Actualités

Jean Béland, le boss des maths

390 divisé par 8. Êtes-vous en mesure de calculer le résultat de cette équation sans utiliser de calculatrice ? Jean Béland, oui. Et sans aucun problème, à part ça. Le Granbyen de 45 ans a remporté les trois épreuves du premier Championnat canadien de calcul mental, le 15 septembre dernier.

Additionner dix nombres à deux chiffres, multiplier deux nombres à deux chiffres et diviser un nombre à trois chiffres par un nombre à un chiffre, et ce, le plus souvent possible : voilà ce que Jean Béland a réalisé en cinq minutes au championnat qui s’est déroulé à Montréal et simultanément à Toronto et Vancouver.

Actualités

Maladie débilitante: possibilité de fermetures de la chasse au cerf de Virginie

QUÉBEC - Le ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs songe à une fermeture de la chasse au cerf de Virginie dans les zones 9 ouest et 10, soit dans un territoire des Laurentides qui s’étend approximativement de la frontière de l’Ontario jusqu’à Saint-Donat, à l’est.

Les autorités ont entrepris leur réflexion après la découverte d’un cas de maladie débilitante chronique chez un cervidé d’élevage dans la région des Laurentides.

La chasse sportive au cerf de Virginie est imminente dans la plupart des zones et a déjà débuté à certains endroits. La possibilité de fermeture de la chasse cause donc de l’inquiétude chez les amateurs de cette pratique.

Les secteurs concernés ainsi que les modalités en cas de fermeture seront précisés dès que possible sur le site web et sur la page Facebook du ministère.

Parmi les signes présents chez un cervidé atteint de la maladie figurent une maigreur excessive, des tremblements subtils de la tête, une position d’appui des membres élargie, un pelage terne, pâle et hérissé, de l’agressivité et un léger trouble de la coordination des mouvements.

Les chasseurs sont invités à signaler aux autorités toute observation de cervidé présentant des signes pouvant être associés à la maladie.

Environnement

G7: David Suzuki réclame la démission de McKenna

HALIFAX — La ministre canadienne de l’Environnement, Catherine McKenna, a accueilli ses homologues du G7 mercredi à Halifax, en leur demandant de faire plus pour combattre les changements climatiques. Pendant ce temps, l’éminent environnementaliste David Suzuki réclamait sa démission en raison du soutien du gouvernement Trudeau aux combustibles fossiles.

La ministre McKenna a donc ouvert la rencontre en racontant avoir rencontré des Inuits de l’Arctique qui craignent de défoncer la glace trop mince lorsqu’ils chassent le phoque. Elle a expliqué que les habitants du Nord attendaient impatiemment que les leaders nationaux prennent les mesures nécessaires pour combattre le réchauffement de la planète.

Les ministres du G7 des Océans et de l’Énergie assistent également à la rencontre. En plus des changements climatiques, ils discuteront de la pollution des océans par le plastique, de la pêche illégale et de l’énergie propre.

Mme McKenna a déclaré qu’il était important de renforcer les règles dès cette année pour s’assurer que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés dans l’accord de Paris sur le climat soient respectés.

Alors qu’elle prononçait son discours, sa démission était réclamée par David Suzuki dans un article publié mercredi par La Presse.

Si elle pense réellement ce qu’elle dit, Catherine McKenna devrait démissionner «au lieu de faire l’apologie du gouvernement», affirme David Suzuki sur le site internet du média montréalais. M. Suzuki a estimé que le Canada manquait de crédibilité en matière de changement climatique, le gouvernement libéral soutenant la construction d’un oléoduc vers la côte de la Colombie-Britannique afin de transporter le pétrole de l’Alberta.

«On a un premier ministre qui a signé (l’accord de Paris sur le climat), qui a dit: «Nous sommes de retour», et nous l’avons tous louangé (...), puis il approuve des oléoducs! Qu’est-ce que c’est que ça?», selon les propos rapportés par «La Presse».

La vérité, selon le docteur Suzuki, est que «nous ne sommes pas sérieusement engagés à respecter l’accord de Paris» et que les libéraux ont trompé les Canadiens sur leurs véritables intentions en matière d’environnement.

Suivre l’exemple de Nicolas Hulot

L’environnementaliste a estimé que la ministre McKenna devrait suivre l’exemple de Nicolas Hulot, qui a démissionné le mois dernier en tant que ministre de la Transition écologique en France.

Par ailleurs, le chef de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis, Andrew Wheeler, était à Halifax pour le discours d’ouverture de Catherine McKenna, mais il ne figurait pas parmi les orateurs d’ouverture et les médias n’étaient pas admis aux autres allocutions de la réunion du matin.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a été critiqué pour la décision de son administration de se retirer de l’accord historique de Paris sur le climat.

Nicholas Stern, président du Grantham Institute on Climate Change, a suggéré lors des remarques d’ouverture que les pays qui ignorent le changement climatique risquent de prendre du retard sur les pays qui investissent dans les énergies et les infrastructures vertes. L’économiste britannique a déclaré aux délégués qu’il y a des milliards de dollars de débouchés économiques dans des domaines tels que les énergies renouvelables et les bâtiments à faible consommation d’énergie.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, le Canadien Mark Carney, s’est adressé aux participants par vidéoconférence. Il a affirmé que le monde des affaires s’apprêtait à être plus transparent concernant sa vulnérabilité aux changements climatiques.

Des délégués de la Jamaïque, de Nauru, de la Norvège, des Seychelles, du Vietnam, des îles Marshall et du Kenya sont aussi sur place, en plus de représentants de certaines grandes entreprises comme Walmart, de firmes d’assurances et de groupes environnementaux.

Politique

De multiples violations de droits au G7

Les mesures de sécurité entourant la réunion du G7 dans Charlevoix, en juin dernier, ont donné lieu à de multiples violations des droits de la personne et les chefs des partis politiques en campagne sont invités à réaffirmer avec fermeté leur volonté de garantir le droit de manifester.

Le rapport de la mission d’observation du G7 menée par la Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale, rendu public mercredi, dresse un constat accablant des mesures de sécurité et de leur effet délétère sur les droits et libertés des citoyens.

Geneviève Paul, porte-parole d’Amnistie internationale, est catégorique : les autorités tant politiques que policières «n’ont pas respecté leurs obligations de protéger et garantir l’exercice de la liberté d’expression et de réunion pacifique, qui comprend le droit de manifester».

«Climat de peur et d’intimidation»

Ainsi, les observateurs notent qu’avant même la tenue du sommet, un «climat de peur et d’intimidation» s’est installé en raison notamment des déclarations du premier ministre Philippe Couillard et de l’annonce de mesures de sécurité colossales, incluant la construction d’un centre de détention qui n’a jamais servi.

«On a même recommandé aux gens de fermer l’air conditionné dans la maison en cas d’épandage de gaz lacrymogène ou de se terrer chez eux», a déploré Mme Paul.

Ce climat a eu «un effet dissuasif» qui a vraisemblablement contribué au fait que les manifestants ont été peu nombreux.

Une fois le sommet amorcé, «les manifestants — pacifiques, il faut le rappeler — se sont retrouvés face à un dispositif policier complètement disproportionné, excessif, injustifié», a-t-elle poursuivi.

Arrestations arbitraires

La mission a documenté une série de violations de droits tout au long de l’événement.

Les quelque 45 observateurs ont ainsi témoigné d’arrestations qu’ils estiment arbitraires et souvent accompagnées d’un recours à la force «totalement injustifié» auprès de personnes qui n’offraient aucune résistance, suivies d’accusations qui n’étaient pas reliées aux motifs d’arrestation.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) est d’ailleurs sévèrement critiqué pour ces mises en accusation et plus encore pour avoir permis des durées de détention prolongées jusqu’à 60 heures et de s’être opposé à des remises en liberté en attendant la comparution.

Aussi, plusieurs personnes détenues n’ont pu communiquer avec un avocat avant leur comparution.

«Le droit à l’assistance et à la représentation effective et adéquate par avocat a été violé et, évidemment que ça compromet le droit à une défense pleine et entière et le droit à un procès juste et équitable», a noté la porte-parole de la Ligue des droits et libertés, Nicole Filion.

Atteintes à la liberté de presse

Mme Filion a aussi fait état d’atteintes à la liberté de presse.

«Nous avons été témoins du fait que des journalistes ont été pris pour cible par les forces de l’ordre. Des armes ont été pointées directement vers certains d’entre eux; un canon sonore a été utilisé à proximité et même en direction d’un journaliste; certains ont été bousculés à quelques reprises par des policiers et une journaliste a été menacée d’être arrêtée pour entrave», a-t-elle dit.

On parle également de fouilles et de contrôles d’identité abusifs de manifestants, notant que pour procéder à des fouilles, les policiers doivent avoir des motifs raisonnables de croire à une menace à la sécurité, alors que ce n’était pas le cas.

Appel aux politiciens

Amnistie internationale et la Ligue des droits et libertés s’inquiètent du fait que tous les groupes et comités créés pour encadrer et surveiller les mesures de sécurité ont reconnu que les manifestations étaient pacifiques, mais que tant le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, que le groupe de sécurité intégrée qui regroupait les différents corps policiers et les Forces armées canadiennes ont dressé un bilan positif des mesures de sécurité, malgré tous les abus.

«Il faut cesser d’associer manifestation et danger et plutôt valoriser, encourager, soutenir l’exercice de la liberté d’expression comme un droit fondamental et un élément essentiel à toute société démocratique», a martelé Mme Paul.

Les deux organismes réclament des chefs de parti qu’ils se prononcent sur les conclusions de leur rapport et qu’ils expliquent publiquement comment leurs partis entendent protéger et garantir l’exercice du droit de manifester.