La grippe et la COVID-19 en même temps?

Q : «Est-ce que quelqu’un peut attraper la COVID-19 et l’influenza en même temps ? Faut pas être chanceux n’est-ce pas, mais est-ce que ça se peut ?», demande René Girard, de Québec.

R : Oui, c’est possible, les médecins appellent ça une «surinfection» ou un «co-infection». De manière générale, comme nous vivons dans un monde rempli de bactéries et de virus qui tentent continuellement de prendre pied dans le corps humain, «les co-infections sont presque assurément la normes plutôt qu’une curiosité rare (… ne serait-ce que parce que) nous sommes tous porteurs de souches potentiellement pathogènes dans notre microbiote. Cela signifie que pratiquement toute nouvelle infection constitue probablement une certaine forme de co-infection», lisait-on dans un article publié en 2018 dans la revue médicale Current Opinion in Infection Diseases.

Mais cette «règle» ne vaut que si l’on considère le corps humain dans son ensemble. Si on ne regarde que le système respiratoire, quelles sont les chances pour que quelqu’un soit atteint de deux virus respiratoires en même temps ? Elles sont moindres, mais elles demeurent plus élevées qu’on pourrait le croire. Une étude de 2011 dans le Journal of Infection a trouvé que 13 % des patients atteints de l’influenza avaient également un autre virus qui se reproduit dans les voies respiratoires. Il n’est pas clair si ces co-infections empirent l’état des patients, ni quelles combinaisons de virus ont quel effet.

En ce qui concerne le virus de la COVID-19, il s’adonne que pas plus tard que mercredi de cette semaine, le Journal of the American Medical Association a publié une étude portant sur plus de 1200 personnes qui ont passé un test de COVID-19 dans le nord de la Californie. Du nombre, 116 avaient bel et bien le SRAS-CoV2 (le nom du virus qui donne la COVID), dont 21 % ont aussi testé positif pour d’autres virus respiratoires comme des rhinovirus, le virus syncytial et d’autres coronavirus humains — tous des pathogènes fréquents et en général très bénins.

Ainsi, concluent les auteurs, «la présence d’un pathogène autre que le SRAS-CoV2 ne représente pas une assurance qu’un patient n’a pas aussi le SRAS-CoV2».

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