Artiva, une filiale de l’entreprise LiveWell Foods Canada, vient d’obtenir le feu vert afin d’implanter une usine de production de cannabis dans la capitale fédérale.

Une usine de marijuana dans Metcalfe

Artiva, une filiale de l’entreprise LiveWell Foods Canada, vient d’obtenir le feu vert afin d’implanter une usine de production de cannabis dans la capitale fédérale.

La Ville d’Ottawa a autorisé un changement de zonage et du même souffle donné son sceau d’approbation à l’entreprise ontarienne, mercredi, afin que celle-ci puisse convertir une importante partie de sa culture de concombres située dans le sud de la ville en usine de production de marijuana à des fins médicales. Une fois l’entrée en vigueur de la légalisation du pot au pays, Artiva produira aussi la plante à des fins de ventes pour le marché récréatif.

Le « Projet Ottawa », baptisé ainsi par les promoteurs, consiste essentiellement à moderniser des installations serricoles de 540 000 pieds carrés sur la propriété de l’entreprise située dans le quartier Metcalfe, à proximité du secteur de Greely.

LiveWell Foods Canada, qui est en affaires depuis environ 25 ans, est déjà propriétaire de 100 acres de terres agricoles de première qualité à cet endroit. La première phase de travaux doit débuter dans les prochains jours et devrait être achevée d’ici le début de l’été, selon l’échéancier annoncé hier.

« Ça fait partie d’un plan de développement ambitieux de l’entreprise. LiveWell veut devenir un joueur important dans cette industrie du cannabis médical et bientôt du cannabis à des fins récréatives qui est en train de prendre forme au Canada », affirme le directeur général de LiveWell Foods Canada, Michel Lemieux, à propos des intentions de la société.

Pour le moment, la compagnie ne détient pas de licence de Santé Canada afin de produire et distribuer de la marijuana à des fins médicales. Selon M. Lemieux, le processus suit son cours alors que la demande de licence a été logée au ministère fédéral en juillet dernier. Celui-ci se dit confiant que l’obtention du permis se fera à temps pour la fin des travaux de conversion du Projet Ottawa, lequel devrait créer plusieurs centaines d’emplois dans la région de la capitale fédérale, dont des postes hautement spécialisés.

« Nous sommes à l’étape où on doit fabriquer les serres pour être approuvés. Nous sommes à fond de train dans le processus d’accréditation », dit-il.

Au final, lorsque l’usine d’Ottawa sera pleinement opérationnelle, Artiva projette de produire 78 000 kilogrammes de marijuana par année.

Entre temps, LiveWell Foods Canada, par le biais de sa filiale, a fait l’acquisition de terres à Litchfield, dans la région du Pontiac en Outaouais. La société ontarienne planche sur la construction dans ce secteur d’un centre mondial d’innovation et de recherche scientifique de même que sur un projet de serres d’une superficie de 600 000 pieds carrés qui serviraient à la culture et à la transformation du cannabis et du chanvre. Encore là, quelques centaines de postes devraient être créés, souligne Michel Lemieux.

Une fois achevées, les installations d’Ottawa et de Litchfield auront une capacité serricole de 1 140 000 pieds carrés.

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L’opposition au Sénat rejette l’ultimatum

Le leader de l’opposition au Sénat n’a pas l’intention de plier devant la menace brandie par le représentant du gouvernement à la chambre haute concernant la progression du projet de loi sur la légalisation du cannabis.

Le sénateur conservateur Larry Smith a signalé mercredi en mêlée de presse qu’il n’était pas satisfait de la date butoir du 1er mars proposée par l’émissaire des libéraux au Sénat, le sénateur Peter Harder, pour l’envoi en comité de la mesure législative C-45.

Il a dit espérer trouver un terrain d’entente. « Notre objectif présentement, c’est d’essayer de s’asseoir avec M. Harder pour voir s’il y a de la flexibilité dans son plan d’action » et un « calendrier qui va adresser les besoins de tout le monde », a-t-il soutenu en mêlée de presse.

Le sénateur Smith a exprimé sa volonté de travailler à améliorer le projet de loi, mais n’a jamais nié que le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, avait donné l’instruction à ses troupes sénatoriales d’utiliser tous les outils pour ralentir la progression de C-45.

Lors de l’étude de C-45 en comité parlementaire, aucun amendement n’avait été déposé par les élus conservateurs qui y siégeaient. Lors du vote final en Chambre, en novembre, tous les députés conservateurs sauf un ont dit non au projet de loi.

Le sénateur Harder a menacé mardi d’avoir recours à une motion d’attribution de temps dans l’éventualité où sa proposition de calendrier se heurterait à un refus.

La Presse canadienne