était prévu de faire dans chacun de nos projets en 2018 et nous avons dépensé 96 % des budgets alloués pour le faire, a-t-il dit. On voit qu’il y a encore du travail à faire pour améliorer la performance dans la réalisation des plans et devis. Il y a eu des embauches massives cette année et c’est évident que ça aura un impact.»

Les chiffres

De fait, les 37 chantiers amorcés en 2017 qui devaient être poursuivis en 2018 l’ont été. Le service des infrastructures prévoyait débuter 123 chantiers pour une valeur de 92 millions $ en 2018. En réalité, ce sont 97 projets qui ont été mis en chantier. Cela représente un taux de réalisation dans ce segment de 79 %. Quant à l’étape des plans et devis, 115 projets d’infrastructures d’une valeur de 193 millions $ devaient entrer dans la phase de la planification. Un total de 81 projets ont atteint comme prévu cette phase, ce qui représente une performance de 70 % par rapport à ce qui était prévu. 

«On vient de s’enlever une épine du pied, a admis M. Champagne. Il fallait absolument trouver une façon de mieux faire cette pédagogie et nous avons réussi à le faire en attribuant un chiffre à chaque segment des travaux. Il était faux de prétendre qu’on ne réalisait que 50 % de nos objectifs. Ce n’était pas vrai du tout.»

Justice et faits divers

Un autre suspect appréhendé pour braquage à domicile

Un autre individu a été arrêté en lien avec le braquage à domicile survenu dans le secteur Buckingham, le 29 octobre dernier.
Jason Stuart, 28 ans, a été arrêté lundi. Il est le deuxième suspect arrêté dans cette affaire.

Le braquage domicile s’est produit au 356, avenue de Buckingham.  

Lui et d’autres complices pourraient avoir fait d’autres victimes, croit la police de Gatineau, qui poursuit son enquête.

Jason Stuart a été accusé d’introduction par effraction, de séquestration, d’enlèvement, d’agression armée, de braquage d’une arme à feu, d’usage négligent d’une arme à feu, de voie de fait, d’extorsion, de méfaits et de menaces.