Vitalité des médias: une action rapide d’Ottawa demandée

Un groupe de médias canadiens, dont font partie les journaux régionaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2I), demande à Ottawa d’agir rapidement afin d’imposer des règles claires en matière de concurrence, de droits d’auteur et de taxation permettant de soutenir la vitalité de l’écosystème médiatique canadien.

Douze médias canadiens, dont La Presse, Le Devoir, Radio-Canada et le Toronto Star, ainsi la CN2I, qui regroupe les coopératives du Soleil, du Quotidien, du Nouvelliste, de La Tribune, de La Voix de l’Est et du Droit, signent mercredi une déclaration commune adressée au Parlement et diffusée dans plusieurs journaux, dans laquelle ils se disent inquiets de la vitalité des médias canadiens.

Le groupe demande aux parlementaires d’aider rapidement les médias à faire face à la menace que représentent les géants du numérique. «Au Canada, le monde de l’information est en crise. Nous dépendons des revenus publicitaires pour financer nos activités de journalisme, mais des géants du numérique étrangers contrôlent désormais le marché publicitaire dans le secteur de l’information en imposant les tarifs et en régissant l’accès pour toutes les entreprises», peut-on lire dans la déclaration.

Le groupe de médias déplore que ces géants du numérique contribuent à un flot de désinformation et de fausses nouvelles, tout en monopolisant 75 % de l’ensemble des revenus publicitaires et numériques.

Pour faire face à cette crise et préserver un accès à une information fiable pour le public, le groupe de médias canadiens demande au Parlement et aux organismes gouvernementaux d’agir sur des enjeux tels que la saine concurrence, la protection du droit d’auteur et les changements fiscaux pour assujettir les entreprises numériques à l’article 19 de la Loi de l’impôt sur le revenu.

Le groupe déplore que le Canada tarde à agir et à adapter sa réglementation aux nouvelles réalités de l’univers numérique, tandis que les «entreprises numériques étrangères réalisent leur profit au détriment d’une industrie canadienne dynamique et viable».

L’Australie, la France, le Royaume-Uni ainsi que le Parlement européen ont pris des mesures pour modifier le cadre réglementaire régissant les géants du numérique et il est temps, plaide le groupe de médias, que les parlementaires canadiens s’entendent rapidement sur le sujet.

Cette déclaration s’inscrit dans la poursuite d’efforts entamés l’été dernier, par Radio-Canada, auprès du Forum des politiques publiques du soutien afin de coprésider un échange avec des éditeurs de journaux dans le but de trouver des manières de collaborer permettant de renforcer le secteur de l’information.