Julie Noël, de Saint-Antoine-de-Tilly, avait peur que sa mère, âgée de 77 ans, ne soit éventuellement plus admise au chevet de son père, récemment admis dans une maison de soins palliatifs.
Julie Noël, de Saint-Antoine-de-Tilly, avait peur que sa mère, âgée de 77 ans, ne soit éventuellement plus admise au chevet de son père, récemment admis dans une maison de soins palliatifs.

Visites aux soins palliatifs: des assouplissements «humains» de l’accès

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Les restrictions de visites dans les unités de soins palliatifs préoccupent les familles dont les proches sont en fin de vie. La santé publique affirme avoir planché sur la question et promet un assouplissement «humain» de l’accès à cette clientèle.

Bien inquiètes qu’on les empêche possiblement de rendre visite à leurs proches dans des unités de soins palliatifs, deux lectrices ont contacté Le Soleil pour avoir l’heure juste sur ce qui les attendrait dans les jours et les semaines à venir.

Les nouvelles consignes du gouvernement du Québec interdisant depuis samedi les visites dans les hôpitaux, les CHSLD et les résidences pour aînés en raison de la pandémie de COVID-19 leur ont donné la frousse.

Julie Noël, une résidente de Saint-Antoine-de-Tilly, avait peur que sa mère, âgée de 77 ans, ne soit éventuellement plus admise au chevet de son père, au Grand Littoral de Lévis. La maison de soins palliatifs a accueilli l’homme de 76 ans en fin de vie, mercredi.

Du stress «inutile»

«Quand on en est là, on n’a pas l’énergie de se stresser avec des mesures comme celle-ci, déplore Mme Noël. Je suis complètement outrée, on ne peut pas avoir la même règle pour les soins palliatifs que pour les CHSLD», poursuit-elle avec désarroi.

Depuis qu’il a été mis au courant des possibles restrictions, le père de Julie Noël est devenu anxieux, raconte-t-elle. «Il n’a pas la force de devoir s’en faire avec ça. Ça fait 53 ans que ma mère est aidante naturelle auprès de mon père. Alors pour lui, c’est important qu’elle soit là», répète la femme originaire de Lotbinière.

«C’est simplement logique qu’ils puissent être ensemble jusqu’à la fin», termine-t-elle, la voix tremblotante.

Un point de vue que partage également Dominique Fortin, dont la sœur a été admise à l’unité des soins palliatifs de l’hôpital Jeffery Hale, à Québec, il y a une douzaine de jours. Dimanche matin, elle affirme que des membres de sa famille se sont vus refuser l’accès aux visites.

«Dans les annonces précédentes du gouvernement du Québec, on invoquait que pour cause humanitaire, les soins palliatifs, la pédiatrie et les accouchements n’étaient pas touchés par l’isolement. Ce matin [dimanche], la direction semble ajouter la contrainte “à moins de mort imminente”», s’est-elle indignée.

«La veille [samedi], la réception validait les gens qui se présentaient pour visiter l’unité de soins palliatifs. Le mari de ma sœur a rempli le questionnaire, mais dimanche, on l’a reviré de bord parce qu’elle n’était pas en mort imminente», ajoute Mme Fortin.

Voyant l’état de santé de sa sœur se dégrader, la résidente de Québec espère que le tout rentrera dans l’ordre. «Qu’ils sortent le Purell, les masques, les jaquettes et qu’ils permettent aux familles d’aller s’occuper de leurs proches», lance-t-elle.

Le CIUSSS répond

En réponse à ces inquiétudes, le directeur adjoint des soins généraux de santé au CIUSSS de la Capitale-Nationale, Serge Garneau, a assuré au Soleil dimanche que la question a été abordée samedi, en soirée.

Depuis, les gens qui désirent rendre visite à un proche en fin de vie ne devraient plus se voir refuser à la porte, selon M. Garneau. «Pour cause humanitaire, nous allons donner l’accès, alors la personne pourra aller visiter son proche et s’y limiter, sans se promener partout sur l’unité», explique-t-il.

«Les modalités sont entrées en vigueur samedi, mais le CIUSSS se donnait 24 heures pour appliquer l’ensemble des directives», clarifie M. Garneau, qui garantit que «tous les responsables en seront informés».