Michel Rousseau, sous-ministre au contrôle environnemental et à la sécurité des barrages.

Vagues de poissons morts: un phénomène exceptionnel

La sursaturation en gaz dans l’eau ayant causé la mort de milliers de poissons cet été dans la région est un phénomène assez rare dans une rivière, affirme le ministère de l’Environnement du Québec.

En écartant les hypothèses initialement soulevées pour expliquer qu’autant de poissons aient péri dans un même secteur, les autorités savaient qu’elles arrivaient «dans le domaine de l’exceptionnel», a mentionné jeudi le sous-ministre au contrôle environnemental et à la sécurité des barrages, Michel Rousseau.

La rareté du phénomène a été confirmée lorsque les experts ont eu la certitude que les poissons avaient succombé à une embolie gazeuse.

«C’est un phénomène qui est connu quand même que les poissons peuvent mourir d’embolie gazeuse, par exemple si vous faites de la pêche de fond, des fois on remonte un poisson trop rapidement, et il peut, à cause de la pression, subir ce phénomène-là, a expliqué M. Rousseau. Mais ce phénomène-là, dans une rivière au Québec, […] ce n’est pas très documenté, donc c’est une cause qui était quand même assez exceptionnelle. Pour imager, c’est qu’il se forme des bulles de gaz dans l’eau. Ça devient un peu comme de l’eau gazéifiée, si on peut dire.»

La sous-ministre a ajouté que selon la littérature, la sursaturation comme celle ayant été observée dans l’est de Gatineau au cours des dernières semaines «peut se produire près des barrages ou des centrales hydroélectriques».

Dans le cas des poissons retrouvés morts dans la région, le «profil d’écoulement» de la rivière du Lièvre à la sortie de la centrale Masson les a empêchés de se déplacer vers des secteurs moins saturés en gaz, ont indiqué les autorités.