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Vos questions sur la Covid-19

Y a-t-il un risque de transmission de la COVID-19 lors d'une livraison ?

La question vous a peut-être traversé l'esprit quand vous avez récupéré une commande d'épicerie, un café lors d'une commande à l'auto ou encore une pizza livrée : le risque de contamination à la COVID-19 est-il important lorsque vous recevez une livraison de nourriture ?

Si les chances de transmission du virus par le livreur sont minces, les experts croient qu'un certain nombre de précautions peuvent aider à minimiser les risques et offrir une tranquillité d'esprit.

Lors de livraison à domicile, par exemple, il est fortement recommandé de garder une bonne distance entre le livreur et vous.

«Vous n'avez qu'à lui demander de laisser la commande à la porte, a dit un professeur en science alimentaire à l'Université de Guelph Keith Warriner. Vous avez plus de chances d'être infecté par une personne que par un paquet.»

Une recherche publiée dans un journal médical de la Nouvelle-Angleterre la semaine dernière suggérait que le virus peut vivre jusqu'à 24 heures sur du carton, et même jusqu'à 72 heures sur d'autres types de surface, dont le plastique.

S'il y a de faibles probabilités qu'une personne infectée ait éternué ou toussé tout en manipulant la commande de nourriture, les chances que le virus soit transmis par l'emballage sont minces, a insisté M. Warriner.

Il a ajouté que le lavage fréquent des mains, particulièrement avant ou après avoir manipulé la nourriture et le contenant, pouvait aussi réduire les risques. Manipuler la boîte de pizza ne devrait donc pas causer d'inquiétudes.

«Quand on parle de la survie du virus, ce n'est qu'un aspect. Il doit aussi être transmis, a rappelé M. Warriner. Le risque est relativement faible. Il ne faut pas s'en faire avec ça.»

En ce qui concerne la commande à l'auto, il y a aussi de minces chances qu'une personne infectée eut toussé ou éternué près de votre nourriture ou de votre breuvage, a noté M. Warriner.

Si vous êtes inquiets, vous pouvez prendre certaines mesures une fois rendus à la maison, a-t-il indiqué. La nourriture ou le breuvage peut être réchauffé et vous pouvez laver vos mains avant de les manipuler.

«Je crois que le risque est faible, a dit le directeur associé du centre pour les vaccins contre les maladies évitables de l'Université de Toronto, Jeff Kwong. Ils manipulent très peu la nourriture avant de vous la remettre. […] C'est probablement sécuritaire.»

La professeure adjointe à la faculté des sciences de l'agriculture et de l'environnement à l'Université McGill Jennifer Ronholm a mentionné que les résultats des recherches pour répondre à ces questions ne font que commencer à rentrer.

Mais comme les autres experts, elle ne croit pas qu'il y ait de risques importants.

«Il n'y a que très peu, ou pas, de preuves que les personnes sont infectées de cette manière, a-t-elle dit. Si c'était le cas, nous aurions probablement déjà découvert qu'il s'agissait d'un moyen de transmission majeur.

«En ce qui concerne la quantification du faible risque, il est présentement impossible de donner un chiffre exact.»

Vos question sur la COVID-19

COVID-19: le ralentissement économique a-t-il un effet sur les GES?

Q : «D’un point de vue positif, avec la réduction des activités due à la COVID-19, il y aura surement un impact favorable sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Commence-t-on à avoir de l’information à ce sujet? Et d’un point de vue négatif, le réchauffement climatique aurait-il un impact sur l’apparition de pandémies? Pensons au SRAS et au H1N1», demande Daniel Guilbault, de Saint-Augustin-de-Desmaures.

R : La pandémie paralyse la planète au complet et confine les gens chez eux. Du point de vue environnemental, il serait tentant de croire que l’important ralentissement économique aide à réduire le niveau de pollution. Dans les faits, oui… mais pour un moment seulement.

Des chercheurs de l’Université Bocconi, en Italie, ont rapporté une amélioration de la qualité de l’air en examinant les données du satellite Sentinel-5P de l’Agence spatiale européenne. Celui-ci a enregistré les concentrations en dioxyde d’azote (NO2), un gaz polluant émis notamment par les véhicules et les centrales au charbon. Entre décembre et mars, il y a eu une diminution de 10 à 30% des concentrations en NO2 au-dessus de la plupart des grandes villes en quarantaine de Chine et d’Italie, ainsi que des particules fines.

Claude Villeneuve, professeur et directeur de la Chaire en éco-conseil à l’Université du Québec à Chicoutimi, constate aussi ce ralentissement en étudiant les données compilées par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). «On remarque un plateau entre décembre et février correspondant à la diminution d’à peu près 25% des émissions de carbone en Chine. On est présentement à 414 ppm au niveau global alors qu’on devrait être à environ 415 ppm en se fiant aux tendances», explique-t-il.

Selon lui, dépendamment de la longueur de cette pause forcée, 2020 pourrait être une année où il n’y aura pas de hausse globale de nos émissions de gaz à effet de serre. Cependant, le chercheur souligne qu’il est très difficile de prévoir ce qui se passera au cours des prochains mois.

Lors de la récession économique mondiale de 2007, il y a également eu une diminution des émissions de gaz à effet de serre, rappelle M. Villeneuve. Mais ces périodes d’accalmie sont temporaires.

«La réaction semble unanime de la part des gouvernements : ils promettent de relancer la machine une fois la pandémie passée pour rattraper la croissance perdue». Cela reste à voir, mais la reprise frénétique des activités économiques devrait faire remonter les émissions polluantes au même point qu’avant la pandémie.

Effet des changements climatiques

Les changements climatiques ont un effet certain sur la façon dont les maladies infectieuses se propagent.

C’est surtout le cas pour les pathogènes transmis par des vecteurs (moustiques ou tiques), comme ceux qui causent la malaria, le Zika ou la maladie de Lyme.  L’aire de répartition de ces vecteurs s’agrandit avec le réchauffement climatique.

L’effet est différent pour les virus propagés par les humains comme ceux de la grippe et de la COVID-19. Il n’est pas possible d’établir de lien entre les changements climatiques et l’émergence de ce nouveau coronavirus.

Plusieurs études suggèrent toutefois que le risque d’épidémie augmente à mesure que des régions deviennent moins habitables, forçant la migration de certains animaux, comme les chauve-souris. La destruction des écosystèmes et en particulier la déforestation peut aussi accélérer la transmission de maladies, en augmentant les contacts avec la faune sauvage.

Enfin, dans une étude publiée en 2019 dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs japonais démontraient que l’exposition de souris à une température ambiante plus élevée (36 °C)  «altérait leur réponse immunitaire face à l’infection du virus de la grippe». Bien que l’étude ait été réalisée chez la souris, les scientifiques pointent vers de possibles problèmes de santé publique chez l’humain dans un monde de plus en plus chaud.

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La COVID-19 suscite énormément de questions. Afin de répondre au plus grand nombre, des journalistes scientifiques ont décidé d’unir leurs forces. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est), Québec Science et le Centre Déclic s’associent pour répondre à vos questions. Vous en avez? Écrivez-nous. Ce projet est réalisé grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec, qui vous invite à le suivre sur Facebook, Twitter et Instagram.

Vos questions sur la COVID-19

Par quoi remplacer le Purell?

Q «Pourriez-vous donner une recette pour fabriquer un gel hydroalcoolique à partir d’alcool et d’autres ingrédients disponibles à la pharmacie? On trouve toutes sortes d’informations plus ou moins fiables sur Internet et les ingrédients ne sont pas toujours disponibles. Par exemple : est-ce qu’on peut mélanger de la crème à main et de l’alcool 99 % dans un rapport 7:3? Est-ce que ça sera efficace?» demande Caroline Fortin, de Québec.

Voilà une question qui tombe bien puisque Magalie Lavoie, elle aussi de Québec, aimerait pour sa part savoir «si le parfum et l’eau de toilette ne pourraient pas être des bons produits de remplacement puisqu’ils sont composés d’alcool éthylique à 70 % [et que le Purell est lui-même un mélange d’alcool, de glycérine et de fragrance]».

R Il est vrai que le Purell est difficile à trouver sur les étagères des commerces par les temps qui courent. Mais la première chose à garder en tête à cet égard n’est pas une recette de désinfectant maison. C’est plutôt, dit le pharmacien d’hôpital et fondateur du site Questionpourunpharmacien.com Alexandre Chagnon, que «l’eau et le savon, eux, ne sont pas en rupture d’inventaire et sont au moins aussi efficaces que le gel hydroalcoolique [lorsqu’on savonne les mains pendant au moins 20 secondes]».

Cela dit, pour ceux qui tiennent à traîner leur petit contenant avec eux, l’Internet regorge de formules dont les auteurs assurent tous qu’elles fonctionnent à merveille —, mais ce n’est pas toujours vrai, comme le soupçonne avec raison Mme Fortin. 

La plus fiable, et sans doute une des plus simples puisqu’elle a été mise au point pour être fabriquée en grande quantité dans des pays qui ont peu de moyens, est sans doute celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dit M. Chagnon. Elle consiste à mélanger :

  • 150 ml d’alcool à 90 %
  • 10 ml de peroxyde d’hydrogène
  • 5 ml de glycérine
  • huile essentielle

On peut trouver des instructions plus complètes (ainsi qu’une seconde recette) sur le site de l’OMS : bit.ly/2UGtdCz.

Il y a toutefois quelques petites choses à savoir à ce sujet, ajoute le chimiste de l’Université Laval Normand Voyer. 

«Dans cette recette-là, le peroxyde sert uniquement à dégrader les micro-organismes qu’il y a dans les récipients où on fait le mélange, parce qu’ils ne sont pas stériles. Et c’est important de laisser le temps au peroxyde de faire son travail, même si les instructions qu’on voit sur Internet ne le mentionnent pas souvent : il faut attendre de 24 à 72 heures avant d’utiliser le désinfectant maison.»

La glycérine, elle, n’a aucun pouvoir désinfectant. «C’est juste que ça rend le mélange plus visqueux et ça permet de se frotter les mains pendant 20 secondes, comme on est supposé faire», dit M. Voyer. La glycérine est habituellement disponible en pharmacie.

C’est l’alcool qui fait le travail de désinfection des mains, poursuit-il. Idéalement, on prend de l’éthanol (ou «alcool éthylique», soit le même qu’il y a dans les boissons alcoolisées) pur à 90 %, mais c’est un produit qui commence à se faire rare, lui aussi. «Et non, contrairement à la croyance populaire, la vodka et les autres “forts” ne sont pas des bons désinfectants, leur concentration en alcool n’est pas assez élevée pour cela. Il faut vraiment de l’alcool à 90-95 %», précise M. Voyer.

On peut toutefois remplacer l’éthanol par de l’alcool à friction (ou «alcool isopropylique»). «C’est moins efficace que l’éthanol, mais ça marche quand même et le reste de la recette reste pareil, dit le chimiste. L’essentiel, c’est qu’il faut s’assurer d’avoir une concentration d’alcool de 60 à 80 % une fois que c’est mélangé aux autres ingrédients. En bas de 60 %, l’effet antiseptique n’est pas suffisant parce que l’alcool est moins efficace que le savon pour dissoudre la membrane des virus. Et ça ne sert à rien d’aller en haut de 80 %, ça n’améliore pas l’effet antiseptique et comme on a de la misère à trouver de la matière première, c’est important de ne pas la gaspiller.»

Pour calculer la concentration finale d’alcool, il suffit de ramener le volume réel d’alcool sur le volume total. 

Dans l’exemple mentionné par M. Chagnon, la quantité réelle d’alcool est de 135 ml (soit 90 % de 150 ml). En supposant que l’on ajoute 10 ml d’huile essentielle, cela nous fait un volume total de 175 ml (soit : 150 ml d’alcool 90 % + 10 ml de peroxyde + 5 ml de glycérine + 10 ml d’huile essentielle). Le taux d’alcool du mélange est donc de 135 ml ÷ 175 ml x 100 = 77 %, ce qui est suffisant.

Cependant, dans l’exemple proposé par Mme Fortin de mélanger de la crème à main à de l’alcool 99 % dans un rapport de 7 pour 3, la part réelle d’alcool serait de 99 % x 0,3 = 29,7 %, donc pas assez.

Enfin, tout cela signifie que oui, en principe, la plupart des parfums ont une concentration suffisante en éthanol pour servir d’antiseptique. 

Mais il faut faire attention, car les recettes varient d’un parfum à l’autre, et dans tous les cas, les eaux de toilette n’ont pas assez d’alcool pour cela, dit M. Voyer. «Les parfums ont une concentration plus élevée, un bon 60-70 %. Mais je ne vois pas pourquoi on s’en servirait comme désinfectant, ce n’est tout simplement pas fait pour ça», tranche-t-il.

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Vos questions sur la COVID-19

Laver les masques «usagés»?

Q «J’ai entendu aux nouvelles que les hôpitaux manquaient de masques N95, mais j’ai vu une étude de Stanford disant qu’ils peuvent être lavés, est-ce que ce serait une solution à la pénurie?» demande Pierre Chartrand, de Montréal.

R Aux dernières nouvelles, il n’y a pas actuellement de pénurie de masques N95 au Québec, mais les autorités se préparent à cette éventualité, comme partout dans le monde.

Le masque N95 est utilisé pour protéger les professionnels de la santé en cas de contact avec des pathogènes présents dans les aérosols produits par des individus infectés par des virus ou des bactéries. Il est constitué de polypropylène. Il génère de l’électricité statique qui lui permet de retenir des très petites particules, jusqu’à 0,3 micromètre de diamètre. Un masque respirateur est appelé N95 quand il répond à la norme édictée par le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) américain. Pour être approuvé, il doit pouvoir filtrer au moins 95 % des particules dans l’air exemptes d’huile (d’où le N) lors de mises à l’essai avec des particules de 0,3 micromètre de diamètre. Il doit être ajusté très fermement au visage et n’est pas efficace si la personne porte une barbe.

Le masque doit être remplacé au plus toutes les huit heures, ou quand on sort d’une zone à haut risque, ou quand il devient trop gênant pour la respiration. Selon le NIOSH, il n’y a pas de méthode permettant de déterminer si un masque est encore efficace ou pas, et de nombreux paramètres peuvent influencer la vitesse à laquelle il pourrait perdre de son efficacité : la contamination ambiante, la température et l’humidité, le fait que la personne qui le porte touche plus ou moins au masque avec des mains ou des gants plus ou moins contaminés, etc.

Dans le cadre de ses travaux de préparation à une pandémie, le NIOSH avait émis un avis détaillé sur les meilleures pratiques à adopter pour économiser des masques, qui sert aujourd’hui de référence à beaucoup de gens. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains proposent aussi une stratégie à adopter dans le contexte actuel.

L’étude dont vous parlez est en fait un bilan des connaissances réalisé en temps réel par des médecins chercheurs de l’Université Stanford, destiné à aider les anesthésistes dans leur prise de décision dans le contexte de la COVID-19. La version que j’ai consultée est celle du 25 mars, mais cela vaut la peine de vérifier les mises à jour. Leur premier conseil aux soignants : suivre les directives de leur hôpital.

Une méthode de lavage efficace pour les masques doit à la fois détruire le virus sur le masque, ne pas être toxique pour la personne qui va porter le masque nettoyé et ne pas endommager la capacité du masque à filtrer les particules.

Les chercheurs de Stanford rapportent dans un tableau les essais réalisés récemment par la compagnie 4C Air avec différentes techniques. Passer le masque 30 minutes à l’air chaud à 70 degrés, ou 10 minutes à la vapeur d’eau bouillante semble efficace pour éliminer le virus, et préserver la capacité du masque à filtrer l’air. La désinfection avec le chlore ou de l’alcool a par contre grandement réduit l’efficacité des masques, et les chercheurs disent aux anesthésistes de ne pas procéder de cette manière.

Ils rapportent aussi les résultats d’une étude publiée en 2009 sur cinq méthodes de décontamination des masques N95 — preuve que le sujet est dans l’air, si on peut dire, depuis déjà un certain temps. Les chercheurs avaient alors testé notamment la décontamination par des traitements aux micro-ondes, au chlore, au peroxyde d’hydrogène, aux UV et à l’oxyde d’éthylène, mais sans évaluer la charge virale résiduelle.

Tout ceci est cependant susceptible d’évoluer, car deux études ne constituent pas une preuve très solide.

Vendredi dernier, le Journal of the American Medical Association a lancé un appel à la communauté scientifique pour réaliser rapidement de nouvelles études à ce sujet et les publications scientifiques vont sans doute se multiplier rapidement, car l’enjeu est crucial.

En résumé, donc, oui, il y a probablement des méthodes efficaces pour réutiliser les masques, seulement, en date d’aujourd’hui, on n’a pas encore les données fiables qui permettraient d’identifier la meilleure technique, mais ça s’en vient. 

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Vos questions sur la COVID-19

Italie: non, ce n’est pas la faute aux immigrants chinois

Q: «J’ai entendu dire que la raison principale de la catastrophe italienne vient des usines de vêtements là-bas. La Lombardie, la région la plus touchée, a plusieurs de ces usines qui emploient des Chinois et ceux-ci auraient migré avec leurs familles vers l’Italie. Les autorités italiennes auraient réagi trop tard… Pouvez-vous vérifier cet info ?», demande Jean Parent, de Québec.

R : À la suite de ma chronique de mardi («Pourquoi est-ce pire en Italie ?»), plusieurs lecteurs ont soulevé la possibilité que ce seraient des immigrants chinois qui seraient responsables de l’épidémie de COVID-19 qui frappe si durement l’Italie depuis quelques semaines. Cette idée-là circule aussi très largement sur le web par les temps qui courent. Alors il vaut la peine d’y revenir.

Quand on y regarde rapidement, on peut être tenté de faire un lien entre les ressortissants de l’Empire du Milieu vivant dans le nord de l’Italie — la principale communauté chinoise du pays se trouve à Milan — et l’épidémie actuelle, puisque le coronavirus est d’abord apparu en Chine. Cela «plaît à l’esprit», comme on dit. Mais quand on y pense plus sérieusement, on se rend vite compte que la présence de citoyens chinois en Italie, même s’ils sont nombreux (environ 300 000), n’implique pas forcément que ce sont eux qui ont «ramené» la COVID-19 en Lombardie. Après tout, plusieurs autres pays du monde accueillent également de forts contingents chinois sans souffrir autant que l’Italie — que l’on songe notamment à l’Allemagne, où vivent 200 000 ressortissants chinois, ou au Canada, qui compte environ 650 000 immigrants provenant de Chine continentale.

En outre, rien dans les enquêtes des autorités sanitaires italiennes ne permet de croire que la communauté chinoise de Lombardie serait en cause. Ainsi, dans un article du 21 février au sujet des 15 premiers cas rapportés dans le nord de l’Italie, l’agence de presse Reuters indiquait qu’«aucune des personnes infectées n’aurait voyagé en Chine».

On ignore qui fut la première personne à l’origine de l’éclosion dans le nord de l’Italie, et il est fort possible que nous ne le sachions jamais. Le premier patient connu dans cette région est un homme de 38 ans admis à l’hôpital le 20 février, mais pas moins de 36 autres cas ont été trouvés dans les 24 heures suivantes, ce qui suggère fortement que cet homme n’a pas «importé» la maladie en Italie, mais l’a contractée parce qu’elle y circulait déjà, rapportaient des médecins italiens dans le Journal of the American Medical Association.

Cependant, les éléments d’information dont on dispose pour l’instant sur l’origine de l’éclosion ne pointent pas vers la Chine, mais plutôt vers l’Allemagne, d’après une étude disponible sur le site medRxiv. Comme celle-ci n’est pas encore passée à travers le processus de révision scientifique, il faut considérer ses résultats avec prudence, mais elle fut menée par des gens sérieux, notamment le spécialiste des maladies infectieuses de l’Université de Milan Massimo Galli. 

Les auteurs ont analysé le génome du coronavirus de trois patients parmi les premiers qui furent traités en Italie — apparition des symptômes à la mi-février — et les ont comparés avec d’autres génomes de la COVID-19 dans le monde. Le lien de parenté le plus proche qu’ils ont trouvé est avec une souche qui circulait en Allemagne.

Ces données génétiques ne donnent pas le sens de la transmission, lit-on dans l’article, mais Dr Galli a déclaré à Reuters que «la séquence [génétique] la plus proche du début de cette branche [généalogique du virus], qui a probablement précédé les autres, est venue d’une personne qui a été infectée à Munich probablement entre le 19 et le 22 janvier».

Fait intéressant, il s’agit-là d’un cas qui avait déjà été décrit dans la littérature scientifique, au début mars dans le New England Journal of Medicine. C’est un homme d’affaire allemand dans la trentaine qui a développé des symptômes (fièvre, toux, mal de gorge, etc.) à partir du 24 janvier après avoir participé à des réunions avec une partenaire d’affaires de Shanghai au cours des jours précédents. La femme en question ne montrait à ce moment aucun symptôme de la maladie, et ce cas-là avait soulevé la possibilité (inquiétante) d’une transmission lors de l’incubation. On ignore comment cette souche-là se serait ensuite frayé un chemin jusqu’en Italie, mais il semble qu’elle serait d’abord passée par l’Allemagne.

Évidemment, le fait que cette femme d’affaires venait de Shanghai établit un lien avec la Chine — lien qui est de toute manière inévitable puisque le virus est apparu là-bas il y a à peine plus de trois mois. Mais tout cela montre bien que, jusqu’à preuve du contraire, la communauté chinoise de Lombardie est pointée du doigt bien injustement dans cette histoire.

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Vos questions sur la COVID-19

Dois-je désinfecter... pitou et minou ?

Q : « Nos animaux de compagnie sont-ils des vecteurs de transmission? », demande Sylvie Guertin, de Saint-Lambert.

R : La question inquiète beaucoup de gens! Mais jusqu’à présent, les experts sont unanimes : les animaux domestiques comme les chiens et les chats ne sont pas des vecteurs de transmission de la COVID-19. Le plus récent avis à ce sujet a été publié en fin de semaine par l’Organisation mondiale de la santé animale. 

Le 5 mars, le Département de l’Agriculture, des pêcheries et de la conservation de Hong Kong avait signalé avoir trouvé des petites quantités de l’ARN du virus dans le nez et la gueule d’un chien qui vivait avec une personne atteinte de la COVID-19. Mais il ne faut pas interpréter ça comme un signe que les animaux peuvent tomber malades ou transmettre la maladie.

Le coronavirus est un virus à ARN, ce qui signifie que son matériel génétique est fait d’acide ribonucléique et pas d’ADN, comme le nôtre. L’ARN du virus est enfermé dans ce qu’on appelle une capside, une espèce de coquille de protéines qui forment des piquots à sa surface, que l’on voit sur l’image de boule grise à pointes rouges qui circule un peu partout. Le virus a besoin d’avoir son ARN et sa capside intacte pour être contagieux et pouvoir éventuellement infecter des cellules d’autres êtres vivants.

Avoir trouvé quelques petits bouts de l’ARN du virus dans la gueule et le nez du chien ne signifie pas que le virus y était en entier. Des petits bouts d’ARN tout seuls ne sont pas contagieux.

D’après les chercheurs qui ont fait ces analyses, il est probable que le virus ait effectivement été transmis au chien par la personne malade. Le chien était cependant très peu infecté et il n’était pas malade. 

Les chercheurs qui ont fait cette découverte, ainsi que les autres experts, ont insisté pour dire que ces analyses ne signifient aucunement que les mammifères comme les chiens et les chats peuvent contracter ou transmettre de la COVID-19. 

On n’a cependant pas encore de certitude totale à ce sujet, car la propagation du virus est trop récente pour que des études probantes aient été développées sur tous les impacts qu’il peut avoir dans nos vies. Il convient donc d’être prudent, même si tout indique que l’épidémie se propage par les humains. Aucun cas d’animal domestique malade de la COVID-19 n’a été rapporté sur la planète.

Si votre chat ou chien sort dehors, peut-il avoir des virus qui se déposent sur ses poils et vous rendre malade avec? Improbable. Le virus ne peut pas se multiplier en dehors du corps d’une personne. Or dans la rue ou sur nos murs, il n’y a pas de fortes quantités de virus, même là où des gens malades auraient pu tousser récemment. Dehors, la brise, la pluie et le temps qui passe diminuent très rapidement le nombre de virus intacts et donc aptes à contaminer éventuellement quelqu’un. Transporter le virus sous ses chaussures en marchant dehors et tomber malade avec est aussi hautement improbable.

Pour que Pitou ou Minou puisse vous contaminer en sortant dehors, il faudrait que tout ceci se produise :

  • qu’une personne malade tousse longuement tout près du sol du bas d’un mur, et pas dans son coude évidemment; 
  • que votre animal passe très peu de temps après pile à cet endroit, s’y frotte et que des grandes quantités de virus s’accrochent à ses poils;
  • ou bien que quelqu’un de malade tousse directement sur lui, ou le flatte longuement avec ses mains sales;
  • que vous le flattiez peu de temps après pile à l’endroit sur son pelage où aurait atterri le virus, à condition que celui-ci ne se soit pas décomposé entre temps et que l’animal ne se soit pas léché pour se laver;
  • que vous ne vous soyez pas lavé les mains avant de les porter à votre visage;
  • que le virus passe de votre visage à vos voies respiratoires;
  • que vous développiez une infection.

Bref, il y a très peu de chances que cela arrive, surtout si vous appliquez les consignes de base : rester loin des gens qui n’habitent pas avec vous, lavez-vous souvent les mains et ne sortez pas de chez vous si vous avez le virus.

L’Association canadienne des médecins vétérinaires rappelle par ailleurs que « les animaux de compagnie contribuent à notre bonheur et à notre bien-être, surtout en période de stress. Si vous vous sentez bien (pas de symptômes de COVID-19) et n’êtes pas en auto-isolation en raison de la COVID-19, le fait de faire des promenades avec votre chien et/ou de passer d’autres temps avec votre animal de compagnie peut contribuer à garder à la fois vous et votre animal de compagnie en bonne santé. » Profitez-en!

Les services vétérinaires d’urgence restent ouverts; plus de détails et de conseils sur la page de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec.

Pour suivre l’évolution de la situation et la mise à jour des recommandations : https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/coronavirus-2019/

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Vos questions sur la COVID-19

Les vaccins contre la pneumonie peuvent-ils limiter les dégâts?

Q : « Est-ce que les vaccins contre la pneumonie qu’on donne aux aînés ou à d’autres personnes peuvent empêcher l’infection à la COVID-19 d’évoluer vers une pneumonie et limiter les dégâts?» demande Lorraine Dietrich, de Shawinigan.

Malheureusement non. Les vaccins dont vous parlez préviennent seulement les pneumonies résultant d’infections par des bactéries appelées pneumocoques. Contre la COVID-19, il va falloir mettre au point un vaccin qui cible précisément le coronavirus SARS-CoV-2.

Lors de certaines infections par des virus, il arrive que des bactéries en profitent pour donner une surinfection. Est-ce que l’infection par le coronavirus pourrait s’accompagner d’une surinfection par un pneumocoque contre lequel ces vaccins protégeraient? Les études menées à date, notamment celle-ci publiée le 11 mars dans la revue The Lancet, montrent plutôt que les pneumonies de la COVID-19 sont principalement causées par le virus lui-même, et pas par des surinfections bactériennes. 

L’idée que les vaccins contre le pneumocoque ou la grippe protègent de la COVID-19 figure dans la liste des mythes que l’Organisation mondiale de la santé tente de combattre. 

Un vaccin, qu’il soit contre la grippe, le zona, la rougeole, les pneumonies à pneumocoques ou n’importe quelle autre maladie infectieuse, ne peut que prévenir une infection par le ou les micro-organismes contre lesquels il a été conçu.

Le vaccin déclenche ce qu’on appelle la réponse immunitaire adaptative. Il contient une toute petite quantité du micro-organisme visé, rendu inactif ou atténué, ou bien même seulement des fragments de celui-ci. Quand cette menace est repérée par le système immunitaire, certains globules blancs se mettent à fabriquer des anticorps qui sont ciblés spécifiquement contre la menace, et d’autres globules blancs emmagasinent la réponse en mémoire de manière à pouvoir la déployer si le micro-organisme pointe à nouveau son nez. Mais si c’est un autre microbe qui passe à l’attaque, ça ne marche pas! 

Les pneumonies sont des infections respiratoires sévères qui provoquent une inflammation dans les poumons, plus particulièrement dans les alvéoles. Les alvéoles ressemblent à de petites grappes de raisin situées au bout de chaque bronche et permettent à l’oxygène de l’air qu’on respire de passer dans notre sang. Lors d’une pneumonie, les alvéoles se remplissent de liquide inflammatoire qui empêche l’air d’y rentrer. Les pneumonies sont le plus souvent dues à des pneumocoques, mais elles peuvent aussi être causées par d’autres bactéries, et par des virus comme celui de l’influenza ou de la COVID-19.

Les vaccins contre les pneumonies ciblent tous des pneumocoques. Au Québec, le Synflorix, qui protège contre 10 types de pneumocoques sur la quarantaine susceptibles de donner des pneumonies, est principalement administré aux enfants en trois doses à l’âge de 2, 4 et 12 mois. Le Pneumovax, qui protège contre 23 types de pneumocoques, est surtout donné aux aînés et aux personnes dont l’état de santé les met plus à risque de contracter une infection ou de ne pouvoir la combattre efficacement.

La recherche d’un vaccin contre la COVID-19 a déjà démarré, et des premiers essais sont en cours, mais les spécialistes pensent qu’aucun vaccin ne pourra être disponible avant 12 à 18 mois. Entre temps, on cherche aussi des moyens de rendre le virus moins mortel avec différents médicaments comme des antiviraux, et on tente au maximum de gagner du temps en ralentissant la propagation du virus par la distanciation sociale et le lavage des mains. On va l’avoir! 

Vos questions sur la COVID-19

Faut-il avoir peur… des journaux?

Q : «On sait que la COVID-19 peut rester active sur du carton pendant 24 heures. On peut donc supposer qu’il en va de même pour le papier. Quelles sont les mesures prises par Le Soleil et les autres journaux pour éviter la propagation par les copies en papier? Les camelots ont-ils des consignes à respecter à cet égard ?» demande Ariane Nantel, de Sainte-Brigitte-de-Laval.

R : Je suis bien évidemment en conflit d’intérêts patent pour répondre à cette question. Mais tout de même : ce qu’on sait de ce coronavirus est plutôt rassurant à cet égard. Il y a bien une étude parue la semaine dernière dans le New England Journal of Medicine qui a trouvé que la COVID-19 peut survivre jusqu’à 24 heures sur des surfaces en carton, mais il faut savoir que c’est moins de 1 % des virus qui persistent aussi longtemps. En fait, sur du carton, le nombre de virus de la COVID-19 diminue de moitié à toutes les 3h30 environ, lit-on dans cet article.

Comme il faut un bon 6 heures pour imprimer un journal et le livrer (dans les meilleurs cas), cela signifie que beaucoup de virus ont le temps de mourir, mais que oui, il peut en principe en rester encore sur le journal quand nos abonnés vont prendre leur copie le matin. Cependant, ce risque est surtout théorique parce que ce coronavirus ne survit pas bien hors du corps humain et que la contagion indirecte via d’abord du papier, puis les mains et la bouche, n’est pas du tout son mode naturel de transmission (qui est plutôt les gouttelettes expulsées lors de la toux ou des éternuements). À cause de cela, il est très improbable de contracter la COVID-19 en se faisant livrer le journal. 

Notez que, conflit d’intérêts oblige, j’ai soumis cette manière de résumer les choses à deux experts indépendants — Dr Guy Boivin, titulaire de la Chaire de recherche sur les virus émergents de l’Université Laval, et Pierre Talbot, spécialiste des coronavirus de l’Institut Armand-Frappier (INRS) — qui m’ont tous deux confirmé qu’elle était valable. Tout cela, précise Dr Boivin, «peut être plus problématique dans des restaurants où un même journal est partagé par plusieurs personnes en un court laps de temps. Cependant, les commerces et restaurants étant fermés, le risque est minime».

Cela dit, on ne peut pas présumer non plus que le risque est de zéro, si bien que des mesures spéciales d’hygiène ont été prises, me dit Stéphane Lavallée, dg de la Coopérative nationale de l’information indépendante, dont font partie Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Voix de l’Est, La Tribune et Le Quotidien. «Notre imprimeur, TC Transcontinental, a interdit l’accès à ses usines à toute personne qui ne fait pas partie de son personnel», indique M. Lavallée, qui ajoute que l’entreprise demande aussi à ses employés de respecter des consignes additionnelles de sécurité (lavage des mains, désinfection des équipements, etc.).

La manipulation des copies a également été réduite, poursuit-il : les journaux sont regroupés en paquets de manière automatisée, paquets qui sont ensuite enveloppés d’un couche de papier. Enfin, les livreurs doivent désormais prendre les copies sans sortir de leur camion, et le chargement se fait mécaniquement.

Du côté du Soleil et des journaux du groupe des coops, «livreurs et camelots ont reçu la semaine dernière des indications claires pour le respect des consignes de la santé publique : lavage fréquent de mains, toux dans le coude, etc. (…) Lors de la livraison, nous leur demandons de limiter au minimum les contacts avec le papier», indique M. Lavallée.

Vos questions sur la COVID-19

Les aliments de l’épicerie peuvent-ils être contaminés?

Q : «Que dois-je adopter comme mesures de prévention pour la COVID-19 lorsque je reviens de l’épicerie? Dois-je laver les emballages et les fruits et légumes?», demande Nadine Maltais, de Québec.

R:  La première étude sur la stabilité du virus sur des surfaces sèches, par exemple celles des emballages, a été publiée le 24 février dans le New England Journal of Medicine.

Les chercheurs ont pulvérisé un aérosol contenant le coronavirus sur différentes surfaces et ont regardé au bout de combien de temps il en disparaissait. Ils ont observé qu’il est encore détectable jusqu’à 24 heures sur du carton et jusqu’à trois jours sur une surface d’acier inoxydable ou de plastique. 

On peut donc certainement retrouver des traces du virus sur les emballages des aliments qui viennent de l’épicerie. Et on peut supposer, même si ce n’était pas dans l’étude, que le virus résiste un certain temps sur les fruits et légumes.

Pour minimiser les chances de l’attraper avec votre épicerie, vous pouvez suivre la recette proposée par le chimiste Normand Voyer : d’abord, déposer toutes vos courses en un seul endroit en arrivant chez vous, puis vous laver les mains au savon et nettoyer avec un nettoyant ménager ordinaire les poignées que vous avez touchées, puis mettre des gants à vaisselle et passer à l’eau savonneuse tous les achats, les laisser sécher sur un linge et ranger ensuite au frigo ou dans les placards. Mettre directement les aliments au congélateur ou au frigo n’inactive pas le virus. Garder dans un coin les produits emballés dans du carton et les y laisser au moins 48 heures. 

Mais est-ce vraiment nécessaire de faire tout ça? Agir, ne serait-ce qu’en lavant son épicerie, est un excellent moyen de diminuer son anxiété. Et c’est certain que cela diminue le risque. Donc si vous ressentez le besoin de le faire, allez-y! Mais faites attention à ne pas nourrir vos peurs ou les chicanes de famille avec ça : la santé mentale de tout le monde, en ce moment, c’est ultra important! 

N‘oubliez pas aussi que le risque de se contaminer de cette manière est quand même mince.

Les virus ne sont pas des micro-organismes vivants, comme les bactéries ou les moisissures. Ils ne peuvent pas se multiplier tous seuls, mais ont besoin pour ça de se loger dans les cellules d’un être vivant. Donc, quand ils atterrissent sur une surface inerte comme du carton ou du plastique, leur concentration va toujours en diminuant.

La quantité de virus que l’on retrouve dans les expectorations d’une personne malade est énorme. Celle sur ses mains est déjà moindre, car les virus n’y sont plus dans leur «bouillon de culture» comme dans la gorge ou les poumons. Cette quantité est nulle quand la personne vient de se laver les mains selon les règles de l’art. La quantité de virus que l’on retrouve sur les objets que ses mains ont touchés quand elles étaient sales est probablement plus basse que sur ses mains sales, et elle diminue au fil du temps.

Alors certes, une personne porteuse du virus pourrait avoir contaminé l’emballage d’un produit que vous avez acheté. Mais pour que son virus vous rende malade, il faudrait:

- que cette personne soit allée ou travaille à l’épicerie

- qu’elle ait projeté le virus dans son environnement en toussant ou avec ses mains sales

- que le virus ait atterri sur le produit que vous avez acheté 

- que cela se soit passé dans les jours précédant votre passage à l’épicerie

- que vous ne vous soyez pas lavé les mains après avoir rangé votre épicerie ou après y avoir touché, dans le temps où le virus pourrait encore être présent sur sa surface

- que vous ayez mis vos mains «sales» sur votre visage

- que le virus soit passé de votre visage à vos voies respiratoires

- qu’il s’y soit multiplié.

Cela fait beaucoup d’étapes, et donc beaucoup de chances que la séquence de transmission s’arrête à un moment ou à un autre. 

Les mesures prises par les autorités de santé publique visent justement à briser cette séquence. Exiger que toutes les personnes malades ou ayant récemment voyagé restent chez elles plutôt que d’aller travailler ou de se rendre à l’épicerie, exiger la distanciation sociale, demander à tout le monde de se laver souvent les mains et encourager à désinfecter son environnement immédiat plus que d’habitude rendent encore moins probable une contamination par les emballages des produits d’épicerie. Mais plus il y a de gens malades, plus le risque augmente qu’on retrouve le virus un peu partout.

Le lavage fréquent des mains et la distanciation sociale sont plus efficaces que n’importe quoi d’autre pour nous protéger. Chaque nouvelle mesure diminue le risque, et on peut toujours en faire plus, mais les gains peuvent être de plus en plus infimes, pour des efforts toujours plus grands. C’est pour cette raison que les autorités avancent progressivement dans leurs exigences, au fur et à mesure qu’elles voient comment le risque évolue, en fonction du nombre de personnes déjà porteuses du virus et de la facilité avec laquelle celui-ci se transmet.

Pour l’instant, elles n’exigent pas que nous lavions notre épicerie. Peut-être changeront-elles d’avis, selon la manière dont l’épidémie évoluera. Surveillez régulièrement les consignes.

Vos questions sur la COVID-19

Éviter les anti-inflammatoires?

Q : «Depuis quelques semaines, on voit circuler sur les réseaux sociaux une information disant aux gens atteints de la COVID-19 de ne pas prendre d’anti-inflammatoires. Mais je n’ai pas été capable de la confirmer. Qu’en est-il ?» demande Ginette Larente, de Ferme-Neuve.

R : Il y a effectivement eu pas mal de confusion autour de cette question ces derniers jours. L’information qui circule concerne en particulier les «anti-inflammatoire non-stéroïdiens» (AINS), une catégorie importante de médicaments comprenant notamment l’ibuprofen (marques commerciales comme : Advil, Motrin, etc.). Comme celui-ci est en vente libre et très largement utilisé pour réduire la douleur et la fièvre, en plus bien sûr de l’inflammation, on comprend aisément l’émoi que cela a pu causer.

Ce qui a mis le feu aux poudres est une «correspondance» publiée le 11 mars dans la revue médicale The Lancet qui faisait l’hypothèse (j’insiste : il s’agit d’une hypothèse encore non prouvée) que les AINS pourraient avoir un effet enzymatique indirect qui fournirait une meilleure «prise» au virus de la COVID-19 lorsqu’il tente d’entrer dans les cellules de nos voies respiratoires, et donc qui empirerait la maladie. Il existait également quelques résultats antérieurs suggérant que les AINS pouvaient peut-être nuire lors d’infections pulmonaires, mais ils étaient parcellaires et ne ralliaient pas beaucoup de gens dans la communauté scientifique.

Cela a toutefois suffi au ministre français de la Santé, Olivier Véran, pour faire une sortie publique et recommander d’éviter l’ibuprofen, le 13 mars dernier. C’est vraiment à la suite de cette conférence de presse que la rumeur a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Et ce qui suivit n’avait rien pour «démêler» la population…

L’Organisation mondiale de la santé a commencé par emboîter le pas à M. Véran, recommandant initialement d’éviter l’ibuprofen et les autres AINS. Mais elle a fait marche arrière le 18 mars et ne conseille plus d’éviter ces médicaments.

«Pour ajouter à la confusion, indique Alexandre Chagnon, pharmacien hospitalier et fondateur du site Questionpourunpharmacien.com, Santé Canada a jugé que les informations étaient insuffisantes pour démontrer un lien entre les AINS et les infections plus graves à la COVID-19, alors que [au Québec, l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux] a mentionné que jusqu’à ce qu’on ait plus d’information, on devrait inviter la population à éviter les AINS mais à continuer de les prendre si nous les prenons de façon régulière depuis plusieurs semaines.»

Notons que Food and Drug Administration, aux États-Unis, a réagi en disant «ne pas avoir vu d’éléments de preuve scientifique montrant un lien entre les AINS, comme l’ibuprofen, et une détérioration des symptômes de la COVID-19». Ce ministère ne recommande pas d’éviter ces médicaments.

Bref, nous sommes devant une sorte de zone grise. D’un côté, il n’existe aucune preuve convaincante que l’ibuprofen empire vraiment la maladie. Mais de l’autre, on a tout de même quelques données qui soulèvent la question : doit-on quand même appliquer le principe de précaution et éviter les AINS, le temps d’éclaircir tout ça? Certains croient que oui alors que d’autres estiment que non.

De son côté, M. Chagnon considère que «jusqu’à ce que nous ayons une meilleure idée de l’impact potentiel des AINS sur l’évolution de la COVID-19, les gens devraient les éviter et plutôt prendre [de l’acétaminophène comme le Tylenol, Tempra, etc.]».

On trouve d’ailleurs le même son de cloche chez le chercheur en épidémiologie Mahyar Etminan qui, dans une entrevue toute récente sur le site de la faculté de médecine de l’Université de Colombie-Britannique, a conclu qu’«en attendant d’avoir plus de connaissances scientifiques sur cette question, les patients avec une fièvre de modérée à moyenne devraient utiliser l’acétaminophène».

COVID-19

Des journalistes scientifiques s’unissent pour répondre à vos questions

En temps de crise, vous cherchez des réponses éclairées et fiables à vos questions. C’est notre devoir en tant que journalistes de tenter d’y répondre.

Sauf que la crise actuelle est inédite. Avec le résultat que les questions se multiplient. Et que les boîtes courriel de nos journalistes débordent. La solution? Unir nos forces. Former une escouade unique de journalistes scientifiques, dédiée à répondre au plus grand nombre de vos interrogations tous les jours.

Nous sommes fiers aujourd'hui de vous annoncer une initiative unique : les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante – Le Soleil, La Tribune, Le Droit, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est – s’unissent à Québec Science et au Centre d’excellence Déclic sur le dialogue entre les scientifique et le public, afin de mettre en commun des ressources et de mieux remplir notre mission.

Chaque jour, le journaliste scientifique du Soleil Jean-François Cliche pilotera une petite équipe, avec des collègues de Québec Science et du Centre Déclic, afin de partager vos questions et de répondre le plus rapidement possible aux plus pertinentes.

Et afin d’assurer le maximum de visibilité à ces contenus d’information, pour rejoindre le plus grand nombre, nous les partagerons sur chacune de nos plateformes numériques respectives.

L’ajout de ressources du Centre Déclic dans ce projet est rendu possible grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec, soucieux d’accélérer la circulation d’une information crédible.

C’est également notre préoccupation. En ces temps d’incertitude dans nos communautés, nous le mesurons tous les jours : vous êtes plus nombreux que jamais à vous tourner vers nos journalistes pour obtenir l’heure juste sur la pandémie et ses effets sur notre quotidien complètement transformé.

Alors que la désinformation prolifère, pouvoir compter sur des sources fiables n’a rien pas un luxe. C’est un besoin essentiel.

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VOS QUESTIONS SUR LA COVID-19

Actualités

Enfants à la maison: un horaire d’apprentissage adaptable

En cette période où de nombreux citoyens tentent d’aider les autres, l’enseignante Natalie Debrecen propose aux parents un horaire d’apprentissage simple et accessible. Une routine de semaine qui, croit-elle, peut faire toute la différence sur l’attitude des enfants et, par ricochet, sur l’ambiance générale de la maisonnée.

« J’ai beaucoup d’amis qui sont parents, qui sont à la maison en ce moment, et qui ne savent pas trop comment établir un horaire de jour pour leurs enfants. Je suggère une structure qui est adaptable à différents groupes d’âge et différents niveaux d’apprentissage, dit-elle, pour expliquer cette initiative personnelle. C’est ma façon de contribuer à la cause. J’ai dix ans d’expérience en enseignement et je sens que je peux aider. Je veux juste donner un outil aux parents qui en ressentent le besoin », affirme Mme Debrecen, qui est professeur de maternelle depuis quatre ans dans une école de Granby.

Vos questions sur la COVID-19

COVID-19: pourquoi est-ce pire en Italie?

Q. «Sait-on pourquoi l’Italie s’est trouvé la plus touchée par la COVID-19 alors qu’on aurait pu croire que d’autres pays avec de plus nombreux liens avec la Chine auraient pu être affectés bien avant? Les Italiens ont prétendu qu’ils testaient plus que les autres, mais est-ce qu’on a des réponses?» demande Mathilde Paul-Hus, de Québec.

Essentiellement, répondent les chercheurs en épidémiologie de l’Université Laval Mélanie Drolet et Marc Brisson, «les pays sont plus ou moins touchés selon les mesures de prévention qu’ils réussissent à mettre en place rapidement». Dans un premier temps, l’idéal pour un pays est de bien identifier et isoler les cas qui proviennent de l’extérieur, mais ce n’est pas facile à faire avec un virus comme la COVID-19, dont une majorité de cas présentent peu ou pas de symptômes.

«En Italie, indiquent Mme Drolet et M. Brisson, la transmission locale a commencé avant que les premiers cas soient identifiés et isolés [possiblement en raison de transmission des personnes qui étaient peu ou pas symptomatiques]. Une fois que les personnes plus âgées, avec des symptômes plus sévères ont commencé à être malades, ces cas ont été identifiés, mais le mal était déjà fait : le virus circulait déjà dans la population.»

Il s’adonne que l’Italie fut le premier pays occidental à être touché par le coronavirus. Il n’y a pas vraiment de raison pour cela, mais cela implique deux choses. D’un, le cas italien semble pire en partie parce que la maladie a juste eu plus de temps pour se répandre. Mais il n’y a pas que cela : c’est réellement pire qu’ailleurs. Alors de deux, il est aussi possible que l’éclosion précoce en Italie explique en partie pourquoi ce pays n’a pas été capable d’imposer des mesures d’isolement social à temps pour diminuer le nombre de gens atteints — son gouvernement, ou sa population, ou les deux, auraient été plus ou moins pris par surprise. C’est du moins une hypothèse qui a été soulevée par divers experts dans le monde.

Quoi qu’il en soit, le résultat fut le même. Les cas ont explosé, les complications aussi, et le système de santé italien a été littéralement submergé, au point de devoir abandonner de nombreux patients sans soins, par manque de moyens. Avec pour conséquence dramatique que le taux de mortalité y est beaucoup plus élevé qu’ailleurs : en date de dimanche, plus de 59 000 Italiens avaient été officiellement diagnostiqués, dont près de 5500 sont décédés. Cela fait un taux de plus de 9 % alors qu’ailleurs dans le monde, il tourne plutôt autour de 1 %  (sauf dans la province chinoise d’Hubei, premier endroit touché par la COVID-19, qui fut possiblement prise par surprise lui aussi et où la mortalité avoisine les 4 %).

Il faut dire à cet égard que la population italienne est un peu plus vulnérable que les autres : c’est la plus vieille d’Europe et la seconde plus vieille du monde, après le Japon. Pas moins de 23,3 % des Italiens sont âgés de 65 ans et plus (comparé à 17 % au Canada et 19 % au Québec) — or, la COVID-19 tue de 15 à 20 % des plus de 70 ans même dans les pays qui sont toujours capables de les soigner.

En outre, notaient récemment des chercheurs dans la revue savante Demographic Science, les contacts intergénérationnels sont plus intenses en Italie qu’ailleurs en Occident : les adultes y vivent plus souvent avec leurs parents âgés qu’ailleurs, et même quand les générations ne cohabitent pas, beaucoup d’Italiens choisissent de s’établir proche de leurs parents, avec qui ils ont des contacts très fréquents. Cela a pu accélérer la transmission vers les plus vulnérables, et donc augmenter les hospitalisations et les décès.

Mais ce n’était pas une fatalité non plus. Pour en revenir au premier point soulevé par M. Brisson et Mme Drolet, il y a des pays qui, en agissant rapidement et énergiquement, sont parvenus à contenir la propagation. À Hong Kong, Singapour et Taiwan, l’expérience (pénible) des épidémies de SRAS en 2002 et de diverses souches de grippe aviaire dans le passé leur a fait mettre en place un système très efficace d’endiguement, qui implique des quarantaines sévères, un retraçage minutieux de contacts récents des gens infectés, etc. Ainsi, à Hong Kong par exemple, on rapportait en date de la fin de semaine dernière un grand total de 273 cas seulement depuis le début de l’épidémie, et ce en dépit de la proximité de la Chine et des contacts fréquents entre les deux endroits.

La COVID-19 suscite énormément de questions chez nos lecteurs et lectrices. Nous vous invitons à les envoyer à notre journaliste Jean-François Cliche (jfcliche@lesoleil.com) et il répondra à une par jour au cours des prochaines semaines.

Vos questions sur la COVID-19

Qu’est-ce que les personnes âgées ont fait à la COVID-19?

La COVID-19 suscite énormément de questions chez nos lecteurs et lectrices. Nous vous invitons à les envoyer à notre journaliste Jean-François Cliche (jfcliche@lesoleil.com) et il répondra à une par jour au cours des prochaines semaines.

Q «J’ai 81 ans et mon mari aussi. Nous sommes confinés à la maison. Pourquoi est-ce moins risqué pour notre fils de 46 ans d’aller à l’épicerie que pour nous?» demande Olyve Legendre, de Québec.

Vos questions sur la COVID-19

«Dure à cuire», la covid-19 ?

La COVID-19 suscite énormément de questions chez nos lecteurs et lectrices. Nous vous invitons à les envoyer à notre journaliste Jean-François Cliche (jfcliche@lesoleil.com) et il répondra à une par jour au cours des prochaines semaines.Le coronavirus en questions

Q : «Combien de temps le virus de la covid-19 survit-il hors du corps humains, sur des surfaces comme des comptoirs ou des poignées de porte ?», demande Isabelle Pépin, de Val d’Or.

R : La covid-19, comme tous les autres coronavirus, est ce que les microbiologistes appellent un «virus à enveloppe» : quand ils sortent d’une cellule qu’ils avaient infectée, ces virus lui «volent» un bout de sa membrane de lipides et s’en servent comme d’une enveloppe. Tant que le virus est à l’intérieur d’un hôte (humain ou animal), cette enveloppe l’aide à protéger les protéines fragiles qui se trouvent à sa surface, mais cela vient avec un inconvénient majeur. Si on laissait une cellule sur le comptoir, par exemple, elle se dégraderait et elle mourrait rapidement. Alors pour les mêmes raisons, les virus qui s’enveloppent de bouts de cellule ne survivent pas bien à l’air libre, m’expliquait récemment le chercheur et spécialiste des coronavirus de l’INRS Pierre Talbot.

Par exemple, dans une étude récente parue dans Microbes and Environment [http://bit.ly/2Qn6N7W], des chercheurs ont comparé la survie de deux virus enveloppés (influenza et herpès) et deux virus non-enveloppés. Les deux premiers ont rapidement été «tués» par la ventilation du labo : entre 90 et 99 % des «enveloppés» étaient désactivés après deux heures et il n’en restait plus du tout après 3-5 jours, alors chez les «non-enveloppés», une petite partie persistait toujours après plus d’un mois.

Et il en va de même pour le virus de la covid-19, qui n’est pas plus endurant que les autres «enveloppés». Une étude parue la semaine dernière dans le New England Journal of Medicine [http://bit.ly/2UjScLE] a montré que ce coronavirus a une «demi-vie» d’environ 1h15 dans des gouttelettes aérosol, ce qui signifie que la moitié des virus meurt à toutes les 1h15, si bien qu’au bout d’une douzaine d’heures, il n’en reste pratiquement plus.

Ce coronavirus-là survit toutefois un peu plus longtemps sur des surfaces de carton (demi-vie de 3h30), d’acier inoxydable (demi-vie de 5h40) et de plastique (demi-vie de 6h50). Mais même sur le plastique, il n’en subsiste plus du tout au bout de 3 jours — et encore, c’est seulement environ 1% qui survit pendant 3 jours car un bon 90 % meurent au cours des premières 24 heures, et 99 % au bout de 2 jours.

Mais quand même, commentait à ce propos William Keevil, professeur de santé environnementale à l’Université de Southampthon [http://bit.ly/2wjUr9J] : «La survie des coronavirus sur des surfaces susceptibles d’être touchées (pour plus que les 2 heures régulièrement citées par les conseillers gouvernementaux) est un risque sanitaire, et il est difficile d’éviter de toucher des objets comme des poignées de porte et des plaques de poussée, des rampes d’escalier, des écrans tactiles publics, etc. Cela redémontre l’importance de bonnes habitudes d’hygiène personnelle, comme se laver les mains rigoureusement plusieurs fois par jour, ou utiliser un gel antiseptique, et éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche. Ce dernière élément est toutefois extrêmement difficile parce que les humains sont des gens tactiles qui touchent leur visage plusieurs fois par heure.»

Actualités

Attention aux nombreux fraudeurs

« Les fraudeurs cherchent à profiter de la désinformation, des craintes et des incertitudes des consommateurs, et exploitent la crise [de la COVID-19] pour faciliter les arnaques et la cybercriminalité », a averti le Centre antifraude du Canada cette semaine.

La fraude en ligne peut prendre plusieurs formes. On peut vous proposer un énorme prêt pour vous aider à passer à travers la crise ou encore vous inviter à cliquer sur un lien qui vous mènera sur un faux site du gouvernement, qui est en fait un site d’hameçonnage rempli de logiciels malveillants.

Vos questions sur la COVID-19

Peut-on «ré-attraper» la COVID-19?

La COVID-19 suscite énormément de questions chez nos lecteurs et lectrices. Nous vous invitons à les envoyer à notre journaliste Jean-François Cliche (jfcliche@lesoleil.com) et il répondra à une par jour au cours des prochaines semaines.Le coronavirus en questions

Q «Une personne qui attrape la COVID-19, mais qui guérit, sera-t-elle immunisée pour le reste de l’épidémie ou pourra-t-elle être réinfectée?», demande Yves Rousseau, de Québec.

R Il est encore très tôt pour répondre à cette question, mais il y a déjà au moins une étude qui suggère que oui, les anciens malades sont immunisés. Elle est parue sur le site de prépublication bioRxiv [bit.ly/33Btaw1] et a consisté à infecter quelques macaques avec le virus de la COVID-19. Une fois guéris, la moitié ont été réexposés à la même «dose» de virus qui leur avait été administrée au départ (et qui les avait rendus clairement malades), mais ils se sont montrés complètement immunisés.

Il s’agit toutefois d’une très petite étude en «prépublication», ce qui signifie qu’elle n’a pas encore été revue par d’autres scientifiques, alors il faut prendre ces résultats avec beaucoup de prudence. C’est d’autant plus vrai que, même si ce qui vaut pour le macaque devrait a priori valoir aussi pour l’humain, on n’en sera certain que lorsque l’on aura constaté la même chose chez notre espèce.

Cela reste tout de même un signe encourageant et, compte tenu de ce qu’on sait des coronavirus et du système immunitaire, «en principe, l’immunité devrait perdurer au moins de six à douze mois, sinon plus, dit Dr Guy Boivin, titulaire de la Chaire sur les virus émergents de l’Université Laval. Mais on ne le sait pas encore avec certitude.» 

Avant d’être sûr que les malades restent immunisés pendant plus d’un an, il faudra étudier des gens guéris depuis au moins un an — or l’épidémie dure depuis à peine trois mois. Encore un peu de patience, donc, afin de confirmer ces résultats encourageants, certes, mais très préliminaires.

Un autre aspect de la chose à considérer sera de savoir à quelle vitesse le virus mute et si cela peut lui permettre, éventuellement, de réinfecter une personne même si elle possède déjà des anticorps — on parle alors d’un nouveau «sérotype» du virus, qui n’est pas affecté par les anticorps des anciens sérotypes. On sait que des virus comme l’influenza et d’autres coronavirus humains en sont capables, et «il pourrait éventuellement apparaître un nouveau sérotype [de la COVID-19] par accumulation de mutations, mais ce n’est pas encore le cas présentement», indique Dr Boivin.

Vos questions sur la COVID-19

70 % des gens infectés ou… 1 %?

La COVID-19 suscite énormément de questions chez nos lecteurs et lectrices. Nous vous invitons à les envoyer à notre journaliste Jean-François Cliche (jfcliche@lesoleil.com) et il répondra à une par jour au cours des prochaines semaines.

Q «On nous dit que, à terme, de 30 à 60 % (et même 80 % dans certains estimés) de la population seront éventuellement être atteints de la COVID-19. Pourtant, en Chine, un endroit beaucoup plus densément peuplé qu’ici, la maladie semble être contrôlée avec moins de 1 % de la population atteinte. Pourquoi alors avons-nous des prédictions aussi pessimistes pour notre pays? Quelle est la différence?», demande Claudia Hamel.

R En épidémiologie, la capacité de contagion d’une maladie est mesurée par le «R0» (R-zéro), qui est le nombre moyen de personnes qu’un patient va infecter. La grippe, par exemple, a un R0 qui tourne autour de 1,5, ce qui signifie que chaque personne grippée va transmettre son virus à 1,5 autre personne en moyenne. La COVID-19, elle, a un R0 d’environ 2 à 3, ce qui en fait un pathogène un peu plus contagieux que l’influenza — qui est déjà pas mal contagieuse elle-même.

Or, indiquent les chercheurs en épidémiologie de l’Université Laval Mélanie Drolet et Marc Brisson, «les prévisions de 30 à 70 % sont basées sur le R0 et ce, en l’absence d’intervention de prévention pour briser les chaînes de transmission. La Chine et la Corée ont employé des mesures très importantes de réduction des contacts sociaux pour diminuer le R0 et leurs populations ont fidèlement suivi les mesures qui leur étaient demandées».

Le chiffre de 70 % est donc vraiment un scénario du pire : si rien n’est fait, si on laisse le virus se répandre sans appliquer de mesures d’isolement, alors on prévoit que 70 % de la population contractera le virus.

Cela dit, ces prévisions valent sur un horizon relativement court, puisqu’on ignore encore comment la COVID-19 se comportera à long terme. S’il suit la même voie que les deux dernières épidémies de nouveaux coronavirus, soit le SRAS et le MERS, alors il se résorbera complètement et il est possible que l’on ne s’approche jamais du chiffre de 70 %. Cependant, s’il «s’installe à demeure» comme les autres coronavirus humains (quatre souches moins virulentes, qui ne donnent que des rhumes), alors il se peut bien qu’à long terme, ce ne sera pas 70 %, mais presque toute la population humaine qui sera éventuellement touchée. Cela reste à voir.

Actus jeunesse

La COVID-19 expliquée aux enfants [VIDÉO]

Vos enfants ont des questions sur le coronavirus? Ils trouveront quelques réponses dans cette capsule originale produit par la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) pour le tout nouveau Canal Squat de Télé-Québec.

Unique chez nous, Le Canal Squat est un nouveau fil d’information conçu spécifiquement pour les jeunes et diffusé sur la populaire plateforme le Squat de Télé-Québec.

Les jeunes trouveront quotidiennement sur Le Canal Squat des nouvelles fiables, produites spécialement pour eux par les coops d’information membres de la CN2i, soit Le Soleil (Québec), Le Droit (Gatineau/Ottawa), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), La Tribune (Sherbrooke), Le Quotidien et Le Progrès (Saguenay–Lac-Saint-Jean) ainsi que La Voix de l’Est (Granby).

Tous les jours, des articles parus dans nos quotidiens sont réécrits spécialement pour le Le Canal Squat, sous la coordination d'Ève Tessier-Bouchard, nouvelle partenaire au développement de projets à la CN2i. 

Nos caricaturistes sont également mis à contribution pour offrir leurs caricatures aux jeunes et ainsi contribuer à diffuser largement l’information et à la faire mieux comprendre.

Dès maintenant, les jeunes peuvent y trouver une foule d’actualités pertinentes sur la COVID-19, essentielles en ces moments incertains qui soulèvent toutes sortes de questions. Mais Le Canal Squat offrira beaucoup plus : des nouvelles quotidiennes sur d’autres sujets qui les intéressent, des capsules vidéos originales. Les jeunes sont aussi invités à commenter les nouvelles.

Le samedi, un résumé des nouvelles préparées pour Le Canal Squat sera diffusé dans le supplément Le Mag de nos quotidiens. Ces contenus seront aussi regroupés dans la nouvelle section Jeunesse de nos sites web.

À l’ère des fausses nouvelles, il apparaît essentiel pour nos coops de favoriser le contact des jeunes avec une information fiable, vérifiée, juste, sur laquelle ils peuvent se fier, écrite pour eux par des professionnels. Nous pensons qu’il est dans notre devoir de contribuer à initier la nouvelle génération à l’importance de s’informer à des sources crédibles. 

Cette nouvelle collaboration entre Télé-Québec et nos coopératives s'inscrit pleinement dans cette mission et dans notre désir de leur faire une place plus grande sur toutes nos plateformes. C’est aussi avec les jeunes qu’on a envie de bâtir un avenir pour nos médias au sein de nos communautés.

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Vos questions sur la COVID-19

Pourquoi 18 mois avant un vaccin contre la COVID-19?

La COVID-19 suscite énormément de questions chez nos lecteurs et lectrices. Nous vous invitons à les envoyer à notre journaliste Jean-François Cliche (jfcliche@lesoleil.com) et il répondra à une par jour au cours des prochaines semaines.

«Je trouve très bien que l’entreprise de Québec Medicago prévoit être capable de produire un vaccin dans les 12 à 18 mois au lieu de plusieurs années. Cependant, et même si je comprends qu’il y a plusieurs étapes à franchir, ne serait-il pas possible de penser à une procédure encore plus rapide compte tenu de l’importance de la menace du nouveau coronavirus?» demande Marius Demers, de Québec.

Il existe une règle fondamentale en médecine qui est si ancienne que, même de nos jours, on la voit encore souvent passer en latin : primum non nocere, deinde curare, «d’abord ne pas nuire, ensuite soigner». Et d’une certaine manière, c’est pour s’y conformer que non seulement les vaccins, mais aussi tous les médicaments, doivent passer à travers les mêmes étapes pour s’assurer : 1) qu’ils ne sont pas nocifs et 2) qu’ils sont efficaces.

On commence par des «tests précliniques» sur des animaux, afin de voir si le traitement a des effets négatifs sur des mammifères (comme nous). Ensuite viennent trois phases d’«essais cliniques» sur des humains. Dans une première phase, le traitement est administré (en doses d’abord infimes, puis ascendantes) à des adultes en santé afin de voir s’il est sécuritaire. Dans la phase 2, on tente de voir si le traitement peut avoir une quelconque efficacité. Puis s’il s’avère que le vaccin/médicament semble fonctionner, la phase 3 vient raffiner nos connaissances en déterminant si cet effet peut être utile dans un contexte clinique.

Il y a présentement beaucoup de pression qui s’exerce sur les chercheurs et les régulateurs dans le monde pour accélérer ce processus, qui prend typiquement plusieurs années, afin de sortir un vaccin contre la COVID-19 le plus rapidement possible. Medicago se dit prête à entamer les tests précliniques dès maintenant, et une équipe américaine a annoncé cette semaine que, grâce à des travaux antérieurs sur d’autres coronavirus (le SRAS de 2002 et le MERS de 2012), elle allait lancer dès ce printemps des essais de phase 1 pour un vaccin humain.

Mais cet empressement, si compréhensible qu’il soit, crée un certain malaise chez des scientifiques. Lundi dernier, sur le site de Nature, le virologue de l’Université Fudan (Shanghaï) Shibo Jiang avertissait des dangers qu’il y a à prendre des raccourcis avec les essais cliniques et même précliniques. «Ce n’est pas une perte de temps, écrit-il. Des travaux avec le SRAS ont montré des réponses immunitaires inquiétantes chez le furet et les macaques, mais pas chez la souris. De même, certains fragments de protéines [ndlr : certains vaccins sont à base de protéines ou de fragments de protéine] peuvent provoquer une réponse moins forte ou plus sécuritaire que d’autres, alors la chose sensée à faire est de les étudier chez l’animal avant l’être humain.»

En outre, on connaît des exemples d’essais de vaccins qui ont plutôt mal tourné — comme en 1966, quand des études sur un vaccin contre le virus respiratoire syncytial (une forme de rhume) ont mené à son abandon parce que certains des enfants vaccinés non seulement n’étaient pas immunisés, mais contractaient davantage le virus et faisaient une forme plus sévère de la maladie. Alors même s’il faut faire aussi vite que possible pour «sortir» un vaccin et/ou des traitements contre la COVID-19, la plupart des scientifiques parlent d’un horizon d’environ 18 mois parce qu’ils savent qu’il ne faut pas non plus perdre de vue que les étapes réglementaires en place existent pour de bonnes raisons.

Vos questions sur la COVID-19

Vos questions sur la COVID-19: un «répit» au printemps?

À cause de l’intérêt très intense et bien compréhensible que soulève la pandémie de coronavirus chez nos lecteurs et lectrices, vous avez été très nombreux au cours des derniers jours à envoyer des questions à notre chroniqueur scientifique Jean-François Cliche. C’est pourquoi nous lançons dès aujourd’hui une nouvelle capsule quotidienne dans laquelle il répondra, chaque jour, à l’une de ces questions.

Q  «Pourquoi les virus associés à la grippe et le coronavirus sont-ils surtout actifs en hiver ?» demande Guy Le Rouzès, de Québec.

COVID-19

Sept questions et réponses sur l'isolement

Plusieurs informations circulent sur les comportements à adopter en cette période de pandémie de la COVID-19. Nous avons soumis sept questions simples au CIUSSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, lesquelles résument certaines situations et aident à adopter des comportements responsables pour ralentir la propagation du virus dans la population.

1) Peut-on aller souper avec des parents, tantes, oncles ou amis de 70 ans et plus ?

Opinions

Survivre au télétravail (avec les enfants)

Depuis la semaine dernière, c’est l’émoi dans les milieux de travail et dans presque toutes les industries touchées par la mise en quarantaine d’employés, la menace d’une fermeture ou d’une annulation importante.  Lundi matin, de nombreux employés, encouragés à l’éloignement social volontaire, seront en télétravail. Ou - le comble -  en télétravail avec enfants. Comment s’acquitter de cette double tâche sans perdre la tête?

Adepte du télétravail depuis de nombreuses années, à titre de travailleuse autonome, d’employée et de gestionnaire, j’ai appris à travailler avec mes enfants de 3 et 6 ans autour, comme l’été dernier et tout récemment lors de la semaine de relâche. Voici quelques trucs pour que vous puissiez y trouver vos aises, éviter les pièges et, qui sait, peut-être en faire une nouvelle pratique courante.

1. Accepter de s’accorder un temps d’adaptation 

Il y a fort à parier que les premières heures ne seront pas des plus productives, entre les pépins techniques, la fébrilité des enfants, les nouvelles en continu et le service de clavardage de l’entreprise qui déborde de blagues et de directives, on se laisse le temps - à soi-même et aux enfants - de trouver ses repères et son « flot »

2. Travailler avec le résultat en tête et non les heures

C’est dans l’ADN des organisations de nous assigner un cubicule et de s’attendre à ce qu’on y soit assis toute la journée. Or, en télétravail, c’est inutile et avec les enfants autour, c’est impensable. C’est donc l’occasion pour l’employeur comme pour l’employé d’expérimenter la gestion par les résultats et les horaires flexibles.

Pour instaurer un climat de confiance favorable au télétravail, employeur et employé doivent s’entendre sur une mission claire et importante et sur des livrables réalistes. Il ne suffit pas de travailler pendant un nombre d’heures donné, mais bien d’accomplir le travail stratégique nécessaire à l’avancement ou à la continuité souhaitée.

Il importe par exemple de cibler les projets prioritaires et pourquoi il l’est, en toute transparence. Par exemple, on dira : « Il est important que le projet A prenne le moins de retard possible parce que l’entreprise ne peut se permettre d’être payée plus tard. » 

Quand c’est possible, on tentera de quantifier la productivité autrement qu’en heures. Par exemple, au lieu de dire que la priorité, c’est de continuer à clients, on dira que les clients qui écrivent doivent recevoir une réponse dans la même journée, parce que c’est la réputation de l’entreprise qui en dépend. 

Quand tous les membres de l’équipe comprennent leur mission individuelle et commune, on a une situation propice à l’engagement. Tous arrivent donc mieux à organiser leur temps et à retrouver un certain sentiment d’efficacité personnelle et collective, d’équilibre et de satisfaction.

C’est ainsi qu’on vaincra le plus grand désavantage du télétravail : la perception qu’on y travaille moins ou moins bien.

3. Maintenir son lien à l’équipe et communiquer efficacement

 Tenu loin de la gang du bureau, on peut craindre de se sentir isolé et être tenté de se brancher sur le canal divers du clavardage d’entreprise toute la journée. Or, une fois les priorités claires, c’est plus facile d’organiser nos communications efficacement.

LE CLAVARDAGE: Qui pense télétravail pense devoir d’être toujours en ligne, prêt à répondre ou à participer au clavardage. Il n’y a pourtant rien de plus anxiogène et contre-productif. Restez donc loin du clavardage de l’entreprise et des médias sociaux lors de vos blocs de « travail concentré ». Accordez-vous plutôt quelques pauses sociales de 15 minutes, 2 à 4 fois par jour. Et ce, même si vous gérez une équipe. Invitez toutefois les gens à vous rejoindre directement, par téléphone ou par message texte s’ils ont une question urgente. Vous recevrez donc une notification directement, même quand vous serez avec les enfants.

HONOREZ VOS APPELS: Pour les échanges autour des projets ou des livrables prioritaires, minimisez également le clavardage et les courriels informels. Attrapez le téléphone et maintenez les rencontres statutaires prévues. Osez même les faire en vidéo-conférence. Non seulement la communication est-elle plus efficace de vive voix, mais il y aura quelque chose de chaleureux et de convivial à vos échanges en face à face à partir de vos environnements respectifs. 

PRENEZ DES PAUSES DE L'ORDINATEUR: Certains trouvent leur compte plus que d’autres sur le web social, mais après une journée de travail à l’ordinateur, promettez-vous de laisser vos outils derrière pour reconnecter au monde analogique, aux membres de votre famille et à votre environnement. Sortez prendre une marche, cuisinez des biscuits ou jouez au ballon avec les enfants. Sans déplacements, il devrait vous rester au moins un peu d’espace et de temps pour tout ça! 

4. Instaurer un rythme travail / famille

Et les enfants dans tout ça? Le rythme, c’est en quelque sorte la nouvelle routine, que tous devront expérimenter et s’approprier. Qui dit rythme, dit fluide : pas besoin de tout prévoir au quart de tour, mais il doit être prévisible pour que les enfants sachent ce qui les attend.

Par exemple, on instaure un moment fixe pour les collations, les repas et les écrans, puis on identifie les plages horaires où on sera 100% disponibles pour jouer ou discuter avec eux, comme par exemple en début, milieu et fin de journée. Des balises utiles pour eux comme pour nous, qui pourrions facilement être aspirés par le vortex de notre ordinateur ou de notre routine de travail habituelle.

5. Ne pas chasser les enfants 

Tant mieux si un autre adulte est à la maison ou si vous décidez de vous relayer avec des amis ou un voisin. Toutefois, si vous partagez la maison avec les enfants, soyez conscients que vous ne pouvez pas les faire disparaître pour travailler comme si rien n’était.

La source des conflits et du stress réside dans le besoin de contrôler la situation. Acceptez que ce sera différent et imparfait, instaurez des règles, mais préparez-vous à les répéter et à les expliquer souvent, c’est nouveau tout ça!

Côté espace de travail, installez-vous à proximité raisonnable de leur aire de jeux pour qu’ils vous sachent présent pour eux et informez-les des règles, comme la possibilité de s’asseoir près de vous pour des jeux calmes et autonomes ou la nécessité de mettre la main sur votre bras pour vous parler lorsque vous êtes au téléphone. 

Enfin, pour éviter votre propre frustration, prévoyez des blocs de travail de 1 à 2 heures maximum, selon l’âge des enfants, avant de prendre une pause au cours de laquelle vous pourrez interagir avec eux ou observer leurs activités.

Faites le compte et si - à travers les demandes, la résolution des prises de bec et l’installation du matériel de bricolage - vous arrivez à travailler 5 ou 6 heures, ce sera une très bonne journée.

 Prenez le tout avec un grain de sel, limiter la pression est la clé.
Profitez-en pour être ensemble, tout simplement. 

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HORAIRE TYPE DE TÉLÉTRAVAIL AVEC LES ENFANTS

  • 7h30-8h : jeu avec les enfants
  • 8h-10h : web social et travail bloc 1 (2h)
  • 10h : pause collation / enfants
  • 10h30 - 11h30 : travail bloc 2 (1h)
  • 11h30 -13h : pause famille/dîner
  • 13h-15h : travail bloc 3 (2h)
  • 15h-16h : dehors avec les enfants
  • 16h-16h30 : web social et courriels (30 min)
  •  20h-21h : travail bloc 3 (1h ou plus au besoin)

COVID-19

Comment répondre aux questions des enfants sur le coronavirus?

Comment aborder le coronavirus avec ses enfants? Voici quelques pistes. Et des réponses aux nombreuses questions qu'ils peuvent vous poser. L'important: en parler.

COMMENT ABORDER LE CORONAVIRUS AVEC SES ENFANTS?

  1. Ne pas avoir peur d’informer son enfant. La plupart des enfants auront déjà entendu parler du virus. Il ne s’agit plus de les protéger de cette réalité, mais d’ouvrir un dialogue informatif et rassurant à son sujet.
  2. Trier les informations. Comme le souligne les spécialistes, le parent doit se poser comme un filtre à informations. En plus de dégager les vraies nouvelles des fausses, il doit prendre garde à ne pas submerger l’enfant sous trop d’informations.
  3. Écouter les craintes de son enfant. Il est important que le parent se montre disponible aux inquiétudes de son enfant. S’il ne doit pas encourager ses peurs, il ne doit surtout pas les invalider.
  4. Se concentrer sur les solutions plutôt que le problème. Les enfants se sentent en contrôle lorsqu’ils savent quoi faire pour être en sécurité. Encourager son enfant à prendre les précautions nécessaires (ex: se laver les mains régulièrement) est un excellent moyen de le rassurer. L’inviter à cuisiner avec nous pour un parent âgé ou à écrire une lettre d’encouragement à une personne seule de son entourage peut contribuer à son sentiment d’avoir une emprise sur la situation.