Le propriétaire a laissé en plan l’usine Atlantic Seafood Sauce Company de St. Mary’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, à la suite de longues batailles juridiques concernant des plaintes sur la sécurité des aliments.

Une ville tourmentée par l’odeur d’une usine de fruits de mer à l’abandon

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Une ville de Terre-Neuve est tourmentée par l’odeur insupportable de sauce aux fruits de mer laissée à fermenter dans de grandes cuves après l’abandon d’une usine il y a plus de dix ans.

Le propriétaire a laissé en plan l’usine Atlantic Seafood Sauce Company de St. Mary’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, à la suite de longues batailles juridiques concernant des plaintes sur la sécurité des aliments.

Une grande partie de la sauce n’a jamais été mise en bouteille ou vendue, et le mélange de capelan, de hareng, d’eau et de sel a fermenté dans les 147 cuves depuis ce temps.

Chaque conteneur peut renfermer environ 12 500 litres de sauce, qui s’est en grande partie solidifiée dans les réservoirs et s’est répandue sur le sol au fil des ans.

Le maire adjoint Steve Ryan a parlé en entrevue d’une odeur «nauséabonde» commençant à être «insupportable».

M. Ryan a souligné la présence, à un demi-kilomètre, d’une cour de récréation et d’une école, et a ajouté que certains résidants habitent à quelques dizaines de mètres de l’usine.

Beaucoup de membres de la localité de moins de 400 habitants située près de la pointe sud-ouest de Terre-Neuve estiment que l’usine en décomposition présente un danger important pour la santé.

M. Ryan a affirmé qu’il n’avait pas été en mesure d’obtenir les résultats de tests effectués sur le site, mais qu’il avait été bouleversé par l’affirmation d’un entrepreneur potentiel selon qui l’endroit était étonnamment exempt de rongeurs - un indice des risques pour la santé de ces déchets fermentés.

Le ministère provincial des Affaires municipales et de l’Environnement a indiqué par courriel qu’Atlantic Seafood Sauce avait été dissoute par le gouvernement fédéral en 2006 pour non-conformité.

La province a tenté de contacter la société en 2012 à la suite de plaintes concernant le bâtiment, qui a ouvert ses portes au début des années 1990, mais n’a pas pu retrouver le dernier dirigeant connu ou un de ses représentants.

La province a également confirmé qu’un entrepreneur avait reçu l’ordre de cesser de «rejeter de manière inappropriée des déchets liquides dans l’océan» en 2016, à la suite d’enquêtes menées par des fonctionnaires fédéraux et provinciaux. Aucun travail n’a été effectué sur le site depuis lors.

M. Ryan a souligné que la responsabilité de nettoyer le gâchis est devenue une «patate chaude» et que sa petite municipalité n’a pas les fonds nécessaires pour s’acquitter de la facture.

St. Mary’s demande maintenant de l’aide pour couvrir les coûts de nettoyage.

Comme la sauce s’est solidifiée, la tâche consistera à liquéfier la substance et à la transporter par camion à l’extérieur de la localité pour qu’elle soit éliminée, ce qui rendra le processus plus coûteux - estimé à des centaines de milliers de dollars.

La Ville a un entrepreneur disposé à faire le travail une fois que l’argent sera disponible, a dit M. Ryan.

Le gouvernement provincial est en train d’examiner une demande pour un programme de partage des coûts, mais M. Ryan a déclaré que la Ville avait besoin d’aide pour payer sa part du nettoyage.

Le maire adjoint a affirmé que les fonctionnaires provinciaux étaient sympathiques et accommodants, mais que le financement qu’ils pouvaient offrir était limité. Il espère que le gouvernement fédéral pourra contribuer à réduire la part de la Ville.