Le Belvédère offre aux jeunes de 16 à 24 ans, qui sont susceptibles de sombrer dans l’itinérance, la possibilité de se reprendre en main et de développer leur autonomie grâce à l’encadrement de travailleurs sociaux qui les épaulent et les accompagnent.

Une ressource jeunesse en péril

Lors des festivités de la Nuit des sans-abri de Gatineau, au parc Sainte-Bernadette de Hull, vendredi soir, Annie Castonguay a eu toutes les difficultés du monde pour trouver le courage de prendre la parole pour lancer son mot de bienvenue à l’auditoire présent.

La gorge nouée, elle a annoncé que l’avenir du centre d’hébergement pour jeunes Le Belvédère de l’organisme Vallée Jeunesse de Hull était grandement menacé à cause d’un retrait de 180 000$ à son budget annuel. 

Le Belvédère offre aux jeunes de 16 à 24 ans, qui sont susceptibles de sombrer dans l’itinérance, la possibilité de se reprendre en main et de développer leur autonomie grâce à l’encadrement de travailleurs sociaux qui les épaulent et les accompagnent.

Selon Mme Castonguay, coordonnatrice clinique à Vallée Jeunesse, la fourchette d’âge de son organisme joue contre lui puisque la direction jeunesse qui le finance en partie offre normalement son aide à une clientèle d’âge mineur. Vallée Jeunesse offrant des services à une clientèle entre deux âges (16-24 ans), son budget s’en trouverait d’autant amputé, selon la travailleuse sociale rencontrée par Le Droit.

L’intervenante a laissé poindre sa déception et sa détresse sur sa page Facebook, samedi. 

« Annoncer publiquement sur la scène de la Nuit des sans-abri, la [...] fermeture du Belvédère de Vallée Jeunesse a été un arrache-coeur pour moi. C’était comme si ça devenait vraiment réel. J’ai été capable de parler trente secondes et la voix me cassait. Je voyais les jeunes qui sont passés par chez nous et ceux qui y sont encore, devant moi dans le parc, et c’était comme un cauchemar. Je peux pas croire qu’une telle décision va réellement se prendre. Je n’ai pas de mots... juste des larmes ». 

En septembre 2002, Vallée Jeunesse ouvrait les portes d’une résidence d’hébergement, Le Belvédère. Cette ressource mise sur pied en collaboration avec les Centres Jeunesse de l’Outaouais permet à des jeunes issus de familles d’accueil, de familles dysfonctionnelles ou provenant directement de la rue de se préparer au marché du travail et à une vie plus autonome et organisée. Des ateliers sur le budget, des cours de cuisine, de la recherche active d’appartements, entre autres, y sont offerts. Plusieurs des jeunes secourus et épaulés souffrent parfois de psychoses et de troubles de la personnalité.

Selon Annie Castonguay, l’important est que ces jeunes ne se retrouvent surtout pas dans des refuges d’itinérants adultes où une clientèle plus problématique pourrait « contaminer » et influencer ces jeunes souvent fragiles et vulnérables.

« Je vais me relever et me battre, mais ce soir, c’est juste des larmes, » conclut l’intervenante dans son message.