La directrice du Conseil régional de l’environnement Jacynthe Caron, la conseillère municipale et présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout et Diane Bergeron.

Zéro déchet : les femmes sont des leaders

Les femmes sont des leaders en matière de mode de vie zéro déchet, pensent la directrice du Conseil régional de l’environnement Jacinthe Caron, la cofondatrice et conférencière pour EffetPH Hélène Boissonneault, la conseillère municipale et présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout et Diane Bergeron. Celles-ci ont participé samedi au panel « Femmes et environnement », présenté dans le cadre de la Diversité au Féminin.

« En tant que leader de leur famille, les femmes sont celles qui prennent le plus les décisions, considère Jacinthe Caron. C’est elles qui vont faire les achats quotidiens et ce sont ceux-ci qui donnent l’occasion d’aller vers le zéro déchet. Elles vont avoir accès à des choix. »

Pour Karine Godbout, le style de vie zéro déchet comporte plusieurs étapes. « Quand la conscience commence à s’ouvrir, elle ne se referme plus. Quand tu as commencé à observer quelques-uns de tes gestes et des thématiques de consommation, une fois que tu as intégré ça dans ton quotidien, d’autres choses vont s’ajouter comme changement. Ça peut aussi être vrai pour un restaurant qui décide, à titre d’exemple, de retirer les pailles. Une fois que c’est réglé, la conscience est un peu ouverte pour un autre pas, pour une meilleure gestion des matières résiduelles, par exemple », assure-t-elle.

De plus, pour la conseillère municipale, le soutien de son conjoint dans ce mode de vie est très important. « Je suis très occupée, j’ai beaucoup de rencontres le soir et j’ai trois enfants. J’ai un chum très présent et très impliqué, autant pour les tâches comme l’épicerie que pour les activités. On partage des valeurs et des engagements communs. Une fois qu’on a réussi à faire des changements pour soi, ça peut rayonner au sein de la famille », analyse-t-elle.

Cependant, Mme Caron ajoute que les hommes en situation de garde partagée peuvent avoir tendance à prendre leur place en matière de lutte pour l’environnement. « C’est malheureux, mais il y a beaucoup de personnes en situation de garde partagée. Ça fait en sorte que les hommes commencent à prendre le rôle que les femmes avaient une semaine sur deux. Je sens aussi que les jeunes de tous les sexes se mobilisent pour l’environnement. Ça va probablement rester longtemps les femmes qui vont plus prendre ces choix. Cependant dans mon entourage, je peux constater que beaucoup d’hommes, presque autant que de femmes, s’intéressent aux impacts de leur consommation. »

De plus, selon elle, le réseautage naturel que font les femmes est primordial. « Les femmes ont plus tendance que les hommes à se regrouper. Quelque part, car elles ont plus ce volet social, mais elles ressentent le besoin d’avoir une force commune, peu importe dans quel domaine. Le pouvoir d’un réseau de femmes qui veut lutter pour l’environnement va aller plus loin qu’une personne seule qui décide de s’engager pour l’environnement », dit-elle, rappelant que c’est un groupe de femmes qui a développé la récupération du verre à Saint-Denis-de-Brompton. 

Les services de garde comme celui d’Hélène Boissonneault peuvent également laisser leur marque. « J’ai un service de garde zéro déchet. J’ai réalisé que l’impact que j’avais sur un enfant avait un impact après sur une famille complète. Des grands-parents ont vu leur petit-fils ramasser les déchets au parc. Maintenant, la grand-maman et le grand-papa ont commencé à ramasser les déchets lorsqu’ils vont marcher, car leur petit-fils le faisait au service de garde. Les enfants sont le plus grand moteur pour faire changer les mentalités, selon moi », affirme-t-elle, réjouie.