Vous pensez qu'il a fait froid? Pfff...

Le problème, c'est de sortir...
L'année 2013 s'est terminée sur un coup de tête. « Je vais le faire », ai-je dit aux collègues de la salle de la rédaction, le matin du 31 décembre. Je me suis présenté le lendemain, dans toute ma frêlitude, vêtu d'un simple maillot de bain et d'espadrilles, à la plage Britannia. Ayant péché par excès d'enthousiasme la veille, j'ai plongé au 4e Défi des ours polaires, au profit des jeunes patients du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO).
Quelques généreux amis et moi avons amassé un petit 60 $ pour la cause, la veille du jour de l'An.
À 13 h, parmi les derniers participants, je me suis présenté sur la berge de la rivière des Outaouais, sous la lentille du photographe Patrick Woodbury, qui, lui, était bien emmitouflé.
Quelques prises vidéos pour le site Web et, un peu moins brave que la veille, je me suis jeté dans des eaux qui, ma foi, devaient avoisiner les moins deux millions de degrés Celsius.
Quelques secondes à jouer celui qui n'a pas froid aux yeux, avant de reprendre la direction de cette tente, où je remettrai enfin mes quatre couches de vêtements chauds.
Le problème, comme je le disais, c'est de sortir...
Il faut vivre cette expérience pour savoir que : 1 - Sortir d'un trou d'eau glacée avec des mollets raidis par le froid et un corps tremblant n'est pas une mince tâche. 2 - La petite panique qui suit la sortie de l'eau donne l'impression que le retour à la tente est deux fois plus long. 3 - La tente n'est pas chauffée à « température pièce » et le sol est recouvert de neige. 4 - Des espadrilles et un maillot de bain transformés en glaçons, c'est plutôt difficile à retirer avec des mains gelées à l'os. 5 - Idem que le no 4 pour se revêtir de vêtements chauds et secs, et faire fondre la glace sur les cheveux devenus des Popsicles.
Les regrets et les questions du genre « Pourquoi cette vie ? » font rapidement place à une satisfaction certaine et au discours du gars « Je l'ai fait pas vous... ».
Lors du retour à la salle de rédaction, les mains collées sur la chaufferette de la voiture, il me vient cette réflexion à propos de ma souffrance, bien mince par rapport à ce que vivent les enfants pour lesquelles les 350 participants et moi avons plongé.
L'argent recueilli doit servir à financer des programmes et la recherche en oncologie pédiatrique.
Les fondations Sears Canada et du CHEO unissent leurs efforts pour éradiquer le cancer infantile grâce à des événements comme le Grand défi ours polaire canadien.
La présente campagne a permis d'amasser 50 000 $. La moitié des sommes sont destinées à des programmes nationaux, et l'autre part, au CHEO.
Selon plusieurs participants habitués, la dernière édition était de loin la plus froide. La température ressentie de -20 degrés a convaincu bon nombre de pingouins n'aimant pas le froid de rester à la maison et de manger les restes de la veille, en pantoufles.
Ceux qui se sont présentés « à la plage », le 1er janvier, avaient cet air joyeux de ceux qui ont déjà fait leurs preuves en 2014.