Le professeur Robert Laganière et l'étudiant au doctorat Rytis Verbickas travaillent sur un système permettant de repérer les piétons.

Voitures autonomes: des travaux de recherche menés à l'Ud'O

Des chercheurs de l'Université d'Ottawa sont à mettre au point un nouveau système écoénergétique et abordable de détection de piétons pour les voitures sans conducteur.
Le professeur Robert Laganière, de l'École de science informatique et de génie électrique, et l'étudiant au doctorat Rytis Verbickas, ont créé un algorithme de repérage des piétons avec une caméra. 
La caméra, orientée vers l'avant de l'automobile, est transformée en capteur à l'aide d'une grille de cellules, et réagit à la présence de piétons dans son champ de vision.
Le système exploite le pouvoir « d'apprentissage profond » qui permettra à la voiture intelligente d'apprendre à reconnaître les piétons et leurs comportements, et d'adapter ses déplacements en conséquence.
« L'idée est d'être capable de détecter les piétons à une distance suffisante pour qu'un véhicule autonome ait le temps de prendre la meilleure décision », a précisé M. Laganière, dont le laboratoire de recherche se spécialise dans la vision artificielle.
Double tour de force
Le tour de force n'a pas seulement été de réussir à détecter les piétons avec précision, mais d'y parvenir avec un système alimenté par des processeurs à faible consommation d'énergie dont sera dotée la prochaine génération de voitures intelligentes, font valoir les chercheurs.
Le logiciel que développent les deux chercheurs consomme moins de deux watts et requiert autant de mémoire qu'un fichier MP3 d'une seule chanson. Leur prototype est innovateur, notamment parce qu'il nécessite beaucoup moins d'énergie et de mémoire, et est plus petit et moins dispendieux que les capteurs de mouvements actuels.
« C'est une très petite taille pour un algorithme de cette complexité-là », a souligné M. Laganière.
L'équipe de l'Université d'Ottawa travaille en collaboration avec la firme ottavienne NXP Semiconductors dans le développement de la technologie. Les travaux se poursuivent.
Les scientifiques veulent aussi amener leur logiciel à reconnaître des piétons de différentes statures et à détecter des voitures et des autobus, en plus de tester sa performance selon diverses conditions, dont la météo changeante, l'intensité lumineuse et la qualité de l'image.
« L'autre chose qu'on veut ajouter concernant les piétons est d'avoir une mesure plus précise de leur distance par rapport à la voiture. Présentement, le système nous dit où sont les piétons, mais nous n'avons pas une bonne évaluation de la distance », a expliqué M. Laganière.
Il croit qu'il faudra un horizon de cinq à dix ans avant d'en arriver à une commercialisation du système.
« Ce qui est bien est que la voiture autonome arrive graduellement », a noté M. Laganière. 
Déjà, des voitures sont munies de systèmes intelligents, comme le freinage automatique et des avertisseurs de déviation de voie.
« Tout cela va se raffiner avec le temps, jusqu'à ce qu'on en arrive à des voitures complètement autonomes », a précisé M. Laganière.