Val-des-Monts et ses pompiers à couteaux tirés

Jonathan Blouin
Jonathan Blouin
Le Droit
Sans convention collective depuis presque trois ans et signe que la relation avec leur employeur n'est pas rose, les pompiers de Val-des-Monts arborent ces derniers temps un t-shirt sur lequel il est inscrit «On risque nos vies pour des peanuts». Ouverte à la négociation, la municipalité se défend toutefois de ralentir le processus et déplore que ses 26 employés utilisent la presse pour faire connaître leurs positions.
«On veut éviter de négocier dans les médias. Si ça achoppe, la table ultime, c'est l'arbitrage. (En ce moment), on a un peu l'impression que la table des négociations s'est déplacée dans les médias. On les invite à se rasseoir avec nous, soutient d'emblée le directeur général adjoint et directeur des ressources humaines et des communications, Julien Croteau. Peu importe ce qui arrive après, on doit continuer à travailler ensemble. Il faut qu'on arrive à s'entendre.»
La partie patronale prétend que deux ou trois rencontres de médiation ont eu lieu depuis le 29août, la dernière datant du 3octobre.
«La municipalité a fait un dernier dépôt (d'une offre). L'association devait la soumette à ses membres pour qu'ils votent (le lendemain), mais on a été pas informés depuis. Avec les sorties médiatiques des derniers jours, on peut présumer de leur réponse», de dire M.Croteau.
Impasse au chapitre salarial
Toutes les clauses normatives ayant été réglées, c'est au niveau de la rémunération que les deux clans se disputent.
Les pompiers de la municipalité de 10500 âmes auraient présentement un salaire horaire variant entre 15,88$ et 18,68$. L'employeur offre un rattrapage salarial de 8,89% à la signature d'une convention collective assorti d'une hausse de 1% pour les années deux et trois du prochain contrat.
Or, le syndicat exige qu'il y ait rétroaction et souhaite une indexation de 3,5% pour les deux premières années sans contrat.
Val-des-Monts se défend de jouer sur les mots lorsqu'elle affirme que ses pompiers seraient, s'ils acceptent son offre, à la tête de la MRC des Collines tant au chapitre salarial que des avantages sociaux.
Le syndicat réplique entre autres en affirmant que leurs collègues de L'Ange-Gardien touchent 23$ l'heure.
«Eux aussi jouent sur les mots. Mais il faut faire attention. Il y a des différences entre les municipalités. Nous chaque fois qu'un pompier sort, il est rémunéré pour une période de troisheures. Ce n'est pas le cas de toutes les municipalités», de dire Julien Croteau.
Ce dernier croit qu'une portion du blâme revient au syndicat pour la lenteur des négociations, les pompiers ayant formé une nouvelle association après avoir fait une demande de révocation auprès de l'Association des pompiers du Québec en 2010. Le groupe n'a été officiellement reconnu que deux ans plus tard.
L'arbitrage serait une option envisagée par l'Association des pompiers. Deux rencontres de médiation sont à l'horaire les 25 et 26octobre, mais impossible pour l'instant de savoir ce qu'il en adviendra.
Invité à commenter le dossier, le président de l'Association des pompiers de Val-des-Monts, Michel B. Gauthier, a indiqué au Droit qu'il préférait attendre à aujourd'hui avant de fournir sa version des faits.
Sur sa page Facebook, la partie syndicale clame que les pompiers sont moins bien payés que des commis, chauffeurs et sauveteurs.