Plusieurs organismes communautaires de l’Outaouais ont envoyé des messages à la direction de Metro afin qu’elle revienne sur sa décision de ne plus approvisionner les banques alimentaires.

Une vague de mécontentement envers Metro

Dans l’espoir que l’entreprise revienne sur sa décision par rapport à 3R Québec, plusieurs organismes communautaires de l’Outaouais ont acheminé dans les derniers jours des messages à la haute direction de l’épicier Metro.

Déçue de la tournure des événements, la directrice du Gîte-Ami, Lise Paradis, est du nombre. Elle indique dans sa missive qu’en l’espace de dix mois, l’organisme a reçu 22 000 livres de denrées alimentaires grâce à ce partenariat d’approvisionnement.

« Auparavant, notre commis au soutien faisait une tournée pour rapporter un peu moins que ce nous donne 3R. Il était sur la route, trois jours par semaine, à raison de 4 heures chacun, ce qui représentait une dépense de plus de 13 000 $ par année. 3R nous demande une participation à leurs dépenses, à raison de 200 $ par mois, ce qui représente une dépense de 2 400 $ », écrit-elle pour imager les économies engrangées.

La Coopérative de solidarité du Dépanneur Sylvestre, qui ne reçoit aucun financement des gouvernements, abonde dans le même sens et affirme que même si elle apprécie au plus haut point l’aide de Moisson Outaouais, l’appui de 3R Québec était précieux.

« 3R est le complément idéal pour notre organisme. Il nous livre les denrées à notre local sans frais et plusieurs fois par semaine, selon nos besoins. Cela nous permet de varier les menus et d’assurer une bonne qualité de nos repas. La décision aura certainement un impact au niveau de notre approvisionnement en denrées et notre mode d’opération », dit-on.

Même Enviro Éduc-Action s’est mêlé du dossier en interpellant le géant québécois de l’alimentation.

« Sur le plan environnemental, je prédis que cette décision créera un gaspillage alimentaire vu la perte d’une ligne intermédiaire de services. Des aliments encore consommables ne pourraient tous être repris par les services autorisés de Moisson Outaouais, ce qui amènerait les épiciers à jeter au compost ces denrées. Le compostage est une solution ultime seulement : il faut d’abord accorder la préséance à la réutilisation alimentaire », écrit la directrice générale Geneviève Carrier.

« C’est aberrant »

Mère monoparentale et employée contractuelle à la fonction publique fédérale, Janick Binette craint quant à elle la suite des choses, elle qui bénéficiait de ce programme parce qu’elle ne peut cogner à la porte de Moisson Outaouais. Qui plus est, elle n’a pas été payée depuis septembre en raison de problèmes avec le système Phénix.

« Ça fait vraiment mal de se faire enlever ça. Je viens de me séparer. C’est l’enfer, car sur papier je fais trop d’argent pour aller chez Moisson Outaouais. Je suis un peu limitée. Ces services-là (3R), ils étaient formidables, je ne savais même pas que ça existait avant d’y avoir recours. Là, on nous le coupe sans préavis, c’est aberrant. Chaque semaine, ça représentait une épicerie d’environ 300 $. Ça m’aidait beaucoup », dit-elle.