Cette année, sept policiers de la SQ se sont enlevé la vie.

Vague de suicides à la SQ: l'Outaouais frappée à son tour

La Sûreté du Québec « est en crise » avec le suicide d'un septième policier en 2017. Le plus récent est survenu la semaine dernière, avec le décès tragique d'un membre de la SQ en Outaouais.
Selon nos sources, le policier agissait comme agent de renseignements. Son décès n'est pas survenu sur son lieu de travail.
« On est préoccupés par le nombre plus élevé de gens de notre organisation qui se sont enlevé la vie », a indiqué au Droit l'inspecteur Guy Lapointe, de la SQ.
S'agit-il d'une crise ?
« J'éviterais de parler de ce mot-là », répond l'inspecteur, ajoutant que ces décès tragiques ne sont pas nécessairement tous liés au travail.
Le son de cloche est bien différent à la Maison la Vigile, un centre d'accueil pour travailleurs d'urgence et « porteurs d'uniforme » en détresse.
« Non, ce mot-là, 'crise', n'est pas trop fort. Du tout », lance son directeur général, Jacques-Denis Simard.
La Vigile a dû traiter quatre autres cas de crise depuis jeudi dernier.
« Ça dépasse la normale », ajoute M. Simard. Il y a beaucoup de frustration, beaucoup d'anxiété, beaucoup de malades. Je n'ai jamais vu cela. »
Le 5 septembre, La Presse rapportait un sixième drame touchant un policier de la SQ en 2017.
Solutions
L'inspecteur Lapointe précise qu'un comité a été mis en place afin de trouver des solutions. L'équipe est formée de représentants de la Vigile, de l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPPQ) et d'un psychologue. « On élabore présentement des solutions, on veut tout mettre en place le plus rapidement possible. »
Les policiers affectés aux infiltrations et à la pornographie juvénile, plus exposés aux difficultés psychologiques, doivent impérativement consulter un psychologue tous les trois mois.
« Il faudra voir », dit l'inspecteur, si ces consultations obligatoires doivent l'être pour tous.
Le directeur de la Vigile met deux idées sur la table.
« D'un, former des pairs-aidant, dit Jacques-Denis Simard. De deux, je rencontre mon député Raymond Bernier (dans Montmorency) parce que je veux rencontrer Martin Coiteux (ministre de la Sécurité publique) pour ouvrir un centre de crise. Nous n'avons pas de lits pour cela. Ça coûte 400 000$. »
Selon M. Simard, les intervenants en situation d'urgence, les professionnels de la santé et juridiques, et leurs proches « n'iront pas ailleurs », car ils craignent trop souvent d'être reconnus, justement, s'ils se rendent à l'hôpital pour recevoir de l'aide.
« Une place pour les porteurs d'uniforme », résume-t-il.
Les responsables de la Maison la Vigile disent avoir détecté « plusieurs cas » de syndrome de stress post-traumatique « étouffés » chez des patients.
L'inspecteur Lapointe veut s'assurer que les collègues et les proches affectés par un tel événement reçoivent aussi de l'aide.
L'APPPQ n'a pas voulu accorder d'entrevue, mardi.
Pour quiconque recherche comment s'en sortir :
Suicide-Action : 1-866-APPELLE
La Vigile : 1-888-315-0007 (Soir et nuit) 1-581-742-7001 (8h à 17h)