Le premier ministre François Legault
Le premier ministre François Legault

COVID-19: oui aux bonbons, non aux bingos [VIDÉOS]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Les enfants pourront passer l’Halloween, sous certaines conditions. Mais finis les bingos en salle, jusqu’à nouvel ordre.

Le premier ministre québécois, François Legault, et son ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, en ont fait l’annonce jeudi en point de presse de 13 h. Ils étaient en compagnie du directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda. Les travaux parlementaires faisant relâche cette semaine, ça se passait encore à Montréal.

«Ç’a l’air secondaire, mais pour avoir des enfants, je sais que c’est important. L’Halloween s’en vient dans deux semaines, c’est à peu près le temps que ça prend pour choisir et se faire un costume. L’Halloween, ça se passe dehors essentiellement. On le sait, c’est moins risqué [pour la contagion de la COVID-19] qu’à l’intérieur. Donc, bonne nouvelle! Il va y avoir des conditions, mais on va pouvoir permettre à nos enfants, pour qui c’est tellement important, de passer l’Halloween», a déclaré M. Legault, dans son allocution d’introduction.

Deux conditions : les jeunes devront se promener seulement en compagnie de personnes qui résident à la même adresse qu’eux, donc pas leurs amis, et ceux qui donnent les bonbons devront continuer de respecter la distanciation de 2 mètres. L’idéal sera de placer des sacs individuels de friandises dans un grand plat sur la galerie, illustre le premier ministre, demandant aux gens d’être «ingénieux».

Aussi, oubliez la tenue de partys d’Halloween intérieurs, qui restent interdits.

Le nouveau karaoké?

Parlant de fêtes de groupe, oubliez aussi les grands rassemblements de Noël en famille élargie ou entre collègues de bureau. Seules les petites réunions à 6 ou 10 personnes au maximum devraient être acceptées à ce moment, promet le premier ministre.

Par contre, après l’intervention policière survenue mercredi dans une salle de bingo de Saint-Jean-sur-Richelieu où quelque 170 participants étaient réunis, le ministre de la Santé a clairement affirmé que de telles activités ne sont pas permises.

«Je ne voudrais pas que les bingos deviennent les karaokés des dernières semaines», a lancé M. Dubé, rappelant l’importante éclosion survenue fin août lors d’une soirée karaoké au bar Le Kirouac, dans le quartier Saint-Sauveur de Québec. On sait déjà qu’au moins une personne qui était présente au bingo de Saint-Jean-sur-Richelieu il y a deux semaines a la COVID-19.

«Si on a besoin de préciser que les bingos ne devraient pas avoir lieu, il va falloir le faire. On demande juste une question de jugement. Même en zone orange [comme l’est Saint-Jean jusqu’à vendredi], où les rassemblements sont limités à 25 personnes. Mais là, on parle de 250 personnes! Je vous dis clairement, aujourd’hui, que les bingos, c’est pas permis!» a tranché le ministre Dubé, presque fâché.

Plus que le 28 octobre

Le premier ministre a confirmé que certaines restrictions sanitaires seront prolongées après le 28 octobre, première échéance du défi de 28 jours lancé il y a deux semaines par MM. Legault, Dubé et Arruda.

Après ce qui semble être une stabilisation du nombre de nouveaux cas positifs autour du millier, le trio vise maintenant une diminution de ce chiffre avant de vraiment relâcher les mesures.

Le premier ministre espère toutefois que la pratique du sport redeviendra vite possible, surtout pour les jeunes et la santé mentale des citoyens en général.

Et il assure n’avoir aucune intention d’imposer un couvre-feu aux Québécois, comme c’est le cas en ce moment en France.

Mais M. Legault a aussi répondu à ceux et celles qui considèrent les mesures sanitaires imposées actuellement en zones rouges comme un nouveau confinement.

Legault irrité

Une question sur le bien-fondé de la stratégie du confinement répété, remise en question par l’Organisation mondiale de la santé, a ensuite irrité le premier ministre. Elle venait d’un journaliste de CHOI Radio X, station radiophonique de Québec.

«Je ne vous cacherai pas que j’ai de la misère avec vous, Monsieur Radio X. Les 28 décès d’aujourd’hui, ce sont des vrais décès. Vous parlez de confinement? On est très, très, très loin du confinement. Les vraies raisons pour lesquelles on fait ça, c’est pour réduire le nombre de morts et sauver notre système de santé», a répondu M. Legault, répétant deux fois qu’il invitait «Radio X à demander à ses auditeurs de respecter les consignes».

Le ministre de la Santé prévient que la courbe des décès s’accentuera dans les prochains jours, «résultante du grand nombre de cas accumulés au cours du dernier mois», constate M. Dubé. Déjà, cette semaine, on atteint la dizaine de morts par jour en moyenne.

À un autre journaliste qui demandait si le virus aurait pu muter en une version moins mortelle, le Dr Arruda dit que le taux de mortalité plus faible qu’au printemps n’est dû qu’au fait que la population touchée en ce moment, davantage des jeunes, s’avère moins à risque de complications.

«Mais à cela, j’aimerais juste ajouter deux chiffres, est intervenu M. Legault. Les 28 décès d’aujourd’hui, pour 8,5 millions de population, ça donne trois morts par million d’habitants. Hier [mercredi], aux États-Unis, 970 décès divisés en 331 millions de population, ça donne trois morts par million d’habitants. Il faut prendre ça très au sérieux.»