Maggie et Michel Bourbonnais ont invité la première ministre Wynne à revenir prendre une bière chez eux et profiter de la vue lorsque les choses seront revenues à la normale.

Visite éclair de Kathleen Wynne

Livrant une coriace bataille contre l'eau de la rivière des Outaouais dans l'espoir de conserver leur maison située dans le secteur Cumberland, le couple formé de Maggie et Michel Bourbonnais a eu droit à une visite éclair plus qu'inattendue lundi après-midi : celle de la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne.
Accompagnée du maire Jim Watson, de la ministre Marie-France Lalonde et des députés John Fraser et Grant Crack, Mme Wynne s'est pointée  le temps de 20 minutes non loin de l'intersection du chemin Morin et de la ruelle Boisé, dans un quartier traditionnellement à risque d'inondations printanières. Or, le scénario qui s'est concrétisé cette année bat tous les records.
« C'est un honneur d'être ici mais je suis désolée de vous rencontrer dans de telles circonstances », leur a lancé la chef du gouvernement après une poignée de main alors que les deux résidents étaient assis dans un véhicule amphibie Argo.
Certes fatigué du combat contre la rivière qui leur donne zéro répit, le couple ottavien se considère malgré tout très chanceux dans sa malchance. Plusieurs de leurs voisins ont dû se résoudre à quitter leur domicile, mais de leur côté, les cinq pompes de puisards étant alimentées à l'essence et non à l'électricité, ils ont pu demeurer sur place et continuer à faire le guet.
« On a vécu la première vague d'inondations à la mi-avril. Au retour d'un voyage, en arrivant à la maison, j'avais de l'eau jusqu'à la taille dans la rue. Ensuite, ça s'est pas mal résorbé, il ne restait que six pouces d'eau, mais là ça a recommencé et c'est du jamais-vu.  Malgré tout, nous sommes presque à sec, il n'y a qu'environ cinq centimètres d'eau sans le sous-sol, qui ne sert que d'entreposage pour nous. [...] Et tout le monde qui nous a offert un coup de main est absolument fabuleux, nous sommes comme une grande famille », soutient Mme Bourbonnais.
Estimant qu'il n'y a pas personne à blâmer même s'il questionne la procédure d'Hydro One lorsque vient le temps de couper le courant électrique lors d'inondations, Michel Bourbonnais a rappelé que lui et sa conjointe demeuraient optimistes et qu'ils avaient choisi de vivre à cet endroit en toute connaissance de cause.
« Je vous invite tous à revenir ici dans un mois, je vous accueillerai avec une bonne bière et vous verrez à quel point la vue est magnifique », a-t-il spontanément lancé à la première ministre et aux journalistes.
Habitant cette rue depuis trois décennies et souffrant d'un sérieux mal d'épaule tellement il a transporté des sacs de sable ces derniers jours, Tony Quigley indique quant à lui n'avoir jamais vu un niveau d'eau aussi élevé.
« C'est complètement fou, c'est terrible », affirme-t-il.
Les 48 prochaines heures seront cruciales pour le niveau de l'eau dans ce secteur ironiquement situé juste en face du chemin Fer-à-Cheval, complètement submergé par l'eau sur la rive gatinoise.
Du jamais-vu, dit Watson
Le maire Jim Watson affirme que depuis son arrivée à Ottawa au début des années 1980, mis à part la crise du verglas en 1998, jamais une catastrophe naturelle n'a eu une ampleur qui se rapprochait de celle des inondations printanières qui sévissent actuellement dans la région.
La Ville d'Ottawa, qui avait activé son Centre des opérations d'urgence la veille, a fait le point lundi sur les événements, signalant que 310 propriétés sont touchées par la crue des eaux et 75 familles ont dû être relocalisées.
Les principales zones inondées sont situées dans les secteurs Britannia, Cumberland, Baie de Constance, Dunrobin, Fitzoy Harbour et MacLarens Landing. Le quartier West Carleton-March est de loin le plus affecté avec 275 maisons inondées.
Pour surveiller la situation d'heure en heure, trois centres de commandement ont été ouverts dont un sur le chemin Morin, à une centaine de mètres de la rivière des Outaouais. À cet endroit, les pompiers sont prêts à intervenir avec leur embarcation nautique.
Les citoyens souhaitant faire du bénévolat peuvent s'inscrire via le site web de la Ville. En l'espace d'une heure, 400 demandes ont été enregistrées, a indiqué le maire Watson, fier que «tout le monde fasse sa part dans des circonstances exceptionnelles».
Le conseiller du quartier Cumberland, Stephen Blais, a de son côté souligné que la dernière semaine a été intense et que les résidents touchés, même si épuisés, avait fait preuve d'une résilience remarquable. Des centres d'accueil et d'hébergement d'urgence ont aussi été mis sur pied pour les sinistrés, soit à la Légion canadienne royale, filiale 616 (377, chemin Allbirch) ainsi qu'au Centre récréatif François-Dupuis (2263, boulevard Portobello). Lors du passage du Droit à ce site, les bénévoles de la Croix-Rouge ont toutefois indiqué qu'aucune personne n'était venue réclamer une quelconque aide depuis samedi.