Élections 2018

Exclusion d'un député libéral: «des sacrifices doivent se faire», dit Gaudreault

La députée de Hull et deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale a réagi jeudi à la controverse entourant l’éviction du député libéral et premier vice-président de l’institution, François Ouimet.

«Ce n’est pas facile la politique, nous sommes des humains confrontés à des choix difficiles sur une base quotidienne, surtout les gens qui sont dans la direction d’un parti ou d’un gouvernement. Malheureusement, il y a des sacrifices qui doivent se faire. Maintenant, je ne commenterai pas le comment, je ne veux pas aller là-dessus. Je n’ai pas parlé à M. Couillard ni à M. Ouimet. Hier (mercredi), je lui ai envoyé un message de sympathies. Je sympathise avec lui car ça doit être une situation très difficile pour lui, je peux m’imaginer dans quel état d’esprit il s’est retrouvé», a lancé Mme Gaudreault au Droit. 

Le Parti libéral du Québec (PLQ) est sur la sellette depuis 48 heures après que l’assemblée d’investiture de l’élu qui représentait depuis 24 ans la circonscription de Marquette, sur l’île de Montréal, ait été annulée à la dernière minute. Amèrement déçu et émotif, le principal intéressé a fait un point de presse mercredi lors duquel il s’est dit blessé et a reproché à M. Couillard d’avoir renié sa parole. Le premier ministre lui aurait promis en mai dernier de signer son bulletin de candidature. 

Or, la donne a changé dans les derniers jours et le PLQ a décidé d’écarter le vétéran député de 58 ans et réserver ce château fort libéral à l’ex-joueur du Canadien et ancien chroniqueur sportif Enrico Ciccone, candidature qui a d’ailleurs été confirmée jeudi matin. Le premier ministre n’a pas contredit le député, mais a indiqué que la décision avait été très difficile à prendre, ajoutant que le parti avait «beaucoup plus de candidats de très grande qualité que de circonscriptions disponibles». 

Maryse Gaudreault, qui sollicite un cinquième mandat dans son comté, refuse de s’avancer à savoir si le premier ministre a bien agi en changeant sa décision aussi tardivement, montrant ainsi indirectement la porte à un député.

«Vous savez, un parti c’est un groupe de personnes et on est tout le monde dans le même bain, alors on doit travailler ensemble. C’est la prérogative du chef, je ne connais pas tous les éléments qui ont mené à ces décisions-là. Je sais que le premier ministre a des décisions difficiles à prendre tous les jours, tout au long de son parcours», ajoute l’élue.

Sa collègue ministre de la Justice et responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée, est de son côté l’une des rares du caucus libéral à avoir émis une opinion plus tranchante sur cette exclusion. Elle a entre autres indiqué que M. Ouimet «ne méritait pas un tel sort», rapportait Le Soleil mercredi.

Rappelons que la campagne électorale québécoise sera déclenchée le 23 août. Le scrutin aura lieu le 1er octobre.

Norm MacMillan a rencontré Ciccone 

Par ailleurs, comme l’a indiqué le nouveau candidat libéral dans Marquette lors du point de presse jeudi, l’ancien ministre responsable de l’Outaouais et ex-whip en chef du gouvernement Norm MacMillan est l’un de ceux qui a rencontré Enrico Ciccone dans les dernières semaines. 

«Je ne l’ai pas approché, je l’ai simplement rencontré avec quelqu’un du Parti libéral pour lui expliquer en quoi consiste le rôle d’un député une fois élu. Pour le reste, je n’ai participé à rien. [...] Je ne veux pas faire de commentaires sur la situation actuelle. Moi, je m’occupe des gens de l’Outaouais et la décision [d’écarter François Ouimet] a été prise par les organisateurs du parti. Ça me fait de la peine pour François, car c’est un ami, mais quand j’ai parlé à M. Ciccone, jamais il n’a été question de la circonscription qu’on lui offrait. Je n’étais pas impliqué là-dedans», a-t-il expliqué au bout du fil. 

Politique

Maxime Bernier à nouveau sur Twitter pour se défendre

OTTAWA — Désavoué par son chef mercredi soir, Maxime Bernier s'en remettait à Twitter jeudi matin pour se défendre.

Dans une série de trois gazouillis dans les deux langues officielles, le député conservateur assure qu'il ne fait pas de la «politique identitaire».

«Faire de la politique identitaire signifie cibler des groupes spécifiques sur la base de leur origine ethnique, religion, langue, sexualité ou autres caractéristiques, au lieu de leur parler en tant que Canadiens intéressés au bien-être de la société entière», a écrit le député dans le premier de ses trois messages.

«La politique identitaire est devenue omniprésente et est pratiquée par tous les partis qui tentent ainsi d'acheter des votes. Le débat politique a dégénéré en un conflit entre différentes façons de racoler des groupes spécifiques au lieu de faire appel à nos intérêts communs», a-t-il dénoncé.

«J'ai dit à plusieurs reprises que la politique identitaire est réductrice, source de division et destructrice de notre cohésion sociale. Je fais LE CONTRAIRE en me concentrant sur des solutions politiques qui concernent TOUS les Canadiens. Et je continuerai à le faire», a-t-il conclu.

La controverse a commencé en début de semaine à cause d'une autre série de messages sur Twitter. Le député de Beauce s'en prenait à ceux qui veulent que la société canadienne affiche de plus en plus de diversité. Puis, mardi, il critiquait la décision de baptiser un parc à Winnipeg du nom d'un fondateur du Pakistan, alors que la Ville de Victoria a enlevé une statue de John A. Macdonald.

Les libéraux se sont empressés de réclamer qu'Andrew Scheer expulse le député de son caucus.

«Aucun rôle officiel»

Le chef conservateur a plutôt choisi d'émettre un communiqué en soirée mercredi pour rappeler que M. Bernier n'a aucun rôle officiel et «ne parle pas au nom du Parti conservateur du Canada sur quelque question que ce soit».

«Personnellement, je ne suis pas d'accord avec les politiciens de gauche et de droite qui ont recours à la politique pour diviser les Canadiens. Je ne ferai pas ce genre de politique» a tenu à préciser M. Scheer.

Le chef n'a rien dit de ce qui attend le député comme sanction, si une sanction est possible. Son bureau plus tôt dans la journée de mercredi soulignait qu'en vertu de la Loi sur le Parlement du Canada, ce sont les députés du caucus, à hauteur de 20 pour cent, qui doivent demander l'expulsion d'un député et approuver cette proposition lors d'un scrutin secret.

M. Bernier a raté de peu la chefferie du Parti conservateur en mai 2017, cédant la victoire à M. Scheer qui, au 13ième tour, a obtenu moins d'un pour cent d'avance. Au printemps, le chef a retiré au député son rôle dans son cabinet fantôme parce qu'il s'entêtait à critiquer publiquement la gestion de l'offre.

Politique

Ciccone nommé candidat du PLQ dans Marquette, démission en bloc de l'association locale

MONTRÉAL — Enrico Ciccone, un ancien joueur de hockey professionnel, défendra les couleurs du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Marquette aux élections provinciales du 1er octobre.

L'entrée en politique de M. Ciccone, âgé de 48 ans, a été confirmée jeudi matin par le premier ministre et chef libéral Philippe Couillard lors d'une conférence de presse tenue dans l'arrondissement Lachine, à Montréal.

Cette conférence de presse a débuté moins de 24 heures après que le député libéral de Marquette depuis 1994, François Ouimet, ait fait part avec émotion et amertume de ses sentiments après s'être fait montrer la porte par le PLQ. M. Ouimet a affirmé que Philippe Couillard lui avait promis en mai dernier qu'il serait de nouveau candidat libéral.

Un proche de l'Association libérale de la circonscription de Marquette a affirmé jeudi à La Presse canadienne que la majorité des membres démissionneront de leurs fonctions lors du déclenchement officiel de la campagne électorale. Cette décision aurait été prise mercredi soir lors d'une assemblée à laquelle François Ouimet n'a pas assisté.

L'assemblée d'investiture de François Ouimet devait justement avoir lieu mercredi soir; elle avait été annulée la veille.

Couillard forcé de revoir ses plans

En milieu d'après-midi, mercredi, M. Couillard n'a pas nié la version des faits rapportée par M. Ouimet et a affirmé que jusqu'à tout récemment, ce dernier figurait toujours dans les plans du PLQ. Il a ajouté qu'une accumulation récente de candidatures de très grande qualité à Montréal et le faible nombre de circonscriptions disponibles avaient forcé l'équipe à revoir ses plans et à sacrifier M. Ouimet.

Après avoir évolué à Shawinigan et à Trois-Rivières au hockey junior majeur québécois, Enrico Ciccone a entrepris sa carrière professionnelle en 1990 dans la Ligue internationale. L'ancien défenseur a gradué l'année suivante dans la Ligue nationale (LNH) avec les North Stars du Minnesota.

Jusqu'en 2001, il a évolué pour sept équipes de la LNH, dont très brièvement pour les Canadiens de Montréal.

Il était réputé pour être un dur à cuire, ayant passé près de 1500 minutes au banc de punition pendant ses 374 matchs disputés dans la Ligue nationale.

Après sa carrière de joueur, M. Ciccone a occupé des fonctions d'analyste et d'animateur de hockey à diverses antennes québécoises de radio et de télévision. Le 24 juillet dernier, il a annoncé sur Twitter son départ de son poste d'animateur à une station radiophonique de Montréal afin, écrivait-il, de relever un très grand défi à l'automne.

Actualités régionales

Un nouveau parc multifonctionnel à Cantley

La municipalité de Cantley obtient 114 000 $ de Québec pour aménager un parc récréosportif.

L’annonce de cette aide financière a été faite jeudi par la députée de Gatineau et ministre responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée.

«Le projet consiste à aménager une surface multifonctionnelle, trois aires de jeux pour enfants, deux aires de balançoires, une aire de planche à roulettes et de vélos et une aire de jeu libre, ainsi qu’à installer des paniers de basketball», indique le communiqué gouvernemental.

Mme Vallée a précisé qu’une telle initiative permettra de «faire bouger» tant les jeunes que les moins jeunes.

La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette, a fait savoir que c’est la concertation de nombreux citoyens qui a mené à ce projet, qui verra le jour sur un terrain de 4500 mètres carrés à l’angle de l’impasse des Versailles et de la rue des Marquis.