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Ventilation dans les écoles: des résultats en majorité adéquats en Outaouais

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Presque neuf analyses du taux de dioxyde de carbone (CO2) sur 10 menées dans des écoles de l'Outaouais en décembre ont révélé des concentrations inférieures à la norme de 1000 parties par million (ppm), révèlent les plus récents tests de ventilation exigés par Québec. Dans une vingtaine de cas, des mesures ont cependant dû être mises de l'avant pour améliorer la qualité de l'air.

Ces tests, qui font couler beaucoup d'encre depuis la rentrée scolaire en raison de la COVID-19, ont été effectués dans 15 établissements de trois centres de services scolaires de la région. Au final, 165 des 186 analyses (89%) effectuées dans une soixantaine de locaux ont détecté un taux de CO2 qui respectait le seuil imposé par le ministère de l'Éducation. 

Trois mesures devaient être effectuées à des périodes précises, soit avant le début des cours, au milieu d'un cours lorsque tous les occupants y sont ainsi que 20 minutes après l'ouverture des fenêtres, après le départ des gens.

Les lectures les plus élevées lors de cette première série d'analyses ont été détectées dans deux locaux de l'école polyvalente de l'Érablière (1611 et 1458 ppm) et de l'école Sainte-Élisabeth (1430 et 1345 ppm), deux établissements du Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), a pu constater Le Droit.

Selon les exigences de Québec pour le milieu scolaire, lorsqu'un résultat surpasse le cap des 1500 ppm, «des mesures correctives doivent être mises en place rapidement pour corriger la situation», tandis que lorsqu'il varie entre 1000 et 1500 ppm, «des mesures doivent être mises en place dans les meilleurs délais pour améliorer la situation». 

L'école polyvalente de l'Érablière

Dans le cas de la polyvalente de l'Érablière, ces deux mesures ont été prises dans une classe n'ayant pas de fenêtre. L'école est ventilée mais le CSSD recommande «d'augmenter le volume d'air frais dans ce local». 

À l'école Sainte-Élisabeth, où il n'y a de la ventilation que dans les corridors, des taux dépassant le seuil des 1000 ppm ont été observés à certains moments dans les quatre locaux analysés. Il a été conclu qu'il fallait «poursuivre l'ouverture des fenêtres et des portes régulièrement», et ce sur une base encore plus fréquente pour le deuxième étage de l'édifice construit à la fin des années 50.

Une mesure de 1300 ppm a aussi été lue à l'édifice Broadway du Centre de formation professionnelle Compétences Outaouais, qui date de près de 90 ans. Des vérifications sont en cours pour «détecter la présence d'une sonde de CO2 sur le retour de ventilation». S'il n'y en a pas, on recommande d'augmenter le débit d'air frais à l'intérieur.

Au CSSD, où la moyenne globale est de 757 ppm à la suite de ces tests dans quatre écoles, on se dit satisfait malgré quelques bémols.

«En général, nous sommes satisfaits de nos résultats, mais on constate que lors de certaines deuxième et troisième mesures, on dépasse l'objectif, mais c'est dû à certains éléments. Par exemple, à Sainte-Élisabeth, la seule école testée où la ventilation est naturelle, les portes n'étaient pas nécessairement ouvertes dans les classes analysées. Pour qu'il y ait une circulation d'air convenable, ça prend une entrée et une sortie. Si on ne fait qu'ouvrir une fenêtre, ce n'est pas efficace. Ça peut expliquer pourquoi certains chiffres sont plus élevés. [...] On a immédiatement voulu rectifier le tir dans les classes où le taux surpassait 1000 (ppm). C'est certain qu'on va reprendre les tests, ça prend plusieurs échantillons sur plusieurs jours pour voir s'il y a une tangente», note le conseiller en communication par intérim, Mathieu Daoust.

Ajoutant que dans l'ensemble (39 mesures sur 51), les résultats de l'organisation ont répondu aux critères, il précise qu'en général (39 mesures sur 51), les résultats de l'organisation ont répondu aux critères du ministère.


« Pour qu'il y ait une circulation d'air convenable, ça prend une entrée et une sortie. Si on ne fait qu'ouvrir une fenêtre, ce n'est pas efficace. Ça peut expliquer pourquoi certains chiffres sont plus élevés. [...] On a immédiatement voulu rectifier le tir dans les classes où le taux surpassait 1000 (ppm). »
Mathieu Daoust, conseiller en communication par intérim, CSSD

Des 84 mesures de CO2 prises dans sept établissements du Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO), 82 répondaient aux normes de Québec. La moyenne globale y est de 594 ppm. Si les écoles du Plateau et Euclide-Lanthier ont à titre d'exemple obtenu de bonnes notes, des taux respectifs de 1196 et 1154 ppm ont malgré tout été détectés lors de tests dans des classes de l'édifice Notre-Dame de l'école des Rapides-Deschênes ainsi qu'à l'école Saint-Rédempteur, deux édifices érigés dans les années 50. Aucune mesure corrective n'est mentionnée dans le rapport.

À l'école secondaire de l'Île, où les fenêtres ne s'ouvrent pas, les mesures ont varié entre 400 et 998 ppm, mais le document indique que «l'école a fait la sélection des locaux et n'a pas suivi les (nos) directives». 

Le CSSPO affirme «respecter les consignes du gouvernement du Québec en ce qui concerne les mesures de ventilation afin de s’assurer que la qualité de l’air soit adéquate pour les élèves et le personnel dans l’ensemble de ses établissements».

Au Centre de services scolaire au Coeur-des-Vallées (CSSCV), où les taux exacts de CO2 n'ont pas été révélés, on indique simplement que 44 mesures sur 51 étaient en deçà de la norme de 1000 ppm. De plus, on a préféré ne pas dévoiler le nom des quatre écoles où ont été menés les tests, indiquant qu'elle préférait d'abord informer les parents. Dans l'une des écoles visées, laquelle est ventilée mécaniquement, quatre résultats surpassant la norme amènent l'organisation à «faire des analyses plus poussées afin de déterminer la source du problème». 

À l'échelle provinciale, le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge a indiqué la semaine dernière que 1369 classes avaient été testées dans 330 écoles. Le taux moyen de CO2 détecté lors de ces analyses était de 804 ppm, un résultat que le gouvernement juge satisfaisant. 

Québec a malgré tout annoncé que toutes les écoles de la province devront être testées d'ici la fin de l'année scolaire, un exercice qui devait débuter incessamment. 

«On est loin du portrait final»

Le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) tape de nouveau sur le clou et affirme que les enseignants étaient loin d'être rassurés.

«Les résultats du rapport sur la ventilation dans les établissements scolaires sont loin d'être rassurants, notamment lorsque l'on prend en considération la méthodologie utilisée pour administrer les tests dans certains milieux et le faible nombre d'établissements testés. Pour les trois centres de services scolaires, on a effectué des tests dans 62 classes. De cela, 25 % ont obtenu un résultat au-dessus de 1000 ppm à un moment ou à un autre. On est loin du portrait final de la situation et c’est avec une certaine inquiétude que s’effectue le retour en classe chez les enseignantes et enseignants.  Ils se posent tous la même question: la qualité d’air dans mon local est-elle adéquate?», affirme sa présidente Suzanne Tremblay.

Suzanne Tremblay

Cette dernière ajoute que le ministre Roberge doit préciser «concrètement et rapidement» comment il prévoit apporter les correctifs nécessaires.

«On ne peut plus laisser les choses traîner et il faut tester à brève échéance l’entièreté des établissements scolaires», dit-elle.   

Au moment d'écrire ces lignes, le Centre de services scolaire des Hauts-Bois-de-l'Outaouais (CSSHBO) n'avait pas encore fourni ses données.