C’est pratique courante à Duhamel de nourrir les bêtes de la forêt pour pouvoir les admirer de plus près. Pour cette raison, de plus en plus de cerfs de Virginie s’approchent des routes du village.

Veuillez ne pas nourrir les animaux

La municipalité de Duhamel espère réduire le nombre de collisions impliquant des automobilistes et des cerfs de Virginie sur son réseau routier en adoptant d’ici l’hiver un règlement afin d’encadrer le nourrissage des animaux sauvages à l’intérieur de son territoire.

Un sondage en ligne circule à ce sujet. Les citoyens de Duhamel sont invités à se prononcer en faveur ou non d’une telle réglementation. Limiter le nourrissage des animaux sauvages aux routes de 40 km/h et interdire le nourrissage des chevreuils et autres animaux sauvages à moins de 100 mètres des routes de plus de 40 km/h sont parmi les mesures proposées par l’administration duhamelloise.

Le maire de Duhamel, David Pharand, indique que le fait de nourrir des animaux sauvages dans le but d’observer cervidés et autres bêtes de la forêt est pratique courante au sein de la municipalité, ce qui a pour effet d’augmenter la présence notamment de cerfs de Virginie sur les routes du village.

« On a un nombre très important d’accidents. On parle de plusieurs dizaines de collisions par année, dans des secteurs très ciblés, principalement sur la route 321 et sur le chemin du lac Gagnon Ouest. Ce sont des zones où la limite de vitesse est plus élevée que dans le périmètre urbain. Il y a du nourrissage dans le périmètre urbain, mais avec une limite de 40 km/h, les gens ne se font pas surprendre par l’animal comme c’est le cas dans les zones à vitesse plus élevée », explique M. Pharand.

Il y a aussi une conséquence environnementale néfaste à cette pratique puisqu’il y a une concentration de nourrissage sur les bandes riveraines des cours d’eau, ce qui amène des excréments dans le littoral des lacs, fait valoir M. Pharand.

Trouver le juste milieu

Si les élus de Duhamel ont le pouvoir de trancher sur la question sans prendre le pouls de la population, ce dernier croit que la réponse des citoyens sera plus efficace en adoptant une approche consultative.

« Mont-Tremblant a passé à travers la sensibilisation au cours des dernières années et cette année, pour la première fois, ils interdisent complètement le nourrissage. D’autres municipalités n’ont pas de réglementation du tout et d’autres ont utilisé un règlement drastique dès le début. Nous, on cherche le juste milieu et j’ai espoir qu’en n’ayant pas pris une position extrême, à savoir abolir le nourrissage, on va pouvoir rallier la majorité des citoyens », dit-il.

L’objectif derrière la démarche est de poser des balises, ajoute M. Pharand. « Notre règlement ne visera pas l’interdiction totale du nourrissage puisqu’à notre avis, on n’a pas le mandat de réglementer la santé de l’animal. C’est un pouvoir qui relève de la province. Nous, on veut encadrer la sécurité routière et la qualité de l’environnement. »

Le conseil de Duhamel prévoit adopter son règlement au courant de l’automne.