Djembé à la taille, la percussionniste Mélissa Lavergne a dirigé les 1000 participants telle une maestro sur un air de Symphonie recyclée.

Vibrations au son de la francophonie

Une horde de jeunes armés de brouettes, pinceaux, poubelles et pots ont envahi la place de la Cité de Gatineau, hier, dans le cadre des Jeux de la francophonie canadienne.
Quoique commandité par Réno-Dépôt, il ne s'agissait pas d'une séance de rénovations, mais bien une session de percussions. Près de 1000 instruments de fortune étaient placés, tel un orchestre. Mélissa Lavergne, djembé à la taille, dirigeait les 1000 participants telle une maestro sur un air de Symphonie recyclée.
Juste avant de monter sur scène, la percussionniste qu'on peut voir dans l'émission musicale Belle et Bum savait que le défi de rassembler autant de jeunes sur un même rythme était de taille. Elle se disait toutefois optimiste. Les 1000 jeunes étaient répartis en groupe de 100 avec un instrument et un rythme différent pour chaque groupe ou presque. «C'est certain qu'il y aura un beau chaos à gérer, lance-t-elle. Mais, unir les jeunes dans la musique, c'est génial.»
La chanson, d'une durée de cinq minutes, a été pratiquée près de deuxheures. Symphonie recyclée sera jouée par l'ensemble des participants lors de la cérémonie de clôture. Brouettes, pots, bâtons de peinture, bacs et poubelles rajoutent une touche d'originalité à l'oeuvre. «Ce genre de matériel non traditionnel permet aussi de démocratiser la musique, de faire moins peur à ceux qui n'ont jamais vraiment touché aux percussions», rassure Mélissa Lavergne.
Pour la directrice des communications de l'événement, Amélie Gauvreau, cette activité est importante pour permettre aux jeunes de tisser des liens. Les jeunes troquent alors l'esprit de compétition pour une session de percussion. «Il n'y a plus de frontières, plus de barrières, les jeunes sont tous rassemblés à un seul endroit, explique-t-elle. Cela permet de faire résonner la francophonie canadienne.»
Difficile à orchestrer
Venues tout droit de l'Alberta, les joueuses de volley-ball, Lauren Lauzé et Makenzee Kruger, se montraient enthousiastes en vue de la session collective.
Elles sont conscientes qu'elles sont plus habiles dans les sports que dans la musique, mais tentent tout de même l'expérience. «J'ai de la misère à garder un rythme, mais on va voir», plaisante Lauren.
Mélissa Lavergne a pris en compte cette réalité. «C'est difficile de faire une pièce qui est intéressante à jouer autant pour les néophytes que pour les musiciens accomplis», souligne-t-elle. Cherchant le compromis, elle a assuré qu'elle a intégré des notions d'entraide dans l'activité. «Les plus expérimentés ont été saupoudrés dans les différents groupes.»
Mélissa Lavergne ne pourra pas être présente lors de la performance des jeunes lors de la cérémonie de clôture. «Je dois voguer vers d'autres horizons, mais on s'attache à tous les jeunes que l'on rencontre.» Elle assure qu'elle suivra le tout de loin, vibrante de fierté.