Monde

Brexit: May précisera sa vision du future partenariat avec l’UE

La première ministre britannique Theresa May va préciser sa vision du partenariat post-Brexit du Royaume-Uni avec l’Union européenne vendredi 2 mars, a annoncé vendredi son porte-parole, au lendemain d’une réunion-marathon de huit heures avec son gouvernement.

Theresa May a réuni jeudi ses principaux ministres dans la résidence de campagne du premier ministre à Chequers (70 km au nord-ouest de Londres) pour l’après-midi et la soirée, afin d’aborder les relations économiques entre l’Union européenne et le Royaume-Uni après le départ de celle-ci, prévu en mars 2019.

«La première ministre a exposé ses plans clairement. Nous travaillons à obtenir un accord qui fonctionne pour toutes les composantes du Royaume-Uni (...) et permette les échanges commerciaux les plus souples possible», a dit le porte-parole.

«La première ministre va exposer plus de détails sur la position du gouvernement vendredi», a-t-il ajouté alors que les partenaires européens de Londres montrent une certaine impatience de connaître quelle relation exactement le gouvernement britannique souhaite à l’avenir, près d’un an après le déclenchement de la procédure de divorce qui doit être effectif le 29 mars 2019.

Londres affirme vouloir quitter le marché unique et l’union douanière, mettre fin à la liberté de circulation des migrants et à la juridiction de la Cour européenne des droits de l’Homme. Dans le même temps, Theresa May veut négocier un accord qui réduirait autant que possible les droits de douane et les démarches administratives.

Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a toutefois averti que les contrôles à la frontière seraient «inévitables» si le Royaume-Uni sortait du marché unique et de l’union douanière.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, doit donner les orientations des délibérations sur les futures relations, lors d’un sommet européen les 22 et 23 mars, les négociations devant commencer en avril.

Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, principal parti d’opposition aux conservateurs de Theresa May, doit lui afficher sa position dans une allocution lundi matin. Selon les médias britanniques, après avoir longtemps exclu cette possibilité, il pourrait annoncer que le Labour veut le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière et qu’il est favorable à la tenue d’un second référendum sur le Brexit.

La réunion de Chequers, jeudi, a rassemblé les membres de la sous-commission ministérielle chargée du Brexit, dont le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, tenant d’une rupture sans concession avec Bruxelles, et le ministre des Finances Philip Hammond, favorable à des liens plus étroits.

Les débats ont porté sur les secteurs automobile, agroalimentaire et le commerce digital, tandis que Theresa May a dirigé une discussion sur le partenariat économique dans son ensemble, a ajouté le porte-parole.

Politique

Ottawa compte légiférer sur les actes répréhensibles d’entreprises

Le gouvernement Trudeau va légiférer en matière d’actes répréhensibles commis par les entreprises, ce qui pourrait aider SNC-Lavalin, visée par des accusations criminelles, à tourner la page sur son passé trouble.

Au terme de consultations qui se sont terminées en décembre, Ottawa mettra en place un régime d’accords de poursuite suspendue (APS) en plus de modifier le Régime d’intégrité - qui peut empêcher une entreprise fautive de décrocher des contrats gouvernementaux.

On ignore pour l’instant quand le gouvernement Trudeau passera à l’action et quelles seront les modalités pour conclure des ententes avec des entreprises jugées fautives.

Le temps presse pour SNC-Lavalin, puisque l’enquête préliminaire découlant des accusations de fraude et de corruption déposées en 2015 par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en lien avec des gestes qui auraient été posés en Libye doit s’amorcer en septembre.

«C’est un pas dans la bonne direction», a indiqué vendredi la vice-présidente principale aux communications de l’entreprise, Isabelle Perras.

La firme de génie-conseil milite depuis des années pour la mise en place d’un APS semblable à ceux qui existent dans d’autres pays, comme aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Ces accords prévoient généralement le paiement d’une amende ainsi qu’un resserrement des mécanismes de gouvernance en place au sein de la société concernée. Éventuellement, les accusations peuvent être abandonnées si l’entreprise se conforme aux exigences de l’entente.

La firme, qui dit avoir apporté les changements nécessaires, fait valoir que des APS permettraient aux entreprises de régler les affaires de corruption et d’éviter de se retrouver en situation de désavantage lorsqu’elles font concurrence à des firmes rivales d’autres pays membres du G7.

«L’intention du gouvernement fédéral enlève un grand poids sur les épaules des entreprises canadiennes qui font affaires à l’international», a estimé Mme Perras.

Encore des questions

Mme Perras ignorait toutefois pour l’instant si SNC-Lavalin pourrait éventuellement conclure une entente qui paverait la voie un abandon des accusations qui pèsent sur la société ou à l’annulation des procédures judiciaires.

Si l’entreprise devait être reconnue coupable, la multinationale pourrait perdre le droit de soumissionner dans l’espoir de décrocher des contrats gouvernementaux.

D’après la GRC, la firme aurait versé 47,7 millions $ à des titulaires de charges publiques en Libye dans le but d’influencer les décisions gouvernementales. De plus, deux divisions auraient privé diverses organisations locales d’environ 129,8 millions $.

L’annonce d’Ottawa a néanmoins semblé rassurer les investisseurs, puisqu’à la Bourse de Toronto, l’action de SNC-Lavalin prenait 3,51 pour cent, ou 1,95 $, vendredi après-midi, pour se négocier à 57,55 $.

«Nous estimons que c’est un pas dans la bonne direction qui était attendu depuis longtemps, a estimé l’analyste Frédéric Bastien, de Raymond James, dans un rapport envoyé à ses clients. Cela mettrait un terme au scandale de corruption survenu en 2012 en plus d’attirer de nouveaux investisseurs.»

Au Québec, SNC-Lavalin avait conclu une entente avec sept municipalités, dont Montréal, Laval et Québec, en décembre afin de remettre une somme non précisée dans le cadre du programme de remboursement volontaire (PRV).

Plus efficace

Pour le directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau, les APS permettront de régler des dossiers en évitant la «voie légale, souvent longue coûteuse et complexe».

«Évidemment, les fonctionnaires devront négocier rigoureusement, mais je crois que c’est une solution à privilégier», a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique.

À son avis, des ententes directes entre Ottawa et des entreprises ne risquent pas de se traduire par un relâchement au chapitre de la gouvernance compte tenu du suivi qui accompagne généralement un APS.

De plus, en vertu de la clause Jordan, de plus en plus de sociétés pourraient être tentées d’utiliser des «manoeuvres dilatoires» pour «étirer» les délais, ce qui pourrait mener à des demandes pour arrêter les procédures.

Pour le directeur général de l’IGOPP, la transparence devra être au coeur des d’éventuelles ententes qui seront conclues entre Ottawa et des sociétés.

«Il faudra donner le plus de détails possible sur le règlement, a dit M. Nadeau. L’entente devra permettre à l’opinion publique de se prononcer. Il pourrait y avoir des pressions sur le gouvernement en cas de règlement trop clément.»

Monde

Scandales sexuels en humanitaire: la Croix-Rouge souhaite un «changement de culture»

Le secteur humanitaire, en proie à des scandales sexuels, se trouve à un «tournant de son histoire», a estimé vendredi le directeur du Comité international de la Croix-Rouge, jugeant nécessaire un «changement de culture» au sein du CICR.

«Il est extrêmement important que le silence qui entourait ces questions ait été brisé. L’ensemble du secteur humanitaire se trouve à un tournant de son histoire», a indiqué Yves Daccord, dans une déclaration écrite.

«Nous devons rester humbles, écouter attentivement les communautés et les membres du personnel et reconnaître qu’un changement de culture doit être opéré dans notre institution», a-t-il ajouté.

Cet appel survient dans le sillage du vaste scandale touchant l’organisation britannique Oxfam, incluant des faits de prostitution en Haïti. Vient s’ajouter la démission du numéro deux de l’Unicef, le Britannique Justin Forsyth, accusé de comportement inapproprié envers des femmes alors qu’il travaillait pour l’organisation Save the Children.

Le directeur général adjoint d’Onusida, accusé d’agression sexuelle par une employée, mais blanchi par une enquête interne de l’ONU, a également annoncé son départ de l’agence.

Au CICR, tous les membres du personnel ont l’obligation contractuelle de respecter le Code de conduite du CICR, qui s’applique depuis 2006 et qui interdit explicitement l’achat de services sexuels. Cette interdiction s’applique «en toutes circonstances et dans le monde entier, y compris les pays où la prostitution est légale», précise l’organisation, qui emploie plus de 17.000 personnes.

«Avoir recours au sexe tarifé est incompatible avec les valeurs et la mission de l’institution», relève M. Daccord.

Depuis 2015, le CICR a identifié 21 membres du personnel qui ont été licenciés pour recours au sexe tarifé ou qui ont démissionné après l’ouverture d’une enquête interne. Par ailleurs, les contrats de deux autres membres du personnel suspectés d’»inconduite sexuelle n’ont pas été renouvelés».

Mais «nous craignons que d’autres incidents n’aient pas encore été signalés ou n’aient pas été traités comme il se doit après leur signalement» et «nous prenons actuellement des mesures pour remédier à ce problème», souligne le directeur du CICR.

L’organisation précise avoir mis en place une adresse électronique confidentielle pour que ses collaborateurs puissent signaler les «comportements répréhensibles».

Actualités régionales

Journée de grève mardi dans 17 CPE de l'Outaouais

C’est maintenant confirmé, il y aura grève mardi prochain dans 17 centres de la petite enfance (CPE) de l’Outaouais.

Après avoir récemment évoqué la possibilité qu’une journée de débrayage ait lieu la semaine prochaine, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a annoncé que ses membres oeuvrant dans 17 CPE de la région seront en grève le mardi 27 février.

Les travailleurs concernés avaient déjà observé une première journée de débrayage l’automne dernier. Une entente était ensuite intervenue avec le gouvernement, mais certains aspects devant faire l’objet de négociations locales sont toujours dans «un cul-de-sac», avait affirmé plus tôt cette semaine la vice-présidente à la négociation et aux griefs du Syndicat des travailleurs (euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais (STCPEO), Najoua Zitouni.

Selon la CSN, la journée de grève de mardi prochain «était devenue inévitable». «Les employeurs demandent des reculs importants ayant un impact direct sur la rémunération et la qualité de vie des travailleuses et travailleurs», soutient le syndicat.

«Nous savons que ce débrayage impose des inconvénients aux parents, et nous en sommes désolés, a souligné par voie de communiqué la présidente du STCPEO, Mélanie Beauchamp. Toutefois, le bien-être des enfants passe aussi par le bien-être des responsables à l’alimentation, des éducatrices et de tout le personnel rattaché aux CPE.»

La grève touchera 17 des 23 CPE de l’Outaouais dont les employés sont syndiqués avec la CSN. Selon le syndicat, les horaires de travail, le choix des groupes et les périodes de repos sont au nombre des éléments qui achoppent en ce moment dans les négociations locales, qui s’effectuent avec une association patronale représentant les 17 CPE concernés.

Les syndiqués aimeraient notamment que chaque CPE puisse avoir ses propres clauses adaptées à «leur réalité», au lieu de clauses régionales s’appliquant dans toutes les installations.

La liste des CPE touchés