Le premier ministre Philippe Couillard a préféré le terme «taloche» à celui de «claque sur la gueule» employé par le député de Vanier–Les Rivières pour qualifier la défaite libérale.

Une «taloche» qui fait réfléchir

Le premier ministre, Philippe Couillard, remet en question la consultation sur le racisme et la discrimination systémique et dit vouloir réfléchir à sa formule dans la foulée de ce qu’il qualifie de «taloche» reçue par son parti dans Louis-Hébert.

M. Couillard a ainsi fait écho aux propos tenus la veille par deux de ses députés de Québec, Patrick Huot et Michel Matte, selon lesquels la consultation était une cause d’insatisfaction dans la population et pouvait expliquer le nouveau siège de la CAQ dans la région.

«On va réfléchir profondément à la façon de ramener ça dans la bonne direction. On va d’abord discuter entre nous», a affirmé M. Couillard, qui s’est cependant dit toujours persuadé de la pertinence de consulter la population.

«Il faut laisser les gens s’exprimer aussi, a-t-il soutenu, rappelant que le but n’était pas de faire «le procès de qui que ce soit». […] On va bien réfléchir ensemble à la façon d’aller aux résultats les plus concrets possible pour les gens qui s’estiment moins bien traités.»

Un message qu’il a répété plus tard en chambre alors qu’il était questionné par le chef péquiste, Jean-François Lisée, qui réclamait à nouveau l’annulation de l’exercice et la mise en œuvre de solutions concrètes. 

«Si on veut que ce processus soit complet, qu’il fasse l’objet d’un consensus au-delà de cette Assemblée, mais dans la population également, et nécessairement parmi les personnes qui sont au premier rang [...] visées par le phénomène, il faut trouver une façon de leur donner la parole, il faut trouver une façon d’entendre publiquement ce que certains experts ont à nous dire», a expliqué Philippe Couillard, ajoutant que cette étape pouvait être réalisée rapidement avant de passer à l’action. 

«On procède», affirme Kathleen Weil

Le premier ministre n’a pas voulu remettre en question le travail de la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, dans le dossier, affirmant qu’il avait toujours «la bonne équipe». Celle-ci a été plutôt vague sur ce qu’elle a qualifié «d’ajustements» qui pourraient être apportés à la consultation, répétant qu’il était «important de réfléchir et d’écouter», les victimes sur les expériences qu’elles ont vécues, mais aussi les pratiques positives provenant d’organismes et d’entreprises. 

«On procède», a-t-elle par ailleurs martelé lorsque questionnée à plusieurs reprises afin de savoir si la consultation pouvait carrément être abandonnée, une solution qu’a une fois de plus préconisée le chef caquiste, François Legault. «Le Québec n’a pas besoin d’une crise supplémentaire sur la question identitaire, surtout pas d’une crise créée de toutes pièces par le gouvernement libéral», a-t-il lancé alors qu’il accueillait sa nouvelle députée dans Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, à l’Assemblée nationale sur l’heure du midi. 

Cette dernière n’a pas voulu mesurer l’impact qu’avait pu avoir le débat sur la consultation sur le racisme dans son élection. «[J’en] ai entendu parler parmi d’autres sujets, mais, sans vouloir pondérer les divers enjeux, je pense que ça fait partie d’un ensemble de raisons pour lesquelles les gens sont tout simplement tannés des libéraux», a-t-elle soutenu. 

Alors que la veille le député de Vanier-Les Rivières a qualifié de «claque sur la gueule» la défaite libérale, M. Couillard a plutôt préféré le terme «taloche» mercredi. «Je ne minimise pas du tout le résultat, je veux qu’on gagne le comté [en 2018]», a-t-il affirmé, ajoutant que celui-ci n’était pas juste «insatisfaisant», mais carrément mauvais.

«Dans la vie, ce qui compte quand on reçoit une taloche, ce n’est pas la taloche, mais comment on s’en relève et qu’est-ce qu’on fait avec ça», a-t-il lancé, proposant qu’il fallait davantage démontrer ce que le gouvernement avait fait au cours des dernières années, notamment pour les familles.